Jeudi 5 juin 2008
 
Il est possible de signer cet appel en ligne à cette adresse : http://tous-ensemble.dyndns.org ou de renvoyer les signatures à : Benoit Foucambert - 5 rue Henri Garnier - 28000 Chartres (benoit.foucambert@wanadoo.fr)


 

Lettre ouverte de masse aux états-majors syndicaux

Face à la casse généralisée des acquis populaires,

seule la construction d'une action déterminée « tous ensemble et en même temps »

permettra de stopper la rupture sarkozyste

et de remettre la France sur la voie des libertés démocratiques et du progrès social !

 

    Blocage de fait des salaires et pensions, démantèlement de la Fonction publique, de l’Education nationale, et des autres services publics (hôpital, SNCF, EDF-GDF, poste, F.T., impôts…), casse et délocalisation de l’emploi industriel, démolition des conventions collectives, du droit du travail, des statuts publics, étranglement des retraites à répartition et de la Sécu, traque des chômeurs, harcèlement contre les ouvriers sans papiers tout juste bons à payer des impôts, destruction du CNRS, privatisation rampante de l’Université… la « rupture » sarkozyste s’attaque avec brutalité à l’ensemble des acquis sociaux, républicains, laïques et démocratiques du peuple français sous l’impulsion du MEDEF et de l’Union européenne, qui ne cesse de sommer la France de réduire dépenses publiques et sociales. En ce début d'été 2008, la France subit une contre-révolution euro-libérale de grande ampleur et une régression sociale sans précédent depuis 70 ans.


    Face à cette offensive mortelle, les Français rejettent massivement la politique socio-économique du gouverne-ment. Une large majorité de salariés se dit prête à participer à un mouvement d’ensemble pour arrêter le rouleau compresseur de l’UMP et du MEDEF. Des luttes nombreuses et résolues ont lieu (salariés du public et du privé, chômeurs, lycéens, retraités et assurés sociaux, mais aussi travailleurs indépendants écrasés par une politique entièrement au service des grands actionnaires). Notre peuple, sa jeunesse et ses travailleurs, ne se résigne à devenir un peuple d’esclaves !


    Pourtant la plupart des états-majors syndicaux continuent d'accompagner la « rupture ». Au lieu de dénoncer l'ensemble de la politique antipopulaire d'un gouvernement qui s'attaque au droit de grève et refuse tout compromis, ils entretiennent la fiction de « négociations » sujet par sujet et signent des accords régressifs, sous prétexte d'obtenir un « moindre mal »... qui débouche toujours sur le pire. Car signer avec Sarkozy, c'est lui donner de l'oxygène pour continuer à casser ensuite (le dernier épisode en date étant la signature du désastreux accord sur la « représentativité syndicale » par les directions CGT et CFDT, sur laquelle le gouvernement s'est immédiatement appuyé pour annoncer que le temps de travail serait désormais « discuté » par entreprise).

    Parallèlement, les directions confédérales, pourtant censées coordonner les luttes et les revendications à l'échelle inter-pro, s'appliquent à multiplier les ripostes dispersées, chaque secteur étant appelé à son tour à de grandes journées d'actions isolées et sans perspective. S'agirait-il alors d'organiser des barouds d'honneur à la seule fin de donner des gages à une base combative ? En tout cas, le chef de la CFDT vendait récemment la mèche, en s'inquiétant dans le Monde de ce que le gouvernement « nous entraîne dans une mobilisation globalisante, ce contre quoi j'ai toujours résisté, y compris dans la CFDT » ...


    Dans ces conditions, le choix est aujourd'hui plus que jamais pour chaque profession de perdre séparément en plongeant pour longtemps dans l’enfer de l'exploitation sans limite, ou de construire démocratiquement et d’urgence une action « tous ensemble et en même temps » pour gagner et ré-ouvrir enfin des perspectives progressistes.

 

    Les signataires de cette lettre s’engagent à tout faire pour faire monter cette exigence dans leur entreprise, leur quartier, leur syndicat. La balle est dans le camp des directions syndicales nationales qui doivent cesser d’ « accompagner » la rupture afin de reprendre le seul chemin gagnant : faire le lien entre toutes les contre-réformes, travailler concrètement à préparer avec les salariés les conditions de l’affrontement de classe victorieux avec ce pouvoir destructeur, construire l’unité dans l’action des travailleurs et de la jeunesse.

