Jeudi 29 mai 2008

Communiqué de Survie, le 21 mai 2008.

Le mercredi 21 mai, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, comme il l'avait annoncé en janvier dernier, célèbre aux Invalides le 30ème anniversaire de Kolwezi et les "opérationsextérieures", essentiellement les nombreuses interventions françaises, en Afrique. (officiellement une quarantaine durant les 50 dernières années).

En 1978, la France intervenait militairement au Zaïre (actuelle République Démocratique du Congo) en soutien au dictateur Mobutu, contre les 3000 rebelles du Front de Libération Nationale Congolaise (FLNC).
Venus d'Angola, ils avaient pris la ville minière de Kolwezi où résidaient plus de 3000 ressortissants européens (belges et français) travaillant essentiellement à la Gécamines (société d'exploitation des mines de la région du Katanga).
Le 19 mai,600 parachutistes de la Légion étrangère sautaient sur Kolwezi pour reprendre la ville. D'après Mobutu et les militaires français, les rebelles se seraient livrés à des massacres d'Européens. Or, N'Guz Karl-I-Bond, ténor de la politique zaïroise, déclara en 1981, sans être démenti, que le massacre des 130 Européens qui justifiait l'intervention militaire avait été commis sur ordre de Mobutu lui-même
pour forcer la main aux Français.
A la suite de combats qui firent plus d'un millier de morts zaïrois, les paras français, ayant perdu cinq des leurs, reprirent la ville aux rebelles katangais. Cette "victoire" fut suivie d'atroces représailles sur la population autochtone sous couvert de faire la chasse aux "complices" de la rébellion
(1).
Si les Français ont tout fait pour devancer les Belges c'est que cette intervention militaire entre incontestablement dans le cadre de la guerre de prédation des ressources naturelles que se livrent alors les grandes puissances en Afrique
(2).
Aucun traité ne permettait cette intervention militaire française au Zaïre, mais cette ingérence permit de conforter le régime corrompu de Mobutu, au pouvoir depuis 1965 après avoir comploté l'assassinat de Lumumba en 1961. Elle déclencha un accroissement du volume de la coopération militaire franco-zaïroise, qui s'est alors accompagné d'une percée spectaculaire des grands groupes industriels français (Thomson-CSF, CGE, Péchiney) sur le marché zaïrois (3).
Pour les populations locales ce fut l'enfoncement funeste dans le chaos et la misère. Est-ce cela aussi que nous célébrons aujourd'hui ?
Un hommage à une politique cynique de puissance (la récente intervention au Tchad en est une preuve flagrante), et que l'inauguration le 21 mai de la nouvelle plateforme offshore de Total au
Congo-Brazzaville (champ de Moho-Bilondo) en présence de Christophe de Margerie (Directeur Général du groupe pétrolier), par le secrétaire d'Etat chargé de la Coopération Alain Joyandet ne vient que confirmer; tout comme le voyage du président Sarkozy en Angola, autre eldoradopétrolier et cible privilégiée des groupes Total ou Bolloré.
Véritable VRP des intérêts privés français, la diplomatie française entend ainsi contribuer à une recolonisation du continent, en compétition avec les nombreux acteurs que peuvent être la Chine ou les Etats-Unis. A qui ira l'argent du pétrole ? Si le Congo a adhéré à l'Initiative de Transparence des Industries Extractives (ITIE), l'Angola n'est pas partie prenante de l'initiative. Surtout, quelles garanties les autorités françaises entendent-elles demander aux régimes de Denis Sassou Nguesso et d'Edouardo Dos Santos sur cette question, qui ont largement détourné l'argent du pétrole et des caissesde l'Etat pour asseoir leur pouvoir, s'enrichir et acquérir de nombreux biens immobiliers en France et ailleurs, comme une récente enquête de la justice française l'a prouvé en ce qui concerne le président
congolais ?
Comme dans le cas du Zaïre suite à l'opération sur Kolwezi, le financement par Elf (aujourd'hui Total) de la guerre civile de Sassou Nguesso en 1997, ou les livraisons d'armes dans celle de l'Angola (qui donnera lieu à la fin de l'année au procès de l'Angolagate), permettent aujourd'hui aux entreprises françaises de jeter leur dévolu sur les ressources de ces pays.
Dans une interview parue le 20 mai sur le
Journal Du Dimanche., Alain Joyandet affirmait d'ailleurs :
"
l'implantation des entreprises françaises en Afrique est l'une de mes priorités"
Etrange conception de la Coopération au développement, digne d'un ministre de l'Economie ou de la guerre. En fait c'est le langage d'un authentique ministre des colonies.
Nicolas Sarkozy, admirateur et émule d'une politique de domination, rend une nouvelle fois la France complice des pires dictateurs, au bénéficie d'une minorité.
Une France vue en Afrique comme méprisante, profiteuse et xénophobe, semeuse de misère et de révolte.

(1)
Cf Roger Rousseau "Légion je t'accuse, la face cachée de Kolwezi" 2008 et  "Kolwezi, l'avènement d'un officier sans honneur". 2006 éd. Rexy

(2) Déjà le 12 avril 1997, évoquant la 1ère guerre du Shaba cette même année, le président français Valéry Giscar d'Estaing avouait dans une allocution radiotélévisée :  "[J'ai] voulu donner un signal de solidarité. [...] L'Europe ne peut pas se désintéresser de ce qui se produit sur le continent africain [.]. L'Afrique, c'est un continent d'où viennent traditionnellement un certain nombre de nos ressources et de nos matières premières, avec lequel nous avons des liens très étroits" Le Monde, 14 avril 1977.

(3) A titre d'exemple, le marché zaïrois des télécommunications échut à Thomson CSF, dont le PDG était... Philippe Giscard d'Estaing, cousin de Valéry.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Mardi 27 mai 2008

