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Avant d’aborder l’expression Etat-nation,  examinons ce que peut représenter ‘la Nation’. Ce terme, en France, est hérité de la Révolution française. Avant 1789, il y avait les sujets soumis à la domination royale. A partir de 1792, ce sont les citoyens qui établissent la République. Ils vont constituer la Nation, une collectivité diverse, émanant de provinces de langues et de cultures différentes, qui commence à se sentir solidaire et responsable, au sein d’un territoire unique et un système de gouvernement commun : la République, une et indivisible.  « Vive la Nation ! » répond aux menaces de l’Europe monarchique coalisée. Certes, à cette époque, la population est essentiellement  paysanne. La Révolution a permis l’acquisition de terres à des millions d’hommes, jusqu’à là, dépourvus de biens. Les villes sont  bourgeoises, peuplées d’artisans et de commerçants qui acquièrent, pour la première fois, des droits politiques. Les manouvriers sont, au total, 600.000 sur 26 millions d’habitants. Le rapport de force social détermine la politique suivie par les nouveaux gouvernants. Le droit de propriété constitue la première référence.

La Révolution française s’identifie à la première prise de conscience collective d’une population : elle commence à exister en tant que telle. Elle va participer à sa propre histoire commune en constituant une nation. Tout au long des siècles suivants, cette nation, au-delà de son unité, sera traversée par des classes antagonistes, aux intérêts opposés. La montée en puissance d’un prolétariat concentré, de plus en plus nombreux, face à une oligarchie qui détient tous les moyens de production et qui domine le pouvoir politique, va engendrer une prise de conscience de classe qui s’aiguise au fil des conflits qui jalonnent l’histoire.

Qui, dans ces conditions, va incarner la nation ?

 

En 1870-1871, c’est le peuple travailleur de Paris qui va, d’un même élan, se lever contre l’envahisseur prussien, lors du siège de la capitale, alors que la bourgeoisie versaillaise, elle,  pactise avec l’ennemi. La Commune de Paris traduit à la fois la volonté de défendre l’indépendance de la nation, et celle de  promouvoir sa libération sociale. Ce sentiment se retrouve de 1940 à 1944, dans la Résistance populaire contre l’occupant étranger et le pouvoir de Vichy, son complice. Face aux banquiers et aux industriels qui collaborent, le combat pour la libération du territoire se double d’une visée sociale, à travers le programme du CNR.

C’est le même sentiment qui anime les forces qui ont rejeté la constitution européenne en mai 2005* : rejet de la régression sociale qui est le fondement du traité, et volonté de maintenir l’indépendance nationale que garantit la souveraineté populaire.

Ainsi, l’histoire le démontre : d’un côté, les forces du capital qui dominent l’économie dirigent l’Etat. Pour se maintenir à sa tête, elles tentent d’exclure de la conduite des affaires, par une ségrégation élaborée, les classes dangereuses, c’est-à-dire la masse du peuple qui constitue la nation. Le pouvoir usurpé de l’argent n’hésite jamais à sacrifier les intérêts nationaux à ses propres intérêts de profit. De l’autre, les couches populaires sont, elles, du bon côté.
Tag(s) : #Politique
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