Chacun connaît maintenant les résultats des élections italiennes.
La droite, le Parti du peuple pour les libertés, de Silvio Berlusconi et de Gianfranco Fini (sans oublier Alessandra Mussolini, la petite fille
du regretté Duce), obtient, en alliance avec la Ligue du Nord, d'Umberto Bossi, une large la majorité, tant à la Chambre des députés qu'au Sénat. Le Parti Démocrate, de Walter Veltroni, qui par avance, promettait la coexistence pacifique à son adversaire ("C'est la fin
de l'ère des querelles..."), a perdu son pari. Son score est de 9% inférieur à celui du PPL.
Le mouvement Démocrate-Chrétien, de Pier Ferdinando Casini, doit se contenter de moins de 6%.
Quant à Arc-en Ciel, qui regroupe Refondation communiste, le Parti
des Communistes italiens, les Verts et des dissidents du PD, cette
formation n'a rassemblé qu'un million de voix (3,1%, alors que Refondation, seule, avait obtenu 5,8%, avec 41 députés, et l'ensemble des
quatre formations totalisait 10% en 2006).
Fausto Bertinotti, son dirigeant, annonce qu'il quittait ses responsabilités.
Ce résultat lui interdit son entrée au Parlement. Plus aucun parlementaire se réclamant du "communisme", en Italie !. Une
première, assurément. Songeons un instant à la puissance du Parti communiste italien pendant des décennies ! Cela consacre l'échec de la tentative de créer un "Die Linke" au-delà
des Pyrénées. "Die Linke", la "Gauche", ça se dit "Sinistra", en italien. Une traduction bien adaptée, en vérité. Les calculs politiciens des responsables d'Arc-en-Ciel
visant à supprimer la référence au mot "communisme" et à son symbole, la Faucille et le Marteau, par
pur opportunisme, a conduit à un fisco historique. La participation de ses leaders à la coalition menée par Romano Prodi et à son gouvernement durant les deux dernières années, a achevé d'ôter
tout crédit de véritable alternative de gauche, à Arc-en-Ciel. Absents de la Chambre et du Sénat, l'opposition n'aura que la rue pour
s'exprimer. encore, faudra-t-il qu'elle le veuille.
Cette prespective commence à inquiéter : le dirigeant démocrate-chrétien Ferdinando Casini considère négativement le fait que :
"une partie réelle du pays se retrouve hors du Parlement car elle n'a d'autre alternative que la rue pour s'exprimer".
Mais, bonne nouvelle : la place est libre pour faire revivre un véritable Parti communiste italien. Ce sera
la tâche des militants ouvriers qui luttent dans les usines et dans les cités, contre le Capital.
Une autre conclusion peut être tirée du scrutin italien. Les commentateurs n'y manquent pas. C'est ainsi qu'Eugène Scalfari, l'éditorialiste du quotidien
La Repubblica, écrit :
"La clarification du paysage politique représente un grand pas en avant vers une bipolarisation à l'unisson des autres démocraties occidentales".
Tel était le but du jeu. Comme en France, tout a été mis en oeuvre, pour ne laisser aux électeurs que le choix entre deux candidats présélectionnés. En France, c'était "Nicolène ou Ségolas". A la télé, une émission s'appelle "Thé ou café ?". En Italie, ils ont inventé un néologisme
: "Verlusconi" !
Cette volonté d'imposer une seule politique, celle du marché et de la concurrence libre et non faussée, pousse les politiciens et les médias à organiser l'alternance entre deux marionnettes du
capital, comme le produit super fin de la Démocratie :
"Vous pouvez choisir l'homme (ou la femme, soyons beaux joueurs...), mais pas la politique !".
Tant que le peuple n'aura pas la possibilité d'exprimer librement sa volonté de changer de politique pour changer de
société, les financiers pourront dormir tranquilles (et chacun sait qu'ils s'enrichissent en dormant...).
Il appartient donc aux peuples de recréer une force suceptible de casser le jeu de la fausse démocratie. Ce n'est pas dans les arrière salles de café, entre quelques militants convaincus que la
solution sera trouvée. Seule, la bataille sociale, conduite idéologiquement comme un combat de classe, pourra voir émerger les hommes et les femmes décidés à tout changer.
il n'y a pas, il n'y a plus de peuple; comme dieu, ou n'importe quelle transendance, le peuple est mort