Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

A mon blog "La Zona : la guerre des classes", j'ajoute aujourd'hui une critique du film rédigée par Fabien Lévy, étudiant, 18 ans, réalisateur de plusieurs courts métrages de qualité.

La ZONA, propriété privée

 

Premier film long du réalisateur mexicain Rodrigo Pla avec Daniel Gimenez Cacho (la mauvaise éducation 2004), Maribel Verdu, Carlos Bardem.

 

 

Au Mexique, à l’heure où les enlèvements surviennent à la même fréquence que les vols à l'arraché de portable en France, les personnes aisées se sentent de plus en plus menacées ; le problème de l’insécurité a largement dépassé celui de pays comme le notre.

 

Dans ce pays d’Amérique Latine, la fracture sociale est très nettement visible et le climat d’insécurité ne fait que renforcer les inégalités de conditions de vie. C’est ce contraste très marqué que nous fait découvrir le film « la Zona » à travers un magnifique scénario tenant autant de la fiction que de la réalité.

 

Dans un tel climat, l’insécurité justifie aujourd’hui les moyens comme par exemple la construction de zones barricadées à l’intérieur desquelles se retrouvent de riches propriétaires craintifs du contexte national : ainsi la Zona est l’un de ces territoires privés où de riches propriétaires se sentent en sécurité grâce à des infrastructures de surveillance hyper développées.

Mais alors que ses habitants se renferment un peu plus chaque jour sur une haine injustifiée envers la populace des bidonvilles, une brèche s’ouvre accidentellement sur le mur de la Zona ; et quand les habitants apprennent le drame qui arrive dans une des somptueuses propriétés de la zone, une panique irrationnelle s’installe.

 

Cette panique visible sur les visages, audibles par les coups de feu tirés illégalement par des propriétaires prônant la légitime défense, ressentie dans cette envie de traquer la bête entrée dans la zone, est volontairement amplifiée au conseil de sécurité de la Zona – une sorte de comité de propriétaires où des délégués prennent les décisions pour l’ensemble du campus –.

Alors que deux cambrioleurs ont été assassinés dans leur tentative de fuite, une dernière bête reste à abattre : après un vote – sur la question de faire appel à la police – qui fait l’unanimité au sein du conseil de la Zona grâce aux arguments propres à une vengeance insensée, la chasse est ouverte.

Les tentatives d’un inspecteur de police de mener une enquête seront-elles écrasées par le problème qui touche plus que jamais la police mexicaine ? Le chasseur réussira-t-il à s’emparer du gibier ? Quel impact auront les événements sur les habitants de la Zona ? Qu’en sera-t-il pour la pauvre mère du jeune coincé dans les grilles de la haine ? Retrouvera-t-elle son fils 

A travers de magnifiques plans, une mise en scène spectaculaire et des acteurs de qualité, le réalisateur nous ouvre grands les yeux sur un pays corrompu où la sauvagerie humaine est à son paroxysme. Que se passe t-il quand ceux qui se sentent traqués au point de se renfermer dans des ghettos barricadés matériellement riches, traquent pour défendre leur patrimoine mais surtout pour obéir aux dures lois de leur désir irrationnel de sécurité qui vire à la haine ?

 

 

Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :