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Basta !

Il y a un mois, Basta ! publiait la carte des suppressions de lits dans les hôpitaux publics. Depuis, le ministre de la Santé répète vouloir en finir avec ces fermetures de lits. Pourtant, sur le terrain, les projets de restructuration sont toujours à l’ordre du jour. Et les personnels toujours très inquiets.

« Je sors totalement du dogme de la réduction des lits lorsqu’il y a des transformations de projets hospitaliers. Ça c’est terminé ! » C’est le ministre de la Santé Olivier Véran qui le dit, le 18 novembre, lors d’un séminaire professionnel des hospitaliers [1].

Après dix mois d’épidémie de Covid, pendant lesquels les projets de suppressions de lits ont été maintenus et en l’absence de mesures conséquentes pour améliorer la situation des hôpitaux, peut-on le croire ? « Sur le terrain, à la Réunion, à Nantes, à Caen, à Paris... les projets de restructuration hospitalière sont toujours à l’ordre du jour, prévoyant la fermeture de centaines de lits et la suppression de nombreux emplois hospitaliers », constate Olivier Milleron, cardiologue à l’hôpital Bichat, lors d’une conférence de presse du collectif inter-hôpitaux le 1er décembre.

3400 lits hospitaliers ont été fermés en 2019, 4000 en 2018.

Ces fermetures s’ajoutent aux 69 000 places d’hospitalisation à temps complet qui ont disparu entre 2003 et 2017 [2]. Il y a un mois Basta ! établissait une carte des suppressions de lits d’hôpitaux engagées ces dernières années. Ces suppressions ont encore lieu ces derniers mois, comme à l’hôpital de Juvisy, en région parisienne : 50 lits d’hospitalisation ont été fermés fin septembre alors qu’ils avaient accueilli des malades du Covid lors de la première vague, selon le collectif de défense des hôpitaux du Nord-Essonne. À Nancy, la suppression prévue de près de 200 lits au CHU sera-t-elle maintenue malgré la crise sanitaire ? Le 22 novembre, le maire socialiste de Nancy, Mathieu Klein, a demandé au ministre de la Santé de confirmer sans ambiguïté l’abandon des suppressions de lits à l’hôpital lorrain.

 

L'insoumission

Face à la crise sanitaire, le gouvernement affaiblit encore l’hôpital public

 

Déjà très critiqué pour sa gestion de crise du Covid, le gouvernement est encore pointé du doigt suite à la publication d’une nouvelle étude du ministère de la Santé. Selon ce rapportplus de 3 400 lits d’hospitalisation ont été supprimés en 2019 dans les établissements de santé français. Un chiffre particulièrement marquant en cette année de crise sanitaire liée au Covid-19.

Déjà en manque cruel de moyens lors de la première vague du coronavirus, les hôpitaux se préparent donc à une séquence tout aussi éprouvante dans les prochains mois. Déjà affaibli par des années de cures d’austérité, l’hôpital public peine à maintenir son activité avec le manque de personnels et les restrictions budgétaires. 

En 15 ans, ce sont plus de 70 000 lits d’hospitalisation qui ont fermé.

Une situation intenable, qui le devient d’autant plus lors d’une crise sanitaire. Résultat de la politique du flux tendu, de la politique du chiffre et de la rentabilité appliquée à l’Hôpital Public. « Vous comptez les sous, on comptera les morts » : dénonçait les banderoles de soignants avant même la crise du coronavirus.

 

Quand la rentabilité prime sur la Santé

 

Nouvelle démonstration de cette gestion « entrepreneuriale » de la santé en Occitanie avec les étranges recommandations de la Chambre des Comptes concernant le CHU de Toulouse. Dans un rapport rendu public le 1er octobre, les magistrats préconisent une réduction du nombre de lits et de médecins pour lutter contre la « dégradation de la situation financière et patrimoniale » du centre hospitalier.

Supprimer des lits et des postes en période de crise sanitaire ? Là encore, la méthode interroge. Surtout après avoir cruellement manqué de places dans les hôpitaux ces derniers mois. Mais une situation semblable avait déjà marquée les esprits en avril dernier avec la suppression de 600 postes de soignants et de 200 lits dans le Grand Est. Alors que le gouvernement annonce vouloir recruter et renforcer les moyens de l’hôpital public et des EHPAD, les chiffres démontrent le contraire.

Tag(s) : #Services publics, #Santé
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