 

Initiateurs de cet appel : René Barthes (FSU, 05), Jean-François Dejours (FSU, 62), Giovanni Di Mino (FSU, 13), Aurélien Djament (CGT, 44), Vincent Flament (FSU, 59), Benoit Foucambert (FSU, 28), Marion Gandiglio (FSU, 43), Georges Gastaud (FSU, 62), Sylvie Guduk (FSU, 81), Jacques Lacaze (CGT, 62), Annie Lacroix-Riz (FSU, 75), Olivier Lefevre (CGT, 02), Michelle Mallet (CGT, 75), Jacques Magnin (CGT, 74), Jean-François Maison (CGT, 62), Pascal Rolando (FSU, 28), Bernard Parquet (CGT, 94), Jacques Tourtaux (CGT, 51) Jeanne Lévy (FSU, 28), Jean Lévy (CGT, 75)

par Jean Lévy publié dans : Social
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Jeudi 5 juin 2008

Au cours du XXe siècle, les Français s'étaient crus à l'abri des catastrophes, protégés par une "muraille de Chine", faite d'avancées sociales et de lois démocratiques, acquises au cours de l'histoire depuis la grande Révolution. Ils considéraient ce rempart comme inébranlable pour assurer leurs libertés. Certes, de temps à autres, des menaces se faisaient jour. Alors le peuple uni montait au créneau et chassait l'intrus. Ces moments héroïques se nommaient le Front populaire et la Résistance.
Parfois, la Providence, ou du moins un personnage qui se faisait passer pour tel, se hissait au haut du donjon pour, disait-il,  conjurer le péril qui menaçait la République. Mais l'illusion ne durait pas. Un décennie au pire. 
Pourtant, le danger était ailleurs : un genre de termites, subrepticement, minait l'édifice. Cette engeance sussurrait :
"
La muraille  nationale enserrait le pays dans un espace trop restreint".
"
Il fallait ouvrir des portes sur l'extérieur
".
Et de creuser ici et là des ouvertures nouvelles.
"Conservons les remparts. Ils feront une belle promenade !", répétaient leurs maiîtres d'oeuvre. Cette perspective de "moderniser" l'édifice rencontrait un écho dans l'opinion.
Puis des voix autorisées n'eurent de cesse de crier à la réforme de la vie dans la cité. "Il faut désenclaver le travail, supprimer les entraves au progrès, les lois désuètes !". Et d'ajouter : "Il faut que chacun puisse circuler librement au-delà de la muraille, et que les autres entrent chez nous sans façon".
On s'émerveillait de voir s'étendre le champ des promenades, les lieux de rencontres.
Pendant ce temps, la muraille, qui cessait d'être entretenue, laissait apparaître des fissures de plus en plus menaçantes. Le personnel, dont le rôle était de surveiller l'édifice, prit, peu à peu, quelque distance avec la sécurité des lieux. De véritables lézardes se firent jour. L'enceinte menaçait de s'écrouler sur les habitants.
Certes, des voix s'étaient élevées au fil des ans, pour annoncer le danger. Une pétition massivement signée avait exigé des travaux de réparation. Sans résultat.
"Pourquoi consolider une muraille en ruine, qui ne protège plus rien, ni personne ?" répondaient les autorités. Et d'ajouter : "Il vaut mieux l'abatttre, pour raison de sécurité !".
On aurait voulu entendre sonner le tocsin pour réveiller le peuple, le rassembler pour defendre la cité. Ce fut un grand et lourd silence
Les édiles regardaient ailleurs, parlant du temps qu'il fait, préoccupés par leur devenir personnel.
C'est ainsi que la population s'est réveillée un jour sans sa muraille.
Les voleurs de droits sociaux, les escarpes de la finance, le clan du CAC 40, se mirent alors à piller à qui mieux mieux les biens communs, les richesses de la Ville, l'ensemble des citoyens jusqu'au dernier savetier, sans remparts ni personne pour les protéger.
Une leçon àméditer

