Mardi 22 janvier 2008

Non, ce n'est pas 'le nôtre' !
Pourtant, nombreux auraient pu être abusés par cette information, et reçue avec un étonnement moqueur : 
 "
Quoi, "il" est si vite monté en grade : de "chanoine" à "général des Jésuites", en quelques semaines ! "
En fait, le vrai nouveau commandeur de la Compagnie de Jésus s'appelle Adolfo. Un prénom encombrant tout de même, pour Sarkozy, s'il l'avait porté ! 
Mais, à bien y regarder, notre Président n'aurait-il pas eu mille raisons pour diriger cet Ordre, crée par le célèbre Ignace de Loyala, en 1540 ? 
Le
Dictionnaire historique de la langue française rappelle, dans la définition qu'il donne du mot 'jésuite' :
"
A partir du XVIIIème siècle, il a donné lieu à la valeur critique "d'hypocrite, retors". 
Et d'ajouter :
"
Les dérivés 'jésuitique', 'jésuitisme' ont perdu leur ancienne valeur neutre pour devenir péjoratifs sous la plume des écrivains du XVIIIème siècle (Saint-Simon, d'Argenson). La valeur "d'hypocrite", pour l'un, 'hypocrisie', pour l'autre. L'adjectif a produit 'jésuitiquement' (Montesquieu)."

Ces définitions font réflêchir. 

Nicolas Sarkozy sait, mieux que quiconque, parler et agir d'une manière contradictoire, pour camoufler sa véritable pensée. Ainsi, ces derniers jours, s'adressant aux pêcheurs de Boulogne-sur-Mer, inquiets pour leur avenir, du fait des '
quotas' imposés par Bruxelles,  Sarkozy leur a répondu, tout de go, qu'il ferait tout pour en réduire l'effet, lorsque la France présiderait le Conseil européen, à partir de juillet. Belle promesse, en vérité,quand on sait que Nicolas Sarkozy défend avec ardeur le nouveau projet de constitution européenne.  Or, justement, le texte prévoit la généralisation de la règle de la majorité, dans les prises de décisions de l'UE. Fini, le droit de veto de l'un de ses 27 Etats membres, disposition qui garantissait la possibilité de s'opposer avec succès à telle ou telle décision, jugée contraire à l'intérêt national !
Sarkozy le sait pertinemment : une majorité est favorable aux fameux
'quotas de pêche'.  Donc, ses déclarations péremptoires aux pêcheurs ne sont qu'écume sur la mer, et un bel exemple d'hypocrisie, de "jésuitisme", en quelque sorte.
Autre exemple : le président l'a juré : il veut "
moraliser" le 'capitalisme financier' ! Saine perspective, mais de qui dépend son pouvoir ? Quels sont ses amis les plus proches, ceux à qui il fait cadeaux sur cadeaux, ceux avec qui il festoie au Fouquet's ou qui lui "prête la Paloma" ou le dernier 'jet' ? Ce sont les plus beaux fleurons du "capital financier" : les Vincent Bolloré, les Arnaud Lagardère, les Martin Bouygues, les Bernard Arnaud (l'homme le plus riche de France). Là encore, le président de la République, par ses propos fallacieux , 'hypocrites', trompe les Français. Les paroles présidentielles pourraient être considérées de 'jésuitiques'.
Quand on vous disait qu'une nomination de Nicolas Sarkozy à la tête de la vénérable congrégation n'était pas tout à fait incongrue
!

