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La une de "La Marseillaise" du 13 décembre 2021...

 

Ça n'empêche pas Nicolas                                   Ça n'empêche pas Nicolas

La Sécu : c'est vous !

 

Ce ne sont pas seulement les salariés qui travaillent dans les différents organismes de la Sécu. Ceux-ci ont raison de défendre leur conditions de vie et leurs rémunérations.

La sécurité sociale est instaurée, à la Libération, en 1945-1946, par le communiste Croizat, ministre du général de Gaulle. Elle vise en premier à protéger tous la population des risques, tels que la maladie et de dégager les assurés de ses coûts de plus en plus onéreux.

De même la Sécu prévoit un ensemble de droits d'ordre social pour aider financièrement toutes les familles sous forme d'allocations : maternité, vieillesse quelque soit leur revenu.

Cette mutualisation des risque à un coût. Pour couvrir celui-ci, les salariés et les patrons doivent verser des cotisations sociales. 

 Celles-ci sont retenues chaque mois sur leur bulletin de paye. C'est pour les salariés un SALAIRE DIFFERE , calculé en proportion de leur rémunération. 

Par ces ressources, la Sécu garantit la gratuité totale ou partielle des soins et des hospitalisations, la prise en charge des longues maladies, comme le cancer...

La Sécurité sociale est donc une institution sociale publique. C'est ce qui désole le patronat, en particulier le puissant secteur des mutuelles privées, qui voudrait remettre la main sur un pactole de profits qui lui échappe en partie aujourd'hui, les gouvernements successifs de droite comme socialistes ayant, au fil des ans, réduit la part d'intervention de la Sécurité sociale.

Les différents candidats de droite, de Macron en Pécresse (et des soutiens de celle-ci tel Ciotti), et jusqu'à, bien sûr, Zemmour, aucun ne cache sa volonté de satisfaire les revendications du Medef, dont ils sont les porte-étendards. 

N'est-ce pas le numéro 2 du Medef,  en 2007, un certain Denis Kessler, par ailleurs  grand patron d'assurances privées, qui déclarait :

"Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !"  

(VOIR PLUS BAS)

Denis Kessler, président directeur général de Scor dans L'invité d'Hedwige  Chevrillon - 26 mars - Vidéo Dailymotion
Ce qu'ils visent plus ou moins ouvertement, c'est de rayer la Sécu de la carte.

Et benoîtement, ils tentent de berner les salariés en leur faisant croire qu'en supprimant les cotisations sociales - en fait, répétons-le, un SALAIRE DIFFERE,  ceux-ci augmenteraient leur pouvoir d'achat. Ces bons apôtres oublient de dire  que les salariés seraient alors contraints de recourir aux assurances privées aux cotisations modulées en fonction du taux des remboursements prévus. Sait-on que les traitements en lien avec les maladies lourdes coûtent des fortunes que les salariés ne pourraient pas financer, alors que la Sécurité sociale les prend en charge en globalité. 

Aux Etats-Unis, il n'y a pas  de sécurité sociale.

Ou vous cotisez, si vous avez de gros moyens, à une assurance privée, ou vous ne vous soignez pas, ce qui est le cas de dizaines et de dizaines de millions de citoyens. Ou vous contractez un prêt usuraire à rembourser tout au long de la vie

C'est cela que les différents candidats de droite vous proposent.

 

Citation d'un article de Denis Kessler dans la revue Challenges le 4 octobre 2007

Actualités Challenges  

EDITORIALISTES DE CHALLENGES 04.10.2007

Adieu 1945, raccrochons notre pays au monde !

Le modèle social français est le pur produit du Conseil national de la Résistance. Un compromis entre gaullistes et communistes. Il est grand temps de le réformer, et le gouvernement s'y emploie.

Les annonces successives des différentes réformes par le gouvernement peuvent donner une impression de patchwork, tant elles paraissent variées, d’importance inégale, et de portées diverses : statut de la fonction publique, régimes spéciaux de retraite, refonte de la Sécurité sociale, paritarisme...

A y regarder de plus près, on constate qu'il y a une profonde unité à ce programme ambitieux. La liste des réformes ? C'est simple, prenez tout ce qui a été mis en place entre 1944 et 1952, sans exception. Elle est là. 

Il s'agit aujourd'hui de sortir de 1945, et de défaire méthodiquement le programme du Conseil national de la Résistance !

A l'époque se forge un pacte politique entre les gaullistes et les communistes. Ce programme est un compromis qui a permis aux premiers que la France ne devienne pas une démocratie populaire, et aux seconds d'obtenir des avancées - toujours qualifiées d’«historiques» - et de cristalliser dans des codes ou des statuts des positions politiques acquises.

Ce compromis, forgé à une période très chaude et particulière de notre histoire contemporaine (où les chars russes étaient à deux étapes du Tour de France, comme aurait dit le Général), se traduit par la création des caisses de Sécurité sociale, le statut de la fonction publique, l’importance du secteur public productif et la consécration des grandes entreprises françaises qui viennent d’être nationalisées, le conventionnement du marché du travail, la représentativité syndicale, les régimes complémentaires de retraite, etc.

Cette «architecture» singulière a tenu tant bien que mal pendant plus d'un demi-siècle. Elle a même été renforcée en 1981, à contresens de l’histoire, par le programme commun. Pourtant, elle est à l’évidence complètement dépassée, inefficace, datée. Elle ne permet plus à notre pays de s’adapter aux nouvelles exigences économiques, sociales, internationales. Elle se traduit par un décrochage de notre nation par rapport à pratiquement tous ses partenaires.

Le problème de notre pays est qu'il sanctifie ses institutions, qu’il leur donne une vocation éternelle, qu’il les «tabouise» en quelque sorte. Si bien que lorsqu’elles existent, quiconque essaie de les réformer apparaît comme animé d’une intention diabolique. Et nombreux sont ceux qui s’érigent en gardien des temples sacrés, qui en tirent leur légitimité et leur position économique, sociale et politique. Et ceux qui s’attaquent à ces institutions d’après guerre apparaissent sacrilèges.

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce. 

 

Ces propos tenus par le n° 2 du Medef, il ya quinze ans, sont ceux qui animent TOUS LES CANDIDATS DE DROITE à la présidentielle aujourd'hui....

Et comme conclut Denis Kessler :

Il aura fallu attendre la chute du mur de Berlin, la quasi-disparition du parti communiste, la relégation de la CGT dans quelques places fortes, l’essoufflement asthmatique du Parti socialiste comme conditions nécessaires pour que l’on puisse envisager l’aggiornamento qui s’annonce.

 

TIREZ-EN AUJOURD'HUI LES CONSEQUENCES 

Jean LEVY

 

Tag(s) : #Sécurité Sociale
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