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Hannah Nelson, photographe travaillant pour Taranis News, arrêtée mardi soir en marge de...

ANADOLU AGENCY VIA GETTY IMAGES

Hannah Nelson, photographe travaillant pour Taranis News, arrêtée mardi soir en marge de la manifestation contre la loi "Sécurité globale". 

"Sécurité globale": des journalistes placés en garde à vue en marge de la manifestation

 

 

Des interpellations qui interviennent alors que le texte est justement accusé d'entraver la liberté d'informer.

POLITIQUE - Les défenseurs de la loi “Sécurité globale” s’en seraient sans doute bien passés. Mardi 17 novembre dans la soirée, et alors que la manifestation contre le texte controversé (accusé justement d’entraver la liberté de la presse) a été marqué par des heurts entre forces de l’ordre et manifestants, deux journalistes ont été arrêtés et placés en garde à vue.   

Parmi eux, la photographe Hannah Nelson qui a été libérée en début d’après-midi ce mercredi 18 novembre, alors qu’un rassemblement était organisé devant le commissariat du 10e arrondissement où elle était retenue. Selon Taranis News, un média se focalisant essentiellement sur les mouvements sociaux et pour lequel la jeune femme travaille, ce passage en garde à vue s’est soldé par un rappel à la loi et la confiscation de son masque à gaz. À sa sortie, Hannah Nelson a expliqué les conditions de son interpellation.

C’était à la fin de la manifestation d’hier soir. Il y avait eu plusieurs somations visiblement, on nous poussait vers la bouche de métro qui était blindée”, rapporte la photographe, décrivant une arrestation soudaine qui l’a surprise. Hannah Nelson jure par ailleurs qu’elle n’avait pas entendu les sommations faites par les forces de l’ordre, lesquelles lui ont également reproché de dissimuler son visage. 

“Au bout d’un moment vous nous saoulez”

Hannah Neslon n’est pas la seule journaliste à avoir subi ce sort. En début d’après-midi ce jeudi, Francois Desnoyers, directeur du réseau régional de France 3, a annoncé qu’un journaliste membre du réseau de la chaîne avait également été arrêté et placé en garde à vue. “La Direction de France Télévisions condamne cette restriction des droits de la presse et l’obstruction au bon exercice du droit d’informer”, a-t-il tweeté, sans révéler l’identité du reporter interpellé.

Sur le site de la chaîne, l’intéressé, qui a également été libéré en début d’après-midi, raconte comment les choses se sont passées. “Je me suis retrouvé à l’angle du boulevard Saint-Germain et de la rue du Bac vers 21h. J’ai vu au loin un déploiement de forces de l’ordre vers lequel je me suis aussitôt dirigé muni de ma carte de presse. Je filmais avec mon téléphone dans mon autre main”, détaille-t-il en précisant que tout se passait sans encombre, jusqu’à ce qu’il retrouve rue de Bellechasse, où sept personnes venaient d’être arrêtées.

“Une fois encore, j’ai ma carte de presse et je filme la scène avec mon téléphone. Et là, un officier, visiblement énervé, m’a interpellé. Il m’a invectivé et m’a demandé de m’asseoir auprès des autres personnes interpellés”, rapporte le journaliste. Sur un extrait vidéo mis en ligne par France 3, on entend un policier se plaindre la présence du journaliste: “au bout d’un moment vous nous saoulez, vous venez à cinq centimètres de nous”. 

“Les policiers m’ont reproché de ne pas m’être ‘dispersé après sommation’ lorsqu’ils tentaient de disperser la manifestation. Mais comme je suis arrivé sur les lieux une heure après la dispersion du mouvement, on ne m’a au final jamais fait de sommation. Et tous les policiers que j’avais croisés m’ont laissé passer”, poursuit le reporter, ayant lui aussi écopé d’un rappel à la loi. Également cité par la chaîne, l’avocat du journaliste déplore une arrestation survenue “alors qu’il faisait simplement son travail”.

Et d’ajouter: “Il y a très longtemps qu’un journaliste d’une grande chaîne de télévision n’avait pas été interpellé dans ces conditions”. 

“Pas de journaliste en prison”

Ces interpellations interviennent alors que le projet de loi “Sécurité globale”, actuellement discuté à l’Assemblée nationale, est justement accusé d’entraver le travail de la presse, que ce soit par la Défenseure des droits, de l’Onu ou des syndicats de journalistes. Ce qui immanquablement nourrit les arguments des opposants au texte. “Un avant-goût de la loi ’Sécurité globale”, a grincé le député Insoumis Éric Coquerel, présent à la sortie d’Hannah Nelson.

“En tant que député mais aussi ancien de France 3, je trouve inadmissible qu’un journaliste de cette chaîne se retrouve en garde à vue pour avoir fait son travail. Pas de journaliste en prison!”, a renchéri Fabien Roussel, député du Nord et premier secrétaire du Parti communiste.

 


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Tag(s) : #Répression

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