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Un évènement majeur est intervenu à Massy, ce jour-là. 
Nous sommes le 21 février 2008. La scène se passe au siège de l'Union locale CGT. Cent travailleurs africains sont présents. Ils ont un emploi, mais ils sont dépourvus de "papiers". Raymond Chauveau, le secrétaire de l'UL, les a réunis pour organiser collectivement leur défense. L'objectif premier est d'exiger pour eux, un 'titre de séjour'. Cette action doit se mener au grand jour, dans une démarche officielle. La CGT en prend la responsabilité.  Le secrétaire syndical donne des conseils "Il ne faut pas se rendre seul à la Préfecture, même si la convocation semble 'honnête'. Soyons unis dans la CGT". 
Le succès obtenu, après une semaine de grève,  par les sept cuisiniers africains "sans-papiers", du restaurant de la Grande Armée, près de l'Etoile, donne confiance. 
Rien qu'à Massy, ils seraient plus de 400, venus du continent noir, syndiqués à la CGT. 
Au-delà des perspectives offertes par cette manifestation publique et collective, les travailleurs présents ont gagné leur dignité d'homme : hier, ils étaient des "clandestins", cloîtrés dans leur peur quotidienne, sans  existence légale. Aujourd'hui, ils constituent ensemble une force collective, intégrée au combat de leur classe. Ils sont devenus des hommes, fiers de l'être, qui luttent au grand jour.
L'action de Massy est exemplaire. Il devrait se répandre comme une trainée de poudre parmi les centaines de milliers de salariés, privés de papiers, clandestins malgré eux, exploités sans mesure par des patrons qui profitent de l'aubaine.La CGT est là pour les rassembler.
Songeons à ce que signifierait un mouvement d'ensemble des travailleurs  immigrée rejoignant leurs frères de misère de souche métropolitaine !
Soyons clairs : patrons et gouvernement jouent du fossé qui sépare artificiellement  les salariés - et les privés d'emploi - du fait de leur origine, de leur langue, de leur implantation territoriale. Le pouvoir sème la haine entre eux, désigne l'ennemi : la population des quartiers qu'il appelle "sensibles", les jeunes, en premier. Les riches ont toujours peur des pauvres, et des plus pauvres, en particulier. La crainte des nantis, c'est d'imaginer le rassemblement des exploités. Aussi, tout est bon pour les diviser.
Imaginons une manif' qui regrouperait salariés et chômeurs, déboulant des  "cités" et des autres quartiers, pour se rejoindre dans un même flot...
Nous pourrions dire alors qu'une nouvelle page de l'histoire ouvrière s'écrit. 
Avec la perspective de la victoire du peuple uni.

Tag(s) : #Social
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