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Lundi 21 janvier 2008

Dès avant l'élection présidentielle de 2007, l'idée de regrouper l'ensemble des forces politiques se situant à la "gauche de la gauche" s'est manifestée sous la forme d'une recherche d'un "candidat unique"  représentant l'électorat à la gauche du Parti socialiste. La tentative a échoué. La concurrence entre les divers courants pour le leadership de cette mouvance, entre les dirigeants du PCF, de la LCR, confrontés à des  personnalités sans troupes, est apparue comme la raison de l'échec. Certes, cette cacaphonie, la division des appareils et des militants sur la tactique à suivre, ont joué un rôle. 
Mais est-ce l'élément essentiel qui a conduit  le processus à ne déboucher sur rien ?
La volonté d'union, un moment désemparée, s'est à nouveau confortée au lendemain de l'élection de Nicolas Sarkozy, et a pris de l'ampleur au fur et à mesure de la mise en oeuvre de sa politique. 
Chaque parti, chaque organisation, tente de fédérer, dans une formation politique élargie, l'opposition radicale au pouvoir. Les membres du PCFse divisent sur les orientations à prendre, les alliances à nouer, le nom même du futur regroupement. Faut-il l'appeler toujours 'communiste' ? La LCR vise à créer un nouveau parti, sur une base idéologique élargie, qui ne se réfèrerait plus au 'trotskysme'. Le Parti des Travailleurs veut, lui-aussi, être à la base d'une nouvelle formation qui s'appelerait le
'Parti ouvrier indépendant'. 
De leurs côtés, les groupes issus du PCF, se donnent pour perspective d'être à l'origine d'un nouveau Parti, 'vraiment communiste' . Mais l'analyse contrastée de l'histoire, et des déviations dénoncées, de l'expérience issue de la Révolution d'Octobre, rend la démarche difficile. Elle laisse orphelins des dizaines et des dizaines de milliers de militants communistes, restés au PCF ou qui l'ont quitté, et qui ressentent la nécessité d'un grand parti de masse, animé d'un idéal révolutionnaire, pour changer de société.
Toutes ces démarches unitaires devaient avoir pour but de réaliser cet objectif.
Est-ce réellement le cas ?
Les manoeuvres internes qui divisent la direction du PCF et ses militants, cherchent à maintenir un appareil sans perspectives politiques claires, sans orientation idéologique précise, qui, pour les uns ne peut survivre que dans une alliance stratégique avec le Parti socialiste, seul moyen pensent-ils, d'assurer la continuité du Parti à travers ses élus, de la municipalité au Parlement. D'autres rêvent d'un mouvement élargi à d'autres forces se réclamant de "l'antilibéralisme", sans réel contenu de classe. Certains, encore, espèrent une résurrection du PCF par ses propres moyens, sans se donner l'orientation et le contenu nécessaires.
La LCR ne jure que par l''anticapitalisme", et se refuse à cautionner par des alliances, le Parti socialiste considéré comme une force pactisant avec les idées libérales.
Mais, ni le PCF, ni la LCR ne posent les questions fondamentales sur la construction européenne, sur son objectif, sur ses finalités. Certes, ces deux organisations militent, au nom de la Démocratie, pour l'organisation d'un référendum concernant le traité de Lisbonne, et dénoncent "l'Europe du Capital'. Elles évoquent, toutes deux, l'alternative d'une "Europe sociale", faisant l'économie d'une analyse de classe sur la nature même de l'Union européenne. 
Les deux formations, PCF et LCR, accréditent ainsi l'idée qu'une "autre Europe est possible". 
En faisant de la Nation un concept second, voire dépassé, au nom d'un internationalisme formel, ils coopèrent à obscurcir les esprits,à les détourner de la lutte active contre l'édificaton d'un Etat supranational européen, d'un nouvel Empire, objectif qui correspond aux intérêts du capital financier.
Or, la lutte sociale, en France comme dans les autres pays d'Europe, est inséparable de la lutte pour l'indépendance nationale, condition première du libre choix de chaque peuple, concernant son avenir.
En refusant cette double bataille, le PCF et la LCR n'offrent pas de perspectives claires dans le combat qu'ils entendent mener "contre le capitalisme". Ils désarment idéologiquement ceux qui se prononcent contre la politique de "contre révolution sociale" et ses effets néfastes, menée par le capital financier, sous la houlette de Nicolas Sarkozy.
Le regroupement de toutes les forces "anticapitalistes", pour qu'il devienne crédible,  suppose qu'il s'appuie sur une analyse de classe, tant au plan national qu'international. 
Cette analyse  est indispensable pour donner à la lutte une cohérence globale. 
C'est la condition première pour être, d'abord compris, ensuite suivi.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Dimanche 20 janvier 2008

En cette année électorale où "s'affrontent" des candidats "Démocrates" et "Républicains", il est bon de se replonger dans la réalité américaine.
Les Etats-Unis, selon les commentaires officiels, sont "une grande démocratie", et même une "référence" en la matière. De Sarkozy aux responsables socialistes, cette affirmation ne souffre aucune discussion. Certes, l'action menée par George Bush depuis sept ans, suscite critiques et réserves. Mais, celles-ci ne visent que le comportement  personnel d'un Président, et non la politique américaine, en général. Les journalistes comme les historiens, font preuve vis-à-vis des USA d'une attitude de déférence, frisant la servilité. 
D'un autre côté, la juste critique portée contre l'hégémonie impérialiste des dirigeants étatsuniens fait souvent table rase des luttes menées, au cours des cinq derniers siècles, par les populations et les couches sociales américaines,  écrasées par le "talon de fer" de l'Oncle Sam.

Pour remédier à cette méconnaissance, un livre admirable livre aux lecteurs :
"Une histoire populaire des Etats-Unis, de 1492à nos jours".
Son auteur, Howard Zinn, professeur émérite à la Boston University, comble nos lacunes. Il décrit et analyse, sur la   base d'une très riche documentation historique, l'ensemble des luttes héroîques, et combien sanglantes, engagées par tous les groupes humains, victimes des pouvoirs successifs au service des classes dominantes.

