Vendredi 1 février 2008

Le 2 février 1943, avec la capitulation des derniers soldats et officiers de la VIème armée allemande, se terminait la bataille de Stalingrad. "Trois jours de deuil national", décrétait alors, le Führer. 
Fin août 1942, les forces nazie atteignaient la Volga,  au nord, puis au sud de la  ville. Stalingrad, adossée au grand fleuve, était totalement encerclée. Ce furent d'abord les milices ouvrières, avec les chars à peine peints, sortant directement des usines de la ville, qui opposèrent la première résistance. Début novembre, la cité fut occupée à 90% par la Wehrmacht. 
Tout au long de ces trois mois, la bataille fit rage dans chaque rue, dans chaque maison. On se battait d'étage à étage. "Une fois la cuisine occupée, on se battait pour la salle de séjour..."et ça se poursuivait jusque dans les caves. Les Allemands appelaient ces combats la 'Rattenkrieg', 'la guerre des rats'. La fameuse colline de Mamaev, avec ses 102 mètres, objectif permanent des Allemands pour dominer l'autre rive fut prise et reprise plusieurs fois, au prix de 10.000 soviétiques tués, dans une seule journée. 
Les renforts de l'Armée rouge  traversaient la Volga sous un déluge de feu : les stukas, l'artillerie lourde bombardaient, jour et nuit, la ville et le fleuve. L'espérance de vie d'un soldat soviétique fraîchement lancé dans la fournaise, n'excédait pas 24 heures...
Forte de cette résistance héroïque, coûteuse en vies humaines, la 62ème armée du général Vassili Tchouikov, déclanchait, le 19 novembre, la contre-offensive au nord et au sud de la ville. 
Le 23 novembre, la 62ème armée allemande était encerclée. Des contre-attaques, menées de l'extérieur par les forces blindées de von Manstein, ne réussirent pas à briser l'étau qui se resserrait de jour en jour. Commencée le 31 janvier, la capitulation  est signée le 2 février, par le général Friedricht von Paulus, commandant la VIème armée,  fait maréchal la veille par Hitler, Plus de 90.000 prisonniers avec des milliers de chars et de canons, 
Des centaines de milliers de morts, tel est le bilan  de la plus sanglante bataille de l'histoire. 
Stalingrad constitue le premier désastre de l'Allemagne nazie. Il allait sceller son  destin.
Tous les peuples d'Europe, le nôtre entre autres, ont vite senti que la guerre, à Stalingrad, avait  pris un tournant décisif.  La résistance intérieure s'en est trouvée  renforcée. Les Alliés ont compris qu'il était temps de songer à préparer un second front, s'ils ne voulaient pas voir l'Union soviétique tirer seule les avantages de la victoire.

Mais la bataillede Stalingrad n'aurait pas été possible sans d'autres victoires, dont on ne parle pas assez. D'abord, à l'automne 1941, l'arrêt, puis le premier recul de la Wehrmacht devant la capitale. Hitler, le 2 octobre, triomphait : "Je vois d'ici les clochers de Moscou !". Et début décembre, le front s'en était approché à 30 kilomètres...C'est alors que la levée en masse des civils moscovites a bloqué l'avance ennemie, et permis ainsi de passer à la contre-offensive, qui rejeta les Allemands à plus de 50 kms. 
Il faut aussi rappeler le siège de Léningrad durant 900 jours. Le 8 septembre 1941, les soldats nazis atteignaient les faubourgs de la métropole du Nord, qu'ils parvenaient à encercler.  Ils ne devaient pas pénêtrer plus avant dans la ville de Lénine, Les Soviétiques ont payé le prix fort : 300.000 morts militaires, et plus d'un million de civils, victimes de la famine.

Le rôle capital joué par l'Union soviétique dans cette guerre est, aujourd'hui, occulté. Les victoires décisives remportées sur l'Allemagne hitlérienne par l'Armée rouge ne sont pas enseignées dans nos écoles.  Les politiques et les médias, porte-paroles du capital,  osent placer le communisme, au nom duquel tant de millions d'hommes sont morts pour la liberté, au même titre que le nazisme, auteur de tant de crimes ! 
Ce "déviasionnisme historique" a pour objectif de détourner les peuples de la lutte nécessaire contre l'asservissement et la domination de l'argent, en les privant d'espoir et de perspectives. 
Non, l'Histoire ne s'est pas arrêtée à Stalingrad ! 

