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Le scandale des universités françaises, par Franck Pallet

Des centaines d'étudiants manifestent contre la réforme des universités.

RT France
 

Manif' du personnel de l'Education nationale à Paris le 26 janvier 2021

Mardi 26 janvier 2021, les enseignants manifesteront dans les rues de Paris pour obtenir davantage de moyens. Une trentaine d'écoles devraient être fermées selon la SNUIpp -FSU 75.

Franck Pallet, collaborateur dans plusieurs cabinets d'avocats, s'interroge sur l'efficacité du système universitaire français et notamment la pertinence des grandes écoles dans un monde post-covid.
 

Depuis 40 ans, les universités françaises n'ont cessé d'être sacrifiées par les gouvernements successifs en les privant des moyens pourtant nécessaires à leur rayonnement tant au niveau national qu'international, notamment dans la recherche, alors même qu'outre les enseignements qu'elles dispensent, c'est le propre de leurs activités.

Locaux vétustes pour la plupart d'entre elles, amphithéâtres bondés voire saturés (au point que bon nombre d'étudiants se voient contraints de suivre leurs cours assis sur les marches), maîtres de conférence souvent mal payés et peu reconnus pour la qualité de leurs travaux, conditions de nomination opaques, quand ce n'est pas le copinage qui s'impose à ceux qui sont injustement écartés de certains postes... 

La situation est telle que de plus en plus d'étudiants s'orientent vers les classes préparatoires aux grandes écoles afin de passer des concours d'entrée aux écoles les plus «prestigieuses».

Ces classes préparatoires disposent d'ailleurs des meilleures infrastructures et des professeurs les plus renommés afin d'atteindre les meilleurs taux de réussite et faire ainsi partie du haut du podium. Un peu comme le top 10.

Mais cette différenciation entre universités et grandes écoles a-t-elle encore un sens en 2021 ? N'est-ce pas la une spécificité bien française qui apparaît désuète à l'heure de la mondialisation de l'enseignement supérieur ?

À titre d'exemple, quelle est la différence entre une école de commerce et un institut d'administration des entreprises hormis la différence de coûts de la scolarité, dès lors que ce sont les mêmes enseignements ? Et l'on pourrait faire encore bien d'autres comparaisons au niveau de l'enseignement scientifique. 

Il existe ainsi un enseignement supérieur à deux vitesses, avec d'une part les lycées les plus prestigieux, et par ailleurs les autres. Cela est d'autant plus vrai avec la crise sanitaire actuelle, qui s'est traduite par le confinement de milliers d'étudiants des universités, tout en laissant ouvertes les classes préparatoires aux grandes écoles qui bénéficient quant à elles d'un privilège injustifié aux yeux des autres étudiants.

Ce qui est encore plus déplorable c'est que le Conseil d'état ait entériné de fait cette rupture d'égalité devant la loi dans le cadre d'un référé liberté entrepris courant du mois de janvier par certaines universités afin de permettre aux étudiants de reprendre leurs cours. Une initiative bien évidemment rejetée par la haute juridiction administrative au regard du risque de propagation du virus, et, partant, d'une augmentation du nombre de personnes contaminées.

Mais quid des risques de contamination, qui existent à l'évidence dans les transports, notamment dans le métro, utilisés par plusieurs millions de franciliens ou dans d'autres grandes villes de France tant le matin qu'à 18h, l'heure à laquelle commence le couvre feu. A 17h59, il n'y aurait pas de risque ; à 18h, le virus reprendrait ses activités pour sévir parmi la population. Souscrire à ce type de raisonnement, n'est ce pas s'exclure de la raison humaine ? 

Des dirigeants ambitieux, arrogants, surtout soucieux de conserver leur pouvoir, méprisant le bas peuple, l'industrie qu'ils n'ont cessé de démanteler au fil des décennies, et qui pensent pour la plupart tous la même chose ? 

Est-ce vraiment cela que nous voulons à l'avenir ?  Cette petite parenthèse, provisoirement refermée, reprenons sur la situation des universités. C'est précisément ce nombre qui est aujourd'hui privé de cours magistraux et de contacts directs avec les professeurs. À regarder de plus près les statistiques officielles, 80% des étudiants dans les grandes écoles sont issus des milieux favorisés (CSP plus) contre seulement 2% de jeunes du monde ouvrier ou agricole selon une étude de l'Institut des Politiques Publiques

 

 

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Tag(s) : #Education nationale, #Universités
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