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Abstention: 6 pistes pour aider les électeurs à retrouver le chemin des  isoloirs - Nice-Matin

 

Ce nouveau duel avec Marine Le Pen, le président sortant l’avait voulu. Emmanuel Macron avait même théorisé l’affrontement entre les “progressistes” et les “nationalistes” afin de bénéficier, une nouvelle fois, du vote de rejet de l’extrême droite.

Nous sommes en effet dans le scénario qui permet à la classe dirigeante de se maintenir au pouvoir malgré de très vastes et très profonds mouvements dans le pays. Au soir du premier tour, ce scénario se reproduit sous une forme simplifiée et durcie. L’échec cinglant de Valérie Pécresse et l’effondrement d’Anne Hidalgo signifient que les ailes droite et gauche de l’oligarchie sont en voie de disparition par voie d’intégration dans le Bloc oligarchique dont Emmanuel Macron est le chef. Par un simple calcul d’efficacité en faveur du défenseur en place des privilégiés, la France des métropoles a éliminé deux élues de poids qui ne pouvaient trouver un électorat de substitution dans les périphéries urbaines qui leur sont étrangères.

La logique voudrait qu’un Bloc populaire se constitue pour affronter le Bloc oligarchique et le battre. Mais les deux tendances contestataires qui se sont affirmées le 10 avril – celle de Marine Le Pen et celle de Jean-Luc Mélenchon – ne sont pas conciliables pour des raisons qui tiennent à l’histoire de la droite et à celle de la gauche plus qu’aux deux personnalités en présence. Cette situation avantage Emmanuel Macron, sans que son brio et son programme y soient pour quelque chose.

Avant le 10 avril, il était permis de rêver à une sortie de ce combat triangulaire. Mais les Verts ont échoué une fois de plus et Eric Zemmour n’a pas pu imposer sa radicalité xénophobe, qui est apparue en total décalage avec le mouvement tragique de l’histoire européenne. De fait, les trois quart des Français ont voté pour les trois premiers candidats qui incarnent tant bien que mal ou semblent incarner des tendances idéologiques solides et des intérêts de classe bien identifiés. Emmanuel Macron incarne une classe constamment mobilisée pour la défense de ses pouvoirs, de ses avantages fiscaux, de ses rentes. Jean-Luc Mélenchon aurait pu mener après 2017 une politique de rassemblement patriotique en donnant à son programme écologique et social la cohérence d’une remise en cause radicale de l’Union européenne. Il a préféré les coups d’éclat, la liquidation de ses meilleurs lieutenants, les subtilités tactiques et les compromissions communautaristes qui le privent du deuxième tour. Marine Le Pen a tenté une politique de rassemblement, mais par atténuation de son programme et non par un dépassement constructif intégrant les acquis du courant hétérodoxe en économie. Il lui sera donc difficile de mobiliser l’ensemble des classes moyennes et populaires – même si une victoire par surprise n’est pas à exclure.

Pour la Nouvelle Action royaliste, le choix de deuxième tour ne saurait résulter d’un pari et encore moins de la politique du pire. Notre décision résulte de critères relatifs à la souveraineté de la nation, au respect des institutions, aux conditions de la justice sociale. Il nous est dès lors impossible d’appeler au vote en faveur d’Emmanuel Macron. Le sortant ignore la fonction arbitrale, cultive la chimère d’une “souveraineté européenne”, a entrepris une destruction méthodique de l’Etat qu’il compte poursuivre, veut imposer aux Français une inacceptable réforme des retraites, défendra, au besoin par la force, un système inégalitaire et s’est montré incapable de concevoir une politique économique capable de répondre aux enjeux industriels, aux attentes sociales et aux défis environnementaux, et une politique étrangère digne de l’histoire nationale et conforme aux intérêts de la nation française.

Quant à Marine Le Pen, nous ne pouvons apprécier son éventuelle élection au vu des éléments de programme qu’elle a présentés. Pour agir selon ses promesses, il faudrait que l’élue puisse disposer à l’Assemblée nationale d’une majorité conforme à ses vues et susceptible d’approuver le gouvernement qu’elle aurait constitué. Marine Le Pen ne croit pas à cette hypothèse puisqu’elle a annoncé qu’elle composerait un gouvernement d’union nationale. Ce qui signifierait, dans le meilleur des cas, que la présidente de la République serait réduite à un rôle d’autant plus passif qu’elle n’a pas, autour d’elle, les personnalités qui pourraient assurer le fonctionnement de la Présidence. Marine Le Pen serait alors obligée d’assumer une politique déterminée et conduite par un gouvernement qui ne serait conforme ni à ses vœux, ni à ceux de son électorat.

La Nouvelle Action royaliste constate et déplore une double impasse. Elle ne peut favoriser par ses suffrages le projet macronien de déconstruction étatique et nationale. Elle ne peut favoriser une candidate qui sera vouée à la paralysie dans l’exercice de ses fonctions et qui risque de subir de violentes campagnes de déstabilisation ajoutant au malheur français. C’est pourquoi la Nouvelle Action royaliste décide, à regret, de préconiser le vote blanc comme elle l’avait fait il y a cinq ans. Dès la fin de la période électorale, notre mouvement reprendra sa recherche obstinée d’une alliance patriotique et populaire offrant aux Français la possibilité de sortir des impasses dans lesquelles nous sommes enfermés.

Le Comité directeur de la Nouvelle Action royaliste

 

                          
                          Le blog de Bertrand Renouvin
Tag(s) : #Vote blanc
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