Dimanche 13 janvier 2008

Le Monde, daté des 13 et 14 janvier, ne cache pas sa joie :
"Le projet d'accord auxquels sont parvenus le patronat et plusieurs syndicats, vendredi 11 janvier, sur la modernisation du marché du travail, dessine le contour d'une 'flexisécurité' à la
française. Il étend la flexibilité demandée par les employeurs, au détriment d'une sécurité devenue souvent illusoire dans un contexte économique où l'emploi est devenu de plus en plus instable, voire précaire".
Ainsi débute l'éditorial que le journal du soir consacre à l'évènement, en le taxant de "Tournant social". Cet édito s'inscrit dans un ensemble d'informations bien plus étendu. En effet, deux colonnes en page une et la presque totalité de la 8 célèbrent ce 'préaccord'.
Que contient-il ?
Le Monde en résume les aspects importants  :

 1 )- Pour les CDI, la période d'essai est allongée de plusieurs mois  pour les ouvriers, les employés, les agents de maîtrise, les techniciens et les cadres. Ainsi, pendant ce temps d'essai , l'entreprise pourra mettre fin unilatéralement à tout contrat de travail. On reconnaît là l'esprit du CPE, rejeté par le monde du travail en 2006. 

 2 )- Une close de rupture "conventionnelle" , pour "privilégier les solutions négociées" entre le salarié et l'employeur, est prévue dans les contrats à durée indéterminée. Ainsi le patron pourra, en dehors des dispositions collectives, mettre fin "à l'amiable" au CDI d'un salarié. Le caractère "amiable" des relations sociales dans l'entreprise est bien connu : il s'identifie généralement à  celui  qui existe entre le pot de terre et le pot de fer.

 3 )- Un nouveau contrat de travail est créé. Le Monde le qualifie ainsi : "Il s'agit d'une sorte de contrat de mission à durée déterminée à 'terme incertain' pour 'la réalisation d'un objet défini, réservé aux ingénieurs et aux cadres. La durée du projet doit être comprise entre douze et trente-six mois". En clair, là aussi, va se généraliser un CDD qui va rendre encore plus précaires les emplois de cadres.
 
En contre partie, les salariés qui vont se retrouver au chômage, conserveront leur couverture de prévoyance santé pendant une durée égale ... au tiers de sa durée d'indemnisation du chômage ! Et un droit à la formation...
Le Médef appelle ces dispositions qui portent un coup majeur au Code du travail, la "modernisation du marché du travail', en fait la flexibilité accrue de celui-ci. Pas étonnant que Cathy Kopp, la représentante patronale, et par ailleurs DRH du groupe 'Accor', nommée récemment par le pouvoir membre du Conseil d'Administration de l'Ecole Normale Supérieure, se "félicite" des résultats "d'une négociation ambitieuse".

Quant aux Centrales syndicales, elles vont soumettre le texte du projet d'accord à leurs instances. Les représentants de la CGT préconisent la non signature "d'un texte désiquilibré qui malgré quelques mesures positives, accentue la précarité pour le salarié", selon l'appéciation de Maryse Dumas. 
C'est peu dire pour la mise au pilon du Code du Travail ...

Cette 'prudente' prise de position de la CGT reçoit les félicitations de l'éditorialiste du Monde qui écrit en forme d'hommage à la Confédération Générale du Travail :
"La CGT qui avait été au centre du compromis sur la réforme des régimes spéciaux de retraite, a joué la carte de la négociation, préférant un texte 'le moins mauvais possible' à un échec qui laisserait le champ libre au gouvernement, même si elle refuse, au bout du compte, de signer le compromis".

Propos  qui renvoient à notre papier d'hier "ENTRE PARTENAIRES"...

par Jean Lévy publié dans : Social
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Vendredi 11 janvier 2008

Depuis l'ère Sarkozy, la stratégie sociale du pouvoir est simple : obtenir la présence des organisations syndicales dans de pseudo  "négociations" portant sur les revendications du Medef. Celles-ci visent à soustraire les employeurs de toutes les obligations découlant de l'application du Code du Travail.
  
