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Selon Oxfam, l’augmentation des fortunes des milliardaires s’explique notamment par l’argent injecté dans l’économie mondiale par les gouvernements et les banques centrales depuis le début de la pandémie de Covid-19.

Selon Oxfam, l’augmentation des fortunes des milliardaires s’explique notamment par l’argent injecté dans l’économie mondiale par les gouvernements et les banques centrales depuis le début de la pandémie de Covid-19. | LEONHARD FOEGER, REUTERS

« Les riches c’est fait pour être très riches, et les pauvres très pauvres ! » Louis de Funès dans "La folie des grandeurs"

Tiens, si on dépensait un million par jour ?

 

« Les riches c’est fait pour être très riches, et les pauvres très pauvres ! » Prononcée par Louis de Funès dans La folie des grandeurs , la phrase faisait rire. La réalité est devenue nettement moins drôle.

 

Publié lundi 17 janvier, le rapport de l’ONG Oxfam sur la répartition des richesses et l’aggravation des inégalités dans le monde donne le tournis. Voire la nausée. La fortune des milliardaires de la planète a plus augmenté en dix-neuf mois de pandémie qu’en une décennie. Oxfam explique notamment ce phénomène par l’injection, par les gouvernements et les banques centrales, de 14 028 milliards d’euros dans l’économie mondiale depuis 2020.

 

Des chiffres que l’on retrouve également dans les comptages du magazine américain Forbes. Selon ses estimations, les plus fortunés du monde sont 5 000 milliards de dollars plus riches qu’un an auparavant. Tous ensemble, ils ont accumulé plus de 13 000 milliards de dollars !

 

Quand on compte ses euros à la fin du mois pour boucler le budget, ces sommes folles n’ont plus aucun sens ni aucune réalité palpable. Pour tenter de donner une idée de ce qu’elles représentent, nos confrères du journal britannique The Guardian se sont livrés à un petit calcul. Selon eux : « À raison d’un million de dollars par jour (881 195 €), il faudrait 414 ans pour dépenser la fortune actuelle combinée des dix personnes les plus riches du monde. » Vous y voyez plus clair ?

 

La France n’échappe pas à cette tendance. Les 10 % les plus riches détiennent 52 % du patrimoine total. Et pendant ce temps, celui de l’État s’appauvrit. Le patrimoine public (la somme de tous les actifs financiers et non financiers, nets de dettes) a fondu et fonce même dans le rouge.

 

Il est ainsi passé de 42 % du revenu national en 1970, pour ne plus représenter que - 13 % de ce revenu en 2020. La réalité est terrible : les institutions publiques détiennent plus de dettes que de capitaux.

 

 

Pourtant, un système public solide reste, si l’on en croit les travaux du World Inequality Lab, à l’École d’économie de Paris, un gage de lutte contre les inégalités. Il apparaît en effet que dans ce domaine, l’Europe résiste mieux que les États-Unis. Par ses services publics ayant trait à l’éducation, la santé, par l’encadrement du marché du travail, elle réussit à garantir un meilleur accès à des emplois plus qualifiés. Et donc à des revenus plus importants.

 

Jusqu’à quand ? Dans une campagne électorale noyautée par les discours identitaires et les visées à court terme, il ne semble pas que ces sujets majeurs agitent le débat public.

 

Pourtant, dans un monde souillé de surconsommation, menacé par le réchauffement climatique, où les plus pauvres paient les excès des plus riches ; où les milliardaires Jeff Bezos et Elon Musk regardent vers Mars et les étoiles et financent leur propre programme spatial, comme une fuite en avant ; où la capitalisation boursière d’Apple atteint 3 000 milliards de dollars, soit plus que le PIB (produit intérieur brut de la France), il est urgent d’arrêter de marcher sur la tête.

Tag(s) : #Ologarchie, #Médias
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