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European Parliament Session : Photo d'actualité

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L'EDITORIAL par Pierre LEVY

Désastre. Débâcle. Fiasco. Les dirigeants et commentateurs occidentaux eux-mêmes expriment leur sidération face au séisme qu’a représenté la prise de Kaboul par les Taliban, le 15 août dernier, alors même que les soldats de l’OTAN n’avaient pas encore remballé leur paquetage.

Certes, après deux décennies de guerre, l’arrivée des « étudiants en religion » aux manettes du pays ne dessine pas nécessairement un avenir enviable pour les Afghans – et particulièrement pour les Afghanes. Mais c’est à eux, et à eux seuls, de décider de celui-ci.

Cela rappelé, il n’est pas interdit de se réjouir de la déroute américaine, car c’est bien de Washington que la funeste aventure avait été déclenchée il y a vingt ans tout juste. L’arrogante Amérique, qui un temps rêva d’imposer au monde son hégémonie, a offert un spectacle surréaliste : elle a imploré ses anciens ennemis en haillons de lui laisser déployer son ultime logistique de retrait… Surtout, Joseph Biden l’a martelé : les Etats-Unis n’ambitionnent plus, désormais, de guerroyer partout sur la planète en prétendant « construire des nations », c’est-à-dire mettre en place des régimes à leur botte. Ils n’interviendront plus, selon la Maison-Blanche, que pour défendre leurs propres intérêts vitaux. Certes, une telle promesse ne tiendra sans doute pas pour l’éternité.

Les dirigeants de pays qui se fiaient au « parapluie américain » sont pris de court, notamment les Européens, mis devant le fait accompli

Reste que les dirigeants de pays qui croyaient pouvoir se fier au « parapluie américain » sont pris de court. A commencer par les Européens, qui ont été mis devant le fait accompli : ni le principe ni même les modalités du retour des soldats de l’OTAN ne leur ont été soumis, alors même qu’ils avaient des troupes sur le terrain. Les plus atlantistes – Berlin, Londres, Copenhague et quelques autres – sont les plus humiliés. Cerise sur le gâteau : la « trahison » a certes été enclenchée en 2020 par Donald Trump, mais c’est bien son successeur démocrate qui l’a mise en oeuvre, quelques mois seulement après que la victoire de ce dernier eut été saluée par les dirigeants enthousiastes de l’UE comme un immense soulagement. Il est vrai que la continuité à la Maison-Blanche, d’apparence paradoxale, est claire : Washington entend désormais concentrer son énergie et ses forces contre le rival d’aujourd’hui et plus encore de demain : la Chine.

Face à ce lâchage spectaculaire « le monde (le sien, en réalité) est pris de vertige », s’affolait fin août l’eurodéputé macroniste Bernard Guetta. Et l’ex-chroniqueur géopolitique du service public de s’angoisser : « il n’y a plus de parapluie, plus de protection assurée, plus d’alliances en béton ». Ainsi, poursuit-il, les Etats-Unis pourraient rester de marbre « au cas où Vladimir Poutine marcherait sur Kiev », voire « s’il engageait ses mercenaires dans les Balkans, se manifestait plus encore dans la zone baltique, en Libye et en Afrique subsaharienne ». C’est tout juste s’il ne cite pas les cosaques défilant sur les Champs-Élysées.

Dès lors, conclut au clairon Bernard Guetta, « il n’y a plus une seconde à perdre » pour pousser l’intégration militaire de l’Union européenne, en particulier « développer en commun les armes du futur et nous préparer ensemble aux nouvelles batailles, spatiales et numériques ». Et comme le hasard fait bien les choses,

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https://ruptures-presse.fr/actu/editorial-guetta-biden-afghanistan/

Tag(s) : #Opinion, #Afghanistan et Occident
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