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Il semblerait que le positionnement de NBH à propos des présidentielles suscite chez certains "communistes" quelque chose qui a à voir avec l'urticaire. Si nous mettons des guillemets pour qualifier ces camarades ce n'est pas pour remettre en cause leurs convictions, pour ne pas dire leur foi, mais plutôt leur bonne foi. Plus sérieusement les guillemets relèvent davantage du fait de leur incapacité à saisir la réalité dans ses contradictions, ce qui, reconnaissons-le, est gênant quand on se réclame de la dialectique.

Nos camarades décrivent donc ainsi notre position: nous serions inconditionnellement pour soutenir la candidature de Jean-Luc Mélechon : une reddition déconnectée de tout engagement programmatique. 

Notre position découlerait du constat arithmétique que potentiellement JLM pouvant gagner il faudrait le soutenir quelques soient ses positions.

Manque de pot ce n'est pas du tout notre position. C'est une vieille habitude de certains communistes (Marchais était un expert dans le genre, cf Althusser Ce qui ne peut plus durer dans le parti communiste) de répondre à une position que personne ne défend pour éviter le vrai débat. Bon, en 2020 la ficelle est un peu grosse mais que voulez-vous le poids des habitudes est tel qu'on ne change pas une méthode qui perd.

Nous répétons donc pour la énième fois notre analyse.

1- JL Mélenchon a des positions politiques qui nous semblent être les plus à gauche parmi les forces politiques qui s'inscrivent dans cette tradition. En particulier plus à gauche que le PCF et dont les quelques saillies verbales d'Adrien Roussel ne cachent plus son inconsistance et son électoralisme étriqué. Bien entendu ne ne prenons en considération que les organisations politiques qui ont un existence réelle, qui pèsent, qui ont la masse critique qui font d'elles des sujets historiques. Cela exclu les groupuscules qui parviennent difficilement à réunir 15 personnes à Paris (plus de 2 millions d'habitants et on ne parle pas de la Région plus de 12 millions) en prétendant être un avant-garde en devenir...depuis 20 ans.

2- La France Insoumise est un mouvement hétérogène : il y a une droite, une gauche, un centre (au moins). Ce mouvement est socialement représentatif d'une petite-bourgeoisie de gauche. Il ne s'agit pas d'un parti ouvrier comme le fut -il y a longtemps -  le PCF. Cela étant, dans la conjoncture historique qui est la nôtre, nous croyons pouvoir qualifier cette formation politique de progressiste et potentiellement rassembleuse y compris de larges fractions des catégories populaires. 7 millions de Français-es ont voté en 2017 pour son candidat.

3- Le programme de JLM existe, il est acceptable malgré ses faiblesses. Mais cela est, à nos yeux, secondaire. Comme le disait Lénine les programmes c'est "fait pour s'assoir dessus". Pas par machiavélisme mais parce que les circonstances commandent. Par exemple on programme "la terre aux paysans" et puis, après, quand on constate qu'on est menacé d'une guerre d'extermination on donne la priorité à l'industrialisation et en collectivisant les terres on dégage la main d'œuvre qui permettra de fabriquer les moyens de vaincre le nazisme.

4- Nous disons d'ores et déjà que nous voterons Mélenchon parce que ce qui est intéressant c'est de quoi Mélenchon est le nom. Pour le savoir écoutons l'ennemi de classe. En 1927 la bourgeoisie disait par la voix d'Albert Sarraut "Le communisme, voilà l'ennemi !". Aujourd'hui elle dit "Melenchon, voilà l'ennemi !". Chaque jour insultes, amalgames, invectives, ignominies, calomnies sont déversés sur lui et ses amis politiques. Pourquoi? Parce qu'il représente la gauche de la gauche, la gauche de gauche, le républicanisme jauréssien de gauche et qu'il a une audience de masse. Ce n'est pas de l'arithmétique c'est de la politique. Une donnée politique incontournable.

5- De cet état de fait nous tirons une conséquence : le monde du travail, classe ouvrière, employés, petite-bourgeoisie peut se rassembler autour d'une dynamique sociale et politique avec une armature idéologique progressiste. Certes rien ne garantie que cette dynamique trouvera une concrétisation, une cristallisation qui permette d'emprunter le chemin d'une alternative "qui abolit l’état actuel des choses". Cela dépendra, comme toujours, du mouvement des masses car "l'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes".  Reste que cette possibilité existe et que la négliger serait commettre plus qu'une erreur d'analyse, une faute politique.

6- "Imagine" disait John Lennon...bien sûr on pourrait imaginer un autre rapport des forces, un parti ou un mouvement de masse qui fasse le choix d'un marxisme créateur, des choix politiques et sociaux limpides, une révolution ayant la pureté du cristal...mais, comme disait de Gaulle ,"il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités". Et si l'on préfère une référence plus révolutionnaire rappelons-nous du conseil de Mao-Tsé-Toung "Ne pas prendre ses désirs pour des réalités, aussi louables soient-ils".

7- Cela n'empêche en rien de défendre telle ou telle position. Que Frédéric Lordon défende la sortie de l'UE par la porte de gauche, que d'autres préfèrent la sortie des Traités européens ou encore d'autres rêvent d'une Europe sociale, en fin de compte c'est le peuple qui tranchera. Ou pas. Mais conditionner l'ouverture d'une possibilité politique parce que nous ne sommes pas tous d'accord préalablement sur tous les sujets est une absurdité dogmatique.  Les camarades qui ne comprennent pas cela se vautrent dans la posture impuissante contrairement à Lénine, dont ils se réclament sans le comprendre. Lénine qui écrivait "Nous déclarons une guerre sans merci à la phraséologie révolutionnaire.../... toute vérité abstraite devient une phrase si on l’applique à n’importe quelle situation concrète". 

Entre l'état de secte et le réformisme bourgeois, le vie, ou la lutte des classes si l'on préfère, nous offrira des chemins que nous ne connaissons pas encore. Ce que l'on sait c'est qu'en 2022 voter pour le candidat Mélenchon peut enclencher (rien d'inéluctable mais une possibilité) une intervention autonome du prolétariat qui trouvera son mode d'organisation et d'action. Personne n'a proposé avant 1789 ou 1917 ni les Sections sans-culottes, ni les Soviets. Personne n'a prévu en Mai 1936, les grèves de juin. Et le programme du Front populaire ne prévoyait pas les conquêtes du mouvement de grève et d'occupation.

Et surtout, à moins de croire que ce que l'on écrit se transmute en réalité, il n'y a pas d'autre perspective que celle-ci à la lumière de "l'analyse concrète de la situation concrète".

 

Antoine Manessis.

 

Ça n'empêche pas Nicolas                      Ça n'empêche pas Nicolas
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
                              ajoute son grain de sel...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

La France et son peuple plongent  dans l'abîme, du fait de la politique suivie par MACRON et son clan -  la caste financière -  qui ont pris notre pays en otage. Chacun peut mesurer les fissures qui s'élargissent dans la société française,. Non seulement les infrastructures - en particulier les services publics, dont la santé, l'école, les transports, le logement, la sécurité sociale - se délitent de plus en plus rapidement, mais les rapports sociaux entre les citoyens se détériorent chaque jour davantage.

Va-t-on, pour faire face à cette situation et changer la donne, considérer que les élections présidentielles comme  l'horizon indépassable ?

D'abord, celles-ci sont prévues dans dix-huit mois : c'est une très longue période, par les temps qui courent. Et peut-on demander aux millions de Français qui soufrent d'attendre le verdict des urnes, comme si cette échéance devait miraculeusement régler les problèmes de chacun ? 

C'est dès maintenant, sans attendre un quelconque messie, qu'il faut lutter au quotidien, en rassemblant le maximum de monde sur l'objectif visé. Et coordonner nos actions pour élargir le combat dans la perspective d'une autre France, celle que nous aimons, celle que chante Ferrat, la France de Victor Hugo, celle des Communards et de la Résistance, celle de Robespierre...

LIEN :

https://www.pinterest.fr/pin/94786767138005403/

Cela ne veut pas dire qu'on se désintéresse des opportunités politiques. L'union du peuple peut se réaliser, l'histoire nous l'apprend,  plus aisément dans la mesure où une personnalité aurait, par son passé et sa notériété, la capacité d'être un aimant qui attire à lui des foules venues de tous les horizons, et voulant changer fondamentalement notre société.

Cela suppose des objectifs clairs de rupture avec la dictature du grand capital, celle du monde feutré des affaires, le retour à l'indépendance nationale, à la souveraineté de notre nation, à la démocratisation de notre système politique où les citoyens auraient le dernier mot.

Ces objectifs ne peuvent être atteint qu'en coupant le cordon ombélical qui nous lie à Bruxelles dans le cadre de l'Union européenne, ou aux Etats-Unis avec l'Otan.

En clair, il faut oeuvrer pour rassembler pour recouvrer

L'INDEPENDANCE NATIONALE
LA SOUVERAINETE POPULAIRE
 

dans

UNE REPUBLIQUE LAÏQUE ET SOCIALEMENT AVANCEE

 

Jean LEVY

 

 

Tag(s) : #Politique française
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