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Dominique de Villepin est successivement ministre des Affaires étrangères entre 2002 et 2004, puis de l'Intérieur de 2004 à 2005 dans les gouvernements de Jean-Pierre Raffarin, avant d'être nommé Premier ministre par le président le .

 

Dominique de Villepin :

Un véritable génocide est perpétré par l’armée sioniste dans la bande de Ghaza qui vit sous le rythme quasi-quotidien des bombardements aériens, terrestres et maritimes depuis une semaine déjà.

Le bilan de l’agression israélienne est passé à 218 morts et plus de 5.604 blessés au vu et su de la communauté internationale dont le silence ne peut qu’être complice y compris la France qui prétend défendre les droits de l’Hommes sous d’autres cieux.

« Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s’est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada »,  a dénoncé Dominique de Villepin, ancien premier ministre français, dans une tribune publiée dans Le Figaro, ce lundi.

« Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c’est aujourd’hui, je l’écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l’existence et à la sécurité d’Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d’État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l’éternel retour de la guerre qu’il est temps de parler et d’agir. Il est temps de mesurer l’impasse d’une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement », écrit-il en effet.

« Comment comprendre aujourd’hui que la France appelle à la «retenue» quand on tue des enfants en connaissance de cause?  Comment comprendre que la France s’abstienne lorsqu’il s’agit d’une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d’Israël? Quelle impasse pour la France que cet esprit d’alignement et de soutien au recours à la force », s’est interrogé encore l’ancien ministre français des Affaires étrangères

Pour Dominique de Villepin, « seule la vérité permet l’action ».  « Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C’est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées. L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire », dit-il sans détour aucun, contrairement à beaucoup d’autres politiques qui n’osent bouger le petit doigt.

Le « courage de dire les vérités »

La tribune de l’ancien premier ministre de Jaques Chirac, se veut également un « voyage dans le temps, dans l’Histoire de la Palestine occupée ».

« Ayons le courage de dire une première vérité: il n’y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l’occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd’hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien », écrit-il à cet effet.

En lieu et place de la recherche de la paix, soutient-il, il n’y a plus que l’engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité.

« L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C’est la spirale de l’Afrique du Sud de l’apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d’iniquité et de bantoustans humiliants. C’est la spirale de l’Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle », rappelle l’avocat et ancien diplomate.

La  deuxième vérité à « dire haut et fort », c’est qu’il ne saurait y avoir de responsabilité collective d’un peuple pour les agissements de certains.

Pour Dominique de Villepin, une troisième vérité « brûle les lèvres » : oui il y a une terreur en Palestine.

En Cisjordanie aussi : c’est une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu’on leur a fait jouer.

« Je ne peux accepter d’entendre que ce qui se passe en Palestine n’est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu’on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d’«eau sale» et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu’on nie qu’il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune », estime l’ancien Premier ministre français.

Ainsi, face à l’absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C’est au premier chef la responsabilité de la France.

« Nous n’avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu’elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l’espoir même d’un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l’idée même de la justice », relève l’ancien diplomate français.

Tag(s) : #Opinion De Villepin
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