Le cuistot chef del'Elysée nous avait prévenu : "Je n'ai plus d'argent frais dans les rayons !". Aussi aujourd'hui, Sarkozy nous offre des plats cuisinés périmés, avec étiquette recyclée. Vous pensez : ils datent de cinquante ans, concoctés à l'époque par le général de Gaulle. Un mélange de Capital et de Travail, genre "carpe et lapin" avec une "participation" "un cheval-une alouette". A consommer dans cinq ans. La recette proposée ce mois-ci par le Président est accomodée au goût du jour. De "facultatif", "l'intéressement" sera "obligatoire", et donc  étendu aux entreprises de moins de cinquante salariés. Encore faut-il que celles-ci déclarent un bénéfice... Pour les inciter à initier le processus, un "crédit d'impôt" leur sera accordé, équivalent à 20% des sommes versées par le patron. En clair, le budget de la Nation sera emputé d'autant. Autrement dit, une fois de plus, ce sont les contribuables qui vont être victimes du système. Leurs impôts, au lieu de financer des activités publiques au service de tous, bénéficieront aux chefs d'entreprise, une minorité privée qui n'est pas la plus à plaindre dans la société.
Sarkozy prétend ainsi offrir aux salariés en manque, un produit de substitution au "pouvoir d'achat" qui leur fait défaut. Oui, mais alors, plus d'augmentation de salaire ? Le Président veut nous rassurer : "Les patrons seront contraints de "négocier" chaque année avec les syndicats la question des rémunérations".
Et d'ajouter le bâton à la carotte du crédit d'impôt :" En 2010, les entreprises qui n'ouvriront pas de négociations salariales annuelles comme la loi les y oblige, se verront supprimer 10% d'allègements de charges, octroyées notamment dans la foulée des 35 heures". Ah mais !
Menaces illusoires puisque la loi impose DEJA aux employeurs "d'ouvrir des négocations salariales annuelles". Et pour que personne ne s'y tompe et croie au Père Noël, les commentateurs précisent bien que l'impératif exigé est "d'ouvrir" et non de "conclure" positivement de telles négociations.
Ouf ! Nous voilà rassurés.
Ces dispositions exposées par le chef de l'Etat aux ouvriers de l'usine Poclain, le 26 mai dans l'Oise, auront-elles un effet positif sur l'opinion, en mal de rejet du Président ? Rien n'est moins sûr.
Le général de Gaulle croyait lui aussi au bavardage sur l'intéressement et la participation. 

Jusqu'au jour où les millions et les millions de salariés, croyant davantage "à la bonne soupe qu'au beau langage", se sont mis en grève et ont occupé les entreprises, quelques années plus tard.
En mai 1968, précisément
.

par Jean Lévy publié dans : Social
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Lundi 26 mai 2008

Nous publions un texte extrait du blog El Diablo, de ce jour qui a pour titre :
 "LANGUES REGIONALES ET CONSTITUTION FRANCAISE"
Cette appréciation d' une modification projetée de la Constitution constitue une alerte nécessaire que nous jugeons utile de reproduire.
aquengues régionaet Constitution Française

L'Assemblée nationale a adopté jeudi 22 mai 2008, à la quasi-unanimité, un amendement surprise au projet de loi sur la réforme des institutions visant à inscrire la reconnaissance des langues régionales dans la Constitution. « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » de la Nation, prévoit l'amendement présenté par le président UMP de la commission des Lois et qui complètera l'article 1 de la Constitution.

En quoi les langues régionales seraient elles brimées en France pour qu'il faille en catimini modifier l'article 1er de la Constitution, sans débat préalable ?

La diversité linguistique existe même si, bien souvent, elle relève plus du folklore que d'une réelle diversité culturelle. Vous imaginez MOLIERE ou VOLTAIRE traduits dans certains patois dont la conjugaison se limite à 3 personnes au lieu des 6 de la langue française ? Inscrite comme principe constitutionnel, elle introduit la division et contredit l'article 2 de la Constitution du 4 octobre 1958: « La langue de la République est le français ». Cette nouvelle disposition : « Les langues régionales appartiennent au patrimoine » située à l'article 1er hiérarchise ces principes fondamentaux. Ceci constitue une concession essentielle au communautarisme. Elle sera très vite instrumentalisée par les groupes de pressions qui ont réussi là un bon coup constitutionnel.

Ainsi, dans les écoles bretonnantes DIWAN (fondées en 1942 par le collaborateur notoire « JAN » puis finalement agréées quelques décennies plus tard par un certain « Djack Lang »), le Français deviendra la « seconde langue » pour toute la scolarité des élèves concernés.

C'est le principe même de citoyenneté qui est remis en cause et ainsi « différencialisé » selon les ethnies locales. Des droits différenciés constitutionnalisés au nom d'une langue régionale. Les rapports sociaux se construiraient alors dans des logiques communautaires à prééminence linguistique contre le principe de la citoyenneté, selon des droits différenciés et communautaires. Le lien communautaire s'opposera au contrat social, au contrat national. Toutes les revendications alimentées par des foyers identitaires valident ces tentations d'un communautarisme politique. Elles condamnent la laïcité et le « vivre ensemble » inhérent à la notion même de Res Publica. Le groupe deviendrait attributaire de droit et non plus le citoyen.

Le Conseil Constitutionnel dans sa décision 99-412 du 15 juin 1999, au sujet de la charte européenne dans langues régionales, confirme nos craintes lorsqu'il énonçait : « ''La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l'égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d'origine, de race ou de religion. Elle respecte toutes les croyances ; que le principe d'unicité du peuple français, dont aucune section ne peut s'attribuer l'exercice de la souveraineté nationale, a également valeur constitutionnelle ;

Considérant que ces principes fondamentaux s'opposent à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, définis par une communauté d'origine, de culture, de langue ou de croyance'' ».

Auparavant, dans une décision 96-373 du 9 avril 1996 portant statut d'autonomie de la Polynésie française : « Le Conseil a tenu à préciser, aussi, que la reconnaissance de la possibilité d'utiliser les langues tahitienne et polynésienne ne saurait aller contre le principe inscrit dans la Constitution que le français « est la langue de la République'' ».

Rappelons dans le cadre de l'affaire Diwan d'intégration des écoles communautaires linguistiques par immersion, donc avec l'usage exclusif de la langue bretonne comme langue d'enseignement, le Conseil d'Etat a fait droit à deux recours du CNAL et de l'UNSA Education en s'appuyant sur nos principes constitutionnels. Introduire aujourd'hui cette disposition dans la Constitution remet en question ces décisions. L'enseignement par immersion fait du français une langue seconde. Certes, on peut considérer que c'est du ressort de l'Etat d'offrir aux élèves qui en font la demande la possibilité de compléter le socle commun de connaissances requis par des matières optionnelles (des langues régionales, certains sports peu pratiqués, etc.). Est-ce bien au moment où l'Etat supprime 12500 postes d'enseignants et diminue drastiquement le nombre des heures/classe accordés aux EPLE pour l'enseignement des matières ESSENTIELLES qu'il faut accorder - avec la force d'un texte constitutionnel de surcroît - à quelques minorités locales des moyens supplémentaires... qui vont cruellement manquer pour l'enseignement du Français ou des Sciences Humaines ?

Décidément, le Sarkozysme est de plus en plus synonyme de remise en cause systématique des fondements de notre République et de retour en force à l'Ancien Régime... celui des « parlements » locaux réunis sous la seule autorité du Monarque !

Thierry P.

Directeur d'école primaire

syndicaliste

source: "respublica"

 

par Jean Lévy publié dans : Europe
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Samedi 24 mai 2008
Extrait du blog du PCF XVe 
« Ne dites pas « un jour viendra », faites venir ce jour », Tamar Gozansky

Les 60 ans de l’Etat d’Israël sont 60 ans d’occasions manquées, aussi de luttes pour la paix, la démocratie et l’égalité.

