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Dans le vocabulaire des hommes politiques et des médias, le mot 'Démocratie' est le vocable le plus utilisé pour évoquer  un Etat dans lequel les libertés essentielles sont prétendument réunies. Les "Grandes démocraties" s'identifient naturellement, dans l'esprit de ceux qui emploient ce terme, aux pays  occidentaux, pris globalement, c'est-à-dire qui ont un régime politique de nature parlementaire. Parmi ceux-ci, le Japon est devenu, par un jeu subtile de syntaxe, et contrairement à la géographie, un Etat 'occidental'
Il y a donc substitution de sens : le "système parlementaire" n'est pas, et de loin, automatiquement un régime démocratique. "Démocratie" veut dire
'pouvoir du peuple'. Pour donner un sens à cette définition, il faut pour cela que le peuple, tous les citoyens, participent directement à la direction des affaires publiques. Or, les systèmes électoraux sont généralement conçus pour en écarter les ouvriers (et les privés d'emploi, qui demeurent des citoyens), les couches plus pauvres en général, en un mot  : "les classes dangereuses".

 Certes, en principe, le droit de vote est accordé à tout le monde. Ce n'a pas été toujours le cas. Ne votaient, en France, tout au long de la première partie du XIXème siécle, que ceux qui disposaient d'un bien, d'une certaine fortune. Nous en étions au vote dit 'censitaire'. Le prince Louis-Bonaparte a compris le premier que le meilleur moyen d'apparaître comme le 'candidat du peuple', était d'instituer le sufffrage universel, quitte, une fois devenu Empereur, à limiter le choix des électeurs en instituant la "candidature  officielle", bénéficiant  seule, du soutien du pouvoir. 
De nos jours, ce modèle n'est plus de mode...officiellement ! Les classes dirigeantes disposent de moyens plus sophistiqués pour aboutir au même résultat. Chacun a pu s'en rendre compte dans la dernière période.

Premier exemple : lors du référendum sur le projet de constitution, au printemps 2005, l'ensemble des médias, des corps constitués, des plus grands partis politiques, ont appelé à voter OUI. Le peuple, dans sa majorité a voté NON. 
Résultat : cette année, les citoyens seront privés de référendum ! De Nicolas Sarkozy en passant par sa majorité UMP, jusqu'à nombre de parlementaires socialistes, conscients du danger de donner la parole au peuple, tous ont décidé d'avoir recours au vote des seuls parlementaires. Or, comme en 2005, la majorité d'entre eux fait sien, le traité de Lisbonne, tout en reconnaissant que leurs électeurs demandent un vote populaire.

Second exemple : pour la dernière élection présidentielle,  les médias ont présélectionné deux candidatures quasiment 'officielles', celles des deux partis majoritaires, Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal. Il n'y avait pas d'autre choix . Tous les instituts de sondages le "prouvaient" tous les jours. Voter pour un des autres candidats n'avait aucun sens.  Chiffres à l'appui, ils ne pesaient rien dans la balance.
On connaît le résultat : un match à deux, éliminant d'avance toute autre alternative. L'élection à deux était sans risque pour "l'économie de marché", la "libre concurrence" et la construction européenne.

D'autres moyens sont utilisés pour fausser le choix des électeurs. 
En France, compte-tenu du "mauvais esprit" historiquement prouvé de son peuple, la 'représentation proportionnelle" des diverses tendances nationales est "interdite" par les deux partis dominants qui préfèrent un système leur permettant  de gouverner en 'alternance'. Nous sommes le seul pays parmi les 27 qui composent l'Union européenne à être privé de la "proportionnelle", en dehors de la Grande-Bretagne. Ce pays garde, en effet,  un mode d'élections archaïque  - un vote à un seul tour avec l'élection du candidat ayant reccueilli le plus de voix, et cela dans des circonscriptions  plus ou moins importantes. Le parti qui l'emporte peut, dans ces conditions,   totaliser seulement 35% des suffrages !

Le système ayant cours en France aboutit à un résultat similaire : quand l'abstention est forte, la majorité élue représente une minorité de citoyens. Nicolas Sarkozy, lui-même, n'a rassemblé, au second tour, que 43% des inscrits sur les listes électorales...
Dans des pays comme les Etats-Unis, la moitié des électeurs, la plus pauvre de la population, ne prend pas part au scrutin. Si bien qu'un Président des USA n'est élu que par le quart, environ, des citoyens ! 
Ce qui ne l'empêche pas de vouloir régenter le monde au nom de la "Démocratie"...

Tag(s) : #Politique
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