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Personne ne nie la fulgurante ascension de la Chine comme puissance mondiale. Son développement industriel intensif est reconnu. L'amélioration du niveau de vie de la population n'est point contestée. Mais, répondent les esprits méfiants ou franchement hostiles :"A quel prix ? Et à qui profite cette modernisation ?" Et de montrer du doigt les centaines de millions de paysans qui en seraient exclus. "Ils vivraient toujours dans la misère !".
Ce qui reste à prouver. Le terme "pauvreté" serait, selon nous, plus adapté.
Mais deux arguments "décisifs" sont mis en avant par les critiques du régime chinois.
Ils portent, l'un sur "l'exploitation forcenée" dont seraient victimes les centaines de millions de salariés, exploitation comparée à celle supportée au XIXème siècle par nos propres ouvriers. Dans ces conditions, la Chine est soumise, nous dit-on, à un système de "capitalisme sauvage", aux antipodes du socialisme que les dirigeants prétendent développer.
Pour étayer ces affirmations, il est fait appel aux informations, le plus souvent de source occidentale, des rémoignages de voyageurs qui se rendent là-bas, et aussi des propres infos chinoises officielles.
Personne ne peut contester que les conditions de travail imposées aux salariés  soient loin de bénéficier des acquis de nos propres travailleurs (encore que ceux-ci soient en voie de disparition. La souffrance au travail devient, en France, un phénomène qui touche des couches de plus en plus étendues, en usine, dans le tertiaire, chez les ouvriers comme chez les cadres avec, les suicides qui se multiplient).
La production de masse impose des conditions de travail qui ne correspondent pas avec les normes ordinaires et souhaitées dans un pays qui construit le socialisme. Les horaires de travail, les conditions d'hébergement, souvent sur place de la main d'oeuvre qui vient de loin, l'utilisation de mines anciennes et dangereuses - la Chine ne possède pas d'autres sources d'énergie, en dehors du charbon et de l'importation massive de pétrole - l'échelle des salaires, l'absence  de syndicats indépendant de l'administration d'Etat, et ce qui conduit à  une protection réduite des salariés, tout concourt à développer une opinion négative du système.

Pourtant, malgré cela, il faut noter des progrès  accomplis, les changements en cours.

La recherche par les entreprises de main d'oeuvre de plus en plus qualifiée alimente un 'turn-over' d'ouvriers en quête de meilleurs salaires. Ceux-ci, dans ces conditions, virent à la hausse
. D'autre part, le gouvernement a entrepris d'améliorer progressivement les garanties sociales des travailleurs. Une loi nouvelle est appliquée depuis le 1er janvier, une seconde devrait entrer en vigueur en mai prochain.
 
En ce qui concerne le pouvoir d'achat, faudrait-il, pour le  mesurer connaître exactement ce que coûte le panier de la ménagère, le prix des loyers dans leurs nouveaux logements de masse, celui des transports, des vêtements, celle d'une place de cinéma, d'un DVD et celui d'un livre.
Les statistiques font état du nombre croissant et impressionnant des Chinois qui suivent l'enseignement supérieur, combien d'entre eux deviennent, chaque année, ingénieurs. On parle d'un chiffre de 400.000, dont nombre proviennent de régions les moins développées de l'intérieur.

Compte-tenu de tous ces paramètres, on pourra mieux juger, dans leur évolution, des conditions de vie en milieu urbain, et aussi, à la campagne
Et faire des comparaisons sur les cinq dernières annnées pour examiner les progrès réalisés.

La Chine, son immensité, (sa population représente trois fois celle de l'Union européenne), sa diversité, les progrès foudroyants de son économie, pose naturellement de nonbreux problèmes. Beaucoup ne sont pas résolus.
Mais, nous qui n'avons pas, en France comme dans tout l'Occident, commencé le moindre processus de révolution socialiste, peut-on s'ériger en maîtres-penseurs de l'orthodoxie en la matière ?
Avons-nous le droit de décrèter, d'ici où ne sommes pas capables d'enrayer le processus de destruction programmée de cent ans de progrès social, que la Chine tourne le dos au socialisme, que par son économie ouverte (en partie seulement au marché international), elle trahit ses idéaux et sombre dans le capitalisme écheveulé, préjudiciable aux travailleurs ?
Certes, il est de notre devoir d'analyser lucidement la situation en République Populaire Chinoise pour en tirer toutes les leçons pour nous.
Mais en restant solidaires d'un pays qui, dans des conditions extrèmement difficiles, vise à affirmer sa pleine souveraineté, en construisant une société nouvelle dans laquelle l'ensemble de la population peut mesurer les progrès accomplis.
Si nous n'exprimions pas, par esprit de classe, notre  solidarité à  la RPC, faisons-le dans notre propre intérêt : car la Chine constitue aujourd'hui, dans le monde, une des forces essentielles, nécessaires pour lutter efficacement contre l'impérialisme, US en premier lieu.

Tag(s) : #international
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