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Loir-et-Cher : Ana Fernandes meneuse des aides à domicile

Elle ne lâche rien. Pinceau à la main, seau de colle à tapisserie dans l’autre, Ana Fernandes profite des quelques minutes devant elle pour placarder la dernière affiche imprimée par son syndicat. Alors qu’avec ses collègues aides à domicile de l’ADMR elles ont dû retourner au travail après trois mois de grève, la déléguée CGT continue le combat.

« Je n’avais pas peur j’étais solidaire »

À 53 ans, cette Chailloise d’adoption – elle est née au Portugal et est arrivée à Blois à l’âge de 3 ans avec sa famille – a connu une carrière professionnelle marquée par la précarité. Après un CAP confection habillement, Ana Fernandes ne parvient pas à trouver de travail dans sa branche dans la région.

Elle enchaîne alors les petits boulots pendant des années. Contrats à durée déterminée (CDD) et missions d’intérim avec des horaires d’équipe décalés : tout ceci devient compliqué après la naissance de ses deux fils, aujourd’hui grands. C’est pourquoi pendant quatre ans ensuite, elle devient assistante maternelle.

 

Un métier très enrichissant

 

C’est en 2012 qu’Ana Fernandes se tourne vers l’aide à la personne, un métier qu’elle considère « très enrichissant ». Elle postule au CIAS du Blaisois et y travaille pendant deux ans et demi en CDD. Un contrat précaire où elle effectue presque 40 heures par semaine quand ses collègues « embauchées » en font la moitié et sont donc moins bien payées.

 

Une situation qu’elle juge injuste et qui la pousse à rejoindre le mouvement de grève lancé par ses consœurs. Malgré le risque de ne pas voir son contrat renouvelé ensuite, Ana Fernandes a « quand même fait grève ». « Ça me touchait, je trouvais ça dégoûtant, confie l’aide à domicile. Je n’avais pas peur, j’étais solidaire avec les filles. » Un premier pas vers la défense des conditions de travail de ses homologues.

 

Et si aujourd’hui Ana Fernandes est pleinement engagée dans ce combat, elle a pourtant intégré la sphère syndicale sur le tard. C’est après quatre années passées comme aide à domicile à l’ADMR de Loir-et-Cher qu’elle est élue déléguée syndicale sous les couleurs de la CGT au début de l’année 2019. 

 

J’avais envie de faire changer les choses à l’ADMR, explique Ana Fernandes. La seule solution c’était le syndicat sinon les aides à domicile n’ont rien à attendre de la direction.

Ana Fernandes, déléguée syndicale CGT à l'ADMR 41

La solution selon elle est donc le syndicat mais pas n’importe lequel. Ana Fernandes n’a pas rejoint la CFTC, organisation majoritaire de l’association, qu’elle a « alertée plusieurs fois »sur les conditions de travail mais dont « il ne faut pas attendre d’améliorations ». 

Parce que selon elle, le syndicat est « du côté de l’employeur ». Elle a préféré rejoindre la CGT car c’était celui qu’elle voyait « aux infos dans tout ce qui se passe » et avait « l’impression que c’était LE syndicat qui défend le salarié. »

 

Une grève perlée désormais

 

Et aujourd’hui, c’est à cette tâche qu’elle s’emploie en demandant une revalorisation des conditions de travail des aides à domicile. « Ça ne fait qu’un an qu’on est élues mais on n’abandonne pas. » Même si avec ses collègues elles ont dû reprendre le travail après trois mois de contestation pour des raisons financières, le mouvement continue et s’est transformé en grève perlée.

À la manœuvre, on retrouve Ana Fernandes qui « booste les autres ». Insatisfaite par les propositions faites par sa direction et le conseil départemental, la déléguée syndicale promet : « Je suis tenace et quand on commence quelque chose, il faut aller au bout ».

Et après plus de trois mois de lutte, la détermination d’Ana Fernandes ne semble, en effet, en rien affectée.

Tag(s) : #Lutte de classes
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