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Jeudi 31 janvier 2008


Après une grève d'avertissement de 24 heures, le 18 octobre, suivie à 75% par les cheminots (chiffre supérieur à celui des grévistes de 1995), sept fédérations syndicales sur huit appelaient à une grève reconductible, à partir du 13 novembre. Ce jour-là, 65% du personnel de  la SNCF cessait le travail, le  pourcentage de grévistes étant massif parmi le personnel d'exécution. Parallèlement, les syndicats  d'EDF-GDF comme ceux de la RATP lançaient un mot d'ordre semblable. Tous s'engageaient dans l'action pour défendre leurs régimes spéciaux de retraites, le maintien de l'âge de départ  et une pension à taux plein après 37,5 annuités. Les perspectives, pour les uns comme pour les autres, étaient d'atteindre, dans une première phase, la date du 20 novembre, jour choisi pour une grève nationale de l'ensemble de la fonction publique. 
A la SNCF, des Assemblées générales des grévistes faisaient  quotidiennement le point sur les négociations et la poursuite du mouvement. La résolution des personnels était vive, et leur combativité totale.
Malheureusement, certaines Fédérations trainaient les pieds, acceptaient de négocier sur l'adaptation des mesures gouvernementales, et plus sur leur rejet. dans ce climat, une rencontre surprise, à la veille même de la grève, entre Bernard Thibaut et Nicolas Sarkozy, jetait un doute sur la volonté de la CGTde poursuivre la lutte sur les revendications de départ. Et tout au long de la semaine, les rencontres entre la direction de la SNCF et les délégations syndicales dérivaient sur une négociation visant à gommer les aspects les plus criants de la réforme gouvernementale, abandonnant le maintien des 37,5 annuités et acceptant, de fait, le report de l'âge de départ. Puis ce fut le retrait de certaines fédérations du conflit. Alors que le personel d'exécution, conducteurs, aiguilleurs, contrôleurs, restait majoritairement dans la grève, à travers les AG tenues en permanence, le pourcentage du personnel en grève, comptabilisé globalement, baissait, jour après jour. Enfin, sous prétexte d'avoir inclus un représentant du pouvoir dans la négociation, celle-ci, devenue tripartite, au niveau de chaque profession, SNCF, RATP, EDF-GDF, devait s'étaler sur des semaines, rendant impossible le maintien du mot d'ordre de grève durant toute cette période.  Quant à l'objectif des discussions, le rejet initial de la réforme des régimes spéciaux, laissait la place à l'étude de mesures limitées, acceptant l'essentiel du projet gouvernemental.
Puis, les jours, les semaines passant, le silence devenait total sur les négociations. Pas la moindre information émanant des syndicats...

Où en sommes-nous en cette fin du mois de janvier ?


Un cheminot de Saint-Etienne, militant de la CGT, dans une lettre daté du 29 janvier, fait le point. 

"I -)
D'abord, j'ai reçu un courrier de mon directeur d'établisement sur les  nouvelles directives concernant le 'service minimum' :
Qu'elle ne fut pas ma surprise de constater que SEULS les conducteurs, les contrôleurs et  les  aiguilleurs sont concernés par la fameuse déclaration :
obligation de se déclarer 'gréviste' 24 heures à l'avance, en cas d'arrêt de travail (sous peine de sanctions disciplinaires), et,  cerise sur le gâteau, la circulaire oblige les salariés prévus au repos (RU et congés), le jour de la grève, à se DECLARER GREVISTES 48 heures à l'avance,
s'ils refusent de remplacer leurs collègues dans le mouvement.
A ce jour, aucune réaction de mon syndicat
(la CGT), bien que j'aie en mémoire un tract de la FD-cheminots CGT de juin dernier qui promettait une 'réaction d'ampleur'  en cas de 'service minimum' instaurant toute limitation du droit de grève...

II -)
Puis la direction nous a faxé le décret du gouvernement sur la 'réforme des régimes spéciaux de retraites', paru au Journal Officiel...
Comment 'négocier' dans ces conditions ?
C'est hallucinant !
J'ai plusieurs collègues qui ne veulent plus parler de syndicalisme, de grèves, de manifs'. "La CGT nous a vendus", disent-ils. En tous cas, la nouvelle a dérouté un certain nombre de collègues, qui  croyaient sincèrement que la 'négociation' porterait sur la réforme, et non à la marge.
Bref, à la manifestation du 22 janvier, à Paris, où nous étions environs 40.000 ( avec ceux de la RATP et de l'EDF-Gaz de France), soit autant que l'an passé, où, nous cheminots, nous étions seuls...
Il y avait du monde, mais le coeur n'y était pas, le désarroi dominait chez tous
".

Il n'y a rien à ajouter .

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Mercredi 30 janvier 2008

L'actualité tourne autour de "l'affaire" de la Société Générale. Mais, au fait, de quelle affaire d'agit-il  ? 
La fraude dénoncée par le PDG, Daniel Bouton, c'est-à-dire  une 'fraude' opérée par Jérome Kerviel, un 'trader' agissant seul,  à l'insu de la banque, et  qui aurait coûté à celle-ci 4,9 milliards d'euros ? Ou les opérations financières, selon les explications du trader lui-même, qui justifie ses opérations par sa volonté de faire gagner beaucoup d'argent à son entreprise, et de mériter ainsi un versement d'une prime exceptionnelle de 300.000 euros...Kerviel ajoute que sa hiérarchie était au courant des  liquidités dont il disposait, et sur lesquelles il jouait, soit environs 50 milliards d'euros
Etant donné l'énormité de la somme, la thèse de "l'homme seul" ne convaint pas les spécialistes. La responsabilité de la Société Générale serait donc engagée, et en premier lieu, celle de son président.  En conséquence, Daniel Bouton  pourrait être conduit à la démission. C'est ce que suggère, à mots couverts, Nicolas Sarkozy.
La polémique se réduit donc à évaluer les fautes de chacun.
Est-ce bien le problème ?
Revenons sur l'ampleur des pertes annoncées par la troisième banque française. 
Quand on compare son  "trou" de 4,9 milliards d'euros (auxquels s'ajoutent les 2 milliards perdus pour cause de 'subprimes'), avec les crédits prévus par le gouvernement pour le budget de la Culture, soit 2 milliards 770 millions d'euros, avec celui de la Jeunesse et des Sports, 1 milliard 48 milions, on mesure l'ampleur  des sommes volatilisées dans des tractations financières !  Et l'inanité  des déclarations de François Fillon "Les caisses de l'Etat sont totalement vides ", prend tout son sens, alors que la BNP-Paribas annonce plus de 7,8 milliards d'euros de profits pour 2007, et que les sommes dont disposait  Jérome Kerviel, à la Société Générale, atteignaient, elles, 50 milliards, l'équivalent du PIB du Maroc, ou
les 2/3 du budget français de l'Education nationale (59 milliards d'euros).