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 4 juin 2008

Nous aurions un  président monstrueux ! Son épouse dévoile ce secret d'Etat dans un livre "Carla et Nicolas", qui doit sortir cette semaine. Selon les agences de presse et les extraits qu'en publient Le Point et Le Parisien, Carla Bruni aurait écrit :
"
Son physique, son charme, son intelligence m'ont séduite. Il a cinq à six cerveaux parfaitement irrigués...".
Voilà ce qui explique enfin les contradictions internes de Nicolas Sarkozy. Nous nous demandions comment pouvait-il, lui s'affirmant d'une "droite décomplexée", faire l'éloge du jeune communiste Guy Môquet et d'en faire un modèle, de dénoncer l'esclavage comme un génocide, quand  ses références historiques et ses liens personnels se situent plutôt de l'autre côté de la barricade. Maintenant, nous savons pourquoi, grâce à Carla. Chacun des  cerveaux de Sarkozy, "parfaitement irrigués", fonctionne d'une manière autonome. Genre, ma main droite ignore ce que fait ma main gauche. Ainsi, il peut, à la fois, "aller chercher  de la croissance avec les dents", se proclamer "le Président du pouvoir d'achat", tout en refusant la moindre augmentation de salaire. Il est à même de combler joyeusement, en milliards d'euros, ses amis du "Clan du CAC 40", tout en affirmant que "caisses sont vides". Ses multiples cerveaux expliquent ces apparentes contradictions.
Les Français auraient élu sans le savoir, non pas un, mais plusieurs Présidents ! Un de "gauche", un du "centre" et un autre de droite ...Et pourquoi pas un quatrième qui lorgne du côté de Marie-George Buffet ? Ce qui expliquerait l'invitation multiple lancée pour l'accompagner au Liban.
Chacun mesure ainsi l'immense intérêt psychologique, philosophique et politique, de ce livre... 
On peut même ajouter la prondeur humaine de ce document quand on apprend que Rachida Dati a cessé d'être "la meilleure amie" de Carla, quand celle-ci, passant devant un lit des appartements privés de l'Elysée, dit à la première :
"Tu aurais bien aimé l'occuper, n'est-ce pas ?".
C'est ce qu'on appelle au royaume de Nicolas Ier, "un lit de justice" !
Si un marin-pêcheur de Guilvinec, ou un visiteur du Salon de l'agriculture lisait par mégarde "Carla et Nicolas", ce lecteur découvrirait, tout ébahi,  "le charme" du Président, vanté par la première dame de France, qualité qui lui avait échappé lors de leur fugace rencontre.
Pourtant, à la réflexion, le fait que le coup de foudre entre Sarkozy et Bruni se soit produit à l'initiative d'un publicitaire, Jacques Séguélat, ne doit rien au hasard. Et si, comme ses amours et le bouquin les relatant, le choix de Nicolas comme candidat à la présidence de la République, n'était aussi qu'un "coup de pub", un "produit" qu'on lance pour l'imposer aux citoyens  ? Pour nettoyer la France de ce qui lui reste de démocratie et d'avancées sociales.
Pour cette tâche, il fallait bien un "superman" avec " cinq à six cerveaux" !
 
 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mardi 3 juin 2008

Samedi 7 juin, François Hollande et François Bayrou accompagneront Nicolas Sarkozy en visite officielle au Liban. Marie-George Buffet sera également du voyage. Elle a donné son accord pour présenter "l'image d'une France unie" aux côtés de Patrick Devedjian, de Jean-Pierre Raffarin et de Jean-François Coppé, représentant l'UMP.
Au moment où les Français sont inquiets, et souvent exaspérés, par les mesures que prend quotidiennement ce dernier au détriment de leur niveau de vie, de leur avenir, de celui de leurs enfants, "l'opposition" joue admirablement le rôle de faire-valoir que lui attribue Nicolas Sarkozy. Que les dirigeants du Parti socialiste et du Modem participent à la manoeuvre, rien de plus normal. Les uns et les autres ne divergent avec le pouvoir que sur la méthode, et plus encore sur la concurrence à l'exercer.
Mais qu'est-ce qui fait courir le PCF ?
On reste effaré devant la sottise des dirigeants communistes, qui croient habiles et politiquement 'payant', de se prêter au jeu du président de la République.
Prendre comme argument la volonté de montrer "l'image d'une France unie" (non seulement avec le PS, mais aussi avec l'UMP !), est le signe de la vacuité des orientations du Parti communiste.  Cette attitude exprime, en outre, la profonde résignation du PCF à n'être qu'un figurant sans prestance, dans la grande comédie, que jouent, pour le badaud médusé, les fameuses "élites", qui ont fait main basse sur notre pays.
On doit se poser la question : comment les militants du Parti, qui souffrent au quotidien, comme toute la population laborieuse, peuvent-ils encore faire confiance aux  "compagnons de voyage" du commis du Clan du CAC 40 ?
Au moment, où tout devrait-être mis en oeuvre pour organiser une riposte de masse à la politique de démolition systématique, non plus seulement des acquis sociaux gagnés par la lutte depuis un siècle, mais du système républicain lui-même, de ses principes de liberté, d'égalité et de laïcité, la balade libanaise à quatre ne peut que jeter le trouble dans les esprits et entrainer la démobilisation populaire.
A quelques jours, de journées de lutte contre ce même pouvoir...
"Tous ensemble ! Tous ensemble ! Ouais ! Ouais !"
Avec Sarkozy ?