La lecture de la table des matières  permet d'éclairer la teneur de l'ouvrage :

 I.     Christophe Colomb, les Indiens et le progrès de l'humanité
            
Les premières violences - Colomb, Cortès et les Puritains
II.     Vers la ségrégation raciale
              Les premières années de l'esclavage - Révoltes et répression des esclaves
III.    Ces individus de vile et indigne condition
               Les pauvres entre élites et  Indiens révoltés
IV     La tyrannie, 'est la tyrannie
               L'invention d'une nation : les Etats-Unis - La haine de classe détournée  
V     Une étrange révolution
               
La Révolution comme un simple jeu de chaises musicales
VI     Les opprimés domestiques
               Le statut des femmes dans les sociétés indienne et blanche - La colère des ouvrières 
VII    "Aussi logtemps que l'herbe poussera et que couleront les rivières"
                
Le déplacement des populations indiennes - La Frontière
VIII   "Nous ne prenons rien par la conquète, Dieu merci !"
                Conquêtes et guerres impérialistes - L'annexion du Texas et la guerre contre le Mexique
IX     Esclavage sans soumission, émancipation sans liberté
                Le mouvement abolitionniste - Lincoln comprend l'intérêt économique de l'abolition            
X      L'autre guerre civile
                 L'Amérique industrielle - Naissance des syndicats - La guerre de Sécession
XI     Les barons voleurs - Les rebelles
                 
La bataille des huit heures - Le massacre de Chicago - Les premières grèves industrielles
XII
    L'empire et le peuple
                L'expansion extérieure - La doctrine Monroe - "L'aide" au peuple cubain                
XIII   Le défi socialiste
                
La montée du syndicalisme et l'essor des mouvements ouvriers socialistes           
XIV   La guerre est la santé de l'Etat
                 Première Guerre mondiale - La répression contre les immigrants - Sacco et Vanzetti
XV    De l'entraide par gros temps
                
Les folles et rebelles annéés 1920 - Le droit de vote accordé aux femmes - Le New-Deal
XVI   Une guerre populaire ?
                
Instauration du nouvel ordre économique international
XVII  "Ou bien explose-t-il ?"
                 
Résistance de la population afro-aaméricaine -  Les noirs et le PC - Martin Luther King
XVIII Vietnam : l'impossible victoire
                
Invention du Sud-Vietnam - Le pacifisme aux USA
XIX    Surprises
                
Le féminisme - Les femmes au travail - Les révoltes carcérales  
XX     Années 70 : tout va bien ?
                
La guerre du Vietnam et le Watergate ébranlent les pouvoirs en place
XXI    Carter-Reagan-Bush : le consensus partisan
               
Une société désintégrée -  Irangate et chute du Mur de Berlin
XXII   La résistance ignorée
               
L'affirmation homosexuelle - La renaissance u mouvement ouvrier
XXIII   La présidence de Clinton et la crise démocratique
               
Abstention record - La politique de "la loi et l'ordre" - Irak, Somalie, Bosnie - Seattle 1999
XXIV L'imminente révolte de la Garde
               
La "garde prétorienne" du système, digue entre riches et pauvres
XXV  Post-cripton sur les élections de 2000 et la "guerre contre le terrorismle"
                Une étrange élection - Atmosphère guerrière et revancharde

Ces précisions, sur un ouvrage très riche,  devraient mettre en appétit pour lire cet ouvrage, afin de mieux connaître les Etats-Unis.

*Howard ZINN   Une histoire populaire des Etats-Unis       De 1492 à nos jours 
                             Editions Agone

par Jean Lévy publié dans : LIVRES
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Samedi 19 janvier 2008

Le sang coule dans la Bande de Gaza. Chaque jour, depuis une semaine, l'aviation israélienne frappe les Palestiniens, détruit des bâtiments, vise les militants du Hamas. En outre, l'Etat hébreu vient de 'boucler' le territoire, interdisant tout passage d'une zone à l'autre, y compris l'accès des vivres et des marchandises de première nécessité, tels les médicaments. Une population de 1.376.000 habitants, concentrée sur 360 km2 - une bande de terre de 50 kms de long sur 11 de large - est prise en otage, privée de tout. 
Pour justifier la situation, les autorités juives allèguent le "droit à l'autodéfense" des Isréliens. Les mesures militaires et économiques prises par l'Etat hébreu interviendraient "en représailles" des tirs incessants de missiles tirés à partir de la Bande de Gaza, et qui pleuvent sur des localités au-delà de la frontière. Cette argumentation est typique du vocabulaire utilisé par les puissances occupantes à l'égard de toute résistance émanant de la population qui subit l'oppresion. 
Nous avons connu cela en France. Les autorités allemandes ont eu recours aux représailles contre les attaques menées par la Résistance contre les soldats de la Wehrmarcht. Les fameuses affiches rouges dénonçaient "de lâches assassinats commis par des criminels", "communistes" et ..."juifs", tous qualifiés de "terroristes".
Aujourd'hui, plein de morgue et d'arrogance, le gouvernement de l'Etat hébreu reprend à son compte une justification de même type, sauf qu'il dénonce "le Hamas", les "Arabes", comme étant aujourd'hui, les "terroristes".
Mais qui "terrorise" l'autre ?
L'Etat hébreu, pour sa défense, prétend que les terres en question sont juives de toutes éternité, qu'elles appartiennent aux Juifs depuis l'Antiquité, donc bien avant l'invasion arabe. En fait, d'autres peuples vivaient dans la région, il y a 7000 ans, et qui ont laissé des traces de leurs civilisations. De toute façon, l'argument est fallacieux : si les singes en avaient conscience, eux dont descendent les hommes, ils crieraient au droit à l'antériorité pour en appeler à "la Planète des Singes"...
Tout peuple, ballotté par l'Histoire, pourrait revendiquer sa présence première dans une région, pour exiger d'en assumer la direction et le pouvoir. Les Indiens d'Amérique auraient quelque droit de prendre alors en mains le destin des Amériques, des Grands Lacs à la Pantagonie. 
En fait, les colonisateurs, pour justifier leurs agressions, ont toujours mis en avant des prétextes, très loins de la réalité. 
En fait, Israël, soutenu politiquement et militairement par Washington, constitue la base avancée des USA au Moyen-Orient et un pion essentiel dans sa politique impériale dans le monde. Double raison pour expliquer l'attitude de soutien inconditionnel américain à l'Etat hébreu, et le peu d'empressement des Occidentaux à faire respecter la loi internationale par Tel Aviv.

