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Dimanche, les Français vont à nouveau voter. 
Comment se présente le second tour des élections municipales ? 
Il n'est pas question, ici, de s'amuser à faire des pronostics. L'objectif, c'est d'analyser les conditions dans lesquelles se présente le scrutin du 16 mars. 
Plusieurs lectures sont à prendre en compte.
D'abord, l'affrontement que les médias appellent "droite-gauche"
. En fait, il s'agit moins d'un choix entre des partis  dont le programme serait un enjeu et offrirait un choix contradictoire. Si la majorité sarkozyste peut se prévaloir  d'une "feuille de route" claire et sans ambiguïté - les mesures prises, les lois votées depuis l'été dernier en témoignent - la "gauche", le Parti socialiste, pour être précis, joue à l'opposition alors que sur la question européenne (l'UE, sa politique et ses perspectives), PS et UMP sont sur la même longueur d'onde.
En fait, dimanche, le vote exprimera le rejet (ou non) de la politique de Nicolas Sarkozy. Les électeurs utiliseront le bulletin socialiste, dans la plupart des cas, pour signifier le mécontentement populaire, sans vouloir par là soutenir le PS. Dans d'autres cas, c'est le bulletin communiste qui sera mis dans l'urne, là où la tête de liste est du PCF.
Donc, dimanche, le vote sera, dans le plus grand nombre de villes,  un référendum pour ou contre Sarkozy-Fillon. On en mesurera le résultat à Toulouse, à Marseille, à Périgueux, à Strasbourg, à Amiens, à Corbeil-Essonne, au Havre. Avec, cependant, le facteur variable du positionnement du MoDem : avec la droite à Toulouse, à Périgueux, avec la gauche à Marseille et à Lille; en liste séparée dans trois secteurs de Paris et à Pau.
Mais la multiplicité des alliances, leur diversité, proposent d'autres grilles de lecture.
Ainsi, en Seine-Saint-Denis, les socialistes - les amis de Laurent Fabius - se sont maintenus dans quatre villes contre la liste du maire sortant communiste, arrivée en tête : à Bagnolet, à Aubervilliers, à La Courneuve et à Villetaneuse. Ces 'duels' à gauche permettront, comme au premier tour, de mesurer l'impact réciproque des deux partis en présence. La présence sur les listes du PCF de militants d'autres organisations qui se réclament de la gauche radicale, et le soutien ou non des électeurs qui s'étaient prononcés, le 9 mars, pour la LCR, absente cette fois du scrutin, donneront des indications sur l'ampleur d'un vote populaire "à la gauche" du PS. 
L'élection, au premier tour,  de maires communistes à Vierzon et à Dieppe, qui ont reconquis la municipalité, peut être considérée comme un signe favorable à une "radicalisation" de l'électorat. Les scores obtenus par la LCR dans quelques villes de province, à Quimperlé, à Clermont-Ferrand, à Brest, à Bar-le-Duc, à Foix,  vont dans le même sens.

Enfin, un autre élément, qui peut être déterminant, c'est l'abstention, très forte dimanche dernier.
Elle est de deux ordres : une part de l'électorat de la droite traditionnelle, choquée par l'attitude et le comportement de Nicolas Sarkozy, peut, cette fois, se rendre aux urnes pour réduire l'ampleur d'un échec attendu, l'attitude de classe prenant le pas sur toute autre considération. Si ce mouvement est important, il peut limiter les effets d'un vote sanction.
Mais l'abstention s'est faite plus massive dans les quartiers populaires. Elle constitue un phénomène récurrent de la déception renouvelée des couches les plus modestes des cités vis-à-vis de la "gauche" et de la politique qu'elle mène au pouvoir. Face à la politique de contre-révolution sociale de Sarkozy-Fillon, ces électeurs bouderont-ils le scrutin ou, au contraire, exprimeront-ils leur désir de dire NON à l'équipe en place ? La réponse à cette question peut être différenciée. 
Ainsi, à Dieppe, au premier tour, Sébastien Jumel, le jeune candidat du PCF a mené campagne sur une ligne de classe. Il a obtenu ses meilleurs scores dans les quartiers ouvriers qui l'ont plébiscité. Et là,  l'abstention a été la plus faible.
C'est un signe encourageant.  
L'exemple de Dieppe peut faire tache d'huile. 
Cela dépend de la campagne et de l'attitude des candidats communistes locaux. 

Tag(s) : #Politique
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