Déclaration du Parti communiste d’Israël (PCI), 7 mai 2008 (traduction depuis l’anglais par vivelepcf)

La création de l’Etat d’Israël, il y a 60 ans, et le Désastre (« Nakba ») qui a fait de la majeure partie du peuple palestinien des réfugiés, sont les deux faces indissociables d’une histoire qui aurait pu être différente, si, cette même année 1948, l’Etat palestinien indépendant avait également été créé.

Les communistes juifs et arabes, pendant qu’ils agissaient clandestinement contre la domination britannique et pour l’indépendance du pays, soutenaient la résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies du 29 novembre 1947 qui prévoyait la création de deux Etats sur le territoire de la Palestine sous mandat. Depuis ce jour, le PCI a défendu sans relâche le droit à l’autodétermination de chacun des deux peuples, le juif et l’arabo-palestinien. Depuis ce jour, le PCI a exigé sans relâche l’établissement d’une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, reposant sur la fondation d’un Etat palestinien avec Jérusalem-est comme capitale et une solution à la question des réfugiés palestiniens conforme aux résolutions de l’ONU. L’indépendance d’Israël ne sera achevée que lorsque sera créée la Palestine indépendante à son côté.

Les dirigeants sionistes du temps du Mandat, les gouvernements d’Israël ensuite, ont empêché la création de la Palestine indépendante à côté d’Israël. En 1948 et pendant la guerre de juin 1967, ils ont mis en application le principe chauvin : « le plus de territoire avec le moins d’Arabes ». Pendant la guerre d’indépendance, les soldats israéliens ont détruit 450 villages et contraint des centaines de milliers de Palestiniens à s’exiler loin de chez eux. Pendant les 41 ans d’occupation israélienne commencée en 1967, l’armée israélienne n’a cessé de répandre la destruction et d’ôter la vie à des milliers de Palestiniens.

Le refus de mettre en œuvre, en principe comme en pratique, les décisions des organes des Nations Unies, retrait de tous les territoires occupés en 1967, démantèlement de toutes les colonies, établissement d’une paix juste entre Israéliens et Palestiniens, est la cause principale de l’absence de paix et de sécurité et de la poursuite de l’effusion de sang.

L’impérialisme, britannique il y a 60 ans, américain aujourd’hui, constitue le principal soutien et commanditaire de la politique d’occupation et d’annexion du gouvernement israélien. Dans le même temps, l’impérialisme oriente aussi la réaction de pays arabes, qui dans le passé s’étaient opposés au plan de partition, et qui maintenant, au service de l’agression américaine, développent des relations officieuses sinon ouvertes avec Israël, malgré la poursuite de l’occupation et de l’oppression du peuple palestinien, malgré l’extension des colonies en Cisjordanie.

La poursuite de l’occupation, combinée avec les politiques ultra-libérales, ont fait d’Israël un pays qui applique un régime colonial dans les territoires palestiniens. Mais Israël applique aussi sur son propre territoire une forme de colonialisme intérieur qui s’exprime par l’ampleur extrême des inégalités socio-économiques, doublées de manifestations de racisme et de discrimination à l’encontre de ses citoyens arabes.

Le capitalisme israélien se caractérise par le haut niveau de militarisation de l’économie et de la société, par l’intégration croissante dans la mondialisation des grands groupes, par l’érosion de la démocratie. Depuis 30 ans, l’hégémonie politique est détenue principalement par la droite, alors que la gauche sioniste a délaissé ses bases socio-démocrates et s’est rangée docilement, pour sa plus grande part, dans cette droite qui s’appelle « centre ».

Mais même dans les conditions complexes de la réalité israélienne, ces 60 dernières années ont aussi été des années de luttes sociales et démocratiques importantes, de luttes ouvrières, de luttes contre les guerres et l’Occupation et pour une paix juste, de luttes contre les discriminations subies par les femmes, pour la protection de l’environnement. Dans l’histoire sociale d’Israël, des pages de luttes audacieuses ont été écrites par les marins, par les ouvriers de la compagnie de textile Ata, par les enseignants et les infirmières, par les étudiants et les professeurs d’université, par les travailleurs des ports et des collectivités territoriales, par bien d’autres encore. Des manifestations massives ont contraint les gouvernements à répondre à la volonté du peuple et à accepter de créer des commissions d’enquête publique. La population arabe, conjointement avec les forces démocratiques juives, a mené des campagnes publiques contre le pouvoir militaire, contre les expulsions et les démolitions de maison, contre les attaques visant la citoyenneté des Arabes-Israéliens et les projets de déplacement de populations, contre le racisme et pour l’égalité civique.

Le Parti communiste d’Israël a été et continuera à être pleinement partie prenante des luttes de classes, des luttes sociales, démocratiques et environnementales. Il propose aux travailleurs qui constituent l’immense majorité des deux peuples une visée, et une voie pour y parvenir, de vie dans la paix et la sécurité, l’égalité et la démocratie, le bien-être économique et la justice sociale. 

par Jean Lévy
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Samedi 24 mai 2008
EXTRAIT de WWW.michelcollon.info

sur la situation en Bolivie

Le président bolivien Evo Morales a promulgué la loi de convocation officielle du référendum révocatoire du mandat populaire du président, vice-président et des préfets (gouverneurs) départementaux. Il aura lieu le 10 août prochain.

En même temps, il a convoqué à une réunion tous les préfets.
Il a rappelé qu’avant le 4 mai, les préfets n’avaient pas écouté les appels au dialogue formulés par la communauté internationale (la O.E.A.) et l’Eglise Catholique.
Il a ajouté: " Maintenant, en tant que président constitutionnel, je vous appelle au dialogue ".
Son intention est que les différends entre Boliviens se résolvent par les urnes et non par les armes. Le gouvernement souhaite qu’à travers le dialogue, de nouveaux référendums autonomes soient évités, comme celui qui a eu lieu à Santa Cruz le dimanche 4 mai, en marge de la loi et de la constitution bolivienne.

Pour la première fois dans toute l’histoire de la Bolivie, le peuple a le droit non seulement de choisir mais également de révoquer les autorités si celles-ci ne sont pas utiles ou ne sont pas au service du peuple, a affirmé Evo Morales, au moment de sanctionner la loi.

Lors d’un discours à Oruro, Evo Morales avait anticipé le fait que l’opposition « dépoussiérerait » le projet qu’il avait lui-même envoyé en décembre dernier au parlement.
A l’époque, les députés du MAS avaient approuvé la convocation mais l’opposition fit tomber le projet au Sénat, où ils ont la majorité.
Maintenant, sans doute en supposant que le gouvernement a été affaibli suite au référendum illégal effectué à Santa Cruz, l'opposition a décidé de manière surprenante de le « sortir du tiroir » et de l’approuver.
Il semblerait que les opposants aient cru que le président utiliserait son droit de veto pour rejeter leur référendum.
Mais au contraire, Evo Morales a déclaré « ne pas avoir peur » du vote populaire et qu’il se soumettrait à ce référendum afin que ce soit le peuple qui décide de manière pacifique et par les urnes qui « doit rentrer à la maison ».