Merci à Marie-George Buffet, merci au PCF !

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mardi 3 juin 2008

Telle est l'opinion émise par Jean-Louis Andréani, dans une analyse sur "la revanche des langues régionales" (Le Monde, du 3 juin).
De quoi s'agit il ? A l'occasion du débat parlementaire portant sur la  révision de la Constitution, les élus des deux bords ont inscrit les langues régionales au "patrimoine" de la France. Cette initiative vise-t-elle à protéger ces dites langues, au même titre que les monuments anciens, pour empêcher qu'elles ne sombrent dans l'oubli
? Pourquoi pas après tout, des dispositions analogues sont prises à l'égard de fromages de terroir et de vins de pays. Mais s'agit-il bien seulement d'une pieuse conservation de richesses linguistiques ?
Rien n'est moins sûr.
Andréani nous rapelle que :
"Soucieux de cimenter définitivement l'unité nationale, les instituteurs, les "hussards noirs" de cette République-là, avaient mis beaucoup d'énergie, à la fin du XIXe et au début du XXe siécle, à extirper de la vie quotidienne des élèves de l'école publique tout ce qui était patois et parlers locaux".
Cette explication éclaire les objectifs recherchés, et non avoués, des politiciens de "gauche" comme de droite, dans leur volonté de remettre à l'honneur les langues régionales. Pensez donc : "cimenter définitivement l'unité nationale" est devenu aujourd'hui un sentiment qui relève du pire "souverainisme", à l'heure de l'Europe supranationale.
Des voix s'élèvent depuis des années,  en particulier celles de socialistes, élus bretons comme Bernard Poignant et Marylise Lebranchu, pour célébrer la vertu des langues régionales. Ils avaient, dès 1998, plaidé cette cause auprès de Lionel Jospin, alors Premier ministre. Aujourd'hui, comme l'écrit l'analyste du Monde :
"Pour tous les militants ou sympathisants des langues régionales, le symbole d'une garantie constitutionnelle est bien sûr très fort. Toutefois, le pas décisif, de leur point de vue, reste à franchir. Il s'agit de la ratification de la Charte européenne des langues régionales et minoritaires".
Et Andréani nous retrace l'histoire du long feuilleton, non abouti, de la ratification souhaitée par les partisans de l'Europe intégrée. Adoptée par le Conseil de l'Europe, en 1992, Chirac, d'abord en 1996, Jospin ensuite en 1998, ont multiplié leurs efforts pour obtenir la ratification de la Charte. En vain. Le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel s'y sont opposés, car la Constitution stipule, dans son article 2 : "La langue de la République est le français". 
Lionel Jospin tente d'obtenir de Jacques Chirac, une réforme constitutionnelle pour bannir cette maudite phrase. Le président de la République s'y refuse, jugeant que la réforme proposée "porterait atteinte aux principes fondamentaux de notre République"...
En effet, avec la Charte, tout plaignant pourrait exiger un procès dans sa langue régionale, et pourquoi pas l'enseignement donné à l'école ? On mesure ainsi les fissures prévisibles dans la "République, une et indivisible", et les ferments de "communautarisme" que la Charte décèle. Rappelons l'utilisation des langues régionales par les "autonomistes" bretons et alsaciens qui sont devenus des auxilliaires zélés de l'ordre nazi pendant l'Occupation. Ils oeuvraient déjà à la partition du territoire national dans le cadre d'une Europe allemande.
Mais, benoîtement, Jean-Louis Andréani insiste sur "le besoin de racines" qui motive "la revendication d'une identité régionale (...) corollaire de la globalisation".
Et si, pour maintenir un lien collectif et affectif entre les citoyens, l'antidote à la globalisation était, au contraire, le sentiment d'appartenance à la nation ? Notre langue commune depuis des siècles et des siècles, n'est-elle pas le français ?
Nos grands écrivains, de Michel Eyquem de Montaigne,  natif du Périgord, à Rémi Belleau, le Picard, François Rabelais, de Chinon, Pierre Corneille, le Normand ou Jean-Jacques Rousseau, le Suisse, tous n'écrivaient-ils pas naturellement en français ?
Notre langue commune n'est-elle pas apparue fort tôt comme "la" langue européenne par excellence, et symbole de la civilisation raffinée dans  les cours étrangèes, au XVIIIe siécle ?
Le français, parlé par tous les écoliers, de Lille à Perpignan, et de Strasbourg à Quimper, est devenu, depuis plus d'un siècle, grâce à l'école républicaine, le lien, le ciment qui unit l'ensemble des citoyens de notre pays. C'est peut-êre cela que nos élites européennes cherchent à morceler, voire à briser.
La langue française, le maintien de son monopole,  demeurent, plus que jamais, un enjeu national.
Raison de plus pour rester vigilants : nos adversaires n'ont pas renoncé.



