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Le projet de Total pour la raffinerie de Grandpuits sera dévoilé le 24 septembre

Arrêt de la raffinerie de Grandpuits.
La CGT prépare un projet alternatif à celui de Total

Le 19 novembre, Philippe Martinez, leader de la CGT, était à la raffinerie de Grandpuits. Il prépare un projet alternatif à celui de Total, qui y arrêtera le raffinage début 2021.

 

La contestation sociale se prépare doucement, mais sûrement. Alors que le groupe Total a annoncé l’arrêt de l’activité de la raffinerie de Grandpuits d’ici mars 2021 et sa transformation en plateforme « zéro pétrole » d’ici 2024, organisations syndicales et salariés préparent la riposte.


Si le géant pétrolier assure que la transition ne provoquera « aucun licenciement », il annonce néanmoins le non-maintien de 150 postes sur 400, un chiffre qui ne passe pas auprès des salariés.

« Nous comptons négocier sur l’emploi et sur l’enveloppe budgétaire du nouveau projet. C’est là-dessus qu’il faut se battre, rentrer dans le rapport de force. Les 500 millions d’investissement annoncés ne sont pas suffisants par rapport à ce que Total pourrait investir. »

« Industrie et écologie sont compatibles »

Après plusieurs actions, dont deux grèves des expéditions de carburants et une manifestation devant le siège de Total à La Défense (Hauts-de-Seine), les ouvriers de la plateforme seine-et-marnaise ont reçu la visite de Philippe Martinez, leader la CGT, le 19 novembre. L’occasion de parler de l’avenir du site.

Car pour les salariés, le site doit continuer de tourner, tout en opérant une transition écologique. La volonté de Total d’arrêter brutalement le raffinage pour un projet « zéro pétrole » ne serait que du « greenwashing » :


« La raffinerie de Grandpuits a une vraie utilité pour la région parisienne. Sans elle, on va assister à une augmentation des importations, des coûts de production, du fret et donc de la pollution dans des pays moins normés écologiquement où Total ira s’approvisionner. À Grandpuits, c’est du circuit court, on pollue moins. »
 

Le sort des 800 sous-traitants de la raffinerie inquiète aussi la CGT. « Il y a notamment Vermilion, mais aussi deux autres petits acteurs qui extraient pétrole brut en Seine-et-Marne et dépendent entièrement de nous, illustre David Picoron, délégué syndical CGT de la raffinerie. Si on ferme, ils vont devoir aller le traiter ailleurs. Ce sera 60 camions en plus par jour, obligés d’aller en Normandie. Pas vraiment écolo… » Le syndicat va donc proposer un projet d’avenir et une vision « sur 40 ans ».

« Nous souhaitons conjuguer emploi, écologie, industrie et environnement en portant un projet en lien avec des Organisations non-gouvernementales (ONG) et politiques. Nous voulons montrer qu’il y a d’autres chemins à prendre, et que c’est aux salariés de s’en mêler. Notre souci, c’est de casser l’idée qu’industrie et écologie ne sont pas compatibles. Ce n’est pas la nature du produit qui est l’enjeu, le social et l’environnemental sont complémentaires, pas opposés. »

Le projet présenté d’ici février 2021

L’objectif est donc de monter un projet pour éviter que la Seine-et-Marne ne devienne une zone dortoir. « Des gens qui travaillent et vivent sur le même territoire, ça aussi, c’est écolo », notent les représentants locaux de la CGT, réunis au grand complet. « L’idée du projet sera de mettre en place une vraie démarche écologique et de générer plus d’emplois que ce qui existait avant », confie de son côté David Picoron.

Depuis quelque temps, la CGT travaille avec le collectif « Le jour d’après », qui regroupe plusieurs acteurs et organisations tels que Greenpeace. « On observe un changement de mentalité selon laquelle l’écologie ne rime plus avec suppression d’emplois, pour remettre l’emploi au centre de la lutte écologique. »

Et Philippe Martinez d’y aller de son image :


« On ne peut pas demander à un salarié de sauver la planète si son emploi est en jeu. Dans ce cas-là, il choisira l’emploi. En revanche, s’il n’y a plus de planète, il n’aura plus d’emploi. »


Le 25 septembre, plus de 200 salariés de la raffinerie de Grandpuits ont assisté à une assemblée générale organisée par les syndicats. Ces derniers estiment que le bassin d'emploi du site s'étend de l'Aube au Val-de-Marne, en passant par l'Oise, le Loiret ou encore l'Essonne

Tag(s) : #Industrie, #CGT
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