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Le Pouvoir et Le Figaro sont satisfaits : "L'Ordre règne à Villiers-le-Bel !". 
Depuis deux jours, et surtout deux nuits, pas le moindre incident. Dès le soir, les rues sont vides, les gens sont calfeutrés chez eux. Plus de mille hommes, policiers, CRS, en tenue de combat, dressent des barrages, patrouillent dans la cité. Deux hélicoptères, projecteurs en pleine puissance, survolent le toit des immeubles, vérifient jusque dans les encoignures de la moindre voie. La ville est occupée. Villiers-le-Bel, 26.000 habitants, compte donc un uniforme pour 26 d'entre eux ! 
Le calme, le vrai, est-il pour autant revenu ? Non ! "Les raisins de la colère", les raisons de la rage sont  toujours présents, non seulement dans l'esprit des jeunes, mais également ceux d'une grande partie de la population des quartiers dits 'sensibles'. au-delà des problèmes fondamentaux non réglés - le chômage qui touche 19% des habitants de Villiers-le-Bel, de 30 à 40% des jeunes - l'attitude de la police et des autorités, au soir même du drame, montrent leur vrai visage : la procureure, sans attendre, fait siennes les 'conclusions' affirmées, sans la mondre enquête sérieuse, par les services de l'Inspection Générale de la police. Pour celle-ci, il ne s'agit que d'un banal accident de la circulation. Circulez, il n'y a rien à voir ! Et de s'enfoncer dans le mensonge : si l'avant de la voiture de police est totalement défoncée, c'est le résultat des dépradations effectuées par les jeunes après la collision. Or, non seulement des témoins non interrogés s'inscrivent en faux face à de telles assertions, mais un film amateur tourné dans le quart d'heure qui suit, prouve que les déterriorations du véhicule proviennent du choc que celui-ci a provoqué, que les blessures mortelles des deux jeunes attestent cette thèse. L'Inspection Générale de la police a donc menti. Pour dédouanner la responsabilité des policiers, elle a sciemment inventé une histoire, et la procureur l'a officialisée d'office !
Cette mise en scène  exprime bien la réalité des rapports qui existent  dans les cités entre la population, les jeunes en particulier, et les structures qui représentent l'Etat. La rage, voire la haine, sont, dans ces conditions, loin de s'éteindre dans les banlieue populaires.