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Le retour du modèle socialiste

Le socialisme revient à la mode aux États-Unis depuis la crise des subprime (2008), comme remède proposé aux abus de plus en plus délirants du capitalisme dans sa principale métropole, et il y a gros à parier qu'il en sera de même chez nous très vite. Et ce n'est pas simplement en tant qu'utopie, mais aussi à nouveau en tant que modèle économique et social bien concret.

Voilà qui tombe bien, car l'objectif spécifique des communistes est le socialisme, et non l’émancipation de l’individu, tâche historique du capitalisme qui l’a déjà conduite au-delà de son terme et qui aujourd’hui la pousse jusqu’à l’absurde. Cette orientation fondamentale ne plaît pas du tout à la gauche et à l’extrême gauche bourgeoises qui continuent à enfoncer le portail grand ouvert au nouvel âge du capitalisme de la liberté sans freins et sans règles (celle des riches).

Ce système déplaira aussi aux puristes qui restent au chaud dans la théorie parce qu’il comportera des survivances de longue durée du capitalisme : la monnaie, le salariat, la bourse, et même les riches, ce ne sont pas des réalités que l’on peut abolir d’un trait de plume (en tout cas, c’est ce que l'expérience du socialisme du XXème siècle a montré).

Remplacer le capitalisme signifie donc, non pas le détruire du jour au lendemain, mais commencer par le mettre sous contrôle de la société, en lui ôtant son influence politique, en interdisant aux capitalistes de contrôler des forces politiques, et des médias. Ce qui signifie fragiliser progressivement la propriété privée des moyens de production sans la prohiber d'un seul coup. Comme on fait en Chine, l’enfermer dans une cage, et lui interdire absolument, par le jeu des élections et la manipulation de l’opinion, son retour au pouvoir.

Le socialisme est donc un système politique de parti hégémonique qui n’admet pas d’alternance sur les principes de base de son organisation économique et sociale.

La victoire de ce système est certaine parce que tôt ou tard, et plutôt tôt que tard, les masses prendront conscience, au niveau mondial, de l’intérêt et de la nécessité de ce nouveau système économique où la production et la distribution des biens nécessaires sera confiée à la collectivité et à l’État qui la représente. Mais cette victoire ne surviendra pas sans engagement actif d’une grande partie de ces masses. Il va falloir encore une âpre lutte et un engagement intégral de millions de héros ordinaires pour y arriver.

Ce qui est clair c’est qu’il n’y a pas d’alternative capitaliste au capitalisme : pas question pour le capital financier dégénéré de revenir au Welfare State des années 1945-1980, ni de laisser un capitalisme autochtone non occidental se développer, ni qu’il parvienne à s’autoréguler pour devenir « vert », ou « éthique », ne serait ce que parce qu’il soumet la science et la culture à des intérêts sordides et court-termistes, et n’a donc aucun moyen objectif de déterminer ce qui est réellement bon pour l’environnement, ou pour l’être humain.

Ces utopies sont destinées à le rester, parce que le capitalisme n’est pas une abstraction, il est fait de chair et de sang, et à ce titre il est indissociable de l’empire d’un Occident en voie d’intégration politique (malgré quelques péripéties, comme par exemple la présidence Trump). Cet empire se développe sous le règne d’une nouvelle oligarchie à l’idéologie mondialiste portée par une classe dirigeante anglophone internationale qui a fait son temps mais qui ne veut pas lâcher l’affaire. A part l’idéologie, sa puissance résiduelle est fondée exclusivement sur la force militaire considérable qu’il conserve encore pour quelques temps.

Une opposition au capitalisme va donc apparaître objectivement dans les forces qui luttent contre l’hégémonie occidentale, dans les appareils d’État dits « émergents » et notamment en Chine.

Dans les métropoles, c’est dans la classe ouvrière nombreuse et multiforme des économies de service qu’apparaîtra la force politique qui mettra le capitalisme en cage. Prolétaires de services, mais indispensables et incontournables pour le fonctionnement matériel de la société. Quoiqu’il en soit de la forme précise qu’elle prendra, cette force périphérique « encerclera les villes par les campagnes », comme le préconisait Mao, et elle surgira par surprise en contournant les lignes de défenses et les digues idéologiques qui nous bloquent depuis deux générations.

En ce sens des mouvements comme le M5S en Italie ou les Gilets Jaunes en France préfigurent cette surprise stratégique et cette reconfiguration politique radicale. Il faut aussi constater que l’expérience de leur déclin accéléré montre que ces formations sont vouées à jouer un rôle de catalyseur éphémère et à disparaître très vite avec le renouvellement de conditions politiques, avec le retour de la guerre de mouvement entre le capital et le travail.

Un danger existentiel croissant....

POUR LIRE LA SUITE
DE L'ARTICLE DE GILLES QUESTIAUX

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Tag(s) : #Idéologie
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