Le vice-ministre Héctor Arce a affirmé que l’opposition s’est trompée en pensant que le premier mandataire allait rejeter une loi initiée par lui-même, et ce faisant générer un scénario d’usure pour le gouvernement.
La sanction de cette norme, a-t-il ajouté, permettra au peuple de décider par ce vote qui reste et qui s’en va, c’est-à-dire qui a fait son devoir, et qui ne l’a pas fait .

De son côté, la députée bolivienne Elizabeth Salguero a déclaré « qu'il s’agissait, de la part du congrès, d’une mesure judicieuse afin de rendre viable la demande du président de faire appel à une consultation populaire, face aux interrogations des secteurs oligarchiques ». Et d’ajouter : « Nous nous réjouissons qu’ils aient rendu possible cette consultation populaire car nous devons en revenir à l’institution démocratique et le peuple doit décider s’il accompagne le président Morales pour poursuivre ce processus de changement ou s’il ne veut pas de ces changements structurels, pour qu’ainsi soit résolue cette dichotomie du pouvoir. »
Comme l’a dit le président, a-t-elle ajouté, que ce soient les urnes qui décident et non les armes.

Salguero a expliqué que le “référendum a été convoqué par le biais d’une loi, énoncée par le congrès, et applicable après promulgation par le président. La loi affirme que, pour qu’Evo Morales soit révoqué en consultation populaire, le « non » doit dépasser les 53,7% des votes qu’il a obtenus lors des dernières élections de 2005 », lorsqu’il fut élu président.

Au sujet de la consultation sur l’autonomie qui a eu lieu à Santa Cruz, la législatrice a déclaré qu’il s’agit d’un « carnaval autonome plus que d’un processus démocratique » et a souligné que le « régime autonome n’existe pas dans la constitution ».

Enfin, elle a répété que « le référendum révocatoire va réorienter la voie démocratique pour que le peuple décide s’il veut ce processus de changement ou s’il nous faut accompagner le président ».

Avec ces deux mesures, celle d’exposer son poste et celui du vice-président à la considération du vote populaire, ainsi que celle de la convocation de tous les préfets à un dialogue, Evo Morales prend à nouveau l’initiative d’une option risquée qui confirme sa vocation démocratique et sa conviction de la nécessité des changement qu’il promeut pour son pays.

L’opposition devrait reconnaître l’illégalité du référendum réalisé à Sant Cruz, et accepter le jeu démocratique avec toutes ses conséquences. Le référendum révocatoire est une issue « in extremis », mais qui, face au refus de dialoguer persistant de la part de l’opposition, s'avère valable pour éviter l’éclatement de la crise et la progression de la division interne.


Traduit par Magali Urbain pour Investig’Action
 
par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Vendredi 23 mai 2008

Rappelons-nous les dernières années du XXe siècle, tous les oracles, les "philosophes", les "experts", les "spécialistes", les historiens et la classe politique, tous chantaient la même chanson : "Nous sommes entrés dans un monde unipolaire (autrement dit, les Etats-Unis dominent seuls la planète), c'est la fin des idéologies (en clair, fini le communisme !), nous sommes entrés dans une ère de paix et de prospérité !".
Les faits semblaient donner raison à ces oiseaux de mauvaise augure.
Le camp socialiste explosait, l'URSS déposait son bilan. Les nouveaux dirigeants russes, Eltsine en tête, soldaient  à l'Occident, pour un rouble symbolique,  les richesses nationales. La grande braderie des ressources naturelles et des entreprises d'Etat, même de l'armement, commençait. Le rideau semblait  tiré à jamais sur la Révolution d'Octobre.
Les USA, forts du soutien de l'ONU, déversaient en 1991, un déluge de feu sur l'Irak de Saddam Hussein. La première guerre du Golfe commençait.
Déjà, en 1989, les forces US étaient intervenues à Panama pour chasser le président qui ne convenait plus à Washington.
La même année, l'Union soviétique était contrainte de retirer ses troupes d'Afghanistan, après dix ans d'une guerre désastreuse, défaite par les armes sophistiquées fournies massivement par les Etats-Unis aux extrêmistes islamistes.
La Chine alors faisait profil bas, engagée depuis peu dans la reconstruction du pays.
Cuba, avec ses 10 millions d'habitants, seul pays se réclamant encore du socialisme, devait faire face sans aucun soutien, à un blocus total.
Qui aurait alors misé un dollar sur le maintien du régime révolutionnaire à La Havane ?
En France, en 1992, le traité européen de Maastricht était approuvé - de très peu - par les électeurs. L'Union européenne devait apporter paix et prospérité à la population.

Où en sommes-nous aujourd'hui ?

Rien ne pourrait mieux résumer la nouvelle situation internationale que la déclaration faite par Dimitri Medvedev, le nouveau président russe, le 24 mai dernier à Pékin :
"Le président chinois Hu Jintao et moi-même avons reconnu que la coopération sino-russe est devenu un facteur majeur de la sécurité mondiale, sans laquelle les décisions importantes sont impossibles (...) Je dirais franchement que tout le monde n'apprécie pas notre coopération, mais qu'il en va, selon nous, de l'intérêt de nos peuples, que cela plaise ou non ! (...) Nos deux peuples se préparent activement à un grand bond vers l'avenir".

Paroles de circonstance ? Que non : elles accompagnent nombre de décisions concrètes, telle la signature d'un accord d'un montant d'un milliard de dollars sur la construction en Chine d'une usine d'enrichissement d'uranium. "ce qui risque de faire grincer des dents à l'Ouest" commente une agence de presse française. 
En fait, cet évènement est passé à la trappe. Les médias n'ont pas répercuté l'information. Les Français n'ont pas à connaître, semble-t-il, ni le voyage du président russe à Pékin, ni l'accord réalisé entre les deux pays. Pourquoi ?

En fait, cette copération prend appui sur les bouleversements accomplis, tant en Russie qu'en Chine, au cours des dernières années.
La Russie a récupéré l'essentiel des richesses naturelles du pays au détriment des grandes compagnies occidentales qui en avaient fait leur chasse gardée. La rente pétrolière et gazière permet d'améliorer le niveau de vie du peuple et d'accumuler à Moscou une masse monétaire impressionnante.
La République populaire chinoise, de son côté, représente maintenant la troisième puissance économique mondiale. Elle peut mettre à son actif le fait d'avoir assuré l'autosuffisance alimentaire du pays et sorti de la pauvreté plusieurs centaines de millions de Chinois. Et s'il lui reste beaucoup à faire dans ce domaine, sa croissance de 10% par an, laisse augurer de nouveaux et larges progrès au cours des prochaines annnées.
Mais au-delà des deux pays, dont les échanges ont progressé d'une manière fulgurante (les exportations de la Chine vers la Russie ont été multipliées par 3 de 2000 à 2007, et par 15 dans l'autre sens),
 l'Organisation de Coopération de Shanghaï (OCS), regroupe, depuis juin 2001, outre la Russie et la Chine, le Kazakhstan, le Kirghistan et l'Ouzbekistan.  
En 2004.
la Mongolie, puis en 2005, l'Inde, l'Iran et le Pakistan, ont été admis au sein de l'OCS à titre d'observateurs.
Les cinq pays fondateurs totalisent 1,515 milliard d'habitants (2,760 milliards avec les Etats associés). Leurs ressources représentent 20% des réserves mondiales de pétrole, 38% de celles du gaz, 40% du charbon, 50% de l'uranium.
Il suffit de regarder une carte de l'Europe et de l'Asie, les pays couverts par l'OCS représentent un ensemble immense, d'un seul tenant. Ce qui facilite les échanges économiques, qui ne dépendent plus  de la suprématie maritime.
L'OCS a également établi une coopération militaire* (avec des manoeuvres communes de leurs armées) et une coopération politique entre les pays membres ( refus de bases US dans la région).
Le monde, aujourd'hui, peut-il compter sans la Russie, la Chine et l'OCS ?
Par contre, les Etats-Unis sont embourbés militairement en Irak et en Afghanistan, guerres qui leur a déjà coûté plus de six cents milliards de dollars.