par Jean Lévy publié dans : Politique
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Lundi 2 juin 2008


Jean Meslier,
curé et athée révolutionnaire

Introduction au mesliérisme et extraits de son œuvre

 

présentés par Serge Deruette

Préface de Roland Desné

 

Éditions Aden, collection « Opium du peuple », Bruxelles, 2008, 414 p., 22 €.

 

*

« Jean Meslier est un de ces grands solitaires dont l’humanité a besoin pour sonder l’abîme de sa destinée et lui en faire prendre conscience », avait écrit l’historien Maurice Dommanget.

Longtemps méconnu, Meslier, ce surprenant curé du début du siècle des Lumières qui non seulement était athée et matérialiste, communiste et révolutionnaire dans sa conception du monde et de la vie, fait aujourd’hui de plus en plus parler de lui.

Cette gloire actuelle, c’est en grande partie à Michel Onfray, l’auteur de best-sellers et vulgarisateur largement médiatisé de la philosophie, qu’on la doit. Il ne manque jamais de présenter le curé Jean Meslier pour ce qu’il a historiquement été : le premier véritable athée dans l’histoire de la pensée.

Le livre, Jean Meslier, curé et athée révolutionnaire. Introduction au mesliérisme et extraits de son œuvre présentés par Serge Deruette, s’adresse d’abord et avant tout au large public, éveillé par les mentions récentes de ce curé athée qui revient à l’honneur dans les débats d’idées des émissions culturelles télévisées.

Mais, autant par son souci de vulgarisation que par sa rigueur dans l’argumentation et l’exposition des idées de Meslier et des débats que celles-ci ont suscitées, il comblera également les intellectuels amateurs de questions de philosophie, de religion ou d’histoire des idées.

 

*

 

 « Serge Deruette nous entraîne avec passion à la découverte du “mesliérisme”.

Le choix de textes qu’il présente ici est le meilleur qu’on n’ait encore jamais proposé. Par son ampleur et sa fidélité au dessein de Meslier, il offre à un large public une juste approche de l’œuvre du curé. »

 

(Roland Desné, « Préface »)

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Lundi 2 juin 2008

Marie-George Buffet fait, ce jour,  la 'Une' de Direct matin. "Le PC a un problème d'image", commente-t-elle, page 10. Le flou des propos accordés au quotidien gratuit de Bolloré-Le Monde, par la dirigeante communiste, confirme cette constatation.
Ainsi, on peut lire :
"Il ya en plus, en ce moment, une situation qui nous appelle à avoir de l'ambition, puisque le PS essaie de nous expliquer que le positionnement à gauche est dépassé".
Et peu après, elle poursuit :
"Cela demande aussi de travailler avec les autres forces de gauche. Je vais donc appeler les socialistes, les Verts et tous ceux qui se retrouvent dans un discours progressiste à participer à ces rencontres populaires pour construire une véritable alternative à gauche".

Il faudrait savoir : le PS qui trouve "que le positionnement à gauche est dépassé" reste-t-il "un parti de gauche" ? Marie-George Buffet brouille l'image par ses affirmations contradictoires. D'autant plus qu'évoquant l'orientation de la LCR, la secrétaire-nationale du PCF déclare :
"Olivier Besancenot veut créer un  parti anticapitaliste et il n'arrête pas de cogner sur tout ce qui n'en est pas". Et Marie-George Buffet de réfuter cette politique "d'isolement". (Certes, à la Ligue, c'est également une question d'image, la direction s'apprêtant à jeter par dessus-bord le terme "communiste"...).
Avec le Parti socialiste, il n'y a pas ce genre d'inconvénient ! Les nouveaux statuts qu'il se prépare, officialisent la rupture du PS avec tous les principes du socialisme, dont il se revendiquait encore sur le papier. Le PCF n'en a cure. Pour lui "à gauche" ou pas "à gauche", les suffrages du PS sont nécessaires à l'élection des communistes. L'électoralisme n'est plus seulement une tactique pour les dirigeants communistes, mais une stratégie incontournable, un but en soi. Robert Hue en avait fait un élément doctrinal : la présence communiste dans tous les "lieux pouvoir" (c'est-à-dire dans les assemblées municipales, départementales et nationales), est un objectif prioritaire. Et bien sûr, au gouvernement.
Cette "philosophie" n'est-elle pas toujours en vigueur place du colonel Fabien ?
La démarche électoraliste du PCF représente l'obstacle de taille aux efforts déployés par les militants restés communistes au sein du Parti, pour "remettre celui-ci sur les rails".
La majeure partie des cadres du Parti comuniste est constituée d'élus, et qui souhaitent le rester. Pour eux, l'entente avec le PS est primordiale.
Question "image", y-a pas photo !  

