Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Présidentielle en Equateur : Moreno hors-jeu, vers un retour du corréisme au pouvoir ?

Andrés Arauz, candidat à la présidentielle en Equateur pour le parti «Union por la Esperanza», à Quito, le 26 janvier 2021

 

 

RT France

C'est une élection décisive pour l'Equateur, dirigé depuis quatre ans par un président élu sur un projet socialiste mais appliquant une politique libérale. Les Equatoriens vont décider s'ils remettent le couvert ou renouent avec le corréisme.

Après le Mexique, l'Argentine et la Bolivie, l'Equateur va-t-il revenir à gauche de l'échiquier politique latino-américain ? 16 candidats se présentent au premier tour de l'élection présidentielle du 7 février, qui se tient en même temps que les élections législatives qui renouvelleront les 137 députés de l’Assemblée nationale. En tête des sondages pour la présidentielle, trois hommes ont toutes leurs chances de se retrouver au second tour. Et comme l'écrit l'ancien ministre des Affaires étrangères de l’Equateur, Guillaume Long, dans Le Monde diplomatique, à travers ces trois candidats, les Equatoriens vont devoir choisir entre «trois projets» pour l'avenir de leur pays, laissé dans une profonde crise économique par le président sortant Lenin Moreno qui ne se représente pas. Et pour cause : la candidate de son parti, Ximena Peña, est créditée de moins de 1% des suffrages par les sondages. 

Pays endetté et PIB en chute libre

Alors qu'il avait été élu en 2017 pour poursuivre la «révolution citoyenne» engagée par son prédécesseur Rafael Correa (2007-2017) dont il avait été le vice-président, Lenin Moreno a rapidement fait volte-face, mettant en œuvre des réformes d'austérité qui ont été saluées par le Fond monétaire international (FMI) et l'ont aidé à revenir dans les bonnes grâces de Washington. Dès sa prise de pouvoir, il annonçait ainsi deux milliards de dollars de coupes budgétaires et privatisait un certain nombre d’entreprises publiques. 

 

A l'international, on retiendra de Lenin Moreno le lâchage en règle du journaliste Julian Assange le 11 avril 2019, alors que celui-ci était réfugié dans l'ambassade d'Equateur à Londres. Un revirement survenu quelques jours après que Wikileaks eut publié des documents compromettants intitulés «Ina Papers» mettant en cause Lenin Moreno et sa famille, soupçonnés d'avoir trempé dans une affaire de corruption leur ayant permis de s'enrichir via des comptes d'entreprises fictives basées au Panama.

Le fondateur de Wikileaks, qui jouissait de la citoyenneté équatorienne, se l'est vu retirer par Moreno. Par ailleurs, d'aucuns, à l'instar de Rafael Correa, estiment que cet abandon d'Assange participait d'un accord en vertu duquel Moreno a pu prétendre à un prêt du FMI d'un montant de 10,2 milliards de dollars. 

Tous les candidats à la magistrature suprême s’entendent sur une urgence : rompre avec Lenin Moreno

En plus de la trahison spectaculaire des idéaux pour lesquels il avait été élu, Lenin Moreno laisse un bilan économique pour le moins inquiétant : le PIB a plongé de près de 9% en 2020 et le taux de chômage s'élevait à 8,59% en septembre. Embourbé dans une crise économique aggravée par l'épidémie de coronavirus, Lenin Moreno a tenté de s'en sortir en misant sur l'austérité. Ainsi, comme le rapporte Guillaume Long, en 2020, «le budget de l’éducation nationale, qui avait déjà été réduit en 2019, a été amputé de 25%» et les dépenses de l’Etat réduites de quatre milliards de dollars. Moreno a également légiféré pour flexibiliser le droit du travail. «Dorénavant, les employeurs pourront changer les contrats de façon unilatérale et modifier les heures – et horaires – de travail à leur guise. Ainsi, donc, que les salaires de leurs employés», explique l'ancien ministre de Correa. Quant à la dette externe, elle est passée d'environ 26,8 à 42,3 milliards de dollars (44% du PIB) entre l'arrivée au pouvoir de Lenin Moreno en mai 2017 et novembre 2020, selon les données les plus récentes de la Banque centrale.

Le résultat de ce bilan est sans appel : «Tous les candidats à la magistrature suprême s’entendent sur une urgence : rompre avec Lenin Moreno», note Guillaume Long.

Le corréiste, l'ex-banquier et le militant indigène

Parmi les 16 candidats qui se présentent à l'élection présidentielle de ce 7 février, trois ont de sérieuses chances d'être au second tour, mais l'un d'entre eux, Andrés Arauz, le candidat soutenu par l'ancien président Rafael Correa – dans l'interdiction de se présenter en raison d'une condamnation pour corruption dont il dénonce la nature politique–, a potentiellement des chances de l'emporter dès le premier tour. En effet, comme en Bolivie, la Constitution équatorienne prévoit que si un candidat obtient plus de 40% des suffrages et un écart de 10 points avec le deuxième candidat, il est alors élu dès le premier tour. Au moins trois sondages créditent Arauz de 39 à 41,4% dès le premier tour. Dans ce dernier cas, il serait victorieux dès ce 7 février(...)

Meriem Laribi
 

POUR LIRE LA SUITE
CLIQUEZ CI-DESSOUS

https://francais.rt.com/international/83485-presidentielle-equateur-moreno-hors-jeu-vers-un-retour-correisme-pouvoir

 

Tag(s) : #Equateur
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :