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Hier soir, Florence Parisot était l'invitée de l'émission "Le franc-parler", sur France Inter.
La première question posée à la présidente du Medef par les journalistes porte, naturellement, sur ses réactions aux propos "musclés" ou "virils" (selon les expressions utilisées par les supporters du Président ), tenus par Nicolas Sarkozy, au Salon de l'Agriculture. 
La dame Parisot tient immédiatement à en relativiser l'importance :
"N'en faisons pas un drame !".
Pour elle, l'essentiel n'est pas là.
A la question : 
"L'impopularité actuelle du président est notamment liée à son style. Est-ce de nature à compromettre les réformes que vous appelez de vos voeux ?", 
Laurence Parisot répond :
"C'est vrai, on explique mieux les réformes quand on est populaire que quand on l'est moins. Il y a eu une incompréhension qui ne me semble pas si grave, si fondamentale. La preuve, il a choisi une équipe gouvernementale, qui reste très populaire. Qu'est-ce qui est le plus important ? Cet incident, qui est regrettable mais qui n'est qu'un incident ne portant pas à conséquence. Ou le fait que nous sommes en train de travailler sur la durée du travail ?"

Laurence Parisot fait en permanence le panégyrique des "réformes" entreprises par le Président de la République depuis le mois de juin dernier. Elle se pâme devant l'oeuvre déjà réalisée : la réforme des régimes spéciaux de retraites, les restrictions au droit de grève, le nouveau "contrat de travail" qui va être voté, la liquidation de la loi des 35 heures, l'extension de la précarité - ce que le Medef nomme "la flexibilité" -  du travail. Elle se réjouit d'avance des lois en préparation qui seront, à ses yeux, encore plus spectaculaires. 
N'a-elle pas dit que :
"La vie, la santé, l'amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?"
En clair, Laurence Parisot considère que le bilan social de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement est exemplaire. Le reste, ses écarts de langage, ne sont que pécadille. 

Et si la "patronne des patrons" avait raison ? 
"Canempechepasnicolas" ne dit pas autre chose. 
 
Le Président a été choisi, soutenu dans sa campagne et propulsé à l'Elysée par la Bande des Quarante Valeurs, qui fait la loi au Médef. Aujourd'hui, celui-ci est plus que satisfait du blilan de Nicolas Sarkozy. Ce ne sont pas, pour les représentants du Capital,  quelques paroles malheureuses qui changent la donne.
 
Cette vérité devrait éclairer l'opposition, les dirigeants socialistes, en particulier. Ceux-ci devraient, en premier lieu,  dénoncer la poltique de la droite. 
Faudrait-il, pour cela, qu'ils défendent une autre politique. 
Ce n'est pas le cas. Le PS, au gouvernement, n'a jamais remis en cause les lois antisociales prises par Balladur, Chirac ou Juppé. Dans le cadre  de l'Union européenne, les socialistes mènent une politique similaire à celle de la droite, à Lisbonne, par exemple. La vive réaction du peuple portugais en est la preuve. C'est vrai également à Rome. En Allemagne, droite et sociaux-démocrates sont associés au pouvoir, comme en Autriche. La raison de tout cela, c'est l'accord de fond au niveau de l'Union européenne, le futur "Empire", selon Dominique Straus-Kahn, et sur le plan mondial, au FMI, à l'OMC.

Dans ces conditions, il est plus facile de  hausser le ton et de mobiliser à propos de l'attitude de Sarkozy, que de
fustiger sa politique et de sensibiliser le monde du travail pour s'y opposer.

Tag(s) : #Social
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