A l'autre bout du monde, l'Amérique latine était, Cuba excepté, l'arrière-cour des Etats-Unis.
Et ces vingt ans passés ont été pour la Révolution cubaine une sombre période d'isolement international.
Aujourd'hui, après le Venezuela en 1998, la Bolivie en 2006, l'Equateur l'année suivante, le Nicaragua, tous ces peuples ont rompu les chaines qui les rivaient à Washington. Non seulement, ils ont accédé à l'indépendance économique, disposant maintenant de l'essentiel de leurs richesses naturelles, mais de ce fait, ils mènent une politique sociale avancée dans le cadre de leur souveraineté. Caracas a pu faire face victorieusement aux offensives renouvelées de l'impérialisme américain. Et avec Cuba, ces Etats ont constitué l'ALBA (Alternative Bolivarienne pour les Amériques), qui leur permet de développer des échanges équilibrés au bénéfice de leurs peuples.
Toujours sur le même continent, vient de s'établir une "Union des Nations d'Amérique Latine", qui, depuis le 25 mai, unit les douze pays qui la composent, y compris la Guyana et Surinam,  et créent ainsi une force économique qui s'émancipe des USA.
Au Proche-Orient, si l'Etat hébreu persiste et amplifie sa politique de domination coloniale vis-à-vis des Palestiniens, soutenu par les Etats-unis et l'Union européenne, son armée - la première de la région - a été battue en 2006 par les forces du Hezbollah libanais. Et  ce mouvement vient de contraindre les dirigeants du pays, malgré un soutien sans faille des Occidentaux,  à accepter le partage du pouvoir à Beyrouth.
On peut citer également, parmi les changements inattendus,  l'accession au gouvernement à Katmandou du Parti communiste du Nepal, après vingt ans de guérilla.
Ce rapide tour du monde atteste bien des profonds bouleversements opérés sur notre planète, depuis les années 90 au détriment de l'impérialisme. Rien n'est, certes, définitivement acquis. Les Etats-Unis, l'Union européenne représentent toujours une force considérable. Leur capacité de nuisance reste énorme. Il faut en être conscient. Mais ils ne règnent plus en maître incontestés. Ils doivent compter avec les peuples qui refusent le  joug de l'impérialisme.
Cette constation doit donner espoir et confiance à notre propre lutte.

* Le budget militaire global des pays de l'OCS est de 85 milliards de dollars (50 pour la Chine et 34,7 pour la Russie), comparé au budget US de 796 milliards, en 2006.

par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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Vendredi 23 mai 2008

La démonstration est faite : la mobilisation sociale, essentiellement sous forme de manifestations, a été réalisée par "les gros bataillons de la CGT", pour reprendre l'expression des médias, en particulier  à Paris. Ils représentaient plus de 80% des participants au défilé; la CFDT (autour d'un millier de participants), FO, l'UNSA, SUD, la CFTC et la CGC groupaient moins de 10.000 personnes.
Quelles observations peut-on tirer de cette journée ?
D'abord, un grand dynamisme dans le cortège cégétiste, particulièrement dense et sonore, des mots d'ordre de lutte visant au "Tous ensemble", une volonté de poursuivre le combat. Si les mots d'ordre concernant les retraites étaient les plus scandés, ceux concernant le pouvoir d'achat traduisaient, tant pour les 'actifs' que pour les retraités, le malvivre d'une grande partie de la population. Le 22 mai n'était qu'un jalon dans un combat que chacun compte bien continuer.
Certes, les grèves les arrêts de travail ont été limités. Les transports (essentiellement à la SNCF et dans les transports urbains, en province), l'EDF, le Gaz de France, les installations portuaires, mais aussi des entreprises industrielles, ont fourni le plus fort contingent de grévistes. Encore très minoritaires, ceux-ci ont montré le chemin de l'unité dans l'action. Regrettons encore, qu'aucun mot d'ordre n'ai visé le "service minimum", et l'atteinte au droit de grève, constitué par l'obligation de se déclarer, deux jours avant le début du conflit.
On peut regretter l'absence des enseignants de la FSU, qui avaient pourtant massivement  répondu au rassemblement national de dimanche dernier dans la capitale, et qui s'apprêtent "à remettre çà", samedi, à l'appel, cette fois,  de tous leurs syndicats. Cette parcellisation des actions, profession par profession, par objectif revendicatif, nuit à la démonstration de force nécessaire. Les batailles "des Horaces contre les Curiaces" ont toujours conduit à la défaite.
La colère est multiple, profonde. Elle se généralise à des couches de plus en plus nombreuses de la société. Il faut fédérer le mécontentement populaire. Non seulement CONTRE les mesures du pouvoir sarkozien, mais aussi POUR une alternative politique de progrès social.
La CGT, ses dirigeants, qui ont adopté un ton plus énergique ces dernières semaines, oseront-ils promouvoir une offensive sociale de grande envergure à la hauteur des enjeux. Il en va de la crédibilité de la première centrale syndicale.
Mais limiter la lutte à des objectfs uniquement "syndicaux", sans leur donner un prolongement politique - ce qui est d'abord du ressort de tous les partis et organisations, qui se situent résolument contre le pouvoir sarkozien - conduit le mouvement social à l'impasse.
Il faut que se constitue un rassemblement de toutes les forces qui préconisent la RUPTURE avec le système économique actuel.  Il faut combattre frontalement la dictature du clan des milliardaires qui imposent leur objectifs de contre-révolution politique et sociale à notre pays. Il est nécessaire que cette perspective devienne rapidement un mot d'ordre de masse, débouchant sur une offensive populaire de grande envergure.

Tous les camarades, à travers leurs 'blogs', doivent participer, sans attendre, au débat sur ces idées, pour défendre ensemble des positions communes, impliquant un changement politique radical en France.

par Jean Lévy publié dans : Social
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Jeudi 22 mai 2008
Une information très intéressante prise dans le blog "La lettre volée", de ce jour,  que nous reproduisons pour lui donner une audience encore plus large.

