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Le prolétariat et les minoritaires

 

Un événement sociologique d'envergure s'est produit aux États Unis en 2016, qui est passé inaperçu dans le fracas de l'élection de l’histrion Trump : son adversaire malheureuse Hillary Clinton a réussi à s’assurer l'investiture du parti démocrate par la triche certes, mais aussi en s'appuyant sur le vote décisif aux élections primaires de la communauté noire. Bref, les Noirs américains, qui avaient été le môle de résistance de la gauche américaine pendant les années Reagan, se sont recentrés contre Bernie Sanders et ont soutenu massivement une candidate libérale et particulièrement impérialiste (au moment où les juifs américains, au contraire, commençaient à se poser des questions). Et le même phénomène s'est reproduit, et s'est amplifié, en 2020, au bénéfice de Joe Biden, politicard sans envergure, corrompu et nul.

 

Au moment où les petits blancs prolétarisés nord-américains, eux aussi, commencent à se demander si le socialisme ne vaudrait pas mieux pour eux que le capitalisme, le groupe minoritaire le plus marqué à gauche de la société américaine fait défection, voilà qui pose question.

 

Cela pourrait s’expliquer par une conjoncture sociologique ; il paraît que l'espérance de vie des prolos blancs américains, si elle reste plus élevée que celle des minorités, tend à diminuer, tandis que celle des individus classés dans des minorités monte encore, ce qui ne s’explique pas du tout par l'amélioration de la condition des pauvres mais par le recrutement progressif depuis les années 1950 d'une bourgeoise dans leurs rangs qui intègre le mode de vie de la classe moyenne, qui a les moyens de se soigner, et qui du fait de cette promotion passe graduellement du radicalisme au conservatisme politique.

 

Mais quoiqu'il en soit, il semble que le « nouvel âge du capitalisme » qui fait de la tolérance tout azimut et de la diversité la plus diverse son fond de commerce ait réussi à récupérer cette minorité agissante, talon d’Achille du capitalisme américain jusqu'aux années 1990. Ce tournant conservateur des Noirs américains (ou au moins de leurs porte-paroles) est de signification générale dans le monde actuel, car ils sont loin d'être la seule minorité concernée. Voici par exemple les Kurdes, la « minorité rouge » du Moyen Orient, encadrés par des partis plus-marxistes-que-ça-tu-meurs qui s'alignent dans la guerre de Syrie avec les États-Unis !

 

Alors pour y voir plus clair, faisons un petit retour historique, sur un autre continent, de l'autre coté de l'Océan Atlantique des révolutions.

 

La révolution démocratique moderne dont la Révolution française était l’initiatrice et le modèle type voulait donner au peuple le pouvoir, en expulsant de la nation les élites aristocratiques. Une immense majorité seule légitime expulsait une minorité qui accaparait richesse, pouvoir et honneur. La démocratie étymologiquement signifie le « pouvoir au peuple », et par le mot « peuple » il s'agissait en 1789 de désigner les 98% des Français qui appartenaient au Tiers État , ceux qui jusque-là « ne sont rien » (comme dirait Macron), ceux qui « sont tout », et qui ne veulent pas seulement devenir « quelque chose » comme dans la célèbre brochure de l'Abbé Sieyès, mais vraiment tout. Les aristocrates à la lanterne ! Une fois le peuple épuré de ces oppresseurs au pouvoir, c'est la loi de la majorité qui régnerait. Pendant la révolution, c'était une minorité agissante au sein du peuple, le peuple parisien des sans-culottes, qui la dirigeait dans ce but, encore que confusément.

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Tag(s) : #Idéologie
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