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Dimanche 1 juin 2008

La faim est à l'ordre du jour dans le monde.
Des émeutes nombreuses ont éclaté dans divers pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, la population n'ayant plus les moyens de se nourrir. Les médias font écho à cette tragique situation, à quelques jours de la tenue, à Rome, du Sommet de l'Alimentation de la FAO. A cette occasion, les chefs d'Etat et de gouvernements devraient, théoriquement, proposer des solutions à la crise alimentaire mondiale.
Mais une question se pose :
"Quelles sont les raisons de cette crise ?".
Parmi les motifs invoqués, notons ceux qui évoquent la fambée des cours des céréales, qui sur un an dépassent parfois les 100%, de la viande, des produits laitiers. il s'agit, là comme ailleurs, de la spéculation éhontée, exercée, au nom de la "liberté du commerce", par les multinationales et des opérateurs à leur service dans les diverses bourses de la planète.
Il faut observer également la tendance grandissante de substituer aux céréales destinéees à la consommation, celles (colza, blé, maïs), réservées aux "biocarburants", l'éthanol, en premier lieu. Dans ce domaine, les Etats-Unis, le Canada et le Brésil se sont taillé une place de choix, sacrifiant délibérément la production alimentaire aux profits espérés dans les carburants. Pendant tout un temps, des "experts" et des "spécialistes", dûment choisis par les médias, nous ont exposé les avantages économiques et écologiques de cette substitution. L'âge d'or était ainsi annoncé pour les automobilistes, qui allaient ainsi trouver l'heureuse parade au déclin proclamé du pétrole !
Cette "certitude" n'est plus devenue si évidente. Les inconvénients écologiques des "biocarburants" sont maintenant exposés, d'où la disparition du terme  "bio" dans leur dénomination. On les appelle maintenant des "agrocarburants" !
Mais, "business is business", la culture à visée industrielle des céréales se poursuit et s'accentue. La production d'éthanol a triplé de 2000 à 2003. Une directive européenne  - "2003-3V-CE" - prévoit que les biocarburants devront représenter 5,75% des ressources énergétiques sur notre continent en 2010, et 10% en 2020.
Et donc les industriels de l'agroalimentaire continuent à réduire la superficie des zones consacrées à l'alimentation...
Tant pis si 50% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition dans le monde, que plus 800 millions d'hommes de femmes et d'enfants ont faim sur les cinq continents, en particulier en Afrique, peu importe si 2 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire dans l'ex-Yougoslavie, et que 2 millions soient mal nourris en France. Le  profit avant tout !
Fidel Castro, le premier, a dénoncé le scandale des biocarburants. Ses paroles n'avaient, à l'époque, attiré que des sarcasmes. On mesure aujourd'hui le réalisme et l'humanisme du leader cubain.
Certes, tous les Etats ne se désintéressent pas des besoins de leurs peuples. La République populaire chinoise qui dispose de l'autosuffisance alimentaire depuis 1995, vient d'importer massivement des céréales pour s'asurer des stocks permettant à ses citoyens de ne pas souffrir de pénurie. Rappelons que la Chine nourrit 22% de la population mondiale avec seulement 7% de terres cultivables.
Enfin, autre source de déficit pour l'alimentation locale, la politique suivie par les multinationales visant à imposer à nombre de pays africains, la monoculture destinée à son importation par les firmes occidentales, telle la récolte du coton au Mali. A l'inverse, des accords de coopération entre la Chine et le Sénégal permettent aux paysans de ce pays d'acquérir les méthodes de repiquage du riz, afin que celui-ci puisse nourrir la population sénégalaise, sans avoir la nécessité de l'importer.
Ces quelques exemples montrent que "la faim dans le monde" n'est pas un phénomène "naturel", mais le produit d'une politique d'exploitation systématique des peuples et de leurs terres, par un capitalisme toujours à l'affût de nouveaux profits.
N'attendons pas de ses représentants au sein des gouvernements qu'ils apportent, au sein de la FAO,  une solution  à ce véritable génocide organisé de la race humaine.
C'est le système lui-même qu'il faut briser.
La faim justifie les moyens.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Samedi 31 mai 2008