Fin de partie au collège Henri IV pour les petits 3ème qui ne seront pas pris au lycée du même nom. Les résultats viennent de tomber, froids : il n'est pas rare que plus des trois quarts des élèves d'une classe de troisième apprennent, vers la fin de l'année, que le lycée dont ils partagent la cour n'a pas de place pour eux (j'ai oublié la savoureuse formule techno-bureaucratique dont on gratifie ces bannis).

Non que le collège accueille quatre à cinq fois plus d'élèves que le lycée, il s'agit juste de faire de la place pour de la chair fraîche plus présentable : le lycée aura la joie de priver les autres collèges parisiens, voire ceux de la proche banlieue, de leurs plus brillants bulletins.

Les élèves invités à aller se faire voir ailleurs ne sont pas mauvais, ils ne sont juste pas au niveau auquel s'estime Henri IV.

Pendant que des enfants du quartier vont donc devoir apprendre, à 15 ans, à se vendre dans un autre lycée, après avoir apprécié leur valeur marchande ("suis-je assez bien pour Fénelon ou Lavoisier, ne devrais-je pas me restreindre à Montaigne ?..."), d'autres vont frissonner à l'idée d'entrer au paradis des futurs normaliens (xanax non fourni, mais un certain nombre d'élèves arrivent à s'en procurer).

La raison de ce comportement n'est pas simple. On peut dire de façon brute que les lycées qui se comportent ainsi cherchent à améliorer leur classement au palmarès des lycées (plus facile d'avoir 100% au bac en sélectionnant ses ouailles dès la 3ème). Cette stratégie ne fonctionne pas bien. Le lycée Henri IV n'est ainsi que 48ème lycée national selon le classement publié par l'Express, qui tient compte de la "valeur ajoutée" par élève (différence entre résultats attendus et résultats réels), et aussi des comportements d'écrémage (élèves "évacués" entre la seconde et la terminale, car présentant un risque d'échouer au bac). Cet écrémage n'est mesuré qu'à partir de la seconde, le classement ne semble pas tenir compte de l'écrémage massif qui s'effectue en fin de troisième, ce qui est fort dommage.

On peut aussi penser, de façon plus subtile, que les enseignants, les élèves, la mairie, les anciens élèves etc... sont ravis de participer du mythe du lycée parfait, de la moderne abbaye de Thélème - à droite comme à gauche, il serait sacrilège de toucher à ce symbole révéré (tellement de complicités pour l'admission à H4 au collège que certaines rues distantes de moins de 100 mètres de Henri 4 ont été rattachées à d'autres collèges, pour que H4 puisse accueillir une plus grande part d'élèves en dérogation).

*

Mmm... On s'en fout non ? Les malheurs de quelques gosses des beaux quartiers ont-ils la moindre importance politique ? Ne faut-il pas encourager une saine et républicaine émulation ? N'est-ce pas là preuve de la supériorité de l'esprit sur toute autre considération, la chance d'offrir à des élèves brillants mais issus de quartiers éloignés, le meilleur de notre enseignement ?

J'ai de gros doutes. D'abord parce que cette exception au principe général qui veut que les enfants d'un collège, sauf redoublement, aient accès automatiquement au lycée attenant ne me paraît pas bonne. Et je ne suis pas sûr que cela se déroule dans la plus grande transparence, ni que cela bénéficie en quoi que ce soit à des élèves défavorisés.

Ensuite, parce que ce qui se pratique dans ce qui est considéré comme le meilleur lycée de notre république ne peut pas ne pas avoir de retentissement sur l'ensemble de nos établissements. Je ne serais pas étonné d'apprendre que d'autres lycées de province adoptent le même comportement à l'égard des élèves issus de "leur" collège. Et l'ouverture de la carte scolaire instaurée par Sarkozy, sous les applaudissements de Ségolène, ne va qu'encourager à ce toujours plus de consumérisme éducatif.

Enfin, parce que je ne peux m'empêcher de faire le lien avec le stress au travail, très élevé en France, la consommation élevée de tranquillisants, le taux de suicide élevé en France
... Un enseignement dont les valeurs reposent si fortement sur la sélection précoce et l'écrémage ne peut pas laisser des traces par la suite. Et les résultats de la Finlande, dans les enquêtes internationales sur les compétences des élèves, placent ce pays au premier rang pour la qualité de son enseignement. Alors que les élèves n'y sont pas notés avant 15/16 ans.

Bref, il y a à mon avis tout un tas de raisons qui font que le "massacre à Henri IV" ne ressort pas complètement du domaine de l'anecdote. Même s'il est parfaitement dans l'air du temps, sélectif et individualiste.


par Jean Lévy publié dans : Social
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Jeudi 22 mai 2008

Aujourd'hui, a l'appel de l'ensemble des organisations syndicales, les salariés du public et du privé doivent se mobiliser pour protester contre les décisions du pouvoir sarkozien, visant à imposer 41 annuités de cotisations de retraite et l'âge de 61 ans pour percevoir  une pension complète. De source syndicale, on s'attend à une forte mobilisation, essentiellement sous forme de manifestations. Le chiffre 500.000 participants, dans environ 80 rassemblements en France, est avancé. On se souvient qu'en 2003, déjà sur les retraites, on comptabilisait, selon les sources de 1 à 2 millions de salariés dans les rues, accompagnés de grèves massives. Cette fois, on reste plus prudent, en matière de prévision, en ce qui concerne les arrêts de travail. Et de mettre en avant, d'une part le coût individuel d'une journée retenue, d'autre part, l'obligation de se déclarer personnellement gréviste, deux jours à l'avance dans les transports. A ce sujet, l'acceptation passive de ces nouvelles dispositions, pose question.
Pourquoi, à l'occasion de la mise en pratique de la nouvelle loi, les confédérations, la CGT en premier, n'ont-t-elles pas appelé les cheminots et les travailleurs de la RATP, à passer outre collectivement, à partir d'assemblées générales, dépôt par dépôt ?
Le respect de la "légalité" conduit-elle les syndicats à s'incliner devant des dispositions anti-grève ? Mais 'la loi" n'est q'une arme aux mains du gouvernement et des patrons, pour mettre en cause le droit de grève !
Rappelons-nous : en 1963, le général de Gaulle, au sommet de sa popularité (la fin de la guerre d'Algérie datait de moins d'un an), avait décrété la réquisition des mineurs en grève. Ceux-ci, pour défendre leur droit, avaient répliqué en refusant de se soumettre. Ils avaient brûlé dans d'immenses feux de joie, les avis individuels de réquisition. Par ce geste, les mineurs avaient défié, avec succès, le pouvoir. Et entourés de la solidarité ouvrière et populaire, ils avaient gagné leur bataille.
 
