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Illustration : Spencer Rapone, ancien combattant en Afghanistan devenu le spectre rouge de l'académie militaire de West Point.

Par Gilles Questiaux
 
Pourquoi attendre une telle révolution aux États-Unis? 
 
Au moment où un virus dévastateur met à nu l'injustice sociale, où une crise économique majeure commence, où la bourgeoisie américaine ferme précipitamment la porte à la solution social-démocrate de Bernie Sanders, la métropole historique du capitalisme impérialiste est peut-être en voie de devenir son maillon faible. Il y a de nombreuses luttes politiques et sociales dans ce pays depuis 2008, qui sont fort peu relayées dans les médias, mais qui créent une génération politisée.
 
Trump avait gagné en 2016 (à la marge) en proposant une politique protectionniste aux ouvriers mais il n'a pas réussi à rapatrier beaucoup de production industrielle, au-delà des effets d'annonce. Il en a été réduit à tenter une diversion xénophobe antichinoise, qu'il ne pouvait encore moins soutenir à terme que ses rodomontades habituelles contre des pays plus faibles (Venezuela, Iran, Corée, etc).
 
Aujourd'hui où il est poussé vers la sortie, on peut lui appliquer le proverbe :"chien qui aboie ne mord pas". Effectivement c'est un des rares présidents américain à n'avoir pas lancé de guerre extérieure. Par contre, il a exacerbé les contradictions internes de l'Amérique au delà de tous les précédents historiques depuis un demi-siècle !
 
Dans le pays les inégalités sociales et la misère ont atteint des sommets, et le mythe américain est en berne. Il y a eu les déceptions provoquées par la présidence d'Obama. L'Obamacare s'est révélé n'être qu'une illusion, mais il a posé les jalons d'une revendication de masse à la fois modérée et inacceptable pour l'oligarchie. De même la revendication pour un salaire minimum. Les révolutions se déclenchent quand les masses réclament quelque chose de très raisonnable que les classes dirigeantes refusent avec rigidité. Et il n'y a pas plus rigide que la clique de multimillionnaires narcissiques qui constitue le Congrès américain.
 
Il faut se souvenir que les Américains sont armés ce qui les rend sans doute moins déférents que d'autres devant la violence d'État. Sans doute pas les classes moyennes de gauche qui réclament le contrôle des armes à feu, mais ce ne seront pas elles qui seront déterminantes.
 
Mais surtout, si des troubles révolutionnaires nouveaux apparaissent aux États-Unis, les autorités ne sauront pas les gérer : elles ont perdu la main depuis leur triomphe sur la gauche ouvrière dans les années 1950, elle n'ont plus l'habitude de la négociation de classe, à laquelle est rompue le personnel politique européen. Elles réagiront maladroitement, par une répression exagérée (comme le montre déjà le bilan de l'invasion du Capitole), qui empêchera de trouver les relais opportunistes indispensables au sein de la gauche modérée, sans pour autant pouvoir tout noyer dans le sang, et elles étendront d'elles-mêmes l'incendie.
 
Arrivé à ce point il manquera à ces autorités le recours habituel dans ces cas là dans tous les autres pays ... qui n'est autre que l'intervention des États-Unis ! pour écraser la révolution et distribuer du pouvoir d'achat pour calmer les masses !
 
A partir de là l'avenir est complètement ouvert...
 
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Tag(s) : #Etats-Unis
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