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Affiche électorale anticommuniste, 1936

L'air de la calomnie, version 1936 Affiche électorale anticommuniste 

Ce qui frappe dans la littérature politique, et dans les préjugés véhiculés par la culture littéraire dans son ensemble, jusqu’au début du XXème siècle, c’est le mépris tranquille (mais de moins en moins tranquille après la Commune de Paris de 1871, comme en témoigne l’effroi de Nietzsche) dans lequel on tient les hommes de gauche (et plus encore les femmes). Ce mépris est toujours très vivace aujourd’hui dans l’opinion populaire des États-Unis qui sont encore vierges d’un certain nombre d’expériences politiques indispensables !

Il y a bien eu la peur des « classes dangereuses », vers 1848, mais il  s’agissait moins d’une peur politique rationnelle que d’un dégoût profond, qui s’apparentait à une horreur raciste, pour les ouvriers assimilés aux nouveaux barbares. On a pu en voir une résurgence avec la réaction unanime de la bourgeoisie devant les Gilets Jaunes, en novembre 2018.

La gauche, pour l’opinion dominante de la gens intelligente jusqu’en 1930, c’est une bande de grossiers béotiens, d’incapables moralisateurs et de phraseurs en dehors du réel. Ou de médiocres envieux de la réussite des autres (Macron en est resté là).

A quel moment de l’histoire la « gauche » a-t-elle soudain été prise au sérieux par la bourgeoisie ? A quel moment s’est-elle rendue compte qu’elle ne pouvait pas s’en débarrasser simplement en la tournant en dérision et en achetant ses porte-paroles ? Et à quel moment la haine envers les pue-la-sueur s’est-elle étendue à leurs amis intellectuels et aux cadets de bourgeoisie qui épousaient leur cause ?

La réponse est claire : c’est le moment stalinien ! C’est le moment unique dans l’histoire où nous sommes sortis de l’impuissance historique. Et c’est bien normal : c’est le moment où la dictature du prolétariat s’est effectivement imposée comme un système politique concret !

Et la haine de la gauche politique soudain envisagée comme un danger mortel pour la « civilisation » porte un nom bien connu dans son expression politique : le fascisme.

Le fascisme ayant été écrasé par l'Armée Rouge, le gauchisme a pris le relais dans sa fonction contre-révolutionnaire (d'ailleurs nombreux sont ceux, à commencer par Mussolini, qui ont fait le va-et-vient entre les deux extrêmes de la politique bourgeoise).

Mais si l’extrême droite nous hait, la droite nous méprise (y compris cette droite qui s’appelle « la gauche » aujourd’hui : Hidalgo, Valls, Hollande, les écolos, etc) et c’est bien plus préoccupant !

Le moment stalinien auquel il faudrait revenir se distingue du moment léniniste par le fait que la révolution de 1917 conduite par Lénine, et Trotsky, événement du temps court, s’appuie sur des masses ouvrières (et encore plus, des masses de soldats-paysans) qui entrent dans la bataille pour leurs capacités stratégiques, et non en tant que telles, en tant que masses travailleuses. En ce sens la consolidation de l’URSS vers 1927 – 1933, lorsqu’elle est dirigée par Staline est un fait historique encore plus grave pour le règne mondial de la bourgeoisie que la glorieuse, mais fragile, Révolution d’Octobre dont la diffusion internationale avait été endiguée rapidement.

Quelle était la nature de l’État ouvrier établi en URSS ?

A la fin de la guerre civile russe victorieuse pour l’Armée Rouge, en 1920, la production industrielle de la Russie était tombée à 13 % de ce qu’elle était en 1913. Une des raisons (mineure, mais incontournable) de cet effondrement est la désertification des usines par le recrutement massif des ouvriers conscients dans l’armée et dans l’encadrement du parti.

Dans la longue durée, l’ouvrier ne peut pas rester un garde rouge, ou s'il le reste, il cesse de travailler comme ouvrier. Il faut donc se demander à quoi ressemble véritablement un État ouvrier.

Eh bien, un État ouvrier est un État qui met en vigueur le droit au travail et tout ce qu’il implique, mais ce n’est pas le gouvernement à partir des usines, ce n’est pas l’autogestion de la politique par les ouvriers.

La pratique efficace du débat politique et la participation permanente aux décisions politiques est absolument incompatible avec le travail productif qui est soumis à des exigences de suivi, de qualité, de productivité, de disponibilité totale … et inversement, la politique, même celle qui a lieu dans un pays socialiste, est aussi un travail spécialisé qui a aussi ses normes de qualité.

Un État ouvrier est donc un État gouverné au nom des intérêts de la classe ouvrière, à court ou à long terme (et qui en cas de nécessité de choisir entre les deux, choisira le long terme).

On peut d’ailleurs remarquer que l’URSS...

Gilles Questiaux

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http://www.reveilcommuniste.fr/2020/12/la-gauche-sera-ouvriere-ou-ne-sera-pas.html

Tag(s) : #Idéologie Opinion
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