Une question se pose : aurait-on fait la lumière sur  la source des bénéfices qu'aurait réalisés la banque de Daniel Bouton, si ceux-ci n'avaient pas eu à comptabiliser ses immenses pertes ? En effet, au total, celles-ci représentent 7 milliards d'euros, qui se seraient ajoutés aux 800 millions de bénéfice résiduel annoncé malgré tout. Le PDG aurait-il donné des explications sur l'origine de ces monstrueux profits ? La direction générale de la BNP-Paribas reste muette sur les siens dont elle se glorifie : 7,8 milliards d'euros (soit plus 7% par rapport à 2006), et cela, malgré les lourdes pertes enregistrées à l'occasion de subprime.
Donc, quand une banque perd beaucoup d'argent, on cherche les auteurs de la fraude. Quand elle en gagne des monceaux,  c'est le silence-radio ! 
En fait, dans les deux cas, l'origine des fonds gagnés ou perdus,  ne serait-elle pas la même ? 
La finance joue avec la finance et jongle à longueur de journée. Ca s'appelle la spéculation. Elle peut rapporter gros. Elle peut aussi perdre au jeu.  Dans tous les cas, ce qui est perdu par l'un, est gagné par l'autre. 
A ce propos, qui a empoché les 4,9 milliards évanouis de la Société Générale ?
La spéculation sur la valeur des titres, sur les différentiels de marchés, sur le cours des matières premières constitue le B.A.BA de l'activité des banques, à l'heure de la financiarisation de l'économie. Certes, il fut une époque où l'investissement boursier concourait à l'enrichissement des entreprises, créatrices de biens. De nos jours, les grands patrons préfèrent  jouer sur la monnaie, faire des OPA en s'emparant d'une partie du capital de concurrents, ou simplement intervenir dans les secteurs  plus 'juteux', en bradant ceux moins rémunérateurs. 
C'est la loi du marché. Certains hommes politiques font mine de s'en effaroucher. Ils prétendent  vouloir 'moraliser les banques', comme s'ils découvraient, subitement, les tares du système. Alors que la 'concurrence à tout va',  sans aucun régulateur, constitue le fondement du libéralisme économique. A quoi servent donc les 'paradis fiscaux', le 'secret bancaire', si ce n'est pour réaliser dans l'ombre les opérations les plus douteuses, les plus maffieuses ?
Le FMI et la Banque mondiale vont-ils déclancher l'opération "mains propres" contre les banques des Bahamas, du Luxembourg, de Suisse ou du Lichtenstein, avec l'aide de l'OTAN ? 
La démagogie et l'hypocrisie de nos "élites" servent d'écran de fumée à l'activité du capital financier.
Elles sont logiques dans leur ordre des choses.

Ce qui l'est moins, c'est l'attitude des syndicats de la Société Générale qui se mobilsent pour faire bloc autour de leur PDG, 'au nom de la défense de leur entreprise', menacée d'OPA par des concurrents, telle la BNP-Paribas. Certes, les employés et les cadres auraient tout à craindre d'une telle fusion. Mais faut-il, pour y faire face, s'allier au pire ennemi, le patron, qui n'a cure de l'avenir de son personnel. Daniel Bouton, comme tous les autres PDG des banques, a réduit à zéro la convention collective, refusé des salaires décents, limité les droits syndicaux. 
C'est contre les banquiers qu'il faut lutter, en démontrant la nocivité du système, les traitements faramineux que les patrons s'octroient, sans se soucier si leur entreprise est ou non bénéficiaire.

La société, qu'elle soit Générale ou pas, est à changer. Sans compromis.

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Mardi 29 janvier 2008

Beaucoup d'ouvrages ont traité de l'Allemagne nazie. Histoires  générales de la la période historique, biographies d'Hitler et de ses principaux lieutenants, études diverses sur les différents aspects du régime, dénonciation de la Shoah, relation des évènements militaires pris dans leur ensemble ou réservés à une bataille spécifique,  valorisation d'un acte de résistance, tous ces livres tentent d'explorer, de l'extérieur,l'Allemagne durant ces douze ans d'hitlérisme.

Pourtant, il existe au moins un document qui, au fil des jours, de 1933 à 1945, nous apporte le témoignage, d'un Allemand qui a vécu, de l'intérieur, ces années de sang et de mort.
Il s'agit de Victor Klemperer. Cet universitaire de Dresde, amoureux du siècle des Lumières français, juif de naissance, centriste de conviction, marié à une non-juive, a tenu son journal quotidien pour "écrire contre l'oubli". Ainsi, Victor Klemperer, le 11 juin 1942, note dans son journal :
"Je veux porter témoignage jusqu'au bout, pour rendre compte de l'oppression dans ses moindre détails", devenir ainsi "l'historiographe de la catastrophe". 
Klemperer, dernier enfant d'un rabbin libéral (au sens politique du terme), naît le 9 octobre 1881, à Landsberg, sur la Warta. Il poursuit des études supérieures de langue et de littérature germanique et romane et prépare une thèse sur Voltaire, et ultérieurement, une autre sur Montesquieu. 
Il se marie civilement, à l'insu de ses proches, en 1906, avec une pianiste, Eva Schlemmer, de famille protestante. Il sera nommé professeur titulaire à l'Ecole supérieure technique de Dresde en 1920.

