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Le soixantième anniversaire de la création d'Israël est célébré avec faste, dans tous nos médias. On croirait presque qu'il s'agit de notre propre fête nationale...France Inter y consacre toutes ses plages d'information, avec l'envoyé sur place, à Jérusalem, de Nicolas Demorand. Certes, pour répondre aux "critéres d'équité", le journaliste a transporté, le lendemain, ses micros à Ramallah, en territoire palestinien. Mais il a exclu de donner la parole à un représentant  du Hamas. Pourtant, ce parti avait rallié à ses thèses la majorité du peuple, consulté lors d'élections que la communauté internationale avait considérées comme totalement libres...Notre radio d'Etat s'est bien gardée, dans le même esprit, d'interroger des Israéliens hostiles à la politique colonialiste d'agression de l'Etat hébreu. Seuls, des partisans du gouvernement Olmert, et opposants de droite, y compris extrême, étaient conviés aux différents débats.

Il est bon, dans ces conditions, de rappeler quelques faits historiques qui ont conduit à la "naissance" d'Israël, et les évènements qui ont jalonné ces soixante dernières années.

Le 30 novembre 1947, l'ONU vote la résolution 181, qui partage la Palestine en deux Etats, l'un Juif, l'autre arabe. Cette décision internationale visait officiellement à assurer aux rescapés juifs des camps de la mort nazis, une patrie propre où ils trouveraient enfin la sécurité et le droit de vivre en paix.
"Généreuse solution", penseront beaucoup de nos compatriotes, "ce peuple a  bien mérité ce cadeau, après tout ce qu'il a subi". 
Certes,  mais ce "cadeau", les terres qui ont été choisies pour y fonder un Etat "pour les Juifs", à qui appartenaient-elles ? Qui les habitait ? Les généreux donateurs ont bien pris soin de ne pas céder un pouce de leur propre territoire. Les terres distribuées n'appartenaient pas au Maryland, ni au Colorado, pas plus qu'à la Bretagne ou à la Corse. Il s'agissait de villes et de villages où vivaient depuis des siècles de très nombreuses familles arabes, des Palestiniens, puisqe la région se nommait depuis l'Antiquité, la Palestine.

De leur côté, les Juifs justifient leur revendication sur ce territoire, en référence à l'histoire biblique : "ils" étaient-là, avant tout autre peuple.
Pour y voir clair, revenons à l'histoire tout court.
En fait,  le Royaume de Judée a été détruit en -586 avant Jésus-Christ par le roi de Babylone, Nabuchodonosor.
Est-ce bien raisonnable d'établir des droits sur un territoire, parce qu'un peuple l'a occupé, il y a plus de 2000 ans ?
C'est pourtant ce que fut le grand projet du courant sioniste né, à la fin du XIXème siécle, à l'appel de Théodor Herzl, soutenu par des banquiers, tel Rothschild, et des diplomates. Cette perspective fut alimentée par le souci réel la population juive de l'Est européen, d'échapper aux massacres et aux pogromes dont elle était victime.
Déjà, en Palestine, cohabitaient pacifiquement des dizaines de milliers de juifs, aux côtés de 750.000 arabes, à la veille de la première guerre mondiale. La région faisait alors partie de l'Empire ottoman. Celui-ci, en 1915, se joignit à l'Allemagne et à l'Autriche en guerre. En 1917, le ministre des Affaires Etrangères britannique, lord Balfour, fit admettre par les alliés la création d'un Foyer national juif, en Palestine. Il s'agissait, alors de contrer les Turcs ennemis en se ralliant la population juive.
En 1918,  la Grande-Bretagne se fit confier le mandat sur la Palestine par les Alliés victorieux. En tant que puissance coloniale, les Britanniques jouèrent habilement des antagonismes entre population juive et arabe, disposant des frontières et des alliances, au gré de leurs intérêts.
Entre les deux guerres, des fonds furent rassemblés par des organisations sionistes pour acheter  des terres aux paysans pauvres arabes. La population juive d'Allemagne, victime de la terreur nazie, émigra, quand elle le put,  en Palestine.
Ce flux  s'amplifie encore, au lendemain de la libération des camps de la mort : la Palestine devenant pour nombre de rescapés, la terre de salut. 
On connaît la suite. 
Dès 1948, puis en 1956, en 1967, en 1973, des guerres ont opposé Israël et les Etats arabes environnants. A chacun des conflits, tous gagnés par l'Etat hébreu, toujours soutenu, armé et financé par les Occidentaux, le territoire d'Israël s'est agrandi jusqu'au point de recouvrir l'essentiel de la Palestine. Ainsi, aujourd'hui, à côté de l'Etat d'Israël proprement dit, séparé par un long "mur de la honte", des "territoires palestiniens", théoriquement autonomes. Ils sont effectivement contrôlés par  Tsahal, qui bloquent ses points d'accès, alors que le gouvernement de Tel Aviv y construit sans cesse de nouvelles colonies. Enfin, "la bande de Gaza", (40 Kms sur 10), est seul territoire "libre" palestinien. En fait, il est soumis à un blocus implacable, qui fait de lui une véritable  prison à ciel ouvert, où s'entasse un peuple de 1,5 million  d'habitants.
On comprend, dans ces conditions, la lutte menée contre l'occupant israélien.
Ce combat est juste. 
Les Palestiniens veulent un Etat viable et souverain,  dans les limites des frontières de 1967, reconnues par l'ONU, et ignorées par le gouvernement de Tel Aviv. Pour atteindre cet objectif, la population, depuis la première intifada, résiste avec courage et détermination
Soyons solidaire de cette résistance
Pour que le 14 mai ne soit plus pour les Palestiniens "El Nakba", la catastrophe.
Pour que les Palestiniens puissent,eux aussi, fêter un jour,  l'anniversaire de la naissance de leur Etat.

Tag(s) : #Internationalisme
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