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Le Parti socialiste va soumettre à ses adhérents une "Déclaration de principes", qui doit mettre à jour les raisons d'être fondamentales du PS, et les objectifs nouveaux qu'il compte se donner. Cet "aggiornamento" à la française de la doctrine, intervient avec retard sur des opérations de même nature opérées par le Parti Social-démocrate allemand par son programme de Bad Godesberg, en 1959, et par le Parti travailliste britannique, sous l'influence des leaders Neil Kinnock et John Smith.dans les années 70, qui préparent le terrain au New Labour, d'Anthony Blair. Dans chaque cas, il s'agit de tendre à faire coincider les principes revendiqués avec l'action politique réellement menée. Autrement dit, ces partis abandonnent la phraséologie révolutionnaire d'antan pour un réformisme affirmé. La social-démocratie s'aligne sur l'idéologie de la bourgeoisie et se revendique officiellement de la "collaboration de classe".
La "Déclaration de principes", qui vient d'être élaborée par le PS, à l'unanimité, moins une abstention (celle de Mélenchon), ne déroge pas à la règle.
Dans un Préambule où la grandiloquence humaniste le dispute à l'évocation des grands ancêtres (le Siècle des Lumières, la devise de la Révolution française, la Commune, la République, le Front populaire, la Libération, la victoire de Mitterrand en 1981), les socialistes font l'éloge de "l'être humain", et plus du tout à une notion de classe et concluent :
"Le socialisme démocratique veut être une explication du monde, une pédagogie de l'action, un avenir pour l'humanité. Sa nature est 'd'aller à l'déal et de comprendre le réel', d'inventer le futur et de travailler dans le présent, d'assumer les tensions et les contradictions qui en résultent et font la vie humaine".
En clair, sous des phrases boursouflées de bonnes intentions, le Parti socialiste confirme sa volonté de gérer la société telle qu'elle est - capitaliste, bien sûr - et, au nom du "réalisme" s'adapter au système. Ce que déjà des leaders du PS appellent "une politique courageuse" qu'ils entendent mener demain, 'ils retournent aux Affaires.
Mais pourquoi élaborer,  aujourd'hui, une "nouvelle doctrine" ?
L'article 17 de la "Déclaration de principes" répond à cette interrogation :
"Le Parti socialiste est un parti européen qui agit dans l'Union européenne, qu'il a non seulement voulue, mais en partie, conçue et fondée. Il revendique le choix historique de l'union européenne et de la construction d'une Europe politique".
L'article reprend ensuite les litanies habituelles sur les objectfs proclamés de cette Europe :  "assurer la Paix", "favoriser une croissance forte et durable et le progès social" sur le continent.
Chacun peut mesurer la réalité de ces invocations qui ne sont qu'un habillage d'une politique définie par le capital financier et le grand patronat, et apliquée par la soit-disante élite européenne "bleue et rose", dont nous parlons souvent.
Mais l'essentiel se trouve dans cette déclaration d'amour pour l'Union européenne et sa construction politique. Très noyée parmi les 21 articles - les 21 "conditions de Bruxelles" ? - que contient la "Déclaration de principes", l'article 17 résume fort bien les objectifs du PS, et la politique qu'il a menée au pouvoir ou dans l'opposition depuis la Libération.
L'allégeance revendiquée à l'Europe politique, c'est la négation de la Nation française, le rejet de la souveraineté populaire. C'est l'opposé absolu des valeurs invoquées à chaque phrase, dans chaque article de la Déclaration.
 
Cette dichotomie entre les actes et les paroles ne date pas d'hier.
Nous reprendrons ultérieurement l'analyse des différents textes rédigés par le Parti socialiste depuis sa naissance, en 1905, pour en montrer l'évolution radicale et mesurer, à chaque étape, la distance entre les valeurs évoquées et les positions politiques réellement prises.

Tag(s) : #Politique
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