Pourtant, face au massacre, quotidiennement organisé par Tsahal, le rapporteur spécial de l'ONU pour les Droits de l'Homme dans les territoires occupés, John Dugard, vient de stigmatiser ces "crimes de guerre", qu'il qualifie de "lâches", commis par Israël dns la Bande de Gaza, au cours de la semaine écoulée.
Dans un communiqué, diffusé par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme à Genève, il accuse l'Etat hébreu de recourir à un "châtiment collectif", de ne pas "distinguer entre cibles militaires et civiles". Il ajoute :
"Les responsables d'actes aussi lâches se rendent coupables de graves crimes de guerre et doivent être  poursuivis et condamnés".
Monsieur Dugard estime, en outre, que "les Etats-Unis et tous les autres pays engagés ans le processus de paix d'Annapolis, avaient une obligation à la fois légale et morale de forcer Israël à mettre fin à son blocus".
Peu de chance qu'il soit entendu...
Le plus efficace serait d'organiser une solidarité internationaliste active envers le peuple palestinien martyr.

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Vendredi 18 janvier 2008

Justement, la très grande majorité de vos députés ne tient pas, mais pas du tout, à ce que leurs électeurs sachent comment et pourquoi ils ont voté à propos de la réforme de la Constitution française, et sur le recours à un  référendum, au sujet du traité de Lisbonne. Ils préfèrent le 'catimini' à la Vox Populi. Chacun de vous a pu constater l'extrême discrétion, voire l'absence totale d'informations des médias sur les divers scrutins parlementaires, survenus ces jours derniers à l'Assemblée nationale et concernant ces problèmes. Et pourtant, combien avons-nous entendu de discours désolés, déplorant l'absence d'intérêt que notre peuple porterait à "l'idée européenne"...Elle ne serait pas "au coeur" de nos compatriotes, "faute d'informations", répête-t-on, de la part des dirigeants politiques. Dans le cas précis, elle est passée à la trappe.
Alors, ouvrons celle-ci pour découvrir la vérité.

L'Assemblée nationale s'est prononcée très massivement pour la réforme constitutionnelle, proposée par Nicolas Sarkozy, condition première pour envisager la ratification du traité de Lisbonne. 
Seuls 77 députés ont voté contre. Les 500 autres, soit ont voté pour, soit se sont abstenus
Or, le vote positif et l'abstention aboutissent au même résultat : le traité de Lisbonne va étre maintenant soumis au vote du  Parlement (Assemblée et Sénat, réunis à versailles), le 4 février prochain. 

Le groupe parlementaire socialiste a, dans sa grande majorité, prêté la main à l'opération : si 51 députés ont voté contre la modification de la constitution française, 8 l'ont approuvée et
95 se sont abstenus. 
Les 21 communistes et apparentes ont tous émis un vote défavorable
.  
Deux députés UMP seulement, et trois non-inscrits ont fait de même.*

Maintenant, il reste au Parlement, réuni en Congrès,  a se prononcer.
Le vote des  3/5 de ses membres est nécessaire pour valider le projet de traité européen
A défaut, ce serait au peuple souverain à se prononcer par voie de référendum. 
Tout dépend donc du choix que feront les parlementaires socialistes
La majorité qui soutient Sarkozy n'atteint pas, à elle seule, ces fameux 3/5 des voix nécessaires. La direction du PS tente de finasser : officiellement, elle a choisi l'abstention, soit-disant pour protester contre le non recours au référendum. Or, l'abstention laisse, au contraire,  le champ libre à l'adoption du traité européen sans recours au suffrage des Français !
Par ce tour de passe-passe, le Parti socialiste fait semblant d'être hostile à la voie parlementaire tout en écartant l'hypothèse du référendum populaire.
 