Victor Klemperer est donc dans sa cinquante-deuxième  annnée quand Hitler devient chancelier du Reich, en janvier 1933.
Il va donc, jour après jour, décrire le quotidien d'un Allemand juif de naissance, à partir de ce qu'il pense, de ce qu'il ressent, tout au long de son odyssée personnelle, face à  la répression, au fil des mesures antisémites croissantes qui bouleversent sa vie et celle de son épouse.
Le 10 mars 1933, il écrit :
"30 janvier : Hitler chancelier. Ce que j'avais appelé terreur jusqu'au jour de l'élection, le dimanche 5 mars, n'était qu'un doux prélude (...) Il est étonnant de voir comment tout s'effondre sans la moindre résistance (...) L'incendie du Reichstag - je ne puis m'imaginer un instantque quiconque puisse croire vraiment à une action des communistes plutôt qu'à un coup monté à l'instigation et à la solde des nazis.Puis les interdictions sauvages et les violences. Et dans les rues, à la radio,etc..., la propagande sans borne. Samedi, le 4, entendu un fragment du discours d'Hitler à Königsberg. Façade d'hôtel illuminé devant la gare, défilé aux flambeaux, porteurs de flambeaux et de drapeaux à croix gammée aux balcons, et haut-parleurs. Mais ce ton! Ces hurlements...! (...) Dimanche, j'ai voté démocrate, Eva Zentrum".

Ainsi commence la tragédie. Des milliers et de milliers de militants antifascistes, surout des communistes, peuplent déjà les premiers camps de concentration.
Victor Klemperer, année après année,  va subir, et nous décrire par le menu,  la dégradation progressives de ses conditions d'existence. En 1935, il est révoqué de son poste de professeur. La situation matérielle du couple lui cause des soucis lancinants. Klemperer écrit toujours, d'abord sur une machine à écrire, puis, celle-ci interdite, sur de fins papiers, qu'il cache et remet à des amis moins suspects, pour les sauvegarder.
Il note aussi bien les évènements politiques que militaires, d'abord les victoires saluées à coups de trompe et de communiqués spéciaux, retransmis dans toute la ville par haut-parleur, ensuite les premières défaites de la Whermacht, Stalingrad et la joie que cela procure à Victor et Eva...
Klemperer nous décrit son déménagement dans un pavillon avec un jardin qu'il tente d'aménager pour Eva, dont la santé se fragilise, l'achat et la conduite périlleuse d'une automobile, pour meubler sa retraite forcée et permettre à sa femme de sortir quelques heures de l'enfer. Les tâches domestiques lui coûtent : la vaisselle, les courses, le ménage.
Il note les moindre détails de la vie : le nombre de personnes qui font le salut hitlérien et  celles qui disent simplement bonjour, quand elles entrent dans un magasin, le fleurissement des croix gammées à la boutonnière, le comportement humain de certain voisins vis-à-vis de lui, le proscrit.
Le récit de ces années noires permet de suivre la situation des Klemperer, de sa villa au regroupement de tous les juifs de la ville dans un ghetto où l'habitation est collective. La déportation qui s'accentue et les amis qui disparaissent, les travaux de force, obligatoires, en ville. 
Puis, c'est l'horrible bombardement d'avril 1945 : Dresde, sans objectif militaire, est transformée en une vaste torche, sous un déluge de bombes incendiaires. L'atmosphère dantesque permet aux Klemperer de se délester de leurs papiers d'identité, et de fuir, loin de la ville. Commence une longue errance de quelques semaines. 
Les forces américaines et soviétiques approchent. 
Victor Klemperer note le "27 avril, vendredi, quatorze heures"  :
"Le vieux Tyroller m'a déjà demandé deux fois ce qui va se passer à Berlin quand Russes et Américains se rencontreront. Les deux à la fois, il y avait dans sa voix l'espoir que Russes et US se ruent aussitôt les uns sur les autres et se battent jusqu'au sang. Voilà quelle confusion mentale Goebbels a semée dans les esprits".
Ce sont les Gi's que Klemperer rencontre en premier. 
Il s'interroge sur l'attitude de ses concitoyens :
"
1er mai, mardi
Dans quelle mesure reourne-t-on  maintenant sa veste ? Dans quelle mesure doit-onfaire confiance ? Maintenant, tout le monde ici a 
toujours été ennemi du parti
".

Puis, Victor Klemperer rejoint, avec beaucoup de difficultés, sa bonne ville de Dresde, le 10 juin, où enfin, il retrouve sa maison !
A  l'occupation US, succède celle des Soviétiques. Comment procéder pour 'dénazifier' le pays ?
En août, Klemperer retrouve son poste à l'Université. Klemperer, qui jadis se méfiait des 'extrèmes', lui ancien démocrate libéral, il prend, après des semaines de réflexion et d'hésitation, sa carte au KPD, le Parti communiste allemand. Il justifie ansi son attitude :
"Ce n'est que par l'orientation à gauche la plus résolue que nous pourrons sortir de la misère présente et nous préserver de son retour (...) Le KPD est  le seul parti à rompre radicalement avec le parti nazi".