Hier, nous avons évoqué  la "position commune" prise par la CGT, la CFDT et le Medef. Et des conséquences de l'article 17, contenu dans ce texte. Pour mieux éclairer le sujet, il convient de publier intégralement cet article qui pose problème.
L'article 17 stipule donc :
"Des accords d'entreprise conclus avec des organisations syndicales représentatives et ayant recueilli la majorité absolue des voix aux élections des représentants du personnel peuvent dès à présent, à titre expérimental, préciser l'ensemble des conditions qui seront mises en oeuvre pour dépasser le contingent conventionnel d'heures supplémentaires prévu par un accord de branche antérieur à la loi du 4 mai 2004, en fonction des conditions économiques dans l'entreprise et dans le respect des dispositions légales et des conditions de travail et de vie qui en découlent. Les entreprises transmettront les accords qu'elles auront conclus dans le cadre du présent article à la branche dont elles relèvent, lesquelles en feront une évaluation paritaire".

La CGT n'ignore pourtant pas  que dans plus de 80% des PME, les directions n'ont, face à elles, ni organisations syndicales, ni représentants du personnel. Pour la bonne raison que les patrons font obstacle par tous les moyens à la mise en place de syndicats - surtout ceux de la CGT - dans leurs entreprises, y compris par le licenciement de tout salarié qui aurait l'audace de vouloir implanter une organisation syndicale. Cette menace constitue "l'arme absolue" qui conduit au désert syndical dans la majorité des petites "boites". Et quand il y a des "élus", ce sont, pour le plus grand nombre d'entre eux, que des "créatures" ou des "potiches" aux ordres des patrons.
Donc, ceux-ci obtiennent, avec l'article 17, une marge de manoeuvre considérable pour imposer les horaires, les heures sup', l'annualisation du travail qui leur procureront le maximum de profits. La CGT (et la CFDT) ont ainsi ouvert la boite de pandore au patronat. Mais cela ne suffisait pas au gouvernement.
Fillon, Xavier Bertrand et Sarkozy ont profité de cette brêche ouverte dans la législation sociale pour s'y engouffrer. Et de préparer une loi qui devrait permettre d'aller au-delà de "l'expérimentation" prévue par le fameux article 17 de la "position commune". Le  pouvoir veut donner à toutes les entreprises la possibilité, sous réserve de l'approbation de syndicats-maison, de décider de l'horaire effectif (jusqu'à 48 heures par semaine !) et de l'annualisation du travail. Il leur faudra, en outre, obtenir le feu vert de 30% du personnel. Le marché qui  est offert aux travailleurs, se résume en une  phrase lapidaire : "Acceptez l'oukase patronal ou c'est "la porte". De plus, de nombreux salariés sont en CDD, ce qui les rend encore plus vulnérables.
Face à cette attitude gouvernementale, se sentant "floués", la CGT et la CFDT crient à la trahison :"Nous n'avons pas voulu cela !". Sans doute. Mais à qui la faute ? Qui obligeait les confédérations à accepter l'article 17, en dérogation des actuelles dispositions légales ? Elles sont entrées dans le jeu patronal pour montrer leur "capacité de négocier", d'être des organisations "responsables". Cela s'appelle (oh le vilain mot !), de la "collaboration de classe".
Cet épisode exprime clairement l'évolution réformiste de la CGT et ses désastreuses conséquences pour les salariés. Puissse-t-il ouvrir les yeux des militants qui se battent quotidiennement sur le terrain : Bernard Thibault et consorts se font les complices du Capital, qui trouve en eux d'excellents "partenaires". Les patrons, Sarkozy lui-même,  ne cachent plus l'admiration qu'ils ont pour le "courage" des dirigeants de la CGT pour leur conversion idéologique.
Raison de plus de changer de dirigeants.
Il est grand temps.


par Jean Lévy publié dans : Social
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Vendredi 30 mai 2008