Pourquoi cette attitude hypocrite de la part du PS ?
Pour cacher ses divisions internes au sujet de l'Europe ?
Les raisons de la duplicité socialiste sont plus profondes. Le PS est fondamentalement favorable à la construction européenne, à une Constitution pour l'Union, pour une évolution fédérale de celle-ci. Rien ne distingue le PS de l'UMP quant à la soumission des peuples à la Loi du Marché et à la libre concurrence. Sur ce terrain, seule une compétition de pouvoir l'oppose à la droite.  C'est ce qui explique que les politiques économiques et sociales, qui sont menées en Europe, sont identiques. Les gouvernements qui se prétendent 'de gauche' ou qu'ils soient de l'autre bord, ou encore qu'ils dirigent en commun les affaires du pays, font plus qu'appliquer les "directives de Bruxelles". Ils en sont, les uns et les autres, à l'origine.

Mais les parlementaires sont sensibles aux pressions de leurs électeurs. La grande majorité de ceux-ci, selon les sondages, se prononcent pour un référendum. Et les députés le savent bien. Donc, les citoyens, pour ne pas être floués, doivent le faire savoir - et vite - auprès de leurs élus, avant le 4 février, jour où le Parlement se réunira à Versailles. 

"canempechepasnicolas" vous facilite le travail : il met, à votre disposition, 
 1 - une "LETTRE A VOTRE DEPUTE"  pour lui rappeler votre sentiment,
 2 - une "PETITION POUR UN REFERENDUM",
textes que vous trouverez en consultant le sommaire du site;

* Vous trouverez, par Internet, la liste nominale des députés ayant voté POUR, CONTRE ou qui se sont ABSTENUS, lors des différents scrutins

par Jean Lévy publié dans : Europe
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Mercredi 16 janvier 2008


Le 21 décembre 2007, deux Français, Pierre Creisson et Thomas Dandois, un journaliste et son caméraman travaillant pour Arte, sont arrêtés au Niger. Ils sont accusés par le gouvernement  "d'atteinteà la sécurité de l'Etat". Ils risquent, de ce fait,  la peine de mort pour "collusion avec la rebellion", qualifiée par les autorités, de "ramassis de bandits et de trafiquants". En fait, il s'agit du 'Mouvement des Nigériens pour la Justice' (MNJ), opérant dans le nord du pays, considéré par Niamey comme une simple  révolte  tribale des Touaregs, alors que, récemment encore, il recevait le ralliement des "Forces Armées Révolutionnaires du Sahara", d'origine touboue, et celui d'officiers et soldats déserteurs de l'Armée nigérienne.
Les deux journalistes  souhaitaient faire sur place un reportage sur  le MNJ, mais la région insurgée est interdite d'accès. Aussi, ils avaient indiqué, pour obtenir leur visa,  que le motif de leur voyage était une enquête sur la grippe aviaire...D'où leur arrestation et leur détention, en attendant leur jugement.

En d'autres temps en dans d'autres lieux, cette affaire aurait débouché, en France,  sur une campagne orchestrée mobilisant, non seulement les autorités, mais également et surtout les médias, les défenseurs patentés des "Droits de l'Homme", tous nos "philosophes" en mal de liberté. 
Nous aurions entendu, à longueur d'onde et de JT cet appel outragé :
"!Deux de nos compatriotes, exerçant leur métier de journaliste, sont menacés de mort pour cause de reportage ! Il faut les tirer d'urgence des griffes des dictateurs !". 
Leur portrait fleurirait sur les murs de nos villes. Et songeons à la virulence des propos, si l'évènement s'était produit à Téhéran, à Caracas ou à Cuba. !
Mais c'est à Niamey que Pierre Creisson et Thomas Dandois sont incarcérés. 
Alors, nous assistons à des réactions plus que timides des médias et des ONG.
Ainsi, le rédacteur en chef d'Arte-Reportages déclare que "s'il devait y avoir sanction", celle-ci devrait "être plus adaptée"...
Et plus surprenant encore, le sieur Ménard, le boss de "Reporters Sans Frontières", d'habitude si prompt à dénoncer les "dictatures" cubaine ou vénézuelienne, certes s'est rendu au Niger mais c'est pour dire : "qu'il comprenait "l'angoisse" des autorités nigériennes "devant la rébellion", que le Niger "etait un pays de droit", que "sa souveraineté devait être respectée". 
Ce qui n'est pas, évidemment le cas des deux journalistes qui ont enfreint les lois restrictives aux libertés d'information prises par le gouvernement de Niamey.

On peut donc se poser la question :
 
"
Pourquoi cette réserve de nos médias, dans cette affaire ?"

Peut-être aurons-nous un début de réponse en liant cet évènement à un autre, survenu dans la même période. En effet l'arrestation des deux journalistes français, en reportage dans le nord du Niger, intervient alors que se conclut un accord historique entre Anne Lauvageon, la  PDG d'AREVA, et le Président Mamadou Tandja ? Ce contrat  donne à la firme française le permis d'exploter les mines d'uranium d'Imouraren, situées justement dans le nord du Niger, et dont la mise en chantier représente un accroissement considérable
*
 des stocks de cette matière première, ô combien stratégique, pour le Niger...et pour la France !
Et, coincidence,  la rébellion du MNJ, qui a pour objectif un partage équitable des richesses du sous-sol local, se situe dans le secteur d'Imouraren !
Dans les mois précédents, AREVA et ses représentants au Niger avaient été accusés de connivence avec les rebelles. Un directeur de la multinationale avait été alors expulsé. Depuis,les choses se sont arrangées : AREVA a dû accepter de majorer la facture de l'uranium, de 50%.

