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Gaz Banque d'images et photos libres de droit - iStock

 

La montée brutale des prix du gaz naturel et de l’électricité sur les marchés a et aura des lourdes conséquences sur la facture des consommateurs.

Situation délicate pour un gouvernement français en campagne électorale. Comme ses prédécesseurs, le gouvernement qui ne jure que par le marché et les privatisations est responsable de la situation, dans la mesure où il est bien l’héritier de la longue tradition des gouvernements français. Gouvernements qui comptent sur le Capital et son fameux marché pour se substituer de manière "efficace" aux services publics organisés autour de grandes institutions ou entreprises nationalisées. Aujourd’hui, le monde du travail paie la facture.

 

Pour le gaz, c’est +57% en un an !

La libéralisation du secteur de l’énergie à l’échelle européenne et les privatisations n’ont abouti qu’à la dégradation du droit à l’énergie. Cela coûte cher à la Nation. Depuis la transformation d’EDF en Société anonyme en 2004, 64 milliards d’euros de dividendes ont été versés par EDF et Engie.

Les décisions d’augmentation du Tarif Régulé de Vente de l’électricité (TRV) résultent directement de la politique d’ouverture du marché de l’électricité à la concurrence et de la loi NOME (Nouvelle Organisation du Marché de l’Electricité) de 2010, organisant ce marché en mettant à disposition des "fournisseurs alternatifs" un quart de la production nucléaire d’EDF par l’ARENH (Accès Régulé à l’Electricité Nucléaire Historique). Les décisions d’augmentation du Tarif Régulé de Vente, comme celle de 10% ne visent qu’à entretenir artificiellement la rentabilité et la survie des "fournisseurs alternatifs".

Le premier ministre Castex se dit aujourd’hui déçu par le marché : une clause de style pour éviter d’endosser la responsabilité politique de la situation ! Mais quelles sont ces lois du marché ?

Les lois du marché – aussi sophistiquées soient les modèles mathématiques qui décrivent leurs fonctionnements – sont d’une simplicité biblique : plus les prix baissent, plus la demande augmente mais plus les prix baissent plus l’offre diminue et plus l’offre diminue plus les prix grimpent.

 

Ce schéma de base ne fonctionne pas avec une telle flexibilité pour tous les biens. En effet, si un bien est nécessaire, comme le gaz ou l’électricité, une augmentation des prix de fourniture aura un effet faiblement déprimant sur la demande parce que les consommateurs ont besoin de se chauffer en hiver et de lumière à la nuit tombée.
C’est pourquoi, certains biens de première nécessité ont longtemps été sortis hors du marché en procédant, par exemple, à la nationalisation quasi-totale du secteur énergétique à la Libération avant que le rapport de force ne permette au Capital d’investir aussi ces champs d’activités, notamment en téléguidant et organisant la destruction des services publics par les États à coup de directives européennes qu’ils écrivent et appliquent conjointement.

Pendant que le ministre des finances français fustige les manipulations de marché des Russes qui n’auraient pas livré le gaz dans le but de faire grimper les prix, le patron de Total explique tranquillement que le marché fonctionne correctement. Le Ministre développe une théorie du complot assez cocasse car même si cela était, pourquoi les Russes n’y avaient-ils pas pensé plus tôt ?

Tout à l’affolement, il demande une réunion européenne d’urgence car il estime, contrairement au patron de Total, que le modèle de marché unique européen de l’énergie (en fait gaz et électricité) est obsolète. Mais n’importe qui un tant soit peu au fait des spécificités de la chaîne de fourniture du gaz et de l’électricité, avait déjà compris que les anciens modes de fonctionnement étaient plus fiables pour assurer la pérennité et l’efficacité de ces chaînes.

 

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Tag(s) : #Energie Prix
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