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Depuis des décennies, "on" nous annonçait, avec le " marché" et la "concurrence libre et non faussée", un avenir radieux, les verts pâturages, les lendemains qui chantent. Sur terre, la vie ne serait que poésie, charme et volupté. Et en Europe, plus précisément dans l'Union européenne, ses  lois communes apporteraient la liberté (d'entreprendre, s'entend), une vie paisible, la stabilité des prix garantie par l'euro, le plein emploi, des finances assainies, le bien-être pour tous. Tout n'était que félicité. 

Et puis, d'un seul coup, les experts financiers, les économistes distingués se sont "pris la tête" et  se sont grattés le menton. Perplexes, ils ont constaté des nuages, de plus en plus noirs, dans le ciel de Wall Street. Alors, toujours dubitatifs, ils ont marmonné des mots inintelligibles, tels que "risque de récession" au Pays de la Libre Entreprise, banques en  grande  difficulté, faillites généralisées. C'était à ne pas croire !
Aujourd'hui, les diseurs de bonne aventure économique sont carrément inquiets. Rien que sur France Inter, ceux-ci nous donnent des sueurs froides : Nicolas Demorand, Bernard Guetta, jusqu'à Jean-Marc Sylvestre (pensez-donc, Jean-Marc Sylvestre !), tous adeptes frénétiques du "marché", qui quotidiennement annonçaient l'âge d'or, prédisent maintenant la catastrophe. Pire, nous serions déjà en plein dedans !.
Et d'énumérer l'euro qui s'envole, l'or noir qui atteint des sommets, l'once d'or à mille dollars, les matières premières et l'agro-alimentaire  qui, comme la petite bête, montent, montent, montent ...Les Etats-Unis déjà en récession et celle-ci menacerait l'Europe. Les journaux financiers, qu'on croyait prudents et discrets, emboitent le pas. La Tribune et Les Echos pointent du doigt les dangers qui nous guettent. Ils se font oiseaux de mauvaise augure. L'inflation serait, selon Eurostat  à 3,3% sur un an. Du jamais vu depuis dix ans. Les consommateurs avaient bien affirmé qu'un plein caddy, dans les grandes surfaces, se payait 20, 30% plus cher qu'il y a trois mois. Chacun savait que cette perception du vécu est d'abord psychologique, que la vérité est toute autre. Et maintenant, voilà les statistiques officielles qui confirment la valse des étiquettes des denrées courantes !
Cette situation donnerait la chair de poule si, heureusement, de bonnes nouvelles ne venaient  apporter enfin une dose de bonheur : les entreprises du CAC 40 ont engrangé, en 2007, 101 milliards d'euros de profit, un chiffre jamais atteint. Et, cerise sur le gâteau, les actionnaires, dont on connaît le travail épuisant, se sont partagés entre eux la moitié, soit plus de 50 milliards d'euros. 
C'est la preuve que tout le monde n'est pas mécontent en France.
Le gouvernement l'a bien compris. "Nous ne changerons pas de politique !", affirme François Fillon, conscient que la morosité ne vient pas de son camp. Lui-même, ses ministres, à la suite du Président de la République, tous répètent en choeur : "la croissance sera au rendez-vous !", faisant fi de la crise profonde décrite, chaque jour, par les économistes.  
En somme,  tout va bien. 
Ensemble, ils pourraient reprendre la chanson "Tout va très bien, madame la marquise, tout va très bien", très en vogue à la fin des années trente. Elle précéda dans les succès populaires "Et tout çà, çà fait d'excellents Français, qui marchent au pas...", suivi par le célèbre "Maréchal ! Nous voilà..." qui connut des heures de gloire dans une de nos villes d'eau, entre 40 et 44.
 
Comme quoi, en France, tout finit par des chansons !

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