Mardi 29 avril 2008

Le film Les citronniers* nous conduit au coeur de la Palestine occupée.
Par le biais d'une fiction, nous sommes confrontés à la domination coloniale de l'occupant israélien sur des territoires dont il s'est arrogé le droit de disposer à sa guise. Certes, il s'agit d'une fiction avec ses invraisemblances. Mais, d'entrée, nous ressentons l'humiliation qui pèse sur un peuple, le mépris avec lequel il est traité.  
A partir d'un cas individuel, Salma, une Palestinienne depuis dix ans veuve, cultive avec amour une plantation  de citronniers dont on sent presque le parfum. Elle en fait des jus et des préparations qui vous mettent l'eau à la bouche. Ses grands enfants vivent loin d'elle. Un vieux jardinier, déjà dévoué au père qui avait planté ces arbres magnifiques, l'aide de tout son savoir faire.
Tout irait bien si le hasard n'avait pas conduit un Israélien a emménager dans une superbe maison qui jouxte les fameux citronniers. Or, ce nouvel arrivant n'est autre que le ministre de la Défense de l'Etat hébreu. Et, le fameux mur de séparation qui isole les territoires occupés d'Israël n'est pas encore construit à cet endroit. Les services de sécurité sont sur les dents : les arbres fruitiers pourraient fournir une cache à des terroristes. La décision est prise par l'autorité militaire. Il faut abattre tous les citronniers.
Notification en est faite à la propriétaire. Celle-ci, horrifiée à l'idée de perdre tous ses arbres qui ont plus qu'une valeur marchande - l'adminitration israélienne lui offre une indemnisation - se pourvoit devant les tribunaux. En attendant une décision de justice, le champ est entouré d'une haute barrière métallique. Et Selma n'a plus droit d'y pénêtrer.
Tel est le combat de cette femme contre l'arbitraire qui défend sa terre, ses citronniers, face à la toute puissance de Tsahal. Elle défend son bon droit bafoué par les autorités de Tel Aviv. Elle est aidée par un avocat palestinien, dans cette lutte inégale de David contre Goliath.

Laissons de côté les sentiments qui naissent entre eux pour ne retenir que la réalité quotidienne en Palestine occupée, faite d'humiliation, d'arbitraire doublé de la bonne conscience du colonisateur qui fait sien le bien des autres, sans état d'âme, ni même de méchanceté particulière.
Le ministre se croit dans son bon droit, car il a peur.  Il vit dans la psychose orchestrée par des 'gorilles' en lunettes noires, en permanence stressés. Un mirador domine le verger de citronniers, et en haut, de jour comme de nuit, un soldat guette l'ennemi invisible.
La pendaison de crémaillère organisée par le ministre, et à laquelle assiste la gentry israélienne, devient le symbole de l'humiliation de Salma, et plus généralement du peuple palestinien. Il manque les citrons pour que la fête commence. Le ministre expédie illico une escouade de militaires pour cueillir les fruits manquants dans le verger de Selma. Sans se soucier de lui demander l'autorisation, sans même la prévenir de cette incursion. Les Israéliens se croient chez eux partout. Tout leur appartient. Ainsi, la nuit festive, une détonnation retentit. Aussitôt, des soldats, armés jusqu'aux dents, pénètrent chez Salma, dévastent l'appartement, brisent des meubles, et s'en retournent, n'ayant rien trouvé.

Comme le film est l'oeuvre d'un réalisateur israélien, il lui faut équilibrer son récit. La femme du ministre garde des sentiments humains. Elle est bouleversée par l'injustice faite à sa voisine palestinienne. Une journaliste prend parti, dans la meilleure tradition hollywoodienne.
Certes, si le cinéaste avait été palestinien, la dénonciation de l'occupation aurait été plus incisive. Mais, justement, émanant d'un citoyen du pays colonisateur, la critique ne s'en fait que plus percutante, et pour les spectateurs occidentaux, plus convaincante.
Tel est le mérite politique du film, fort bien joué, avec une mis en scène sobre et intimiste.
Il aurait pu s'appeler Les citrons de la colère

* Les citronniers
Film franco-israélien-allemand de Eran Riklis


par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Mardi 29 avril 2008

En 1968, j'étais délégué syndical national CGT du Crédit du Nord.
J'ai donc participé, en tant que responsable de l'entreprise, à la grève du personnel de cette banque, qui comptait alors environs 8000 agents en France, et près de 3000 à Paris.
J'ai relaté cet épisode sur trois pages dans l'ouvrage que j'ai publié en 2002, intitulé :

La CGT au Crédit du Nord (1949-1974) avec cet ajout,
Un syndicalisme de classe et de masse.
Je crois bon aujourd'hui de reprendre le texte qui relate comment a commencé la grève
Les évènements, tels qu'ils sont décrits,  font  justice d'affirmations répandues de nos jours, et que je considère érronées
.

"
La brutale répression du mouvement étudiant au Quartier latin sert de détonateur. La grève commencée dans une usine de Loire-Atlantique, déferle comme un torrent sur le pays. Chaque édition de France-Soir annonce un million de grévistes supplémentaires. Les entreprises sont occupées. La France s'arrête. Et les banques ? Et le Crédit du Nord ?

Dans notre établissement, l'action revendicative est intense. Après les mouvements de novembre et décembre 1967 et une grève unitaire de 24 heures le 5 février 1968, la plus réussie à Paris depuis 1957, face à une nouvelle grève prévue pour le 29 mars, la direction prend peur. Elle a le souvenir de grèves de 24 heures à répétition, l'année pécédente, en 1967, et l'obligation qu'elle avait eue alors de décider une attribution générale de points.
Aussi, faisant brutalement marche arrière, elle annonce, en catastrophe, le 27 mars, une opération de même type, valeur 1er avril.