Ce contrat pèse-t-il plus lourd que la liberté des deux journalistes ?

* Avec l'exploitation de la mine d'Imouraren, ajoutée à celles de Somaïr et de Comanaka, la production d'uranium du Niger va passer de 5000 tonnes à 8000 tonnes, faisant du pays le second producteur mondial , et AREVA la firme première dans le pays, largement devant celles des Chinois, des Canadiens, des Sud-Africains

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Mercredi 16 janvier 2008

Nicolas Sarkozy a signé avec les monarchies du Golfe divers accords de coopération, mais pas de contrats fermes. Ces accords envisagent, en premier lieu, une coopération entre Aréva, Bouygues et Total  - dont le président de la République est le fondé de pouvoir - pour fournir à Abou Dhabi une EPR, une centrale nucléaire de troisième génération. 
C'est aussi dans cet Emirat que la France va établir une base militaire navale, oppérationnelle en 2009. L'évènement est exceptionnel : c'est la première fois depuis cinquante ans - et la fin de la colonisation française - que notre pays renoue avec l'envoi de "canonnières" dans un pays étranger. Il s'agit, nous dit-on, de défendre "nos intérêts" dans cette partie du monde. Quels "intérêts" ?
S'agit-il de faire du détroit d'Ormuz, la nouvelle "ligne bleue des Vosges", et  de bâtir là-bas, une autre "ligne Maginot", face à l'Iran, qualifié de "menace contre l'Occident" ? C'est la thèse de George Bush. Avec les mêmes mots, le Président des Etats-Unis avait dénoncé "l'Irak de Saddam". On sait ce qu'il advint.  
Nicolas Sarkozy s'est rangé dans le camp américain et partage les options de l'Ocle Sam, attitude grosse de dangers pour l'avenir de notre pays. La base navale d'Abou Dhabi s'inscrit dans cette stratégie. 
Quelle  en est la motivation essentielle ? 
Les experts annoncent la présence de gisements de gaz sous-marins énormes au large des côtes de l'Iran et des Emirats. Cette découverte excite les appétits des grands majors internationaux du pétrole. Ne sont-ce pas là les richesses assimilées à "nos intérêts" ?
Mais dans les accords intervenus entre la France et l'émirat d'Abou Dhabi, une dimension moins "sratégique" n'est pas à négliger. Entre Nicolas Sarkozy et le cheikh Khalifa, se sont nouées des relations plus "personnelles" : c'est dans une des propriétés de l'émir en question, à Charm el Cheikh, la station balnéaire égyptienne, que notre Président à passé des jours de rêve, en décembre dernier.
Au Total, c'est cas de le dire, la tournée présidentielle dans le Golfe a une forte odeur de pétrole. Et le coût du baril vaut bien une messe. Aussi, Nicolas Sarkozy a déclaré, dans le cadre de sa "politique de civilisation" :
"Dieu n'asservit pas l'Homme mais qu'il le libère...Dieu est le rempart contre l'orgueil démesuré et la folie des hommes". 
Sur le chapître de "l'orgueil démesuré", Nicolas est orfèvre, et Dieu reconnaîtra les siens...

Pendant ce temps-là, George Bush, qui faisait également son "marché" dans la région, va livrer à l'Arabie saoudite, 900 bombes JDAM (Joint Direct Attack Munition), , une arme de mort  de "haute technicité à guidage par satellite".
La guerre, ça se prépare.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Mardi 15 janvier 2008

Dans le vocabulaire des hommes politiques et des médias, le mot 'Démocratie' est le vocable le plus utilisé pour évoquer  un Etat dans lequel les libertés essentielles sont prétendument réunies. Les "Grandes démocraties" s'identifient naturellement, dans l'esprit de ceux qui emploient ce terme, aux pays  occidentaux, pris globalement, c'est-à-dire qui ont un régime politique de nature parlementaire. Parmi ceux-ci, le Japon est devenu, par un jeu subtile de syntaxe, et contrairement à la géographie, un Etat 'occidental'
Il y a donc substitution de sens : le "système parlementaire" n'est pas, et de loin, automatiquement un régime démocratique. "Démocratie" veut dire
'pouvoir du peuple'. Pour donner un sens à cette définition, il faut pour cela que le peuple, tous les citoyens, participent directement à la direction des affaires publiques. Or, les systèmes électoraux sont généralement conçus pour en écarter les ouvriers (et les privés d'emploi, qui demeurent des citoyens), les couches plus pauvres en général, en un mot  : "les classes dangereuses".