Cette méthode a pour objectif de "normaliser",  c'est-à-dire de justifier aux yeux de l'opinion, le bien fondé des remises en cause des conquêtes sociales, par la présence active des syndicats dans le processus de démantèlement des acquis, issus des luttes ouvrières. Les dirigeants syndicaux servent ainsi, par leur présence,  de caution à la "contre-révolution sociale" sarkozienne. 
Certes, l'argument évoqué pour justifier cette attitude, relève du faux bon sens : 
"Les représentants des travailleurs doivent être toujours présents là où se discutent leurs droits, afin de  défendre ceux-ci efficacement. La 'politique de la chaise vide' laisserait gouvernement et patrons libres de décider seuls", 
répètent à satiété les tenants du renoncement.

Ce raisonnement ne tient pas. 
En effet, Nicolas Sarkozy a bien prévenu : "Ou les syndicats acceptent l'essentiel des revendications patronales, ou je les imposerai par la loi !" 
Aussi, les ministres, les gens du Medef, posent l'intégralité  de leurs desiderata, quitte à accepter, dans l'immédiat,  quelques modifications à la marge. Ils imposent ainsi leurs exigences avec le label syndical. C'est tout bénéfice pour le pouvoir et les patrons : l'accord syndical sera dissuasif vis-à-vis de tout mouvement social. 
Et  même, si aucune signature des centrales ouvières n'est apposée au bas du texte, le fait d'avoir accepté de discuter pendant des jours et des jours des prétentions du Médef, donne à celles-ci une 'respectabilité sociale', puisqu'elles étaient "négociables" ...

Alors, pourquoi entrer dans le jeu patronal ? Pourquoi prêter la main à la mise à mort du Code du Travail ? Les dirigeants des syndicats qui 'collaborent'  avec 'l'ennemi de classe', comme on disait il y a vingt ou trente ans, prétendent le faire sous prétexte de limiter "la casse"...
Ce même argument a été avancé par les syndicalistes ralliés à Vichy . Georges Albertini, ancien socialiste l'un des dirigeants de la Collaboration avec les nazis durant l'Occupation, s'est servi ouvertement de ce sophisme pour tenter de se dédouaner. 
Ainsi, à son procès pour "intelligence avec l'ennemi", en décembre 1944, Georges Albertini justifie son attitude :
"Cette politique qu'on appelle une politique de collabration, moi, par un vieux reste de vocabulaire socialiste, je l'appelle une 'politique de présence' ".*

C'est cette 'présence' qui pose problème. 

* Extrait de l'ouvrage de Jean Lévy
"Le dossier Georges Albertini  Une intelligence avec l'ennemi", 
 livre édité chez L'Harmattan


 

par Jean Lévy publié dans : Social
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Vendredi 11 janvier 2008

"The Big Chief", en tournée au Moyen-Orient, s'est arrêté à Jerusalem, puis à Ramallah.  A Ehoud Olmert, George Bush a tenu à confirmer que "l'alliance avec les Etats-unis contribue à garantir la sécurité d'Israël, en tant qu'Etat juif". Puis, se disant partisan d'un accord de paix avec les Palestiniens, il a, toutefois,  fait siens les propos du premier ministre de l'Etat hébreu qui a martelé : 
"Il n'y aura pas d'accord de paix sans qu'il soit mis fin à la terreur, y compris dans la bande de Gaza".
Gaza, justement, est le seul territoire qui s'est libéré. Il est devenu, de ce fait, l'abcès de fixation pour  Tel Aviv, mais également pour les USA et l'Union européenne. Tranformé en vaste 'camp de concentration à ciel ouvert', la population de Gaza est victime d'un blocus économique, alimentaire et sanitaire qui ne soulève aucune indignation en Occident. Son seul crime :avoir massivement voté démocratiquement et massivement pour le Hamas contre l'avis des Américains et des Européens.
Olmert précise, en outre, qu'Israël exige de garder un contrôle total sur la Cisjordanie. C'est ainsi que, durant trois jours, à la fin de la semaine dernière,Tsahal a imposé un couvre-feu, et procédé à une trentaine d'arrestations dans ce territoire, en principe sous l'autorité de Mahmoud Abbas, le 'président' de l'Autorité palestinienne. 
Sur ces territoires, où depuis 1996, Israël s'était engagé à 'geler' le nombre d'implantations  juives, 102 colonies nouvelles, qualifiées de 'sauvages', plus que tolérées par le gouvernement de Tel Aviv, et condamnées par les Nations Unies, ont vu le jour et continuent à se développer.
Des milliers de prisonniers palestiniens s'entassent, le plus souvent sans jugement, dans les prisons israéliennes. Un 'Mur de séparation' a été élevé tout au long de la Palestine occupée, afin d'interdire tout passage d'une zone à l'autre aux Palestiniens, sans qu'il ait été dénoncé par nos philosophes au coeur tendre, comme une honte pour l'humanité. Rappelons-nous le 'Mur' de Berlin, alors frontière entre deux Etats, (et non pas clôture interne d'apartheid, comme en Israël), et le déluge idéologique qu'il a provoqué !
Et c'est la population occupée, humiliée, martyrisée qui est qualifiée de "terroriste" par l'Occupant ! Ce mot a fait florès, de 40 à 44, en France, utilisé par les nazis contre la Résistance, et en Algérie, durant la guerre de Libération,  par les autorités françaises. 
Tout  peuple désarmé qui défend son indépendance face à son occupant, est qualifié de "terroriste". 