Appliquer une loi liberticide conduit inexorablement, de reniement en reniement, à se laisser désarmer sans combattre.
Pensons aux hommes et aux femmes, d'origine juive, qui, en octobre 40, ont obtempéré aux lois de Vichy en acceptant de se faire recenser dans  les commissariats. Beaucoup d'entre eux ont payé de leur vie cet acte de soumission  à la légalité du pouvoir en place
.
Alors pourquoi, aujourd'hui, la CGT n'a-t-elle pas renouvelé l'acte d'indiscipline réalisé, il y a 55 ans ? Pourquoi limiter chaque bataille sociale à un seul motif de mécontentement , un jour sur les retraites, un autre sur la réduction du nombre des fonctionnaires, un troisième sur le pouvoir d'achat (motif essentiel de la colère des salariés) ? Déjà, Thibault, en 2003, n'avait-il pas déclaré que son objectif n'était pas de "paralyser la France" ?
On peut comptabiliser les batailles perdues, dont certaines n'ont jamais été livrées, telles celles concernant les privatisations de pans entiers des secteurs publics, les lois anti-grève (le service minimum) en acceptant d'emblée de limiter ce droit essentiel par accord préalable, loi qui vise aujourd'hui les enseignants, les régimes spéciaux dans les transports, avec une grève d'une ampleur inconnue, et brisée dès le premier jour, la casse permanente du Code du travail, la  la précarité par la généralisation des CDD.
La colère gagne des secteurs entiers de la société.
Chaque  mesure du pouvoir sarkozien frappe une une nouvelle catégorie de citoyens.
Les dockers, les ouvriers des ports, sont en grève pour défendre leur statut public.
Les marins-pêcheurs veulent vivre de leur travail, et leurs bateaux se mettent en travers des rades. Dans nombre d'entreprises, usines et grandes surfaces, les salariés réclament leur dû, et des conditions de travail décentes, alors que leur exploitation forcenée, les réduit à l'état de détresse. Les retraités ne veulent plus de pensions et d'allocations qui leur imposent un niveau de vie, bien au-dessous du minimum. Les statistiques font état de "travailleurs pauvres" qui n'ont plus les moyens de se loger. D'autres salariés, par dizaines de milliers, parce qu'ils sont immigrés, sont placés en marge de la société, faute de papiers. Les chômeurs vont devoir accepter des emplois au rabais, amputés de 30%.
Sans parler des coupes budgétaires qui suppriment des hôpitaux de proximité, des classes et des écoles, des bureaux de poste, des juridictions proches des citoyens, de la loi qui livre l'Université aux intérêts privés, qui organise un enseignement à deux vitesses.
Tout concourt à multiplier le mécontentement de la population.
N'est-il pas grand temps de fédérer ces colères multiples ? Car elles sont toutes le résultat d'une politique unique, celle conforme aux intérêts d'une minorité de privilégiés qui nagent dans l'opulence, qui osent déserter l'impôt en protégeant leur fortune à l'étranger. Le pouvoir sarkozien a été mis en place par cette caste de 'milliardaires en euros' (ils seraient deux cents familles, en France, dans ce cas).
Au-delà des confédérations syndicales, qui savent tout cela mais qui font semblant de l'ignorer, l'union doit se créer à la base pour imposer une nouvelle politique, car la bataille est politique. Réduire la lutte sociale à une suite d'escarmouches contre chaque effet de la politique du pouvoir est criminel.
En refusant le "Tous ensemble", les organisations syndicales organisent la défaite ouvrière.
Aux salariés, à leurs syndicats de base de se prendre en mains pour organiser la riposte.
Il est grand temps.

par Jean Lévy publié dans : Social
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Mercredi 21 mai 2008
Nous publions un texte intéressant de Mireille Popelin, dans le cadre de l'échange 
d'idées que nous recherchons depuis la création de ce blog, afin de susciter le débat nécessaire, face à l'offensive idéologique des forces du Capital.

Les Européistes et les Eurobéats , manipulés par les idéologues de l'Europe ont essayé de faire accroire au bon peuple de France que l'Europe était "la solution " à tous les maux :
L'argument des pères fondateurs était que l'Europe allait nous apporter la paix et la prospérité. Pourtant, les faits démontrent le contraire.
 
- la Guerre des Balkans : la Yougoslavie étant au bord de la faillite, le "sauveur" FMI est arrivé, l'Allemagne et l'Autriche plus le Vatican ont oeuvré ensemble pour que la Slovénie et la Croatie se séparent de leur "sud pauvre" . L'Union européenne reconnut la sécession de la Slovénie et de la Croatie, et en avril 1992, la guerre se déclencha ( malgré la protestation d'une partie de la gauche , celle qui avait vu clair dans le "projet "de l'Europe )
 
Le projet européen :
  • la création de la région, dans et par l'UE
  • l'activation de l'espace frontière par l'Allemagne
  • les communautés ethno-raciales ( Volksgruppen)
  • L'Europe centrale ( Mitteleuropa ) et la stratégie du capitalisme financier allemand
Nous ne pourrons traiter que les deux premiers points , la suite sera pour un prochain numéro ;
 
Régions dans et par l'UE
 
De nouvelles cartes ont été demandées par le ministère des affaires étrangères . L'Allemagne, pays le plus peuplé, domine l'Europe centrale ( Mitteleuropa ) .
Font partie de ce "Centre" les "zones de domination germanophones" : les cartes intègrent :
- des parties de la France, du Danemark, l'ensemble du Luxembourg, la Suisse ainsi que l'Italie du nord
- la Pologne, la république tchèque et la Hongrie font partie de cette Europe centrale . Pourquoi ? parce que toutes ces REGIONS ont fait partie de
"l' Empire allemand "
Ces cartes sont publiées par " German-foreign-policy" ( projet discuté dans une commission par une institution -institut financé par État)
"La grande structuration de l'Europe " aurait été rédigée sans intentions " nationales-politiques" (?)
 
Territoires de cette Europe centrale :
 
Selon la conception allemande , des parties des territoires des pays voisins feraient partie de cette Europe centrale :Une partie de :
 
- La Roumanie
- de l'Ukraine
- de la Biélorussie
- les États baltes appartenaient  à l'Ordre "teutonique"
 
L'Europe de l'Ouest
- le Danemark
- le Luxembourg
- la Belgique ; qui se verrait retirer ses "territoires allemands "
- la France perdrait l'Alsace- Lorraine " qui a fait partie  du Saint-Empire romain germanique de 1871 à 1918 ", "sans parler de la situation de guerre, pendant la seconde guerre mondiale "
Cette référence à l'occupation nazie de l'Alsace-Lorraine est une véritable provocation que n'oseraient pas faire les révisionnistes et l'extême-droite ! Rappelons que ce travail est une commande du ministère des Affaires étrangères .
Cette Europe centrale modelée et remodelée par l'Allemagne est un espace vital ethnique et linguistique, et aussi un territoire pour une expansion de l'exploitation économique capitaliste.  Les auteurs ignorent ou font semblant d'ignorer la période de :
1916 à 1945 , c'est à dire le passage de la dictature nazie sur l'Europe !
 
