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Présidentielle : le "big bang" du premier tour à la une de la presse

L'Humanité parmi tous les autres quotidiens...

 

L'APPEL

 

Les élections de 2017 nous ont fait entrer dans une phase tout à fait nouvelle de notre histoire politique. L’accession au pouvoir de l’extrême droite est devenue une possibilité bien réelle. Et la situation ne fait qu’empirer : plus les politiques néolibérales font leurs ravages, et plus la démagogie raciste et fascisante gagne du terrain. La seule attitude responsable, pour 2022, est donc de partir de ce constat.

 

Pour en tirer la conséquence évidente que seule une initiative politique d’ambition historique – aussi forte que le Front populaire dans les années 30 – peut permettre d’éviter la catastrophe.

 

C’est possible !

Après le désastre du quinquennat Hollande et la victoire de Macron, notre pays aurait pu se résigner et baisser la tête. Mais c’est l’inverse qui s’est produit : « Gilets jaunes », Marche climat, mouvement des retraites… sans arrêt il a retrouvé le chemin de la rue, de la grève et de l’action, dénonçant l’arrogance anti-démocratique, l’inaction écologique et la casse sociale. Sans cesse, depuis quatre ans, il a bousculé les plans de Macron. Il a même trouvé la force, en pleine pandémie, de se mobiliser contre les violences policières et le racisme, ou pour l’égalité femmes/hommes et contre la « sécurité globale ». Souvent décrit comme décliniste et pessimiste, notre peuple est au contraire bien là, debout et mobilisé.

 

C’est un atout majeur.

 

D’autant que cette combativité peut converger avec une phase nouvelle et prometteuse de luttes un peu partout dans le monde : insurrections en Afrique, mobilisations exceptionnelles en Algérie, Irak, Soudan, Liban ou à Hong-Kong, ébranlements au Chili, Equateur, Nicaragua, Venezuela, Bolivie, etc. : chaque contexte est particulier, de même que les faits déclencheurs et les revendications spécifiques.

 

Mais ce qui est commun est un mélange caractéristique d’exigences de justice sociale, de démocratie et de dignité, un rejet du « système », d’une économie néolibérale qui fait des ravages et d’un avenir bouché. Un malaise profond qu’exprime si fortement l’appel chilien à se mobiliser « jusqu’à ce que la vie vaille la peine d’être vécue ».

 

Mais sans convergence des luttes autour d’une perspective politique, sans se mettre en situation de gagner l’an prochain, nous n’éviterons pas le pire. La multiplicité actuelle des candidatures montre qu’en l’état, toutes ont renoncé à la possibilité d’une victoire en 2022.

 

Certains camarades estiment aussi que la partie est perdue d’avance et préconisent une candidature communiste pour « faire avancer nos idées ».

Allons-nous nous résigner à cette hypothèse défaitiste et rajouter notre propre candidature ?

Nous serait-elle même pardonnée par toutes celles et tous ceux qui attendent de nous d’être à la hauteur de la situation ?

 

Ou ferons-nous le choix de changer la donne, de bouleverser le débat actuel au plan politique et du débat d’idées ? Franchement, dans le contexte d’une telle mobilisation sociale, pouvons-nous nous contenter d’une telle résignation ?

 

Ce qui rend la gauche et l’écologie si faibles, poussant leurs électrices et leurs électeurs vers l’abstention ou le vote « utile », c’est leur incapacité à porter ensemble un projet de vraies transformations sociales, écologiques et démocratiques.

 

Mais les élections à venir ne ressembleront pas à celles de 2017.

 

Dans les urnes puis dans la rue, le peuple de gauche a puissamment exprimé non seulement son rejet des politiques néolibérales, mais aussi ses exigences en matière de justice sociale, d’égalité, de solidarité, de démocratie (notamment avec le Référendum d’Initiative Citoyenne), de refus de l’autoritarisme et des discriminations, d’écologie, de féminisme, etc.

 

En s’appuyant sur ce qui bouillonne ainsi dans la société d’aspirations et de luttes qui mettent de plus en plus le capitalisme lui-même en accusation, avec un plan d’urgence précis mettant fin à la purge néolibérale, une gauche écologique d’alternative pourrait redevenir un acteur politique essentiel, capable d’un rassemblement majoritaire en 2022.

 

Pour réussir, il ne faut pas recommencer ce qui a échoué hier. Il faut inventer. Et notre Parti, fort de ses cent ans d’expérience, doit y apporter sa contribution.

 

Les dernières élections municipales ont déjà ouvert des pistes. Elles montrent que la gauche n’est pas morte et qu’elle est d’autant plus vivante et rassembleuse lorsqu’elle avance sur un projet clair. De nombreuses villes, et parmi les plus importantes, ont été gagnées par des listes citoyennes unitaires dans lesquelles les communistes ont trouvé toute leur place. Dans chacune de ces villes, elles et ils ont défendu leurs perspectives, leurs idées, la visée communiste. Elles et ils ont ainsi joué leur rôle de force révolutionnaire : contribuer en toutes circonstances à unifier les classes populaires et à porter leurs revendications.