C'est dans ces conditions que notre section syndicale est confrontée au raz de marée revendicatif de mai. La nécessité d'y participer est partagée par tous les militants CGT. Il faut profiter de l'occasion propice pour mettre sur la table toutes nos revendications en suspens. Faire partager cet état d'esprit par nos collègues de travail, tel est l'objectif premier de la section syndicale. Ce n'est pas si simple.

Les affrontements violents entre étudiants et policiers, la réaction de solidarité de la CGT contre la répression, la présentation qu'en donne la presse, la radio et la télé, obscurcissent, dans nos milieux le sens de la grève. Les délégués se répandent dans les services pour expliquer la situation et l'intérêt, pour le personnel, de participer au mouvement.
La tâche n'est pas toujours aisée.
Mais, le 'table à table' commence à porter ses fruits, sauf dans les secteurs informatiques. Si promptes à quitter le travail quand il s'agit de leurs revendications particulières, elles sont réticentes à participer à une grève dont elles perçoivent mal le sens. Leur abstention pèse sur l'attitude des employés des autres services qui hésitent. La décision est remise au lendemain. Une nouvelle fois, je tente de convaincre les mécanographes. Le directeur des Services centraux sent que se joue là une partie décisive. Il tente alors d'expulser lui-même l'auteur de ce livre.
Son intervention provoque la colère des mécanographes qui, pour défendre le militant CGT, "prennent leur sac" et quittent le travail ! L'effet est immédiat : à leur tour, les autres services débrayent. La grève est générale au siège, 59 boulevard Haussmann.
Elle durera trois semaines".*

La relation de ces faits permet de corriger des contre-vérités que les médias aux ordres diffusent pour réduire mai 68 à une révolte étudiante, afin de minimiser l'importance  historique de la plus grande grève que la France ait jamais conue, et du progrès social qu'elle a engendré dans notre pays. Il ne faut pas, pour le Capital, que la mémoire ouvrière soit le levier susceptible de redonner confiance au peuple pour s'en inspirer.

C'est ainsi que :

 1) -
La fable, répandue de nos jours, sur "l'apathie sociale" qui soit-disant régnait chez les salariés dans les années précédant 68 (et que la "révolte étudiante" aurait réveillée d'un long sommeil), est totalement fausse.
Dans les banques, et ce n'est pas le secteur le plus prolétarien, l'agitation revendicative était permanente. Les grèves à répétition dans l'entreprise ou sur le plan de la profession, ont précédé, et de loin, le mouvement de mai 68. Elles l'ont même rendu possible.

2) -
Les violences du Quartier latin, relatées sur les ondes, heure par heure, sur fond d'explosions de grenades, inquiétaient grandement les employés de banque, qui ne voulaient aucunement faire grève "par solidarité". Au lieu d'être ce qu'on prétend aujourd'hui un élément politiquement déclancheur, le caractère pris par le mouvement étudiant a constitué un frein, dans les milieux tertiaires. Par contre, l'ampleur de la réaction ouvrière - celle de la manifestation syndicale unitaire du 11 mai, à l'initiative de la CGT - a donné un élan décisif au mouvement de grève. Sa généralisation, dans les usines, comme un torrent qui déferle a ouvert une perspective commune aux salariés d'agir ensemble; et de gagner ensemble.

* La CGT au Crédit du Nord
         (1949-1975)
Un syndicalisme de clase et de masse
Edité chez L'Harmattan

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Dimanche 27 avril 2008

Tel est le l'affirmation de Contact, "le magazine des adhérents de la FNAC"

. Et pour qu'il n'y ait aucune anbiguité, sur la couverture, on peut lire en gros  : "68 court toujours", avec le dessin du poingt révolutionnaire ...Mais Denis Olivennes, le PDG sur le départ de la FNAC - il vient d'être muté par son patron, François Pinault, à la tête du Nouvel Obs' - ne s'arrête pas en si bon chemin. Il écrit, à l'intention des lecteurs, son dernier éditorial avant "de nouvelles aventures", selon sa si jolie expression :
"Partir en évoquant pour vous, dans ce dernier 'papier', la commémoration de mai 68, à laquelle la FNAC va participer, me paraît un joli clin d'oeil au destin".
Et Denis Olivennes ajoute, grandiloquent :
"Beaucoup des valeurs de liberté qui la fondent (la FNAC) sont celles du joli mois de mai (...) Qu'à l'époque nous ayons jeté des pavés ou que nous nous en soyions offusqués, au contraire, ou plus encore pour ceux d'entre nous qui étaient trop jeunes ou qui n'étaient pas nés, ce décryptage des retombées de mai 68 nous concerne tous : c'est un voyage à l'intérieur de notre histoire commune".
En mai 68, la FNAC était occupée par les grévistes jusqu'au 7 juin.
C'est le magazine qui nous rappelle ce fait dans un encadré. Mais motus sur les revendications du personnel, alors satisfaites. Vous pensez : çà pourrait donner des idéees aux salariés d'aujourd'hui !
Et pour faire bonne mesure, Contact illustre sa page 5 de deux photos : l'une représente un drapeau rouge, tendu à bout de bras; l'autre des flics casqués dispersant violemment des manifestants, dont l'un est à terre. Saisissant ! Il ne manque que la photo de François Pinault arrachant des pavés...
Pourquoi donc cette mise en scène ?
Certes, Olivennes vise à accroître la vente de tous les bouquins qui fleurissent, ces temps-ci, sur mai 68. Buseness is buseness ! Mais, au-delà de l'argument bassement commercial, on note la concordance de cette campagne avec celle développée sur toutes les chaines de radio et de télé pour commémorer l'évènement. Pas, bien sûr,  la plus grande grève que la France ait jamais connue, ni la victoire revendicative arrachée au patronat. Non, simplement les manifestations des étudiants et de jeunes des classes aisées, qui souhaitaient sortir du cocon famillial et d'une société, pleine de préjugés, qui leur était  encore fermée.
Mai 68 est juste présenté aujourd'hui comme un moment festif, hédoniste où, pendant un mois, tout les interdits moraux sont levés.
Les animateurs de cette "grande fête", déguisés alors en "révolutionaires", ont réintégré sagement la vie bourgeoise. Chacun d'eux, Daniel Cohn-Bendit en tête, nous conte, quarante ans apràs, ses aventures printanières dans des livres, des films et dans des DVD. Tous évoquent les pavés, le Quartier latin, les barricades. Leur fièvre juvénile s'est muée depuis en un conformisme intellectuel qui les place de "l'autre côté" de la barricade et de la société.
La Sorbonne n'est plus "occupée" que par son partenariat avec Conforama (dont le patron va remplacer Olivennes à la FNAC) pour former les responsables de ses magasins.
Le Contact de la FNAC, du mois de  mai 2008, exprime bien la volonté de récupération  de mai 68 
par la bourgeoisie. Que monsieur François Pinault, un des hommes les plus riches de France, le PDG de PPR, et donc patron de la FNAC et de Conforama, se prête à cette comédie, illustre parfaitement cette publicité politique mensongère développée dans les médias sur les évènements de mai 1968.
PPR voudrait-il dire :
Pinault Printemps (68) la Redoute...la vraie
Révolution ?