L'activation de l'espace-frontière
 
Les dessous de la politique allemande : le Tibet
Une séparatiste chinoise, Rebiya Kadeer est reçue au ministère des Affaires étrangères :
Les Ouïgours sont une minorité musulmane de la région autonome de Xanjiang . Ils veulent la sécession de leur territoire avec la République de Chine . Ce lobbying auprès de Berlin suit le voyage du Dalaï -lama . Le prétendu dieu-roi s'est rendu en Catalogne ( choix de la région séparatiste de l'Espagne) puis en Autriche et enfin aux USA , où il s'est montré aux côtés de Bush . Ces activistes séparatistes exercent une pression constante auprès de l ' UE et des USA ., et cela depuis des décennies !
La stratégie de Munich consiste à réunir et soutenir :
 
les sécessionnistes Tibétains, Ouïgours et Mongols ( 3 peuples )
 
L'objectif du Dalaï-lama est d'ailleurs très clair , il n'y a qu'à bien écouter le discours qu'il fit à New-York :
 
" Nos trois peuples sont reliés par la géographie et par l'histoire, et en ce moment, par l'occupation chinoise " 
 
2e partie
 
La Pologne :
 
Des organisations de la minorité germanophone en Pologne s'arrogent des droits de souveraineté :
des associations socio-culturelles de la minorité allemande dans la Voïvodie d'Opole : elle veut mettre des inscriptions en allemand sur les bâtiments officiels , les monuments , les écoles etc . La population polonophone dénonce ces actions concertées qu"elles considèrent comme l'expression d'un révisionnisme croissant "
.La base juridique d'un " Traité de bon voisinage "qui est passé au moment où la Pologne changeait de système politique s'inscrit dans la " Volksgruppen-politik"de l'Allemagne , où le "Volk prime l'Etat"
La Silésie : 12,5 % se sont déclarés "silésiens"  et réclament leur autonomie,ils reprochent au gouvernement polonais "un colonialisme intérieur " ( cela ne vous rappelle rien ? nous avons aussi nos indigènes de la République , qui nous accusent de colonialisme intérieur )
Depuis le début des années 1990 , Berlin soutient et propage cette conscience régionale tenue pour nécessaire .
 
Le rôle du Vatican : ( avec l'aide de Mme Lacroix-Riz, professeur d'histoire contemporaine à Paris VII : 
 
" Le Vatican avait par le Concordat de Juillet 1933 signé avec le REICH qu'il rechristianiserait la Russie " Pour cela, il a utilisé l'Ukraine en utilisant l'uniatisme ( rattachement à Rome avec certains orthodoxes ) , cette religion était censée faire le lien entre l'Orient et l'Occident . Cette conquête était du ressort de Szepticky , évêque de Lemberg .
En 1941, la Curie massa en Roumanie, au milieu des troupes allemandes , les hauts clercs allemands et baltes qui étaient des envoyés espions.La défaite du Reich à l'Est porta un coup à leur ambition.
La position de Pie XII en faveur des oustachis en Croatie : le Vatican donna son entier assentiment à toutes sortes de crimes contre les juifs et les orthodoxes ! Il faut parler de Stepinac , le chef de l'église croate. cet agent germanique fut aussi chef notoire des nazis croates . En mai 1945, il organisa la fuite des criminels nazis . Il faut ajouter que Tito ( en quête de prêts américains) ne fut pas à la hauteur et accorda une impunité à Stépinac, qui fut libéré en 1951 ! et continua ses activités de subversion des zones catholiques de la Yougoslavie, avec l'aide de Washington et de l'Allemagne vaincue !  
pour arriver à : la mort de la Yougoslavie
 
Ainsi, en menant une politique d'affaiblissement des états-frontières, en luttant au moyen d'associations ethno-culturelles pour que la langue allemande soit préservée, l'Allemagne cherche à regagner son territoire perdu : le Reich
 
L'empire industriel :
 
L'action d'or :
 
ou la suprématie chez EADS . Des responsables français mettent en garde contre la reprise par l'Allemagne de l'entreprise EADS . Le co-président ( J.F Knepper ) :
" L'Allemagne est en train de s'approprier l'industrie aérospatiale et la défense européenne. "
Airbus est la plus importante filiale d'EADs . Le français Gallois est l'unique patron du groupe , mais le président du Conseil d'administration et le président d' Airbus sont allemands .  
Berlin veut augmenter son influence chez EADS . Ceux qui détiennent cette action d'or ont une influence plus grande que les autres actionnaires.
Des domaines importants de la production et de la recherche restent en Allemagne :
La France se voit imposer la perte d'un plus grand nombre d'emplois . Et la vente des sites de Saint-Nazaire et de Méaulte ( voir Humanité du 23 avril - qui  vient confirmer les dires des chercheurs et analystes ) :
Les 3 sites allemands sont filialisés et RESTENT dans EADS et en ALLEMAGNE .Les syndicats ont compris
" nous voulons le même traitement en France qu'en Allemagne" dit un dirigeant syndical
Même scénario pour l'Allemagne et la Suède : 
Le consortium allemand MAN agit de manière "inhabituellement rude " face au constructeur de camions suédois SCANIA . " Cela rappelle les méthodes utilisées pendant la deuxième guerre mondiale" se plaint le PDG suédois .
C'est une bataille à coups de milliards , d'un côté MAN + Volkswagen contre Scania . Les deux alliés allemands possèdent maintenant plus de la moitié du capital !
Voilà comment l'Allemagne recrée son empire industriel ;
 
Mme Lacroix-Riz : " Tous les dirigeants d'Europe occidentale surent, avant la fin de la 2e guerre mondiale que cette entreprise ( l'Union européenne ) serait menée sous l'égide de l'ancien Reich : retour à la puissance industrielle , proclamation de son droit au réarmement au sein du pacte atlantique "contre le péril rouge"
 
Pour terminer , deux citations :
" Accomplir quelque chose en quoi nous avons échoué à deux reprises et qui est en harmonie avec nos voisins, de trouver le rôle correspondant à nos souhaits et à notre potentiel "
Klaus Kinkel , ministre des Affaires étrangères , 19 mars 1993
 
Et une autre :
" Est-ce que l'Allemagne va enfin obtenir ce que le monde lui a refusé au cours des deux dernières guerres mondiales, c'est-à-dire une sorte d'hégémonie douce sur l'Europe, résultat de son poids, de sa position géographique et de sa puissance industrielle "
Joschka Fischer , ministre des Affaires étrangères 1995
 
Sans commentaires .
 
Mireille Popelin
Avec l'aide précieuse de chercheurs du Centre de sociologie historique de Montargis
Traductions du site www.german-foreign-policy.com ( sous la responsablité du centre de Montargis )
et de Mme Lacroix-Riz Annie .
 
par Jean Lévy publié dans : Contre l'impérialisme
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