 

A l’échelle nationale, nous pouvons proposer de poursuivre et élargir cette démarche. Au lieu des accords à l’ancienne qui commencent par le sommet – une proposition de candidature à l’élection présidentielle dont on sait qu’elle donne un rôle dominant sur tout le reste à celui ou celle qui est choisi·e – pourquoi, pour la première fois, ne pas tout mettre sur la table dès le début afin d’aller vers un accord global qui déciderait en même temps d’un programme de rupture avec le capitalisme et le productivisme, et de la participation de toutes les forces politiques, sociales et citoyennes qui le souhaiteraient aux responsabilités publiques : majorité parlementaire, gouvernement, Premier.e ministre et Président·e de la République portant toutes et tous ensemble la diversité de la gauche et de l’écologie.

 

Avant même le passage à une 6ème République – qui doit faire partie de nos engagements communs fondamentaux – nous sortirions ainsi déjà du présidentialisme en organisant collectivement une répartition des pouvoirs qui enlèverait au Président de la République une bonne partie de sa prééminence antidémocratique.

 

Proposer un tel accord, sans précédent dans notre histoire politique, serait conforme aux efforts que nous avons toujours poursuivis : ne jamais laisser échapper une chance que le peuple de gauche puisse se rassembler pour gagner ; et exiger en toutes circonstances que ce rassemblement respecte chacune des forces qui le soutiennent.

 

Rappelons-nous que, tout au long de notre histoire, c’est lorsque nous avons su nous ouvrir à d’autres pour créer les conditions d’une victoire (Front populaire, CNR, programme commun puis Front de gauche) que notre Parti a connu son rayonnement et sa dynamique les plus fortes. Notre peuple ne nous pardonnerait pas de laisser passer cette occasion historique.

 

Mais il pourrait, si nous mettons toutes nos forces pour la rendre possible, se tourner à nouveau vers nous et donner un nouvel élan à notre Parti, et surtout à notre combat pour le bien commun.

 

Saisissons cette opportunité historique, et ouvrons le débat.

 

POUR CONNAÎTRE LE NOM DES SIGATAIRES DE CET APPEL

CLIQUEZ CI-DESSOUS

http://www.pourgagneren2022.fr/

Ça n'empêche pas Nicolas                         Ça n'empêche pas Nicolas

 

Les communistes  débattent : c'est normal que les uns et les autres fassent connaître la stratégie qui leur parait la plus adaptée à la situation politique présente.

Cet échange intéresse tous les Français qui souhaitent un changement de société et la rupture brutale avec le système social et économique, qui mène notre pays, son peuple et la nation toute entière au désastre.

Membre du PCF de 1956 à l'an 2000, j'ai quitté le Parti lors du Congrès de Martigues, dont les thèses proposées - la priorité donnée à  la "conquête des lieux de pouvoir" -  c'est-à-dire à la présence prioritaire d'élus communistes au Parlement et dans les municipalités - la méthode pour y parvenir étant la présence du PCF dans des coalitions sans principe avec la social-démocratie. 

Chacun a pu mesurer la nocivité de telles alliances, illustrées avec le gouvernement Jospin ( 1997 - 2002 ), qui a privatisé à tour de bras les entreprises nationales et, d'autre part, soutenu la guerre impérialiste menée par l'Otan contre le peuple serbe. Sans oublier le consentement du PCF à la subordination de la France aux intérêts financiers européens dans le cadre de l'UE, condition exigée pour la participation communiste au gouvernement !

Cette stratégie a fait ses preuves avec des scores accordées aux candidats du PCF aux élections présidentielles suivantes à moins de 2%...

Aujourd'hui, l'appel de militants communistes publié ci-dessus persévère dans l'erreur. Ils nous proposent - sans doute pour simplement conserver les élus PCF - de nouveaux de telles alliances sans principe avec le Parti socialiste de François Hollande, dont la politique ouvrit la voie à celle menée par Emmanuel Macron,  propulsé par le capital financier mondialisé, pour qui le PCF a appelé à voter au second tour...

Mais la nouvelle alliance proposée par l'Appel s'élargit aux écologistes , dont le projet de société vise à poursuivre et accentuer la désindustrialisation de la France.  C'est-à-dire à abaisser notre pays au rang de puissance totalement asservie au capital allemand.

Telle est l'alliance que nous propose en définitive les signataires de l'Appel.

Face à ceux-ci, se dressent les partisans d'une candidature communiste aux prochaines présidentielles. Ce choix semblerait plus conforme au désir d'affirmer les choix propres au PCF comme alternative aux combinaisons sans principe prônées par leurs camarades.

Encore faudrait-il préciser la nature et l'étendue de la rupture préconisée par les camarades soutenant, avec Fabien Roussel, la stratégie d'une candidature autonome.

Et c'est là que le bât blesse...

Car le secrétaire général du PCF illustre sa stratégie d'une curieuse manière. C'est lui qui revendiquait la tête de liste pour les régionales en Hauts-de-France avec... les Ecologistes et le PS, et aussi avec le parti de Mélenchon. Et c'est Fabien Roussel qui a finalement cédé la première place à une Verte !

Nous sommes bien loin de l'affirmation de la nécessaire autonomie communiste...

Sans nous ingérer dans les orientations du PCF, qui sont du seul ressort de ses adhérents, nous avons voulu préciser les remarques de militants toujours communistes, mais qui ne se retrouvent toujours pas dans le Parti communiste.

Jean LEVY

Tag(s) : #PCF
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