par Jean Lévy publié dans : Lutte de Classe
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Vendredi 25 avril 2008

"Le Parti socialiste est un parti de classe qui a pour but de socialiser les moyens de production et d'échange, c'est-à-dire de transformer la société capitaliste en une société collectiviste ou communiste, et pour moyen, l'organisation économique et politique du prolétariat".
Eh oui ! Telle était la première déclaration du nouveau Parti socialiste, en 1905.
Aujourd'hui, le PCF la considérerait comme "gauchiste". Et la LCR s'apprête à abandonner les mots "communiste" et "révolutionnaire", dans la dénomination du parti qu'elle veut créer.
Nous mesurons ainsi le chemin parcouru depuis cent ans.
Il est vrai que, malgré le verbe, le Part socialiste, dix ans plus tard, en 1914, Jaurès assassiné, soutient l'Union sacrée et la guerre. Comme le proclame à l'époque Monthéus, auteur de chansons révolutionnaires, "on rechantera l'Internationale, après la Victoire !".
Trente ans plus tard, effondré par le vote massif de ses parlementaires le 10 juillet 40 en faveur de Pétain, le Parti socialiste rédige en 1946 une nouvelle Déclaration :
"Le Parti socialiste est un parti essentiellement révolutionnaire : il a pour but de réaliser la substitution au régime de la propriété capitaliste d'un régime où les richesses naturelles comme les moyens de production et d'échange deviendront la propriété de la collectivité et où, par conséquent, les classes seront abolies".
Dix ans plus tard, Guy Mollet, le secrétaire général du PS, devenu président du Conseil, fera la guerre que l'on sait, au peuple algérien.
En 1969, le parti socialiste constate :
"qu'il ne peut exister de démocratie réelle dans la société capitaliste".
En 1971,  sous l'autorité de François Mitterrand, devenu à la fois "socialiste" et "Premier secrétaire" du Parti, au congrès d'Epinay, le PS signe l'année suivante le "Programme commun" avec le PCF et les Radicaux de Gauche.
En 1981, élu président de la République, Mitterrand décrète "la rigueur" un an après.
Il est vrai que depuis les années 50, le PS avait épousé la cause européenne, au point d'en revendiquer aujourd'hui, pratiquement, la paternité.
Ceci explique cela.
En 1990, le PS se définit enfin comme "un parti de rassemblement (qui) met le réformisme au service des espérances révolutionnaires".
Deux ans après et pour la première fois, les socialistes se disent "favorables à une société d'économie mixte" reconnaissant "les règles du marché".
Il est vrai alors que l'Union soviétique avait, entre temps, explosée.
Il n'y avait plus de crainte à reconnaître la réalité.
De la Révolution revendiquée en 1905, le PS en est arrivé aujourd'hui, à vouloir "changer la vie par la loi et le contrat".
Il reste encore un pas à faire au PS : décider comme Walter Veltroni, ex-responsable du PCI,  dirigeant du  Parti démocrate en Italie, qu'il ne se revendique plus du tout de la gauche.
Comme cela les choses seront définitivement claires
.

par Jean Lévy
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Vendredi 25 avril 2008

72% des Français, selon les sondages, expriment leur défiance à Nicolas Sarkozy.
Ainsi accusé par la majorité de l'opinion, un an après son installation à l'Elysée,  le Président de la République était dans l'obligation de présenter sa "défense", jeudi soir, 24 avril. 
Cette fois, face aux téléspectateurs, notre Nicolas a troqué sa cape de prestidigitateur*, pour un complet foncé, très strict, autre déguisement qui change selon les publics.
Pendant 90 minutes, interrogé par deux meneurs de jeu (l'expression est plaisante !), Patrick Poivre d'Arvor, de TF1, et  David Pujadas, d'Antenne 2 et trois journalistes choisis, Sarkozy, a pour une fois, adopté une posture volontairement modeste, reconnaissant, à plusieurs reprises, qu'il vait "certainement commis des erreurs", jamais sur le fond, seulement sur la forme (la communication, la pédagogie ). Mais ces regrets, la "confession" publique concédée, lui permettaient de justifier l'intégralité de l'ensemble des "réformes" entreprises. Il a en outre affirmé la nécessité de les mener simultanément du fait de leur cohérence. Sachant fort bien l'impopularité de sa politique, il s'est affirmé conscient du "mécontentement" qu'elle engendre, de "la mauvaise humeur" ambiante dans le pays. Mais, c'est aussitôt pour confirmer sa volonté de les poursuivre sans infléchissement, en un mot, "de poursuivre le cap".
Sur le pouvoir d'achat, il s'est contenté de rappeler les mesures prises en ce qui concerne les heures supplémentaires dégrevées de charges sociales et défiscalisées. Et de rappeler son slogan : "Travailler plus pour gagner plus !", comme s'il s'agissait de générosité de payer davantage un  temps supplémentaire de travail !
Confirmant la généralisation, en 2009, du  "revenu de solidarité active" (RSA), Sarkozy a annoncé que pour financer cette disposition "sociale", il réduirait "la prime à l'emploi", supplément accordé à ceux qui retrouvent un job, pour les inciter à accepter du travail à bas prix. Ainsi, les salariés les plus pauvres devront payer le différenciel entre les indemnités chômage, augmentées d'allocations, et le salaire retrouvé.
Le Président a osé prétendre que "tout droit nouveau doit avoir pour corollaire des devoirs". Dans cet esprit, le projet de loi prévoit que ces "profiteurs", réintégrés dans le marché du travail, devront obligatoirement accepter  l'emploi proposé, sur deux offres effectuées, avec un salaire amputé de 30% par rapport à la rémunération précédente. D'autre part, le nouveau lieu de travail pourra se trouver à une heure de son domicile (donc, avec deux heures de trajet par jour).
Pour être franc, Sarkozy n'a pas rappelé ces conconditions, hier, à la télé.
Comment, en effet, parler de "gagner plus" avec 30% en moins ?
De même, le slogan sied mal aux nouveaux embauchés qui ne vont pas "gagner plus" en travaillant que lorsqu'ils étaient au chômage !
Aucun journaliste n'a relevé cette réalité. Il est vrai qu'ils n'étaient pas là pour cela .

Pour augmenter le pouvoir d'achat, Nicolas Sarkozy a, de nouveau présenté "l'intéresement" des salariés, slogan usé depuis quarante ans par tous les gouvernements qui refusent de majorer les salaires.
Parlant du régime de retraites, Sarkozy a maintenu son objectif de porter à 41 annuités le temps nécessaire pour obtenir une pension à taux plein.
Et de réitérer également sa volonté de réduire le nombre des fonctionnaires, des enseignants, en particulier.
Sur tous les sujets, le Président appliquera la politique qu'il a définie. Le fait de confirmer cette volonté sur une voix posée, ne change rien à l'affaire. Ni ses admonestations visant "le capital financier qui marche sur la tête".
Choisi par le monde des affaires, la bande des Quarantes valeurs,  pour privatiser la France, considérée comme leur bien propre, Nicolas Sarkozy avec ses grimaces de circonstance, ne leur fait guère peur. Ils doivent bien en rire, quand ils se rencontrent ensemble au Fouquet's, ou sur le yacht de Vincent Bolloré.
Le seul probléme, pour Sarkozy, c'est la réaction des salariés. Ils "préférent de la bonne soupe au beau langage". 
Premier test : le Premier mai.
Et le 15, les enseignants seront à nouveau dans la rue, avec les lycéens. 
Ce jour-là, les fonctionnaires se joindront peut-être au mouvement.
Et pourquoi pas le secteur privé ?
 


* Voir LE PRESTIDIGITATEUR, blog du 9 janvier 2008 

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Jeudi 24 avril 2008

Le Parti socialiste va soumettre à ses adhérents une "Déclaration de principes", qui doit mettre à jour les raisons d'être fondamentales du PS, et les objectifs nouveaux qu'il compte se donner. Cet "aggiornamento" à la française de la doctrine, intervient avec retard sur des opérations de même nature opérées par le Parti Social-démocrate allemand par son programme de Bad Godesberg, en 1959, et par le Parti travailliste britannique, sous l'influence des leaders Neil Kinnock et John Smith.dans les années 70, qui préparent le terrain au New Labour, d'Anthony Blair. Dans chaque cas, il s'agit de tendre à faire coincider les principes revendiqués avec l'action politique réellement menée. Autrement dit, ces partis abandonnent la phraséologie révolutionnaire d'antan pour un réformisme affirmé. La social-démocratie s'aligne sur l'idéologie de la bourgeoisie et se revendique officiellement de la "collaboration de classe".
La "Déclaration de principes", qui vient d'être élaborée par le PS, à l'unanimité, moins une abstention (celle de Mélenchon), ne déroge pas à la règle.
Dans un Préambule où la grandiloquence humaniste le dispute à l'évocation des grands ancêtres (le Siècle des Lumières, la devise de la Révolution française, la Commune, la République, le Front populaire, la Libération, la victoire de Mitterrand en 1981), les socialistes font l'éloge de "l'être humain", et plus du tout à une notion de classe et concluent :
"Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l'action, un avenir pour l'humanité. Sa nature est 'd'aller à l'déal et de comprendre le réel', d'inventer le futur et de travailler dans le présent, d'assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine".
En clair, sous des phrases boursouflées de bonnes intentions, le Parti socialiste confirme sa volonté de gérer la société telle qu'elle est - capitaliste, bien sûr - et, au nom du "réalisme" s'adapter au système. Ce que déjà des leaders du PS appellent "une politique courageuse" qu'ils entendent mener demain, 'ils retournent aux Affaires.
Mais pourquoi élaborer,  aujourd'hui, une "nouvelle doctrine" ?
L'article 17 de la "Déclaration de principes" répond à cette interrogation :
"Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l'Union européenne, qu'il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l'union européenne et de la construction d'une Europe politique".
L'article reprend ensuite les litanies habituelles sur les objectfs proclamés de cette Europe :  "assurer la Paix", "favoriser une croissance forte et durable et le progès social" sur le continent.
Chacun peut mesurer la réalité de ces invocations qui ne sont qu'un habillage d'une politique définie par le capital financier et le grand patronat, et apliquée par la soit-disante élite européenne "bleue et rose", dont nous parlons souvent.
Mais l'essentiel se trouve dans cette déclaration d'amour pour l'Union européenne et sa construction politique. Très noyée parmi les 21 articles - les 21 "conditions de Bruxelles" ? - que contient la "Déclaration de principes", l'article 17 résume fort bien les objectifs du PS, et la politique qu'il a menée au pouvoir ou dans l'opposition depuis la Libération.
L'allégeance revendiquée à l'Europe politique, c'est la négation de la Nation française, le rejet de la souveraineté populaire. C'est l'opposé absolu des valeurs invoquées à chaque phrase, dans chaque article de la Déclaration.
 
Cette dichotomie entre les actes et les paroles ne date pas d'hier.
Nous reprendrons ultérieurement l'analyse des différents textes rédigés par le Parti socialiste depuis sa naissance, en 1905, pour en montrer l'évolution radicale et mesurer, à chaque étape, la distance entre les valeurs évoquées et les positions politiques réellement prises.

par Jean Lévy publié dans : Politique
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Mercredi 23 avril 2008

Coca-Cola et Pepsi-Cola sont deux marques concurrentes de boissons gazeuses. Mais leur composition est quasi identique. Le choix des consommateurs peut se comparer au dilemne auquel sont confrontés les heureux citoyens des "grandes démocraties" occidentales. Dans le langage politique, on appelle cela le "bipartisme". C'est ce que nous appelons, sur notre blog, le Parti Bleu et le Parti Rose. Concurrents certes, mais leur "produit" offert, comme on dit dans les banques, est des plus ressemblants. Le "bipartisme" constitue le label exigé de la qualité "démocratique" du système.
Il est utilisé même au sein d'un même parti. Regardez ce qui se passe aux Etats-Unis, au sein du Parti démocrate : Hillary Clinton ou Barack Obama. Le Monde commente l'évènement en titrant, le 23 avril :
"L'argent, élément décisif pour départager les candidats démocrates à la Maison Blanche".

Le "bipartisme" permet donc de poursuivre "courageusement" une politique rejetée majoritairement par la population, qu'elle soit menée par le Parti Bleu ou par le Parti Rose. Quand le sentiment de rejet vis-à-vis de l'équipe au pouvoir est tel, le citoyen  peut alors changer la couleur de son bulletin de vote, sans modifier le cours des choses.
Ainsi est établi la stabilité nécessaire au marché et à la concurrence libre, valeurs essentielles de la "démocratie". On appelle cette pratique, "l'alternance", ce qui évite d'offrir un réelle "alternative".
Le "bipartisme" s'oppose donc au système de Parti unique, en vigueur dans les dictatures où les citoyens ne peuvent exercer librement leur choix, comme en Occident. Le seul critère est devenu, non pas le contenu du régime économique et  social du pays, mais l'existence ou non du "bipartisme", dans ce pays.
Certes, il arrive que face aux Partis Bleu et Rose, émerge une formation qui conteste leur politique. Dans ce cas, pour ne pas mettre  celle-ci en cause , les Partis Bleu et Rose gouvernent ensemble, comme en Allemagne, en Autriche, en Hollande. On appelle çà "la grande coalition". Mais l'inconvénient du procédé, c'est de faire éclater au grand jour, l'identité de vue des deux partis, et de renforcer l'opposition du troisième larron. comme quoi, tout n'est pas toujours simple dans une "démocratie" !
Aussi, une forme encore plus raffinée de celle-ci prend corps.
Le Monde, du 23 avril, annonce la couleur :
"En Italie, un bipartisme sans parti".
Et d'expliquer que les deux blocs qui se sont disputés le pouvoir aux denières élections, de l'autre côté des Alpes, le Parti du Peuple et de la Liberté, de Silvio Berlusconi, et le Parti Démocrate de Walter Veltroni sont :
"deux formations supposées en constituer l'ossature sont tout sauf des partis politiques classiques. Le PPL se résume à un homme, Silvio berlusconi.Il en était de même de Forza Italia qui l'a porté pour la première fois au pouvoir en 1994 (...) Le PD est à la recherche de la modernité dans le dépassement du clivage gauche-droite (...) Toutefois, aucune de ces deux formations n'a de structures, d'identité, de règles de fonctionnement".
En clair, le PPL et le PD n'ont pas de statuts, pas de militants, seulement un "état-major" qui décide souverainement. Il faut reconnaître que cette trouvaille est géniale, et qu'elle porte le"bipartisme" à un rang supérieur de "démocratie". C'est vrai, quand un parti doit, même formellement, demander l'avis des adhérents, il y a un risque de "populisme" qui peut contrarier l'orientation décidée "en haut". Le "bipartisme sans parti" évite cet écueil.
L'exemple italien est à méditer pour parfaire encore la "démocratie".
La France est encore en retard sur ce plan.
La mue complète du Parti socialiste en parti OFFICIELLEMENT "social-libéral", exigée par ses partis frères européens, et plus qu'encouragée par le Nouvel Obs' de Denis Olivennes et de PPR,  et Libération de Joffrin-Rothschild, n'est pas totalement réalisée du point de vue formel. La "Déclaration de principes" qui va être soumise aux militants du PS (c'est tout le hic de la chose), a beau rappeler la fidélité du parti à l'"économie de marché", il lui faut encore, pour la forme, intercaler "sociale et écologique" entre "économie" et "marché". C'est le prix à payer pour obtenir l'assentiment des adhérents !
Avec le "bipartisme sans parti", plus de scrupules ni de finasseries...
C'est le fin du fin de la "démocratie" !