George Bush termine son mandat, honni dans son pays. Ehoud Olmert, fait figure de symbole d'une guerre d'agression perdue au Liban contre le Hezbollah. Poursuivi par la justice de son pays pour de noires affaires, il préside un gouvernement désuni, désavoué par l'opinion. Mahmoud Abbas, quant à lui, n'a d'autorité que ce que lui concède l'Occupant. 
Comment, dans ces conditions, évoquer, de bonne foi,  sa volonté d'aboutir à un accord de paix, comme le jurent avec un ensemble parfait, les gouvernements d'Israël, des Etat-Unis, et celui qui se croit au pouvoir à Ramallah ?

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Jeudi 10 janvier 2008

Dans la Grèce ancienne, 'hypocrite' signifiait "réponse dans un dialogue" d'où "jeu d'acteur", puis "feinte", "faux-semblant". En français, le terme change de registre. A l'idée "d'imitation" volontaire, on passe à celle "d'artifice", de "fausse apparence" sur le plan moral. Le mot désigne le caractère d'une personne, qui "déguise ses pensées, ses opinions".*
Ainsi, de l'Antiquité à nos jours, le sens d'hypocrite a évolué du comportement professionnel du comédien à l'attitude de tous ceux qui expriment publiquement un sentiment contraire à leur propre pensée.
Mais y a-t-il toujours une différence marquée entre l'acteur de théâtre et nombre de ceux qui se meuvent sur la scène politique ? L'éthique, en la matière, n'est pas la qualité la plus largement partagée. Au point où un politicien qui renie ses promesses est qualifié de 'courageux'!
L'actualité nous en fournit mille exemples.
Ainsi, le Parti socialiste s'est prononcé clairement pour le recours au référendum en ce qui concerne la procédure de ratification du traité de Lisbonne. Nicolas Sarkozy, au contraire, craignant le verdict populaire, a décidé de s'en remettre à la voie parlementaire. Le Conseil constitutionnel considère qu'une réforme de la Constitution française est nécesaire au préalable. Pour que celle-ci soit votée, l'adoption des modifications exigées doit se faire par une majorité des 3/5 des suffrages exprimés du Parlement, (Assemblée nationale et Sénat réunis à Versailles). Si cette majorité n'est pas atteinte, le recours au référendum est nécessaire. Or, les partisans du Président de la République, hostiles au recours au suffrage populaire, ne sont pas en nombre suffisant pour approuver le nouveau texte constitutionnel. Donc, l'opposition parlementaire, en votant NON, obligerait de recourir au référendum. Mais, en politique, l'apparence et la réalité ne font pas bon ménage. En effet, le Premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, et le président du groupe parlementaire du PS,  Jean-Marc Ayrault, ont décidé que les parlementaires socialistes ne participeraient pas au scrutin, laissant le champ libre aux amis de Nicolas Sarkozy pour enterrer toute idée de référendum ! Explication donnée : cette attitude est dictée par le souci de préserver l'unité du Parti socialiste, partagé sur sa vision de l'Europe, et partant, sur le Traité de Lisbonne. 
Ainsi, pour des considérations purement électoralistes, les dirigeants du PS sacrifieraient purement et simplement leur fidélité à la souveraineté populaire...
A moins que leur position ne reflète la volonté de voir le traité de Lisbonne, adopté sûrement par la voie parlementaire, de peur de le voir rejeté par  le vote des Français.
Certes, cette attitude est condamnée par des partisans du NON qui s'insurgent à juste titre.
Mais elle exprime cette fameuse hypocrisie, caractère de ceux qui "déguisent leur pensées, leurs opinions", des responsables socialistes. 
A deux mois des élections municipales, la question est posée aux tenants de la 'gauche plurielle', au Parti communiste français, en particulier, qui clame sa volonté de s'unir avec 'le Parti socialiste' :

