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La Guerre de Sécession - Année 1861 - Jean-Marie Borghino

Il y a 160 ans la guerre de Sécession...

Le professeur Turley, démocrate et progressiste, qui détient la chaire la plus prestigieuse de l’establishment de l’enseignement du Droit aux Etats-Unis, la Shapiro Chair for Public Interest Law, est certainement l’un des constitutionnalistes les plus réputés aux USA. L'interprétation qu'il donne de l'assaut du Capitole par des soutiens de Donald Trump est à l'opposé des déclarations des leaders politiques de son propre parti et de leurs médias. 

Dans la querelle actuelle de l’élection du 3 novembre 2020 et tout ce qui a suivi, le professeur Turley a joué et joue un rôle éminent en même temps que difficile.

Certains demandent, sinon exigent, de sa position au serin de l’intelligentsia démocrate et progressiste, un alignement antitrumpiste inconditionnel. Turley repousse absolument toute suggestion de ce genre.

En cela, sa position est délicate ; et cette remarque vaut surtout, – c’est le sujet de l’article, – dans une Amérique en cours de désacralisation très rapide ; dans ce courant, l’aspect quasiment ‘sacré’ du Droit dans l’essence même des USA et de l’américanisme, ne protège pas Turley.

Qui plus est pour notre propos, c’est bien de cela dont Turley veut parler dans l’article qui est au centre de notre propos, – la ‘désacralisation’, que nous prendrons au sens figuré, – mais aussi et surtout, c’est le fond même de notre réflexion, au sens religieux... On trouve un résumé de la chose dans le paragraphe d’introduction de l’article de Turley (en fait, une reprise de sa contribution régulière à The Hill du 9 janvier 2021, où nous introduisons des passages en caractères gras).

« Toutes les images de manifestants escaladant les murs du Capitole et occupant brièvement le Congrès resteront gravées dans notre mémoire collective pendant des décennies. Certains ont parlé d’une émeute. D’autres ont parlé d’une insurrection. Quel que soit le nom que vous donnez [à l’événement], c’était une désacralisation. Les émeutiers ont profané le ‘moment’ le plus sacré de notre système constitutionnel, lorsque la nation se réunit pour certifier notre prochain président.

C’est pourquoi il est trop facile de traiter cela comme une crise insurrectionnelle.

C’est bien plus grave. C’est une crise de la foi.

Nous reprenons donc la fin du texte. Turley admet la contestation qui conduisit à l’‘attaque’ du Capitole ; il l’admet au nom de la liberté d’expression ; il l’admet comme il admet les manifestations des BLM ou des Antifas, également au nom de la liberté d’expression, et cela même si ces manifestations de parti-pris sont l’effet de comportements relevant du ‘complot’, de la corruption, etc.

C’est son ‘parti-pris’ à lui : la liberté d’expression au-dessus de tout, comme essence même de l’Amérique. Il s’en explique dans cette seconde partie, en développant l’essentiel de son propos : malgré que l’‘attaque’ ait été une manifestation de la liberté d’expression, ce fut aussi, et c’est l’interprétation propre et originale du professeur-philosophe Turley, un acte de désacralisation qui ne condamne pas ses auteurs mais, d’une façon bien différente, pose le problème de l’existence ontologique* désormais de l’Amérique.

*ontologie , nom féminin

« Plusieurs personnes, dont [l’ex-ministre de la Justice] Barr, ont considéré ces violentes protestations contre la police et la Maison Blanche comme une sédition. J’ai critiqué le fait de qualifier les Black Lives Matter ou les émeutes Antifa de sédition ou de terrorisme.

Je considère que ces étiquettes portent atteinte à la liberté d’expression.

Comme pour le mouvement Black Lives Matter, je ne pense pas que la plupart des manifestants de cette semaine étaient des émeutiers, et encore moins qu’ils faisaient partie d’une insurrection. Comme pour les manifestations de l’année dernière, certains instigateurs ont poussé à la confrontation. Mais la plupart étaient au Capitole pour exprimer leur opposition à la certification des votes lors d’une élection qu’ils estiment avoir été volée. Je ne partage pas ce point de vue, mais il est partagé par quelque 40 % des Américains. »

Que sont ces gens s’ils ne sont pas des insurgés ou des terroristes ?

La réponse est qu’ils n’ont plus la foi. Nous sommes confrontés à une crise de la foi bien plus qu’à une révolution. Notre Constitution est un article de foi. Cette République a été fondée par un acte de foi rassemblant des personnes d’origines et de croyances différentes.

Pourtant, la Constitution, aussi bien conçue soit-elle, est inefficace si les gens perdent la foi dans son système ou, ce qui est tout aussi important, dans les autres. » Notre système est conçu pour donner à chacun sa place dans l’ensemble. Il est censé faire en sorte que les intérêts de toutes les factions soient considérés. Contrairement à ceux qui les ignorent, notre Constitution oblige ceux qui se sentent rejetés à s’exprimer ouvertement au Congrès, où ils peuvent être pris en compte. Les systèmes qui ignorent toutes ces divisions explosent de l’intérieur, comme dans [le cas de la France avec sa Révolution].

Notre système est basé sur une sorte de mécanisme d’implosion qui fait que ces pressions internes sont dirigées vers le Congrès, où les intérêts des factions sont pris en compte dans des compromis majoritaires. » La violence de cette semaine n’est pas ce qu’attendait James Madison en mettant en évidence l’existence des intérêts de factions au Congrès. Elle était un peu trop directe pour un système basé sur la démocratie représentative. Et c’est précisément là qu’est le problème.

De tels actes reflètent la même crise de confiance que celle qui s’est manifestée à Lafayette Park et dans les rues de Portland [lors de manifestations BLM et Antifa]. C’est bien plus dangereux que quelques agitateurs qui utilisent une protestation pour susciter des affrontements.

Ce n’est pas l’anarchie, mais plutôt l’aliénation que nous devrions craindre le plus pour notre nation. »

Depuis des années, le public a fait preuve d’un manque de confiance et de foi dans notre système politique. On constate également un large rejet des médias, qui étaient autrefois une source d’information.

Tag(s) : #Etats-Unis
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