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C'est par ces paroles, prononcées au dîner annuel du CRIF,  que Nicolas Sarkozy confirme sa volonté de promouvoir le religieux au sein de la République. 
Déjà, le 20 décembre à Saint-Jean-de-Latran, il considére que "les religions sont plutôt un atout". Il récidive le 14 janvier à Riyad : "Dieu n'asservit pas l'homme, mais il le libère". Au Pavillon d'Armenonville, le 13 février, le président a tenu à être présent au dîner organisé par le Conseil Représentatif des Institutions Juives en France. C'est la première fois qu'un chef de l'Etat participe à une telle manifestation. Après l'Eglise catholique, la religion musulmane, c'est la confession juive qui offre à Sarkozy une nouvelle occasion d'exprimer son soutien sans faille à "l'idée de Dieu" : 
"Le drame du XXème siècle n'est pas né d'un exès de l'idée de Dieu, mais de sa redoutable absence"
Revenant sur sa comparaison de l'instituteur et du curé, Nicola Sarkozy déclare :
"Je n'ai jamais dit que la morale laïque était inférieure à la morale religieuse. Je défends l'idée que , les deux sont complémentaires". 
Qui dit 'compémentaire', suppose l'adjonction de l'une par rapport à l'autre. Autrement dit, le président de la République française souhaite inscrire la morale religieuse dans l'éducation des enfants. 
A l'école laïque ? Il sait que ce n'est pas (encore ?), possible. Mais, il ne cache pas ses regrets : 
"Que ne dirait-on pas si l'instituteur s'autorisait à témoigner d'une morale religieuse ?".
On dirait simplement qu'il a enffreint la loi, et serait pour ce motif sanctionné. 
Le président n'a pas les mêmes scrupules, car ses propos, venant du premier magistrat de l'Etat, sont contraires à l'esprit de la Constitution :
"Le second (le curé, le rabbin, l'imam), témoigne d'une trancendance dont la crédibilité est d'autant plus forte qu'elle se décline dans une certaine radicalité de la vie". Certes, ce n'est pas du Bossuet. Le sens de ces paroles, à défaut de clarté, témoigne d'un recours permanent à la chose divine.

Mais pourquoi Nicolas Sarkozy "persiste et signe" avec tant d'insistance ? 
Par ferveur religieuse ? Venant d'un homme marié trois fois, et divorcé deux, cela serait étonnant. Non, ce qui guide ses propos, c'est une détermination de caractère idéologique. Utiliser la (les) religion à des fins poltiques est une coutume courante. Napoléon a écrit sur ce sujet des phrases fameuses. Les rois de France et d'ailleurs ont toujours utilisé Dieu pour assoire leur pouvoir absolu. Mais aujourd'hui, les proclamations divines du Président s'inscrivent dans la réalité européenne, que nombre de ses soutiens, voudraient voir chrétienne, à commencer par le Vatican. Au dîner du CRIF, Sarkozy a lié nettement religion et politique :
"Le monde sans Dieu que le nazisme et le communisme ont cherché à bâtir ne s'est pas révèlé tellement préférable",  à celui où la religion  régnait. La mise à égalité des deux systèmes sociaux  n'est pas nouvelle dans la phraséologie européaniste. Dans la bouche du chef de l'Etat, ces propos sont indécents et scandaleux, soixante ans après la victoire décisive de l'Armée rouge, à Stalingrad, sur l'armée allemande.  Car elle permit la victoire de la liberté dans le monde, et la libération de notre pays. Pourtant, le parallèle mis entre communisme et nazisme n'a pas pas effarouché Marie-George Buffet et Robert Hue, qui représentaient (?) le Parti communiste français au dîner du CRIF. 
Mais est-ce spécialement ce silence qui interroge ? 
Le problème, c'est leur présence habituelle à cette cérémonie.  Hier encore, ils dînaient  aux côtés du Président, d'une vingtaine de ses ministres, de dirigeants socialistes aussi, tels Bertrand Delanoë,  Jean-Pierre Huchon,  Ségolène Royal, également (qui a eu, elle, la prudence de ne venir qu'après le discours élyséen). 
Car le CRIF n'est que l'organisation lobbyste de l'Etat d'Israël en France. Le CRIF fait l'amalgame entre les juifs religieux et les très nombreux  Français qui ne renient pas leur ascendance juive, mais athées, ils sont hostiles à toutes religions. Ils se considèrent, en outre,  solidaires du peuple palestinien martyr, colonisé par l'Etat hébreu. 
Il s'agit d'un véritable captage d'héritage, d'une opération politique où se retrouvent mêlées la vraie droite et la fausse gauche, et à laquelle coopérent, par leur présence,  les dirigeants du Parti communiste ! 
L'hommage rendu aux  millions d'hommes, de femmmes et d'enfants juifs, victimes de l'hitlérisme est utilisé, tant par le CRIF que par Sarkozy, pour mettre en vedette  la religion que ne partageaient pas nombre de déportés. 
L'objectif est aussi et surtout de développer une campagne anticommuniste, alors que tant de gens assassinés dans les camps nazis fondaient leurs espoirs sur la victoire de l'Armée soviétique. 
Il faut rappeler aussi que ce n'est pas l'Occupant qui a imposé le premier "statut des juifs", le 3 octobre 1940, mais bien le gouvernement de Vichy, mis en place par la majorité de cette droite française religieuse, revancharde et versaillaise, dont se réclame "sans complexe" Nicolas Sarkozy.
 
Quetion subsidiaire : de quel côté se trouvait Sarközy de Nagy-Bocsa, le grand-père du Président, durant toute la guerre, dans la Hongrie cléricale et fasiste de l'amiral-régent Horthy, puis dans celle des Croix Flêchées hitlériennes, période où furent assassinés tant de juifs ?  Il a quitté son pays pour  l'Allemagne, toujours en guerre,  à l'heure de la libération de sa patrie...par l'Armée soviétique, ses terres étant nationalisées. 
Il faudrait que le petit-fils s'en souvienne.
 
Car il s'agit vraiment de "morale", de la morale tout court.

Tag(s) : #Politique
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