peut-on faire liste commune, non seulement avec des hypocrites, mais avec ceux qui veulent déposséder le peuple français de son droit souverain de décider de son avenir, avec ceux qui ont la même vision de l'Union européenne que les amis de Nicolas Sarkozy ?

Dans la Grèce antique, à côté des comédiens, il y avait des médecins , tel Hippocrate, dont la renommée a conduit les membres de cette profession à signer le fameux 'serment', gage de fidélité à leurs engagements éthiques. 
En sommes-nous réduits, aujourd'hui, à entendre le "serment d'Hypocrite" ?
 

* Définitions du ROBERT,  Dictionnaire historique .

 

 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 9 janvier 2008

Plus de 600 gazettiers l'attendait sous les lambris dorés du Palais. "IL" est arrivé, vêtu de sa cape noire, doublée de rouge, haut-de-forme et gants, la tenue de l'artiste modèle en prestidigitation. 
"IL" a, alors, présenté au public une vaste urne, lui montrant qu'elle était parfaitement vide, puis l'a fermée à double tour. Seule une fente permettait de verser à l'intérieur divers éléments. Ce que fit  notre prince de l'Esbrouffe. Commençant par la "politique de Civilisation" d'hier, la "Déclaration des Droits de l'Homme", "l'Ecole de Jules Ferry", la "laïcité", "la Sécurité sociale", le "Droit au travail", les "Congés payés", le Service public"
*, le magicien a versé ensuite une "Cécilia" dans l'orifice, puis, d'un geste large,  les périodes évoquées de "la Renaissance"*, du "Siècle des Lumières"*, de la "Révolution industrielle" de la fin du XIXème, celle de "la Libération"*. 
La Maître a ensuite  proncé quelques mots incompréhensibles, écrits par le Prix Nobel de la Magie, un certain Papa Guaino, connu comme "l'homme-oiseau", de la Flûte enchantée. :

"En 2008, cette politique de civilisation, elle s'exprimera d'abord dans la volonté de faire de notre démocratie, une démocratie irréprochable grâce à la réforme des institutions inspirée par les travaux de la commission présidée par Edouard Balladur (...) Une politique qui sera partie prenante d'un dessein plus vaste, celui de la rénovation de notre modèle républicain, de ses principes, de son fonctionnement, de son adaptation aux réalités économiques, sociales,culturelles du XXIème siècle (...) En 2008, la politique de civilisation s'exprimera dans la profonde rénovation de nos Universités (...) La révalorisation du travail, elle est dans la suppression de tous les obstacles qui empêchent ceux qui le veulent  de le faire. Elle est dans l'assouplissement des règles du marché du travail (...) Elle est dans la suppression de tout ce qui alourdit le coût du travail". **

A ces mots prometteurs, la salle attendait le miracle : qu'allait-il sortir de l'urne magique ?
Notre enchanteur fit merveille. Ouvrant l'Urne, notre enchanteur sortit "un discours de Latran"sur le bonheur des religions, à la place de la "Laïcité" disparue, un "Réglement intérieur patronal", remplaçant le Code du Travail, les "Assurances privées", au lieu de la "Sécurité Sociale ", " Carla" substituée à "Cécilia", la "Participation" et "l'Intéressement" au salaire.

Le presditigitateur illustre devait ensuite répondre aux interrogations du public médusé par ces tours de magie. Par quels moyens a-t-il procédé à ces surprenantes substitutions ? Où est passé le "Pouvoir d'achat" ? Cette malencontreuse question a déplu. "Le pouvoirdacha ? Abracadabra ? Késeksa ? fut la réaction du Maître. Par contre, il fut plus disert sur sa façon de procéder :
"Rétablir l'équilibre entre le travail et la propriété, réhabiliter l'entreprise, réconcilier les salariés avec le capitalisme et avec l'économie de marché"**, tels sont les trucages utilisés.
Et d'évoquer sa formule incantatoire :
"Le capitalisme financier, je n'ai cessé de le répéter, a besoin d'être moralisé. Il ne peut s'accorder avec une économie de rentes, de parachutes dorés et de spéculation !"**
 

Ses amis de trente ans dans le métier, Arnaud Lagardère, Martin Bouygues, Vincent Bolloré et tout le clan des Quarante Valeurs, assis au premier rang, d'applaudir longuement.

* et ** Citations prises dans le texte préliminaire lues  par le Nicolas Sarkozy.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mardi 8 janvier 2008

Le Figaro écrivait, le 6 janvier 1933 :

"Mercedi à Cologne, Adolf Hitler et l"ancien Chancelier von Papen ont eu au domicile du banquier Kurt von       Schroeder, un entrtien sur la situation politique (...) Il a été question, assure le Taeglische Rundschau, d'une nouvelle candidature de Hitler à la Chancelerie".


Le Temps, du 7 janvier, écrit de son côté : 

"Les milieux financiers et industriels qui subventionnent le mouvement hitlérien seraient sympathiques à 'ce plan de bataille' car un gouvernement du front Bad-Hartzbourg* à tendanhce capitaliste leur conviendrait mieux qu'un gouvernement von Schleicher".

Puis, ce quotidien, appartenant au Comité des Forges, ** ajoute, dans son numéro du 12 janvier :

"Il s'agit de chefs de la grande industrie, qui furent les premiers à encourager le mouvement hitlérien. Ces magnats de l'industrie, surtout dans la région de la Ruhr, ont toujours combattu avec vigueur les tendances socialistes qui ont prévalu en Allemagne en matière d'assurances sociales, de réglements du travail et d'arbitrage pour la fixation des salaires".

Le 30 janvier, le président Hindenbourg désignait Adolf Hitler comme Chancelier du Reich.
Le Temps du lendemain, justifie ce choix :

"Il résulte que le nouveau gouvernement veut 'l'ordre et le calme' sur le terrain économique par la politique nouvelle d'un pouvoir fort (...) qui veut 'vivre en paix et en amitié' avec tout le monde".

Dès le lendemain, la répression sauvage s'exerce à l'encontre de partis d'opposition de gauche, en premier lieu contre les militants communistes, et également contre les sociaux-démocrates. Dans la nuit du 27 au 28 février, l'immeuble du Reichstag est incendié par des agents nazis pour en rejeter la responsabilité sur le KPD communiste. Le président Hindenbourg suspend "les libertés fondamentales'. Les premiers camps de concentration sont ouverts. 
On connaît la suite.
Le 30 juin 40, Adolf Hitler, savourant sa victoire, contemple l'Aec de Triomphe, dans Paris conquis.
Sept années ont suffi au Führer pour franchir la distance qui sépare la Porte de Brandebourg des Champs-Elysées.
Le Figaro, daté du 9 février 1933, reproduit un article qu'il avait publié le 27 août 1927 sous le titre  :
"UN FRONT UNIQUE CONTRE LE COMMUNISME" où il était  écrit cette phrase anticipatrice :

"
CHARGERA-T-ON L'ALLEMAGNE DE SAUVER L'EUROPE ?"

*  Le front Bad-Hartzbourg est l'aboutissement, en 1931, de l'entente entre les nazis et les autres partis nationalistes, dont notamment le Stahlhem, les 'Casques d'acier'.

