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Ces jours derniers ont été fertiles en évènements.

D'abord l'offensive israélienne contre la bande de Gaza. Un déluge de feu s'est abattu sur ce territoire palestinien. Plus de 70 morts, dont beaucoup de civils, femmes et enfants. Tel Aviv prétend qu'il s'agit d'une opération "d'autodéfense" visant à faire cesser l'envoi de roquettes sur les villes d'Israël, proches de la frontière. Les représailles sont toujours le commode prétexte de l'occupant, face à la résistance des peuples que l'on veut soumettre. Dimanche, le premier ministre hébreu,Olmert annonce que l'offensive se poursuivra tant que les roquettes palestiniens tomberont sur Israël. Et ceux-ci, malgré l'action militaire d'envergure, continuent de s'abattre. Et, brusquement, lundi matin, les forces isréliennes cessent le combat et amorcent un mouvement de repli...Le Hamas crie victoire et compare celle-ci à celle que le Hesbollah a remportée au Liban. Que s'est-il passé ? La résistance palestinienne plus forte que prévue, l'émotion suscitée dans le monde par l'ampleur et la violence de l'offensive de Tsahal, condamnaient celle-ci soit à envisager une guerre totale et l'occupation globale du territoire de Gaza, avec le risque d'une guerre de maison à maison, soit un retrait et la fin de l'opération militaire. L'Etat d'Israël craint comme la peste l'enlisement meurtrier de la guerre urbaine. Il ne faut pas exclure que l'arrêt des opérations résulte également d'une pression des Etats-Unis sur Tel Aviv, non pas par souci humanitaire, mais pour éviter un embrasement dans la région.

Second front de l'actualité de cette fin de semaine : les élections présidentielles russes. Dimitri Medvedev est élu avec 70% des voix, avec un taux de participation annoncé de 67% . C'est un succès, certes, mais le successeur de Vladimir Poutine ne reccueille les suffrages que de la moitié à peine des électeurs. Ce pourcentage n'autorise pas à parler d'un scrutin "fait d'avance". Le candidat du Parti comuniste obtient, lui, 17,80 % des voix, plus que les sondages ne lui en accordaient. Les médias occidentaux, les français, en particulier, oscillent entre l'idée que "rien ne va changer", en Russie, Poutine restant dans l'ombre. Il resterait ainsi  l'homme fort qui va poursuivre la même politique, à travers sa créature. L'autre hypothèse, c'est l'espérance que Medvedev, le dauphin désigné, va se révéler un habile politique  qui, par ambition, va tenter de se débarasser de son mentor. Cette perspective, souhaitée par l'Union européenne,  va de pair avec le sentiment que le nouveau président est davantage porteur de l'idéologie libérale que son prédécesseur.

Troisiéme sujet d'incertitude : la violation du territoire de l'Equateur effectuée par les militaires colombiens, sur ordre du président Alvaro Uribe,  et le massacre de guerrilleros des FARC, dont Raul Reyes, le numéro deux du mouvement. Les vives réactions des présidents Rafael Correa et Hugo Chavez à l'égard du pouvoir de Bogota, avec  l'envoi de blindés vénézueliens à la frontière colombienne, expriment la volonté de Caracas et de Quito de faire face aux provocations hostiles du protégé de Washington. Ces évènements sont pris au sérieux par le gouvernement français, qui craint qu'ils rendent plus difficiles la libération des otages, dont Ingrid Betancourt, objectif proclammé par Nicolas Sarkozy, à des fins d'image personnelle.

Enfin, sur le plan international, la visite officielle du président iranien à Bagdad, avec toutes les démonstrations d'amitié entre les représentants de l'Iran et de l'Irak, pose une question : la réception avec tous les honneurs de Mahmoud Ahmadinejad, y compris dans la "zone verte" ultraprotégée des Américains dans la capitale, a-t-elle pu s'effectuer sans l'autorisation de l'administration US ? Si oui, pourquoi permettre à l'ennemi juré des USA  d'effectuer ce voyage ? Sinon, le gouvernement irakien a-t-il la latitude de développer une politique autonome par rapport à celle du Département d'Etat ? La solidarité entre pouvoirs chiites paraît une explication courte.

Enfin, sur le plan intérieur, nous assistons à un réglement de compte entre patrons. Mais que signifie la volonté du MEDEF (ou du groupe soutenant Laurence Parisot) d'imposer sa loi à sa plus puissante fédération, l'UIMM. L'initiative de la PDG de l'IFOP est encensée par les confédérations ouvrières, de même que par l'UMP et le PS, comme si l'amie de Nicolas Sarkozy allait réellement "faire le ménage" dans le patronat ! Le Bureau de l'UIMM (qui comprend les plus grands noms des PDG de la métallurgie), se réunit aujourdhui.  Cette réunion  permettra-t-elle de nous éclairer sur les dessous de ce conflit ?
Nous y reviendrons.

 

Tag(s) : #international
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