 Certes, en principe, le droit de vote est accordé à tout le monde. Ce n'a pas été toujours le cas. Ne votaient, en France, tout au long de la première partie du XIXème siécle, que ceux qui disposaient d'un bien, d'une certaine fortune. Nous en étions au vote dit 'censitaire'. Le prince Louis-Bonaparte a compris le premier que le meilleur moyen d'apparaître comme le 'candidat du peuple', était d'instituer le sufffrage universel, quitte, une fois devenu Empereur, à limiter le choix des électeurs en instituant la "candidature  officielle", bénéficiant  seule, du soutien du pouvoir. 
De nos jours, ce modèle n'est plus de mode...officiellement ! Les classes dirigeantes disposent de moyens plus sophistiqués pour aboutir au même résultat. Chacun a pu s'en rendre compte dans la dernière période.

Premier exemple : lors du référendum sur le projet de constitution, au printemps 2005, l'ensemble des médias, des corps constitués, des plus grands partis politiques, ont appelé à voter OUI. Le peuple, dans sa majorité a voté NON. 
Résultat : cette année, les citoyens seront privés de référendum ! De Nicolas Sarkozy en passant par sa majorité UMP, jusqu'à nombre de parlementaires socialistes, conscients du danger de donner la parole au peuple, tous ont décidé d'avoir recours au vote des seuls parlementaires. Or, comme en 2005, la majorité d'entre eux fait sien, le traité de Lisbonne, tout en reconnaissant que leurs électeurs demandent un vote populaire.

Second exemple : pour la dernière élection présidentielle,  les médias ont présélectionné deux candidatures quasiment 'officielles', celles des deux partis majoritaires, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Il n'y avait pas d'autre choix . Tous les instituts de sondages le "prouvaient" tous les jours. Voter pour un des autres candidats n'avait aucun sens.  Chiffres à l'appui, ils ne pesaient rien dans la balance.
On connaît le résultat : un match à deux, éliminant d'avance toute autre alternative. L'élection à deux était sans risque pour "l'économie de marché", la "libre concurrence" et la construction européenne.

D'autres moyens sont utilisés pour fausser le choix des électeurs. 
En France, compte-tenu du "mauvais esprit" historiquement prouvé de son peuple, la 'représentation proportionnelle" des diverses tendances nationales est "interdite" par les deux partis dominants qui préfèrent un système leur permettant  de gouverner en 'alternance'. Nous sommes le seul pays parmi les 27 qui composent l'Union européenne à être privé de la "proportionnelle", en dehors de la Grande-Bretagne. Ce pays garde, en effet,  un mode d'élections archaïque  - un vote à un seul tour avec l'élection du candidat ayant reccueilli le plus de voix, et cela dans des circonscriptions  plus ou moins importantes. Le parti qui l'emporte peut, dans ces conditions,   totaliser seulement 35% des suffrages !

Le système ayant cours en France aboutit à un résultat similaire : quand l'abstention est forte, la majorité élue représente une minorité de citoyens. Nicolas Sarkozy, lui-même, n'a rassemblé, au second tour, que 43% des inscrits sur les listes électorales...
Dans des pays comme les Etats-Unis, la moitié des électeurs, la plus pauvre de la population, ne prend pas part au scrutin. Si bien qu'un Président des USA n'est élu que par le quart, environ, des citoyens ! 
Ce qui ne l'empêche pas de vouloir régenter le monde au nom de la "Démocratie"...

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Lundi 14 janvier 2008

Nicolas Sarkozy fait son "marché" à Ryad et à Abou Dhabi. Un voyage de rêve, ou plutôt précisément d'Aréva. En effet, le président de la République a emporté dans son 'panier' quelques centrales nucléaires qu'il aimerait bien vendre là-bas. Le commerce n'a pas de frontière. En général, les atteintes aux droits démocratiques décelées dans les pays acheteurs, tels la Chine ou la Russie, le conduisent  à donner quelques leçons de démocratie avant de signer les contrats.  Cette procédure n'est appliquée que dans les Etats où les libertés sont bafouées . Donc, pas en Arabie saoudite, ni dans les Emirats Arabes Unis. Ces pays ne figurent pas dans la liste dûment certifiée par Washington. Pourtant, de mauvais esprits chagrins,  pointent  quelques atteintes aux droits démocratiques. A Ryad, dépourvue d'une Assemblée élue, la moitié des conseils municipaux est choisie par le pouvoir, et les femmes en sont totalement exclues. Elles n'ont même pas le droit de conduire une voiture ! Dans  le royaume, la loi de la charria est appliquée dans toute sa rigueur. 
Certes, mais regardez le niveau de vie de la population de l'Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis !  A faire rêver nos propres citoyens... 
Bien sûr, il faut s'entendre sur ce qu'on entend par la  "la population".
Le royaume saoudien compte 23 millions d'habitants. Sur ce total, de 7 à 9 millions, selon les diverses études, sont des immigrés. Dans les E.A.U. leur proportion  atteint 73% de la population, avec 50% d'Indiens, de Pakistanais, d'originaires des Maldives, le reste venant d'Indonésieet de Malaisie.  Ces travailleurs, à qui les autorités confisquent leur passeport, dès leur arrivée, sont exploités sans limite dans tous les emplois industriels. Ils ne bénéficient d'aucune protection, ni droit. Ce sont pourtant eux qui créent la richesse des pays, accaparée par la minorité d'autochtones qui en vivent dans un luxe inouï. Les femmes immigrées sont essentiellement domestiques.  Véritables esclaves des  familles saoudiennes ou des Emirats,  elles sont taillables et corvéables à merci.
Cette situation politique et sociale des populations des Etats, visités par Nicolas Sarkozy lui a viiblement  échappé. Nulle information ne fait mention de la moindre observation de la part de notre président de la République, accaparé par l'idée de signer des contrats. En pure perte. Certes des accords de coopération technique ont été avalisés, mais pas la moindre vente réalisée, en Arabie saoudite. 
Il est vrai que l'oncle Sam en arrive. Et les Etats-Unis n'aiment pas que, même leurs alliés, leur taillent des croupières. En outre, à son escale à Ryad, Georges Bush, qui cherchait à obtenir le ferme soutien de l'Arabie Saoudite dans sa croisade contre l'Iran, s'est vu opposer un net refus : 
"Nous écoutons avec intérêt toutes les questions posées par le président Bush, mais dans le Golfe - qui est un petit lac - nous souhaitons que l'harmonie et la paix prévalen entre les pays de la région", 
a répondu le prince Saoud Al-Fayçal, chef de la diplomatie saoudienne. 
Pas de contrat pour l'un, pas d'alliance militaire pour l'autre, décidément, les amis ne sont plus ce qu'ils étaient !