**
Le Comité des Forges est l'ancêtre de l'UIMM, l'Union des Industries Minières et Méttallurgiques.

Ce texte est tiré de l'ouvrage  de Jean LEVY  et de Simon PIETRI

DE LA REPUBLIQUE A L'ETAT FRANCAIS
1930-1940  Le chemin de Vichy     Editions L'Harmattan

 

par Jean Lévy publié dans : international
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Lundi 7 janvier 2008

Débutée en décembre 1962, et remaniée en 1963, l'ORTF offrait, chaque soir, une émission destinée aux enfants pour leur permettre de s'endormir dans le calme et la sérénité :  "BONNE NUIT,LES PETITS !".
Il s'agissait de courtes séquences de cinq minutes,  mettant en scène Gros Nounours rendant visite, sur le coup de 20 heures, à deux enfants, Nicolas et Primpronelle, dont les aventures quotidiennes plongeaient les jeunes téléspectateurs dans la féerie et le rêve douillet des peluches, avant qu'un Marchand de sable ne vienne jeter sur eux une Poudre de sommeil, et remonter au ciel, sur son petit nuage, à l'aide d'une échelle céleste.
Ce candide feuilleton s'est-il vraiment terminé  1975 ?

On pourrait en douter. Certes, ce ne sont plus les enfants qui sont, aujourd'hui,  pris pour cible, mais l'ensemble de la population. L'objectif reste le même : l'endormir, en lui offrant, de diverses façons, des contes de fée qui la détournent du banal ordinaire. Certains téléspectateurs les aiment 'show', genre Star Academy, une Télé-réalite, loin du quotidien,  plein de paillettes comme Le plus Grand Cabaret du Monde. D'autres estiment qu'On n'est pas couché, ou encore espèrent  Vivement dimanche
Les Marchand de sable se nomment alors Patrick Sébastien, Jean-Pierre Foucault ou Nikos Aliagas. Ils distribuent  largement la Poudre de sommeil et promettent de beaux rêves...

Ils ne sont pas les seuls à jouer la comédie. 
Un autre Nicolas, qui n'a pas la candeur de la figurine des années 60, tente de nous distraire des jours gris de l'hiver social. Il se met en scène avec des Primpronelles de remplacement, Cécillia ou Carla selon les saisons, et conte son grand amour modèle, définitivement provisoire, de la famille tout juste sortie de chez Channel. Le bon peuple, convié aux vacances dorées du couple recomposé, n'est pas déçu du voyage. Pendant qu'ils sont censés admirer les fastes étalés, sur fond le clair de lune, les Français sont censés s'évader  de leurs problèmes et penser à leur souverain bien-aimé. Si cela ne suffit pas à les soustraire de leurs mauvaises pensées, on peut toujours leur annoncer un mariage princier, une once de pouvoir d'achat à Pâques ou à la Trinité, leur ouvrir toutes grandes les églises, les prier poliment de travailler plus pour penser moins. 
Et, si cela ne suffit pas, on conviera les diseurs de bonne aventure, les experts-comptables de l'opinion, à une conférence de presse pour leur annoncer le nouveau spectacle avec, à la clef, le  casting de ceux qui vont l'interprêter.
A n'en pas douter, Nicolas, le Marchand de sable, version 2008,  va répandre sa fameuse Poudre de sommeil pour endormir les manants.

BONNE NUIT, LES GRANDS !

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Dimanche 6 janvier 2008

Le Parisien publie, ce jour, un sondage qui signale une baisse de popularité de Nicolas Sarkozy. Pour la première fois, son niveau de confiance passe sous la barre des 50%, avec seulement 48% d'opinions favorables. 45% sont d'un avis contraire. Le président de la République perdrait, en un mois, 7% d'indice. 
Certes, il ne faut guère tabler sur les sondages pour analyser sérieusement les rapports de force politiques dans un moment donné. Chacun connaît les manipulations diverses auxquelles ils sont soumis, et le peu de fiabilité des chiffres qu'is donnent. 
Cependant, cette enquête ne porte que sur les réponses récoltées. Il n'est pas question des personnes qui refusent de participer au sondage. Or, les dernières élections partielles laissent apparaître de 50 à plus de 70% d'abstentions ! On peut donc affirmer que la confiance des Français, envers le président de la République, compte-tenu de cette observation, est très inférieure à 48%. 
Mais si la droite au pouvoir n'est plus majoritaire, cela ne veut pas dire que les partis qui se réclamment de l'opposition soient dans une position dominante dans notre pays. Les 45% d'opinions négatives que révèle le sondage du Parisien, doivent être minorées de la même façon. Une partie importante de l'opinion ne tranche pas entre droite et gauche. L'alternance n'attire pas les foules. Cet état de fait permet, malgré ses déboires, à Nicolas Sarkozy de poursuivre sa politique rejetée par les Français, mais pour laquelle aucune véritable alternative n'est offerte.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Samedi 5 janvier 2008

La course à la Maison Blanche a débuté dans l'Iowa, sous la forme d'un "caucus" (débats après votes).
Peuplé de 3 millions d'habitants, à 97% de population 'blanche' et fortement religieuse, cet Etat rural est qualifié par le Washington Post, d'Etat de
"monoculture, maïs, soja et évangélique".
Huit candidats 'démocrates' et sept 'républicains' se présentent aux suffrages des électeurs, se disant soit du parti de "l'âne", soit du parti de "l'éléphant", ou se proclamant "indépendants". 
Une intense campagne de terrain a mobilisé les aspirants à la magistrature suprême.

Selon les sondages, deux candidats, du côté 'démocrates", devaient arriver en tête  :
Hillary Clinton, sénatrice de New York, protestante (méthodiste), qualifiée de "candidate du Big business" par son concurrent, Barack Obama, sénateur de l'Illinois, protestant lui aussi mais de "L'Eglise du Christ"
, hostile à la guerre d'Irak et  proposant de réformes plus que mesurées.
Il faut signaler qu'il est métis, de père Kényan et de mère native de l'Amérique profonde.
En ce qui concerne les 'républicains', les sondages annonçaient comme devant arriver dans les premiers, Mike Huckabee, ancien gouverneur de l'Arkansas - qui fut pasteur - , proche de "la droite religieuse", et Mitt Romney, ancien gouverneur du Massachussetts, milliardaire très lié aux milieux d'affaires, supporter de Georges Bush.

Les citoyens qui ont pris part au 'caucus' - 15% des électeurs inscrits, le double du score antérieur - ont déjoué les pronostiques visant les candidats 'démocrates'. Hillary Clinton est arrivée troisième, loin derrière Barack Obama (38%) et John Edwards, lui, favorable au retrait des forces US d'Irak, défenseur d'un programme social plus affirmé. 
Le 'républicain' Mike Huckabee, qui n'a pas eu l'appui des puissances d'argent,  (il n'a récolté que 2,3 millions de dollars pour sa campagne contre 60,3 millions à son adversaire), qualifié de "social-populiste" par le NYT Magazine,  a pourtant battu Mitt Romney !

Que peut-on tirer comme enseignement de ce scrutin ?

Les électeurs ruraux et 'blancs', généralement classés comme conservateurs, ont voté CONTRE les candidats qui semblaient représenter "l'établissement", l'ancien président Bill Clinton et l'actuel, George Bush.
Certes, il est bien trop tôt pour émettre des conclusions définitives. L'Iowa ne peut être considéré comme représentatif de l'ensemble des Etats-Unis.
Cependant, si la tendance se confirmait dans le New Hampshire, le 8 janvier, et au-delà jusqu'au "Super Tuesday" du 5 février, jour où des 'primaires' auront lieu dans 22 Etats (dont ceux de New York, de Californie, de Géorgie, du Massachussetts...), la vraie campagne commencera avec les deux challengers désignés qui s'affronteront jusqu'au premier mardi de novembre avec, pour toile de fond, la crise économique et la guerre d'Irak.

Inutile de préciser que les promesses de campagne, lorsqu'elles expriment une opinion 'progressiste' ou 'pacifiste', n'engagent que les électeurs qui y croient encore. 
"L'heureux élu" ne peut être aux Etats-Unis que celui qui possède les moyens financiers nécessaires à sa campagne.  Rien que pour le très petit Etat d'Iowa, 40 millions de dollars ont été dépenses par les candidats. Deux d'entre eux disposent du plus gros trésor de guerre : Hillary Clinton ( 90,9 millions de dollars) et Barack Obama ( 80, 3 millions), devant Mitt Romney  qui ne vient qu'en troisième position avec 6o millions !
C'est dire sur qui compte le " Big business" !

Pour changer les choses, il faudrait que les pauvres, les laissés pour compte de la société, les dizaines de millions d'Américains privés de couverture sociale participent au vote. Ce qui n'est pas le cas : 50% des électeurs s'abstiennent lors des 'présidentielles' et ce sont ces couches-là qui en fournissent le plus fort contingent.
Ce que nos laudateurs de la "démocratie" étatsunienne 'oublient' de rappeler.
Ce qui en dit long sur la confiance du peuple américain accorde à ses politiciens ...

par Jean Lévy publié dans : international
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Vendredi 4 janvier 2008

L'information aurait pu être considérée  comme un canular, ou une brève humoristique parue dans un journal daté du 1er avril...Et pourtant, elle vraie, dûment confirmée par le gouvernement dans sa séance de rentrée. 
Ainsi, chaque ministre va être noté, à partir de critères établis par une officine privée. Les interressés, interrogés à la sortie du Conseil, soit se félicitent du procédé ("Je partage 'la culture du résultat'"), soit rient jaune en prenant un air décontracté. Aucun ne présente sa démission en signe de réprobation. On l'aurait juré ! Le ridicule ne tue plus ...

Donc, le Premier ministre va pouvoir apprécier les performances de chacun à partir des 'feuilles de route', dictées par le Président. Chacun dans sa sphère de responsabilité devra atteindre, le plus vite possible, les objectifs sarkoziens.
 
Faciles à chiffrer pour le sieur Hortefeux : il s'agit de reconduire à la frontière un nombre défini de 'sans papiers'. Si le ministre de l'Identité nationale dépasse le quota prévu, sa note approchera des sommets. 
Rachida Dati ne sera pas en reste : multiplier le nombre de 'racailles' détenues, et réduire celui des avocats. Bernard Kouchner sera noté sur le nombre de kilomètres parcourus sur les cinq continents, et non pas sur l'audience de la France à l'étranger. Ce dernier critère le contraidrait à quitter sans délais le quai d'Orsay pour retrouver son ancien job de porteur de sacs de riz.
Hervé Morin, pour sa Défense, peut peut-être compter sur le nombre croissant de militaires français qui crapahutent en Afrique et en Asie.
MAM, à l'Intérieur d'elle-même, devra compenser ses anciennes amitiés chiraquiennes (facteur négatif dans l'évaluation de ses capacités), par une rigidité accrue dans la gestion des zones ennemies, par une multiplication des check-points, le long des frontières du 93.
Comment, par contre, noter Christine Lagarde ? Sur la hausse du prix du baril de brut, sur celui de l'once d'or ? Certes, ces critères feraient de la ministre de l'Economie la meilleure élève de la classe. Mais est-ce là de bons indices ? Reste le pouvoir d'achat : en limitant sa hausse bénéficiant aux amis du Président, Christine pourrait s'attirer l'indulgence du boss...De toutes manières, elle bénéficie au départ d'un certificat de bonne conduite établi par Baker & McKenzie, le cabinet d'avocats d'affaires américain chargé de veiller aux intérêts des plus grosses firmes étatsuniennes, qu'elle a dirigé avec brio, avant de devenir ministre de la France. Et pas besoin de traduire : "Elle est prête à abandonner sa langue maternelle et elle est, dit-elle, plus heureuse de s'exprimer en anglais", selon Roger Cohen, dans le New York Times, du 20 octobre 2007.
Dans ces conditions, Christine Lagarde pourra, selon son habitude, continuer longtemps de rédiger ses directives, au sein de son ministère, dans la langue de Bush.

Donc, la notation des ministres entre en pratique dans notre République.
Mais, question :  qui va 'noter' François Fillon ? 
Quant au Président, a-t-il pensé à la sanction que pourraient lui infliger les citoyens les 9 et 16 mars prochains, lors des élections municipales et cantonnales ? Si les Français lui infligeaient une 'mauvaise note', Nicolas Sarkozy serait-il, alors, victime de "la culture des résultats" ?
 
L'histoire ne dit pas comment cette innovation française est appréciée à l'étranger. L'opinion internationale pourrait penser que le Canard Enchaîné est devenu le Journal officiel de la France...

par Jean Lévy publié dans : Politique
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