Victor Klemperer sera élu à l'Assemblée du peuple de RDA, où il s'éteindra en 1960.

La lecture de cet ouvrage nous fait vivre en direct les douze années du nazisme, et nous apprend beaucoup sur une histoire occultée de nos jours. 

Victor KLEMPERER   tome I  - Journal 1933-1941 Mes soldats de papier
                             tome II - Journal 1942-1945
Je veux témoigner jusqu'au bout
Editions du Seuil

par Jean Lévy publié dans : LIVRES
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Lundi 28 janvier 2008

Hier, 27 janvier, ont eu lieu deux élections législatives partielles en France,  en Eure-et-Loir et dans les Hauts-de-Seine, et deux  en Allemagne, pour renouveler le Parlement, l'une dans le land de Hesse, l'autre dans celui de Basse-Saxe.

Sans pouvoir comparer les scrutins qui se sont déroulés de chaque côté du Rhin, compte-tenu des objectifs particuliers de chacun d'eux, et de leur dimension dissemblables,  on constate, dans chaque cas, une  poussée de la social-démocratie, et un recul très marqué de la droite française et allemande.

C'est ainsi que le Parti socialiste améliore son score de 14%, à Chartres, et de 7% dans la circonscription de Clamart, alors que les candidats sortants de l'UMP reculent  de 5 et 2%. 
Les représentants du MoDem obtiennent un résultat contrasté : en gain, avec 18, 5% en Eure-et Loir; en perte, avec 7,2% dans les Hauts-de-Seine.
Certes, ces résultats doivent être interprétés avec précaution, le nombre des votants étant inférieur à 40%.
On peut cependant constater un échec du parti au pouvoir et de la politique menée depuis six mois par Nicolas Sarkozy. Elle reflète la baisse régulière  de sa cote de popularité, dans les sondages.Elle s'exprime, d'une part,  par un regain électoral du seul parti en situation de l'emporter, le PS, d'autre part, par le taux considérable d'abstentions, c'est-à-dire de citoyens qui ne se reconnaissent plus dans les formations poltiques en compétition. 
A noter le très faible score du PCF, limité dans les deux cas à 3%.
Le même phénomène devrait à nouveau se concrétiser lors des élections municipales et cantonales des 9 et 16 mars prochains, atténué cependant au niveau des villes, petites et moyennes, là où la gestion des villes prend une plus grande importance.

En Allemagne, l'un des deux partis associés au pouvoir, la CDU, qui préside le gouvernement fédéral, subit un double échec.
Dans le land de Hesse, ce parti perd 12%, passant de 48,8 à 36,8%. En Basse-Saxe, il recule de 6%, de 48,3% à 42, 7%
Les résultats sont contrastés en ce qui concerne le SPD : il gagne 7% en Hesse, avec 36,7%,  contre 29,1% en 2003. Il en perd 2,5% en Basse-Saxe, avec 30,9% alors qu'il en obtenait 33,4%, il y a cinq ans.. Les résultats sont relativement stables, tant pour les Libéraux du FPD que pour les Verts, avec 9,4 et 6%, dans le premier land, et autour de 8% chacun, dans le second. 
Le fait politique majeur est l'entrée, pour la pemière fois, d'élus de "la Gauche" (Die Linke), dans chacun des deux lands, avec 5 et 7%. Un première, dans l'Ouest de l'Allemagne.  Ce Parti est issu de la fusion, réalisée en juin 2007,  entre l'ancien PDS   et  l'aile gauche du SPD, menée par Oscar Lafontaine. 
Cette percée, à un an des élections au Bundestag, va troubler fort le jeu politique allemand. Basé à l'origine sur un système bi-partite, SPD contre CDU, celui-ci rassemble maintenant cinq formations, avec les Libéraux, les Verts et La Gauche


Faut-il encore que ce dernier parti dépasse le seul niveau de la contestation sociale, qu'il ne se laisse pas entrainer par pur 'électoralisme' dans des alliances sans principe, comme à Berlin où Die Linke gère la ville en commun avec le SPD, que La Gauche représente effectivement une réelle alternative à la politique pratiquée par la CDU et le SPD, qui gouvernent ensemble avec l'orientation européenne de la loi du marché.
Ce qui reste à prouver...

par Jean Lévy publié dans : Europe
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Dimanche 27 janvier 2008

Les Anglo-saxons nomment GLOBALISATION le processus de domination économique qui a envahi les cinq continents. Ce terme a été traduit en français, une fois n'est pas coutume,  par MONDIALISATION. Le mot est plus doux à l'oreille, moins 'barbare' que son nom originel. Il permet de faire rêver : le 'monde' , ce sont six milliards d'habitants, un 'village planétaire' unique où tous les hommes seraient  frères...
Cette translation linguistique n'est donc pas innocente. Elle impose à l'imaginaire collectif une image éloignée de la réalité économique, de ses lois, de ses impératifs. 
Dommage que les adversaires critiques de la GLOBALISATION soient tombés dans le piège. Ils ont repris à leur compte sa traduction française. Et d'en tirer le terme ALTERMONDIALISTE pour caractériser une alternative à ce qu'ils appellent la MONDIALISATION CAPITALISTE. Ils utilisent le slogan bien sympathique : "Un autre monde est possible..." qui rassemble, dans la plus parfaite ambiguïté, des forces qui combattent ou qui admetttent le régime capitaliste...
Si le mot anglais avait été gardé, il aurait été plus difficile de créer ce néologisme absurde : l'ALTERGLOBALISATION !