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Dimanche 13 janvier 2008

Le Monde, daté des 13 et 14 janvier, ne cache pas sa joie :
"Le projet d'accord auxquels sont parvenus le patronat et plusieurs syndicats, vendredi 11 janvier, sur la modernisation du marché du travail, dessine le contour d'une 'flexisécurité' à la
française. Il étend la flexibilité demandée par les employeurs, au détriment d'une sécurité devenue souvent illusoire dans un contexte économique où l'emploi est devenu de plus en plus instable, voire précaire".
Ainsi débute l'éditorial que le journal du soir consacre à l'évènement, en le taxant de "Tournant social". Cet édito s'inscrit dans un ensemble d'informations bien plus étendu. En effet, deux colonnes en page une et la presque totalité de la 8 célèbrent ce 'préaccord'.
Que contient-il ?
Le Monde en résume les aspects importants  :

 1 )- Pour les CDI, la période d'essai est allongée de plusieurs mois  pour les ouvriers, les employés, les agents de maîtrise, les techniciens et les cadres. Ainsi, pendant ce temps d'essai , l'entreprise pourra mettre fin unilatéralement à tout contrat de travail. On reconnaît là l'esprit du CPE, rejeté par le monde du travail en 2006. 

 2 )- Une close de rupture "conventionnelle" , pour "privilégier les solutions négociées" entre le salarié et l'employeur, est prévue dans les contrats à durée indéterminée. Ainsi le patron pourra, en dehors des dispositions collectives, mettre fin "à l'amiable" au CDI d'un salarié. Le caractère "amiable" des relations sociales dans l'entreprise est bien connu : il s'identifie généralement à  celui  qui existe entre le pot de terre et le pot de fer.

 3 )- Un nouveau contrat de travail est créé. Le Monde le qualifie ainsi : "Il s'agit d'une sorte de contrat de mission à durée déterminée à 'terme incertain' pour 'la réalisation d'un objet défini, réservé aux ingénieurs et aux cadres. La durée du projet doit être comprise entre douze et trente-six mois". En clair, là aussi, va se généraliser un CDD qui va rendre encore plus précaires les emplois de cadres.
 
En contre partie, les salariés qui vont se retrouver au chômage, conserveront leur couverture de prévoyance santé pendant une durée égale ... au tiers de sa durée d'indemnisation du chômage ! Et un droit à la formation...
Le Médef appelle ces dispositions qui portent un coup majeur au Code du travail, la "modernisation du marché du travail', en fait la flexibilité accrue de celui-ci. Pas étonnant que Cathy Kopp, la représentante patronale, et par ailleurs DRH du groupe 'Accor', nommée récemment par le pouvoir membre du Conseil d'Administration de l'Ecole Normale Supérieure, se "félicite" des résultats "d'une négociation ambitieuse".

Quant aux Centrales syndicales, elles vont soumettre le texte du projet d'accord à leurs instances. Les représentants de la CGT préconisent la non signature "d'un texte désiquilibré qui malgré quelques mesures positives, accentue la précarité pour le salarié", selon l'appéciation de Maryse Dumas. 
C'est peu dire pour la mise au pilon du Code du Travail ...

Cette 'prudente' prise de position de la CGT reçoit les félicitations de l'éditorialiste du Monde qui écrit en forme d'hommage à la Confédération Générale du Travail :
"La CGT qui avait été au centre du compromis sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, a joué la carte de la négociation, préférant un texte 'le moins mauvais possible' à un échec qui laisserait le champ libre au gouvernement, même si elle refuse, au bout du compte, de signer le compromis".

Propos  qui renvoient à notre papier d'hier "ENTRE PARTENAIRES"...

par Jean Lévy publié dans : Social
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