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OÙ EN EST LA VACCINATION EN CHINE ? par Jean-Claude Delaunay - Ça n'empêche  pas Nicolas

 

Histoire et société

Dans les conditions actuelles comparées de vie en Chine ou dans un pays capitaliste développé, le Parti communiste chinois, quelles que soient ses limites, apporte quelque chose de substantiel, d’ample et de continu à la société chinoise et à ses membres alors que des partis comme le Parti démocrate ou le Parti républicain n’apportent rien à la vie des citoyens nord-américains. Ce sont des instruments du folklore électoral en même temps que des machines à fric et à corruption. Ce sont des partis de la démocratie bourgeoise. 

Je crois cependant que, comme dans toute chose, nous devons, nous communistes, raison garder. Je vois pour ma part deux éléments de réflexion que je crois importants et que, à mon avis, même si nous n’en faisons pas étalage, il serait bon de garder à l’esprit en parallèle à cet article, non pas tant pour juger la Chine et son Parti (ce n’est pas mon problème) mais pour réfléchir à la forme «parti communiste».

1) Le premier élément consiste à historiciser le rôle d’un Parti communiste comme le Parti communiste chinois. Je crois que la forme «Parti communiste» diffère selon que le pays dans laquel elle est pensée et appliquée est un pays développé ou non.

Dans une société sous-développée économiquement et politiquement, comme l’est la société chinoise, un Parti communiste dirigeant, totalement impliqué du haut en bas de la société, est une exigence. Sans une telle organisation, pas de socialisme, pas de résistance aux assauts politiques ou militaires extérieurs, nombreux et répétés, pas de construction des infrastructures intérieures, pas de lutte contre la pauvreté, pas de gestion centralisée et efficace de la lutte contre la pandémie, pas de lutte contre les Japonais du temps de Mao, etc…sans un Parti communiste de ce genre. C’est l’Armée rouge qui a vaincu les Japonais, ce n’est pas le Guo Min Dang.

En même temps, et je dis cela en sachant que mon propos est un peu blasphématoire, je ne suis pas impressionné par le fait que le PCC compte aujourd’hui 90 millions de cotisants. Je serais presque même tenté de dire que c’est trop, et je crois avoir perçu que, dans ce nombre, qu’il y a aussi des opportunistes bon teint. Certes, il n’est pas facile de devenir communiste en Chine. On n’entre pas dans cette organisation comme dans un moulin. Cela dit, il existe des stratégies pour le faire.

Cela étant dit, dans cette société, qui possède tant d’aspects intéressants, il en est un que moi, je n’apprécie pas du tout : la Chine est une machine à «lingdao», une machine à «chefs», avec toute la lignée ordonnée et hierachisée que comporte la notion de «chef» .

Vous téléphonez dans une grande banque, par exemple, pour avoir une information anodine. Mais la réception va exercer son pouvoir d’enquête : C’est pour quoi, et c’est pour quoi faire, et gna gna gna. Quand vous avez réussi à la convaincre, ou à le convaincre, de vous passer un chef, le chef en question est en réunion, ou il est en train de pisser, ou il est en congé parce qu’il a travaillé le samedi, et ainsi de suite. Bref, heureusement qu’il y a un Parti communiste pour remuer tout ça. Oui, heureusement. Mais en même temps, le Parti communiste en question n’est pas extérieur à la société dont il est le guide. Et lui aussi, , il contient des «lingdaos». Quelle est la valeur de ces chefs?

J’en tire deux conclusions simples : 1) l’efficacite du Parti communiste a des chances de ne pas atteindre 100%. C’est normal. Aucune machine ne fonctionne avec un rendement égal à 100%. 2) Accroître l’efficacité et l’humanité de cet appareil doit être une préoccupation permanente de celles et ceux qui ont été désignés pour en assurer la direction.

Je crois qu’à l’heure actuelle, en Chine, existe «un grand moment de réflexion» sur ce point. Dans le détail et en profondeur. Et ça, ça me paraît le plus important de tout. Plus important que les 90 millions.

2) La Chine fournit un exemple de partis communiste dans un pays sous-développé. Mais quid d’un parti de ce genre dans un pays développé? A mon avis, le rôle dirigeant d’un parti communiste dans un pays développé est aussi important que dans un pays sous-développé. Mais ce rôle dirigeant devrait revêtir des formes différentes. Quelles sont ces différences?

Pour répondre à cette question, les marxistes chinois ont tendance à évoquer les différences culturelles. Oui, peut-être, mais à mon avis comme conséquences de modes de production différents, d’histoires différentes de la lutte des classes, de ses conquêtes et de ses échecs, etc…La Chine est issue d’une formation sociale dont Marx avait commencé d’esquisser les traits à travers le concept de mode de production asiatique.

La Chine socialiste n’est pas vraiment issue d’un mode de production asiatique. Mais quand même, elle est issue d’une formation sociale qui en comporte différents traits, notamment sous l’angle de la propriété publique. Surtout elle n’est pas issue d’une société capitaliste développée. Alors que si le socialisme voit le jour en France, en réalité, je veux dire : Quand le socialisme verra le jour en France, il sera marqué par ce passé.

J’ai avancé, dans le bouquin que j’ai écrit sur «Rompre avec le capitalisme, etc…» une distinction que je crois opérationnelle même si personne n’y prête attention, c’est celle entre démocratie substantive et démocratie procédurale.

Ma conviction est la suivante. Le Parti communiste chinois est un agent totalement impliqué dans la mise en place d’une démocratie substantive en Chine. Et cette forme de démocratie satisfait le peuple chinois, car son passé ne l’a jamais ou peu impliqué, si ce n’est au niveau villageois, dans des formes procédurales de la démocratie. Mais viendra un jour où, en Chine, les modalités procédurales de la démocratie devront pénétrer ses formes substantives à tous les niveaux de la société.

Pour dire les choses autrement, je crois que l’on peut distinguer abstraitement deux formes de démocratie : substantive et procédurale. Les capitalistes croient pouvoir satisfaire le peuple en s’appropriant toute la substance et en ne faisant fonctionner qu’une démocratie procédurale. Je crois qu’en Chine la démocratie substantive actuelle fera progressivement sa place à la démocratie procédurale sans que cela se traduise par le retour au capitalisme.

Dans un pays comme la France où fonctionne la démocratie procédurale sans démocratie substantive, nous devrons construire la démocratie substantive (éliminer les parasites que sont les membres de la bourgeoisie monopoliste) tout en prenant beaucoup plus en compte la démocratie procédurale que ne le font par exemple les Chinois. Cela aura évidemment un effet en retour sur le rôle et la place du Parti communiste dans un pays comme la France.

Jean Claude Delaunay

Tag(s) : #Chine, #PCC
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