Etrange atmosphère sociale en France : d'un côté, le pouvoir sarkozien accentue sa politique de contre-révolution sociale, attaquant simultanément l'ensemble des droits du travail. De l'autre, les confédérations syndicales (et particulièrement la CGT dont les dirigeants se disent "floués" par le gouvernement), qui semblent découvrir la "duplicité"  du Président de la République et de ses ministres...Thibault comme Chérèque se sentent comme "trahis" par le gouvernement ! Pensez donc : ils n'avaient qu'entrouvert la porte des discussions au niveau de l'entreprise (à titre "expérimental"), et le pouvoir l'a ouverte toute grande !
Mais qu'attendaient donc les leaders confédéraux en signant avec le Medef, la "position commune" sur la "représentativité syndicale" ? Un meilleure prise en compte du poids réel de la CGT et de la CFDT ?
Comme si l'opposition Capital-Travail  n'était pas l'expression d'un rapport de force entre les salariés et le patronat, exprimé dans les lutttes ! L'objectif des signataires syndicaux de la "position commune" n'était-il pas plutôt de substituer aux luttes la "négociation" entre "gens responsables", entre "partenaires",  dans le charme discret des bureaux directoriaux ? Cette thèse ne reçoit-elle pas confirmation du fait que les confédéraux CGT et CFDT se soient référés à la position exprimée par Laurence Parisot (celle-ci "regrettant" que le gouvernement ait utilisé l'accord syndicat-patronat pour légiférer plus avant).
Thibault s'est élevé avec force contre "le procédé", "la manière d'agir" de Xavier Bertrand, sans faire de l'objectif gouvernemental - la liberté accordée aux chefs d'entreprise de décider souverainement de l'amplitude du temps de travail qu'ils voudront imposer aux salariés - l'essentiel de sa "colère".

Les dirigeants de la CGT semblent découvrir tout à coup les visées de Sarkozy à l'encontre du monde du travail. Accordons au secrétaire général de la confédération ouvrière une constance en la matière. Dès le mois de juin 2007, quelques jours après l'élection du président de la République, Thibault, reçu par Sarkozy, déclarait qu'avant toute chose, il lui fallait connaître les "intentions" de l'hôte de l'Elysée. Comme si celui-ci n'avait pas, dans sa politique antérieure et au cours de la campagne électorale, été suffisamment clair sur ses orientations ...
De même, Thibault, toujours lui, ne s'était-il pas rendu auprès de Sarkozy, au soir du premier jour de la grève reconductible des cheminots, en novembre 2007, pour "négocier" en lieu et place des intéressés, alors que la mobilisation n'avait jamais été aussi forte (davantage qu'en 1995 !).
Cette volonté d'éviter à tout prix l'épreuve de force s'était déjà exprimée en 2003, alors que des millions de fonctionnaires étaient en grève pour la défense de leurs retraites. "Je ne suis pas là pour paralyser le pays !" avait déclaré le numéro 1 de la CGT.
Et depuis, la direction confédérale de Montreuil s'est évertuée à éviter à tout prix la convergences des luttes. Les objectifs des grèves et manifestations ont été toujours limités à une revendication, puis à une autre, sans jamais tendre à faire rejoindre les mécontentements. Le résultat s'est concrétié par l'échec des actions entreprises. A chaque fois, le gouvernement a marqué un point, puis un autre, avançant méthodiquement dans son plan de casse généralisée de la législation sociale, semant le trouble et le sentiment d'impuissance chez les salariés.
On peut se demander pourquoi Thibault et les autres dirigeants de la CGT persévérent dans cette stratégie désastreuse. (On ne se pose plus la question pour Chérèque : on connaît la réponse !). On peut avancer l'idée de leur renoncement à toute perspective révolutionnaire à laquelle ils ne croient plus. On peut envisager des raisons plus sordides, telle la seule perspective d'être intégrés dans "l'élite" qui nous gouverne, de "compter" parmi les personnalités de premier plan, dans la vie politique de notre pays.

Ces explications ont certainement une part de vérité. Mais l'essentiel n'est-il pas le ralliement idéologique de ces "dirigeants ouvriers" à l'économie de marché, à la construction européenne, au régime capitaliste auquel ils ne voient plus d'alternative. Autrement dit, il faut se faire une place au sein de cette société, ne pas la mettre en cause par des risques d'affrontement social, et gérer le tout au mieux de ses intérêts.
Mais reste une question, la question fondamentale, les salariés, les militants d'entreprises qui prennent les coups les plus durs, qui sont les victimes de la politique sarkozienne, quand agiront-ils ensemble pour imposer à LEUR organisation syndicale, l'orientation et les dirigeants  qu'ils méritent ?


par Jean Lévy publié dans : Social
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