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Le charme discret de la social-démocratie

La plupart des gens veut la satisfaction des besoins de base, la sécurité et la justice sociales, les principes du socialisme, mais les maîtres de la société ne veulent pas du socialisme, et ils disposent de grands moyens pour l’empêcher. Dans ces conditions, devant cette difficulté majeure, pourquoi la social-démocratie (SD) ne serait-elle pas la bonne solution ?

Pourquoi en effet ne pas avoir le beurre et l’argent du beurre ? La sécurité sociale généralisée offerte par le socialisme, et la liberté sans freins et sans règles du consommateur approvisionné en biens alléchants par le libre marché ? C’est en tout cas ce dont rêvaient les naïfs habitants de l’Europe de l’Est, avant d’être ruinés par la transition des années 1990 !

Mais ce n’était déjà plus le temps de rêver : l’État social était alors raillé et ringardisé partout sous appellation d’État-providence, accusé d’être à l’origine de la crise de productivité du capitalisme révélée par les crises des années de 1968 à 1993, et traîné dans la boue par la contre-culture "punk" diffusée parmi la jeunesse, encouragée massivement au vandalisme et à la drogue. Pourtant ce compromis entre socialisme et capitalisme quelques années auparavant était encore vanté comme la preuve absolue de la supériorité du « monde libre » sur le bloc soviétique ! Son application dans certains pays (Grande Bretagne, Allemagne Fédérale, Pays Scandinaves) a connu des succès certains durant la génération après guerre, qui ont été présentés comme une alternative heureuse au socialisme est-européen.

Bien distinguer la vraie SD (dont le représentant le plus illustre est sans doute Olaf Palme, premier ministre suédois aux forts engagements pacifistes et anti-impérialistes, assassiné en 1986) du social-libéralisme de Tony Blair (dont une des lamentables figures hexagonales est Lionel Jospin, premier ministre français de 1997 à 2002). Ce dernier n’est qu’une des escroqueries de la « deuxième gauche », qui est plutôt la « troisième droite » ! A la droite conservatrice et à la droite libérale s’ajoute sous ce nom une fausse gauche moralisatrice qui confond le social et le caritatif et qui redistribue aux plus pauvres des pauvres les ressources des autres pauvres, accusés d'être des "nantis" et de se complaire dans la fainéantise.

La vraie SD consiste en la mise en œuvre, sans quitter l’économie capitaliste, d’une politique sociale poussée qui implique le versement de hauts salaires et une redistribution des revenus et - pas toujours - de taxation des patrimoines, et qui aboutit à une société nettement plus égalitaire, sans pour autant faire disparaître les classes sociales. Les bourgeoisies allemande, britannique, suédoise ont très bien survécu à ce régime. Mais elles auraient sans doute moins bien prospéré s’il avait duré une génération de plus.

La SD est une réalité complexe qui peut être envisagée (parfois par les mêmes personnes selon leurs interlocuteurs) soit comme une politique de compromis qui a pour but en définitive d’empêcher le socialisme en coupant l’herbe sous les pieds à ses partisans, soit comme un passage graduel et pacifique du capitalisme au socialisme (ce qui, jusqu’à présent, ne s’est jamais vu, et qui lorsqu’il a été tenté, comme au Chili de 1970 à 1973, a été empêché par la force). Un assez grand nombre de politiciens a joué sur l’ambiguïté entre ces deux interprétations, à commencer par François Mitterrand.

Elle implique une politique économique où l’État...

Gilles Questiaux

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http://www.reveilcommuniste.fr/2021/06/le-charme-discret-de-la-social-democratie.html

Tag(s) : #Idéologie
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