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Tribune libre dans l'Humanité du vendredi 25 septembre 2020

Par Christian de Montlibert, sociologue

"Décentraliser, « aller sur le terrain », raccourcir les chaînes de décision en se rapprochant des « territoires » serait, à première vue, une bonne idée s’il s’agissait de réduire le pouvoir omnipotent d’une bureaucratie dominée par une « élite » plutôt méprisante des réalités de la vie du « peuple » mais, en fait, cette territorialisation cache un processus perfide d’acceptation et même de creusement des inégalités en réduisant l’aire de souveraineté de l’État déjà bien entamée par la mise en place de l’euro. Affirmer lutter contre une bureaucratie impersonnelle, contre une technocratie aveugle aux problèmes locaux, contre un État omnipotent au nom d’un État « modeste » plus proche des problèmes des citoyens est un leurre. Seul un État qui accepte d’être un « État social » peut servir l’intérêt général et se montrer à même de contraindre les pouvoirs particuliers. L’État est le seul univers social qui peut avoir comme fins le service public, le service du public, le dévouement à l’intérêt général.

En fait, la décentralisation que le premier ministre propose comme solution originale est incluse depuis longtemps dans le processus de développement des institutions européennes. Après avoir créé de grandes régions comparables aux Länder allemands, après avoir délégué aux régions des fonctions jusqu’alors du monopole de l’État, après avoir créé des agences régionales dans de multiples secteurs, il est question maintenant de décentraliser plus encore. Ce qui n’est pas dit c’est, qu’ainsi, on ira plus vite vers l’« Europe des régions ». Le Comité européen des régions a été instauré par le traité de Maastricht dans le but de minimiser la place des États centraux (la France est particulièrement visée), pour faciliter l’interaction entre les niveaux régionaux et le niveau supranational. Pour ce faire, le Comité européen des régions dispose de moyens financiers importants dispensés par le Fonds européen de développement régional, le Fonds social européen, auxquels s’ajoutent des fonds spécifiques : le Fonds de cohésion pour les régions les plus pauvres, le Fonds européen agricole pour le développement rural et le Fonds européen pour les affaires maritimes et la pêche.

Depuis la Révolution, la République française a refusé le fédéralisme en proclamant qu’elle était « une et indivisible », 

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Tag(s) : #Nations

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