L'utilisation d'un mot ou d'un autre  permet d'éclairer ou de camoufler le contenu d'un système pour le caractériser. Ainsi, est entré dans le vocabulaire courant le terme ULTRALIBERALISME,  qui veut désigner  la forme la plus aigüe du CAPITAL Ce qui donnerait à penser que celui-ci peut être virulent, ou moins nocif, selon qu'il serait ULTRA, ou simplement LIBERAL. En fait, ces appellations permettent de faire l'impasse sur ce qu'est le CAPITAL AUJOURD'HUI, sur son évolution naturelle, sur son contenu à l'époque de la  FINANCIARISATION de l'économie. 
La grave crise boursière actuelle et la spéculation géante mise à jour à la Société Générale, en sont la preuve irréfutable.

Appelons donc les choses et les phénomènes par leur nom.
La clarté de nos explications est la première condition pour être compris d'abord,  et suivi ensuite. 

Le capital financier, aidé par le développement considérable des traitements informatiques des mouvements de capitaux, veut dominer le monde. Il cherche à accaparer ses richesses, énergétiques en premier lieu, en imposant sa loi, celle du marché, et de la libre concurrence, à toutes les nations. Pour parvenir à ses fins, il a recours à l'asservissement et à la violence contre les peuples récalcitrants. 
C'est ce que Lénine déjà, nommait l'IMPERIALISME, le stade suprême du capitalisme.
Face à lui, une seule GLOBALISATION est possible à l'échelle mondiale, c'est le SOCIALISME.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Vendredi 25 janvier 2008

En Italie, le gouvernement Romano Prodi, n'a pas obtenu la majorité des 160 voix, requises au Sénat, deux élus communistes s'étant abstenus. Il a remis sa démission au président de la République. La crise semblait avoir pour origine le départ d'un ministre, accusé de corruption. Il appartenait à l'un des petits groupes issus de l'ancienne 'Démocratie chrétienne', qui avait  rallié la coalition. Celle-ci est dominée par le nouveau Parti démocrate (né de la fusion de l'ex-PCI avec la formation  chrétienne de Prodi, la 'Marguerite'). Cette alliance s'étend des communistes de 'Refondation', jusqu'aux centristes.

Depuis des mois, une partie de la majorité, les communistes en particulier, dénonce l'engagement militaire italien en Afghanistan, et la décision gouvernementale d'élargir le périmètre de la base US, située à Vicence pour lui permettre d'accueillir 5000 GI's, au lieu de 2000 aujourd'hui. Samedi dernier, de 80.000 à 100.000 personnes manifestaient leur désapprobation, à ses abords. 
En réclamant un vote de confiance, Romano Prodi réaffirmait sa volonté de répondre positivement aux demandes des USA,  afin ne pas fâcher  Washington...
D'où l'abstention des deux sénateurs communistes. 
Cette attutude, un pied dehors, un pied dedans, exprime la contradiction de ceux-ci, entre le partage du pouvoir par leurs formations, et la présence de leurs leaders au sein des manifestations hostiles à la politique proaméricaine. 

Par contre, l'orientation libérale du gouvernement en matière sociale et politique, en stricte application des directives de Bruxelles, ne semble pas inquiéter l'extrême-gauche italienne. 
Celle-ci succombe vite au chantage permanent auquel ont recours Prodi, d'Alema et Walter Veltroni, le président du Parti Démocrate, et maire de Rome : "si le gouvernement  'rentre à la maison', comme on dit là-bas, c'est la porte ouverte à un retour de Silvio Berlusconi !". 
Ainsi, la soit-disante gauche optempère et avalise la réforme des retraites, modèle européen, la baisse du pouvoir d'achat, la remise en cause d'acquis sociaux. 
En clair, le dilemme est simple : si ce n'est pas Romano, c'est Silvio qui se chargera de traduire en italien les édits de l'Union européenne. Et ça marche !
Il est toujours question d'alternance, jamais d'alternative en politique. 
C'est la même chanson de chaque côté des Alpes.

Une autre manière de faire le lit de Berlusconi...

par Jean Lévy publié dans : Europe
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Vendredi 25 janvier 2008

