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L’Etat n’est pas neutre. C’est le cadre juridique qui fixe, par la loi, par une constitution, les frontières de la souveraineté de la nation, et en son sein, les droits (et leurs limites), des citoyens.
La peur du peuple ( son nombre et son exploitation font de lui, pour le Capital,  un "danger" permanent), a toujours conduit la minorité qui l’opprime à limiter sa capacité d’intervention.
Par des lois électorales visant à exclure du jeu politique les couches les plus pauvres, par un système de contrainte et de répression, par l’exclusivité de l’information au service des plus riches, par la division monnayée de l’opposition populaire, l’Etat bourgeois cherche toujours à écarter des affaires publiques la majorité de la nation.
De nos jours, la concentration du capital dans sa sphère financière, l’oblige à accentuer le caractère autoritaire de son pouvoir politique, car ses objectifs conduisent à léser des couches nouvelles, et de ce fait à élargir le champ du mécontentement et de la contestation.

 

La nature de l’Etat peut prendre des formes différentes.
Nous connaissions, jusqu’ici, dans notre pays, le modèle républicain de ‘l’intégration’ à la française. Il permet de fusionner dans un même creuset, divers apports de populations dans un ensemble visant à l’homogénéité de la nation. Il était basé sur le droit du sol’. Depuis quelques années, ce système est battu en brèche par des tentatives ‘communautaristes’ du pouvoir, qui, à l’exemple américain et britannique, tendent à favoriser l’organisation sur une base ethnique de la population, selon ses origines.

 .  
Le droit du sang’, système qui prévalait encore récemment en Allemagne, considére que l’origine (germanique) était le seul critère de citoyenneté, d'appartenance à la ‘nation’.

En France, depuis la Révolution, nous vivons dans une République "une et indivisible". Cela  fâche beaucoup les partisans de l'Europe.
 

Aussi, nous constatons, aujourd’hui, une nouvelle offensive des tenants de la régionalisation.

De quoi s’agit-il ? Les nouveaux Girondins opposent le pouvoir régional, qu’ils privilégient, au pouvoir central, qu’ils qualifient de Jacobin, en référence à la Révolution française.

Cette position vient d’être assumée avec détermination par un dirigeant du Parti socialiste, Jean-Paul Huchon, président de la région Ile-de-France, dans un livre qui paraît ce mois.*

Pour lui, il faut répartir le pouvoir entre trois instances de décision :

 1° - la communauté urbaine,

 2° - la région,

 3° - l’Union européenne.

De ce fait, il réduit l’Etat à ses simples fonctions régaliennes, la police et  la justice.

Et d’un même mouvement, il regroupe l’essentiel des communes, largement réduite en nombre, et chaperonnées par la ville importante. Il annonce son souhait ardent de supprimer les départements, « héritage  de l’Etat jacobin » qu’il exècre, pour donner aux régions la plénitude du pouvoir politique et économique sur leur espace géographique. (Jean-Paul Huchon envisage même une fusion de régions existantes pour donner à chacune d’elles la dimension des lands allemands). Son objectif est de relier directement la région à l’Union européenne en concircuitant le niveau de l’Etat. Il se dit partisan de « l’Europe des Régions ».

De ce fait, et il assume totalement son engagement européen en se proclamant « fédéraliste », c’est-à-dire partisan d’Europe totalement intégrée en un Etat unique.

Jean-Paul Huchon compte bien faire en sorte que son parti, le PS, s’engage pleinement politiquement sur cette orientation, fondamentale pour lui.

Si nous avons insisté sur la position  exprimée avec force par le président de la région Ile-de-France, c’est qu’elle participe à une offensive plus générale, en particulier de la social-démocratie européenne, mais pas seulement, vers l’intégration de notre continent. Les axes de réflexion de JP Huchon recoupent très précisément les propositions formulées par Jacques Attali (en particulier, la suppression des départements).

 

On peut se poser la question : quels sont les objectifs des forcenés de l’Union européenne, et en particulier, des « fédéralistes » ?
 
Nous en traiterons, demain, dans un nouveau blog.


* "De battre ma gauche s'est arrêtée" Editions du seuil (Mars 2008)

Tag(s) : #Politique
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