par Jean Lévy
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Lundi 21 avril 2008

La mort d'Aimé Césaire a provoqué un grand moment d'hypocrisie et de cynisme de la part de "l'élite politique" de notre pays. Tous les politiciens en vue, à commencer par Nicolas Sarkozy, ont débordé de louanges envers "le grand poête", "l'humaniste", l'homme qui s'est fait le porte-parole de la "négritude" qu'il revendiquait pour lui-même. Un "consensus national" était ainsi réalisé, aux applaudissements frénétiques de tous les médias. En fait, tout ce beau monde voulait enterrer le grand disparu sous une avalanche de couronnes de fleurs vénéneuses
Pourtant, toute l'action politique des hommes de droite qui se pressaient en Martinique - et aussi de ceux qui se revendiquent de la "gauche" - est marquée par le combat qu'ils ont mené sans relâche, eux ou leurs prédécesseurs, contre les valeurs essentielles d'Aimé Césaire !
Faut-il rappeler que le leader martiniquais disparu déclarait :
"Je suis de la race de ceux qu'on opprime".
Dès sa jeunesse, avant guerre, poursuivant ses études à l'Ecole Normale Supérieure, il est de toutes les luttes contre le colonialisme. Il rassemble avec d'autres intellectuels d'extrême-gauche, une avant-garde pour la défense des "noirs".
Il se bat encore, dans son île natale, durant les premières années de la Seconde guerre mondiale, sous la coupe du gouverneur vichyste, l'amiral Robert, contre le colonialisme triomphant. Les élus locaux y étaient remplacés d'office par les "békés", les desendants des maîtres d'esclaves.
Et tout au long des décénnies qui ont suivi la Libération, Aimé Césaire est toujours aux côtés des peuples colonisés en lutte.  C'est vrai jusqu'à quitter le Parti communiste qu'il avait rallié, du fait que celui-ci avait voté, en 1956,  les pleins pouvoirs à Guy Mollet, Président du Conseil socialiste, celui-ci s'en étant servi pour intensifier la guerre en Algérie.
Relisons, aujourd'hui, le "Discours sur le Colonialisme", écrit par Aimé Césaire en 1950, où il met en exergue l'étroite parenté qui existe entre "nazisme" et "colonialisme" :

Oui, il vaudrait la peine d'étudier, cliniquement, dans le détail, les démarches d'Hitler et de l'hitlérisme, et de révéler au très distingué, très humaniste, très chrétien bourgeois du XXème siècle, qu'il porte en lui un Hitler qui s'ignore, qu'Hitler l'habite, qu'Hitler est son démon, que s'il le vitupère, c'est par manque de logique, et qu'au fond, ce qu'il ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme, ce n'est pas l'humiliation de l'homme en soi, c'est le crime contre l'homme blanc, c'est l'humiliation contre l'homme blanc, et d'avoir appliqué à l'Europe, desprocédés colonialistes dont ne relevaient, jusqu'ici, que les Arabes d'Algérie, les coolies des Indes et les nègres d'Afrique".

C'est toujours dans cet esprit qu'Aimé Césaire refuse de recevoir, en 2006, Nicolas Sarkozy, qui avait fait sienne, la loi votée le 23 février 2005, "sur les aspects positifs de la colonisation, qu'il faudrait intégrer dans les programmes scolaires".
Chacun mesure ainsi la fourberie du Président de la République qui, dans ses propos, ose couvrir de louanges l'homme de l'anticolonialisme !
On comprend que lors des cérémonies de Fort-de-France,le dimanche 20 avril, l'hommage rendu à Aimé Césaire ait prohibé tout discours officiel.

par Jean Lévy publié dans : Internationalisme
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Dimanche 20 avril 2008