Le PDG de la Société Générale, et l'ensemble des médias,  tentent de faire croire à l'opinion publique que les 5 milliards d'euros de pertes, subies par la Société Générale, sont le fait d'un homme seul. Il s'agit d'un 'trader' de génie, certes, mais sans grandes responsabilités exercées dans la maison. Ce jeune cadre n'a pas été déféré à la justice. Il est ressorti libre de la banque où il venait de reconnaître ses activités malheureuses. Il est loin d'être traité comme un petit délinquant, issu des "quartiers sensibles" !
On nous dit que lui-même ne s'est pas enrichi, du fait de ses opérations...
Qui alors, en a bénéficiéés ?
Et si les opérations spéculatives du 'trader' mis en cause, avaient été fructueuses pour la Société Générale, et que, de ce fait, les bénéfices de celle-ci aient été largement supérieurs à  6 milliards d'euros, personne n'aurait divulgué les moyens utilisés pour atteindre ce résultat !
Il fallait, d'urgence, circonscrire l'incendie et limiter l'affaire à  "ce pelé, ce galeux d'où venait tout le mal". 
Responsabiliser la Banque et ses dirigeants, créerait une brêche dans le mur de confiance du système bancaire lui-même, nous explique-t-on, et provoquerait la panique...Pourtant des économistes, tel Elie Cohen, du Figaro, reste sceptique. Comment se peut-il qu'un agent de la banque, fut-il un surdoué, puisse disposer, sans contrôle,  d'une masse de crédits aussi énorme ? Car pour perdre 5 milliards d'euros, il faut jouer sur un le capital disponible dix fois supérieur, donc d'au moins 50 milliards d'euros...Et personne, à la Société Générale, ne s'est aperçu de rien, ni les organismes sophistiqués de contrôle interne, ni l'état-major de l'entreprise, ni le PDG...pourtant président de l'organisme de surveillance, à l'échelon européen. 
Cette situation s'est poursuivie, cependant,  tout au long de 2007, sans aucune réaction de la hiérachie ! 
Déjà, de mauvais esprits évoquent un rideau de fumée ayant pour objet de camoufler d'immenses pertes réelles. Elles pourraient être bien supérieures aux 2 milliards reconnus, dûs aux 'subprimes', les prêts immobilliers inconséquents, qui ravagent les établissements bancaires européens, à la suite de ceux des Etats-Unis.
De toute manière, le scandale, qui touche la Société Générale, permet d'évaluer l'ampleur du caractère pernicieux  du système d'enrichissement du capital financier : la spéculation généralisée comme mode de gestion normalisé de l'économie virtuelle !
Les profits ne sont plus basés sur une production  de richesses matérielles.
 
Pour être massifs et immédiats, les banques jouent avec l'argent réel des déposants gogos. C'est Las Vegas et ses casinos, à tous les coins de rues. Les 'traders', monstres sacrés de l'économie virtuelle, sont devenus les héros de la "nouvelle civilisation", genre 'James Bond', modèle 2008, des "services spéciaux" des établissements financiers.
C'est signe du pourrissement accentué de la société capitaliste dans laquelle nous vivons. 
Voilà ce qui se cache derrière l'affaire de la Société Générale.

A propos, où en est l'enquête ayant conduit à la mise en examen de Daniel Bouton, le PDG de la Banque, pour "blanchement d'argent sale"?

par Jean Lévy publié dans : Social
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Jeudi 24 janvier 2008

Jacques Attali, présentant au président de la République, ses 316 "propositions pour changer la France", a cité Turgot, 'contrôleur général des Finances' du royaume, en 1774, pour établir un parallèle entre les réformes que ce dernier a suggérées à Louis XVI, et celles que lui, l'ancien conseiller de Mitterrand, propose au roi Nicolas. Attali évoque notre pays "plombé par les rentes, les connivences et les privilèges". Certes, dans la France d'avant la Révolution, comme aujourd'hui, sous la Vème République, les "connivences et les privilèges" "plombent" la société. Aux deux époques, dans une situation historique différente, une minorité détient le pouvoir. En 1776, date où le roi chasse Turgot sous la pression des Grands de la Cour, comme en 2008, où notre actuel souverain exprime, lui-aussi, les intérêts d'une caste , les "nantis" veulent maintenir coûte que coûte leurs privilèges. Et cela au détriment du peuple, non seulement des "manants", mais de toutes les couches, lésées par le système.
C'est si vrai que l'honorable compagnie, la commission chargée d'élaborer les fameuses propositions, est composée, pour l'essentiel, des représentants les plus typiques des "privilégiés" en "connivence" avec le pouvoir. 
Nous avons rappelé les noms et 'qualités' de ceux-ci, hier, sur notre blog.
Aujourd'hui, les déclarations de Nicolas Sarkozy expriment la "connivence" avec ceux-ci et leurs propositions :
"Si certains ont été effrayés par le contenu de celles-ci, moi je les trouve raisonnables".

Sur les 316 mesures, seules deux ne sont pas retenues par le président de la République :
- 1 -"la suppression des départements", (ce qui est plus sage à un mois des élections cantonnales !)
 -2 -"l'annulation du 'principe de précaution'",  prévu dans la constitution, disposition visant à  protéger la santé publique.
Par contre, les 314 propositions restantes vont être "étudiées par un séminaire gouvernemental", dès le mois de mars, pour établir un calendrier de mise en route des mesures jugées les plus urgentes. Certains parlent même de l'utilisation de la procédure d'ordonnances, qui évite tout débat au Parlement.

Alors, quelles sont ces propsitions, très bien accueillies par le Présudent ?
Elles peuvent être répertoriées en cinq chapitres :

FISCALITE - 
                Exonération totale des cotisations sociales patronales au niveau du Smic.
                Elles seront financées par :
                 l'augmentation de la CSG de O,6% et par la majoration de la   TVA de 1,2%.
                 Autrement dit, la population paiera pour les patrons !

                Réduction, dès 2008 de la part des dépenses publiques de 1%, par an, 
                  soit  20 milliards d'euros en moins.
 EMPLOI -
                Elargissement des motifs de "licenciements économiques" à "la réorganisation de
                l'entreprise" et à "l'amélioration de la compétitivité".

