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 Angela Merkel et Xi Jinping

 

Grand raout de l'Union Européenne. Un sommet nous disent les médias. 

Et en effet le nouveau suzerain étasunien  venait voir ses vassaux d'Europe. Jo Biden était l'invité de marque du dit sommet. Le président américain a affirmé "la nécessité d'un engagement continu entre les États-Unis et l'UE sur la Turquie, le Caucase du Sud, l'Europe de l'Est et les Balkans occidentaux". Même volonté de collaborer sur la Russie. Mais, c'est sur la "concurrence" de la Chine et le "défi" qu'elle pose dans la durée, que le président a terminé son allocution. Ce pays est à ses yeux, le symbole de cette confrontation entre "les démocraties et les autocraties". Aux premières d'être rapides et efficaces si elles veulent gagner la bataille.

L'UE et les États-Unis sont des "démocraties libérales soucieuses de la dignité humaine et de la liberté d'expression" c'est pourquoi ils pourront être "partenaires" dans la bataille contre les "autocraties". Mais dès que ces principes devraient se traduire en actes concrets les Etats-Unis ne voient plus que ses intérêts. Par exemple sur les vaccins qui font tant défaut à l'UE, les Européens devront toutefois...attendre. Biden veut désormais voir 200 millions d'Américains vaccinés d'ici la fin avril. Il a expliqué aux Vingt-Sept que sa mission était avant tout de vacciner la population américaine et a souligné qu'il avait versé 4 milliards de dollars pour le programme Covax. Business as usual.

Pékin représente aujourd’hui un défi significatif pour notre sécurité, notre prospérité et nos valeurs, ce qui nécessite une nouvelle approche de la part des États-Unis”, a déclaré la porte-parole de la Maison-Blanche, Jen Psaki, fin janvier.

La chancelière allemande, Angela Merkel, dont le pays commerce beaucoup avec la Chine, s'est montrée beaucoup plus circonspecte. Elle a rappelé que l'UE avait fait le choix de la souveraineté stratégique, y compris vis-à-vis de Pékin. "Nous avons un socle commun de valeurs avec les États-Unis d'Amérique, bien sûr, qui est tout à fait incontestable et clair, mais nous avons aussi nos propres intérêts. Il y aura beaucoup de points communs avec les États-Unis, mais pas d'identité. C'est parfaitement clair", a-t-elle ajouté.

Fin décembre, par exemple, l'UE, poussée par l'Allemagne, a accepté un pacte d'investissement historique avec la Chine, ignorant les objections d'outre-Atlantique et les demandes de Biden de retarder sa mise en place.

Ainsi Berlin a adopté une position pour le moins plus nuancée que celle de Washington. Les intérêts du capital allemand et américain peuvent évidemment diverger et l'hégémonie allemande sur l'UE lui permet d'affirmer plus fortement ses intérêts. Berlin ne veut pas avoir à choisir entre Washington et Pékin. Antony Blinken, le chef de la diplomatie de la nouvelle administration démocrate,  s'est efforcé de rassurer les Allemands. "Les pays peuvent travailler avec la Chine quand c'est possible", a déclaré le chef de la diplomatie américaine mercredi à l'Otan. Pas sûr que ce "quand c'est possible" soit très rassurant, d'autant que l'extraterritorialité du droit américain est une menace toujours présente.

L'affaire du gazoduc Nord Stream 2, un pipeline sous-marin de 1 200 kilomètres de long qui commence au nord de Saint-Pétersbourg et se dirige vers la côte baltique allemande, montre également que l'Allemagne affirme ses positions malgré et contre l'Exécutif étasunien également dans ses relations avec la Russie.

Enfin notons qu'une fois encore c'est l'Allemagne qui donne le ton en Europe y compris sur le plan géostratégique.

 

Antoine Manessis.

Tag(s) : #Etats-Unis, #Bruxelles et l"Allemagne
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