La Chine populaire, telle que la présente nos médias, suscite l'hostilité d'une part importante des Français. Les anticommunistes, qu'ils soient du Parti bleu ou du Parti rose, rejettent la nature même du régime. Pour eux, il s'agit d'une dictature "rouge", couleur, à laquelle s'ajoute, pour la fraction raciste de la population, le "jaune" (comme le "péril" du même nom).
Pourtant, la bande du CAC, les Quarante Voleurs, qui distribuent l'information en France, portent pour eux-mêmes un jugement plus prudent sur le  marché juteux que représente le quart de la population mondiale, et un vaste pays où le coût du travail fait encore saliver plus d'un patron. Ainsi s'explique l'envoi d'émissaires à Pékin, le sénateur Poncelet, l'ancien Premier ministre Raffarin et le conseiller présidentiel Levitte, chargés d'excuser la France pour le mauvais accueil réservé à Paris à la Flamme olympique. 
Martin  Bouygues, Anne Lauvergeon ont dû téléphoner longuement à l'Elysée, pour ne pas voir leurs contrats révisés.
Mais ce n'est pas le sujet que nous voulons aborder ici.
Ce qui pose question c'est le sentiment partagé, à l'opposé de l'échiquier politique, par un certain nombre de militants vis-à-vis de l'expérience chinoise, sentiment qui va des réserves les plus vives au rejet pur et simple. Ce qui motive leurs critiques, c'est d'une part, ce qu'ils ressentent comme un système d'exploitation intensive des travailleurs, "plus féroce que nos régimes capitalistes", pour certains. C'est, d'autre part, la privation des libertés et les atteintes  aux droits de l'homme.
Il n'est pas dans nos intentions de nier l'effort intense exigé des Chinois pour produire, vite et beaucoup, dans tous les domaines de l'économie. Il semble en effet que pour réaliser cet objectif, les salariés soient contraints à supporter des conditions de travail plus que difficiles, sans contre pouvoir syndical véritable.
Cette considération suffit-elle à qualifier le système de "capitaliste" ?
Nous répondons par la négative. Certes, la Chine n'en est pas au "socialisme". Ses dirigeants ne l'envisagent qu'au terme de plusieurs décennies. Le stade actuel est celui de la construction d'une société nouvelle, qui vise à permettre à l'ensemble de la population de satisfaire ses besoins essentiels (qu'ils soient matériels ou intellectuels).
Pour réaliser cet objectif ambitieux, faut-il encore "accumuler un capital" susceptible de construire une société où chacun aura la possibilité d'accéder à un niveau de vie élevé. Et il n'y a pas de capital sans travail. Comme il s'agit d'un peuple d'un milliard trois cent millions d'habitants, la tâche est immense. Il faut aussi considérer le bas niveau de production de la Chine, d'avant la Révolution, et celui, considérablement déterioré, produit de la révolution culturelle de Mao. L'aventure industrielle à grande échelle n'a pas trente ans d'âge. Et son intensification, beaucoup moins.
Et déjà, de trois à quatre cent millions de Chinois vivent à l'égal des Européens et des Américains. Certes, la grande majorité du peuple vit encore très modestement. Mais la misère, générale d'il y a soixante ans, ne frappe plus qu'une petite fraction de la population. Nous tenons ces statistiques, non de l'Ambassade de Chine, mais des organismes économiques dépendants des capitalistes .  
Considération encore plus importante, la République populaire a réalisé l'autosuffisance alimentaire de la population (qui représente 27% de celle du monde entier), alors que l'on sait que la surface de ses terres arables ne représente que 7% de la superficie de son territoire*.
La famine
, qui ravage encore les peuples de continents entiers, engendrant des émeutes de la faim, a disparu en Chine. Alors qu'en Afrique, par exemple, les mono cultures sont destinées à l'exportation, laissant les peuples sans moyens de se nourrir, le gouvernement chinois priorise la constitution de stocks almentaires à usage interne, au détriment des exportations. Cette politique est jugée responsable de la hausse du prix des denrées alimentaires dans le monde, par les "experts" occidentaux. Ceux-ci ajoutent que la généralisation de la viande dans l'alimentation chinoise est également un facteur de raréfaction au niveau mondial. 
Le fait de donner la priorité aux besoins alimentaires de la population, en quantité et en qualité,  n'est-il pas le signe que le pouvoir populaire pourvoit au premier droit de l'homme : le droit de pouvoir se nourrir. Ne nous dit-on pas que la centaine de magasins Carrefour, une enseigne étrangère parmi beaucoup d'autres,  établie sur le territoire chinois, ne désemplit pas, et que 90% des denrées alimentaires vendues sont chinoises. Les images des médias français nous montrant l'effet du boycott : des 'grandes surfaces'  vides, alors qu'en temps normal, elles regorgent de monde. 
On nous dira : tout cela  ne fait pas le socialisme. Non, bien sûr, mais ce n'est pas le signe d'un retour au capitalisme ! Et le nombre de milliardaires individuels engendrés par l'industrialisation à outrance, ne contrarit pas l'élévation du niveau de vie du plus grand nombre, contrairement à ce qui se passe en Occident.
Quant à tous ceux qui n'ont à la bouche que "les Droits de l'Homme", ils ignorent superbement les travailleurs pauvres dans nos pays, qui  vivent de plus en plus mal, qui n'ont plus la possibilité de se nourrir convenablement. Ils ont bien le droit de s'abstenir aux élections en signe de protestation.
Pour nos beaux esprits anticommunistes, qui ont, eux,  les moyens de bien se nourrir, le fait de manger à sa faim ne se décline pas parmi les Droits de l'Homme.
 
Que nos amis, censeurs sévères de la Chine populaire, réfléchissent. Le peuple chinois ne mesure-t-il pas la construction du socialisme à l'aune des progrès matériels dont il bénéficie année après année ?
Pourquoi la diaspora chinoise, en France et dans le monde, est fière des progrès fulgurants réalisés par leur pays, alors que, dans le passé, les immigrés des pays socialistes étaient des "dissidents", utilisés par la propagande impérialiste occidentale ?
La Chine  est-elle, pour autant, l'eldorado, le pays de cocagne ?
Personne ne le prétend, à commencer par ses dirigeants.
Ce qui reste à faire est encore sans commune mesure avec ce qui a été accompli.
Mais l'expérience chinoise existe, comme l'expérience cubaine, comme existait, jusqu'en 1991, l'expérience soviétique.
Nous attendons encore l'expérience française...


* Eléments apportés par l'économiste libéral, Bernard Marie, sur France Inter, le 18 avril 2008

par Jean Lévy
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Samedi 19 avril 2008

La campagne avait débuté par une banale chronique de Simon Tivolle, sur France Inter. Son "mémo" du dimanche avait été consacré à  la "recherche d'air pur par la population aisée de la capitale, au XIX ème siécle". Les familles aristocratiques et bourgeoises recherchaient alors un air plus pur pour édifier leurs hôtels. Ce fut le début de l'essor d'un nouveau quartier, celui de la plaine de Monceau, renommée alors pour la qualité de son air.
Puis, dans les semaines qui ont suivi, la radio publique consacra plusieurs émission à l'air vicié que l'on respire dans les grandes villes, notamment à Paris. Un "téléphone sonne" fut réservé  au sujet. Un professeur de médecine, fort renommé, un spécialiste de la vie urbaine, différentes notabilités, répondirent aux auditeurs inquiets, que si les choses ne changeaient pas, d'ici 2040, non seulement l'air de nos villes serait irrespirable, mais que la population serait très majoritairement atteinte de maladies incurables. Plusieurs autres "téléphone sonne" revinrent sur la question, de tonalité de plus en plus alarmante. 
C'est alors que Jean-Marc Sylvestre entreprit, dans sa chronique économique du matin, de mesurer le coût social de ce cataclysme programmé. Il revint sur cette question récurrente à de nombreuses reprises.  Caroline Cartier, dans son "Cartier libre" rappela que l'histoire de l'air que l'on respirait à l'origine, était pur dans nos campagnes, jusqu'à l'industrialisation de masse de nos territoires. Et de comparer l'histoire de l'air et de l'eau, et pour celle-ci, les stations d'épuration, qui ont permis de garantir la qualité de l'eau utilisée dans nos cités.
Puis ce fut le tour de Nicolas Demorand d'inviter, tour à tour, l'auteur d'un livre consacré à "l'eau à travers les âges", un membre de l'Académie, dissertant sur l'inconséquence de notre civilisation qui "pourrissait l'air que nous respirons". Le dimanche, Roland Milhaïl pris le relais sur le même thème.
Cette campagne fut menée parallèlement par Europe N°1, Radio Luxembourg, et quelques débats furent engagés, sur toutes les chaines, à la télé. Jean-Marie Colombani posa le problème "de l'air, au XXIème siècle", dans son émission de France Culture, "la rumeur du monde". Le Monde 2 consacra à la question plusieurs pages, relayées par des "tribunes" dans le quotidien. Libération, Le Figaro, le Parisien et plusieurs journaux de province ne furent pas en reste. Le Point, le Nouvel Obs', en firent leur Une.
Les Verts firent de "l'air pur pour tous" un mot d'ordre écologique.
L'opinion publique commençait à s'émouvoir. C'est alors que divers instituts de sondages posèrent gravement la question : "Préférez-vous respitez de l'air pur ou de l'air vicié ?".
97,7% des sondés répondirent que leur choix était "l'air pur".
Une société s'était déjà mise à fabriquer un modèle d'appareils, copié de la technique des aérosols, tels qu'ils existent dans les hôpitaux. Encore encombrant, une industrie spécialisée dans la micro technique, se mit à mettre sur le marché, des appareils plus adaptés.
La pub, à la télé, ne manqua pas de montrer la possibilité, dès à présent, de les installer dans les jardins, sur les balcons, pour respirer enfin un air raffiné.
Le problème devint un enjeu national, puis mondial. Bernard Guetta, encore sur France Inter axa plusieurs chroniques sur "l'Europanéisation de l'air pur", des futures conflits engendrés entre les pays où l'air était d'une rare qualité et ceux dont il était pollué.
Nous n'en étions qu'aux balbutiements de l'industrie de l'air.
Une PME française mis au point de "l'air en cachet soluble". Une autre inventa "l'air en poudre".
Fin du fin, on mit sur le marché, diverses spécialités, telle "l'air d'Océan", "l'air des Sommets neigeux", "l'air sidéral", très apréciées par la clientèle des beaux quartiers.
Ces découvertes, fièrtés de l'innovation française, permirent la fabrication d'appareils adaptés, peu encombrants, personnalisés, agréables à porter, jolis à regarder. Des séquences de pub, à la télé, à la radio, dans lesjournaux, firent de ces objets une nécessité recherchée.
Les PME, spécialisées tant dans la fabrication des appareils miniaturisés, que des produits "d'air concentré", furent rapidement absorbées par une grosse entreprise du CAC 40, elle-même, rachetée rapidement par un fond de pension américain. 
La généralisation des mini-aérosols portatifs devint un problème politique.
Pouvait-on accepter qu'une masse de gens respirent et rejettent de l'air pollué, à côté d'une minorité appareillée, qui vivait dans un air vivifié ?
De politique, le sujet devint moral.
Tous les médias s'en firent l'écho.
Les uns pestaient contre l'injustice sociale ainsi crée. Les autres dénonçaient les dangers que faisaient courir à la société la population  développant en respirant, de l'air vicié. On parla de créer des zones purifiées, interdites aux non-porteurs d'appareils à air purifié, de quartiers sensibles où serait décrètée une interdiction de circuler.
Le Président trancha. Lors d'une visite à l'usine d'air purifié, il décida qu'une commission d'experts trancherait. Et ses conclusions furent traduites en un projet de loi rendant obligatoire le port d'un appareil, muni des solutions d'air pur, en cachets ou en gellules, sur tout le territoire français. En fait, il ne s'agissait que de la transposition de dispositions prises par la Commission de Bruxelles, le problème étant évidemment européen.

C'est ainsi qu'en l'an 2020, l'air qu'on respire devint une marchandise, en concurrence libre et non faussée
.

par Jean Lévy publié dans : Social
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