                  Ainsi, pour augmenter ses profits, le patron pourra officiellement licencier !

                Permission donnée aux entrprises de déroger à la durée légale du travail, 
                à condition que cela soit prévu par un accord de branche 
                et fondé sur un accord majoritaire dans l'entreprise.
                   On sait comment les patrons, pour obtenir 'un accord' , menacent de délocaliser !

                Autorisation "plus largement" donnée pour l'ouverture le dimanche.
                    Plus d'un siècle d'une  conquête sociale mise en cause !  

PROFESSIONS REGLEMENTEES
                Ouvrir à la concurrence les taxis, les pharmaciens, les professions juridiques,
                les  coiffeurs .
                Sakozy, sans y être hostile, reste prudent, au moins jusqu'aux élections...

                Restaurer complètement la liberté des prix et d'installation de tous les acteurs
                de la  distribution.
                Toujours la concurrence !

EDUCATION
                Former "10 pôles universitaires de "taille mondiale", avec partenariat privé/public.
                 A l'instar du Collége de France, marié avec l'Oréal ...

                Développer les stages d'entreprise au collège (Une semaine de stage par trimestre, 
                dès la  4
ème).
                Et pourquoi pas dès la maternelle ?

                Supprimer la carte scolaire.
                Pour ne plus mélanger les torchons et les servillettes !

                Renforcer l'autonomie des Universités, avec l'évaluation de la performance 
                de chaque établissement, et développer le financement privé.
                Adieu, l'Education nationale  !

SERVICES PUBLICS
                 Faire évaluer systématiquement et publiquement l'efficacité des services 
                 et agents publics par des organismes indépendants.
                 Pour mieux les supprimer ?
       
                 Instaurer des 'primes de performance' aux fonctionnaires.
                 En fonction de leur servilité ?
                 
Le gouvernement se voit ainsi, tracer sa feuille de route...
pour faire revenir la France au temps de Turgot 
!
Mais, attention, au bout du chemin, 
il y a peut-être une deuxième Révolution française ...
                


                       

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 23 janvier 2008

Aujourd'hui, Jacques Attali remet à Nicolas Sarkozy, le rapport de la commission qu'il préside sur la "libération de la croissance en France". La presse a déjà dévoilé nombre de propositions, sur les 314 mesures préconisées par cette commision. 
Avant d'examiner le contenu des plus symptomatiques d'entre elles, il est bon de se référer aux idées maitresses exprimées par Jacques Attali à travers les nombreux ouvrages qu'il a publiés. Il n'est pas inutile, non plus de rappeler qui a fait partie de la fameuse commision.
Ainsi, l'ancien conseiller de François Mitterrand, de 1981 à 1991, a dévoilé clairement sa pensée, lors d'une interview qu'il a accordée à Thomas Yadan, en janvier 2007, à l'occasion de la sortie de son livre, "Une brève histoire de l'avenir".

Répondant à la question :
"L'histoire se réduit-elle à l'histoire de l'ordre marchand ?"
Jacques Attali a répondu :
" Le marché est une des formes de réalisation de la liberté et j'essaie de montrer que le marché est une forme suicidaire dans l'organisation de la liberté dans le sens où le marché suicide la liberté en organisant sa surveillance. Si vous êtes en permanence en situation d'être surveillé, il n'y a plus de liberté possible".

En clair, le marché doit être entièrement libre et non faussé, et la concurrence doit être totale, sans aucune régulation. Il s'agit là de théses propres aux économistes libéraux jusqu'auboutistes, reprises dans les textes sacrés qui ont fondé l'Union européenne.

Cette orientation ultra se reflète naturellement dans le choix des membres de la commission.
Aujourd'hui, limitons nos observations à l'énumération des noms représentatifs des intérêts économiques qui ont pour bible, la sacrosainte 'concurrence' et la 'loi du marché' :

Claude Bébéar, ex-PDG d'Axa, pdt-fondateur de l'Intitut Montaigne
Stéphane Boujnah, Manager Director de la Deutsbank
Peter Brabeck-Leymathe, PDG de Neslé
René Carron, PDG du Crédit Agricole
Xavier Fontanet, PDG d'Essilor
Evelyne Gebhardt, Députée européenne allemande, rapporteur de la proposition de directive sur les services
Pehr Gyllenhammar, ancien PDG de Volvo
Yves de Kerdrel, éditorialiste au Figaro
Eric Le Boucher,éditorialiste au Monde
Eric Labaye, DG de Mickinsey France
Anne Lauvergeon, Pdt du directoire d'Areva
Mario Monti, ancien commissaire européen à laconcurrence
Ana Palacio, vice-présidente de la Banque mondiale
Jean-Noël Trong, DG d'Orange-France mobile
Michel de Virville, Secrétaire-généralet DRH de Renault
Serge weinberg, Pdt du Conseil d'administration d'Accor.

Il faut ajouter à la liste, nombre "d'experts" économiques et financiers, et le "syndicaliste de service", en l'ocurence Jean Kaspar, ancien secrétaire-général de la CFDT.

Ainsi, la composition de la commission "pour la libération de la croissance en France", présidée, à la demande de Nicolas sarkozy, par Jacques Attali, justifie les 314 mesures proposées.
Nous examinerons, demain, le contenu concret des principales propositions.

par Jean Lévy publié dans : Social
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