Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Les Etats-Unis, forts de leur puissance décuplée - l'un des rares pays belligérants a n'avoir subi aucun dégas matériel sur son territoire, et totalisant les pertes humaines les plus faibles - vont tenter d'imposer leur loi à l'ensemble de l'Europe. Par le plan Marschall, Washington compte bien dominer économiquement le continent. Par l'Alliance atlantique et l'OTAN, c'est une domination politique et militaire que les USA veulent exercer. Les dirigeants de l'Ouest européen, dévastés par la guerre, à l'économie exsangue du fait du pillage allemand, acceptent un protectorat américain déguisé. En France, seul le Parti communiste s'élève contre cette abdication de l'indépendance nationale. Il sera la cible de toutes les répressions durant la "guerre froide" qui va opposer l'Ouest à l'Est de l'Europe. En effet, les pays libérés par l'Armée soviétique refusent le plan Marschall et la loi du marché.
Durant cette période, les gouvernements français successifs, assujettis aux maîtres américains, ménent des guerres de reconquête coloniale, en Indochine, d'abord, en Algérie, ensuite. Ces interventions militaires, faites "au nom de la France", sont présentées comme des actes "patriotiques".  S'y opposer est considéré comme une action "antinationale", une "trahison" orchestrée par "l'étranger". 
Aujourd'hui, l'idée même de "colonisation" est contestée par ceux-là mêmes qui, à l'époque, la considérait comme oeuvre de civilisation ! C'est dire la difficulté de situer, dans un moment donné, les "patriotes", et ceux qui ne partagent pas leur analyse.
Pour les Algériens, les "patriotes", c'étaient   les combattants du FLN. Pour les dirigeants français, les légionnaires du Premier régiment étranger ...
La rupture de la France avec les structures militaires intégrées de l'OTAN, décidée en 1966, par le général de Gaulle, repose, avec force, la question de l'indépendance nationale dans notre pays. Cette initiative est saluée chaleureusement par les communistes français, mais décriée par les politiciens, alignés sur les Etats-Unis.
Qui était "patriote" et qui ne l'était pas ?

La question de la "patrie" se pose sous un jour nouveau avec la construction européenne.
Ses pères fondateurs et leurs successeurs, déclarent superbement que la nation, liée à un Etat, est une notion dépassée, à notre époque. Pour eux, la puissance nécessite un vaste espace, un continent, avec une population et des ressources économiques susceptible d'être comparée à celle des Etats-Unis, face à la Chine et à l'Inde. Seule, l'Europe unifiée peut faire le poids. Aussi, de traité en traité, les Etats perdent de leur substance au profit de l'Union européenne. Et d'aucuns rêvent déjà de l'Europe des Régions. Chaque pays, partagé en provinces, cesserait d'avoir une existence nationale.
Que resterait-il alors de la "patrie" ? Et ceux qui n'avaient que ce mot là à la bouche, pour justifier guerres et colonisation, prétendent aujourd'hui, que c'est un vocable qui n'a plus cours, de nos jours. Nous serions au seuil de la paix uiverselle, que tous les hommes sont frères, que la guerre de 14-18, comme celle de 39-45, ne recouvrent qu'une malheureuse "guerre civile européennne", que notre continent divisé au XXème siècle, est maintenant réunifié. Alors, dans ces conditions, parler de "patrie" est vraiment déplacé. Ce qui n'empêche pas les mêmes à célébrer de nouvelles petites "patries", en démantelant les Etats qui ont l'audace de refuser de s'aligner. C'est le cas dans les Balkans. Hier, avec la Yougoslavie, aujourd'hui, avec la Serbie. Et d'inventer le Kosovo qui n'a jamais eu d'existence nationale. 
D'autre part, lorsqu'un Etat reconquiert son souveraineté économique, retrouve sa puissance, célèbre son passé héroïque, cet Etat devient suspect. Ses dirigeants sont dénoncés comme nationalistes. Les violentes campagnes anti-russe et anti-chinoise de nos médias en font la démonstration quotidienne.

Ces quelques rappels historiques et politiques, montrent la difficulté de situer le "patriotisme" comme valeur de notre temps. Le terme a été tellement manipulé, utilisé pour de mauvaises causes, servi de caution aux massacres délibérés, que beaucoup s'interrogent aujourd'hui, sur sa pertinence, voire sur sa nocivité.
Comment s'y retrouver ?
Peut-être, pour approcher la vérité, faut-il avoir en mémoire les moments où se sont synchronisés l'intérêt national et la cause populaire, "la patrie en danger" et la Révolution en péril", comme en 1792, la  Résistance à l'Occupant et la lutte contre le fascisme, de 40 à 45.
De nos jours, agir pour l'indépendance nationale et pour la justice sociale. contre toute construction  européenne et contre la contre-révolution sociale, sa conséquence, n'est-ce pas la meilleure façon d'être "patriote" ? 




 
 

Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :