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Après un an de pouvoir sarkozien, il est nécessaire  d'analyser la politique qu'il a imposée  au pays, et de réfléchir aux moyens d'en sortir.
L'opposition, ou du moins les forces qui s'en réclament, considère qu'il s'agit de la politique la plus rétrograde réalisée depuis le régime de Vichy. Certes, nous vivons une régression sociale qui vise à réduire à néant cent ans de luttes et de progrès. Mais les conditions dans lesquelles se développe la "contre-révolution" et les objectifs de cellea-ci,  sont différents.
L'Etat français visait à reconstituer une société du passé, antérieure à la République. Cela supposait le retour à des valeurs d'inspiration monarchique, et la mise en pratique de mesures les plus réactionnaires, au sens littéral du terme. Cette volonté s'accordait avec les objectifs de l'Occupant : réduire la France à un rôle secondaire, tributaire en toutes choses des intérêts du vainqueur.

Aujourd'hui, notre pays est partie intégrante de l'Union européenne. Sa législation, comme celle de chaque Etat de l'UE, doit répondre aux normes exigées par les forces économiques qui ont imposé cette construction supranationale. Le capital financier est aux commandes. Il détermine la politique économique et sociale de l'ensemble européen, compatible avec ses intérêts et ses perspectives, dans la confrontation mondiale suscitée par la globalisation capitaliste.
Or, le rapport de forces mondial n'est plus, comme jusqu'à la moitié du XXème siècle, en faveur des puissances européennes. Les Etats-Unis, s'ils conservent, encore aujourd'hui, une avance technologique et militaire indéniable, doivent compter comme l'Union européenne, avec la Chine, l'Inde et la Russie en pleine expansion. Les matières premières, les sources d'énergie, le dynamisme industriel, ne sont plus concentrés dans les pays occidentaux. Ceux-ci doivent compter avec les Etas "émergents".
Aussi, pour maintenir une suprématie fragilisée, les Etats-Unis comme l'Union européenne doivent imposer à leurs peuples une exploitation accrue, jusqu'à l'insupportable. Toute leur économie tend à "coloniser" leur propres population, comme, hier, ils colonisaient d'autres continents. Certes, sur ceux-ci, l'Afrique en particulier, les Occidentaux conservent des intérêts considérables, mais ceux-ci sont maintenant concurrencés par la Chine, d'abord, mais aussi par l'Inde.
 
Aussi, dans le combat acharné qu'il mène pour assurer sa suprématie et un taux maximum de profit, dans une concurrence exacerbée, le Capital, et les forces politiques qui le servent, n'ont pas le choix des moyens : la réduction du coût du travail, la contraction des budgets d'Etat au détriment, non seulement des investissements, mais également des dépenses de fonctionnement.
Telle est la politique unique des vingt-sept Etats qui  composent l'UE, quelle que soit la couleur politique de leurs gouvernements.
La réduction du coût du travail est réalisée, sur le plan domestique, par :
 - la stagnation des salaires, face à l'inflation,  
 - l'allongement du temps de travail ( horaire,  annuités donnant droit à la retraite),
 - la généralisation des contrats individuels, substitués aux contrats collectifs,
 - l'annualisation des rémunérations,
 - la généralisation de la précarité,
 - l'intensification du travail jusqu'à l'épuisement, 
 - la destruction systématique du Code du travail, 
 - la diminution drastique des allocations-chômage, pour imposer aux privés d'emploi des salaires réduits ou leur radiation,
 - l'amenuisement du droit syndical, celui de faire grève, en particulier, pour désarmer la résistance sociale.
La réduction du coût du travail est obtenue parallèlement par la délocalisation à outrance  d'entreprises au sein de l'Union européenne, et au-delà des frontières de celle-ci, dans les pays où le salaire est des plus bas. La fermeture d'entreprises, la désertification industrielle découlent de cette politique.
La contraction du budget de l'Etat, avec la réduction du nombre de fonctionnaires, se répercute dans les domaines de la santé, de l'éducation, du logement, des communications, de la justice, de la culture.
L'absence d'nvestissements et les dépenses de fonctionnement, de plus en plus réduites, cela signifie la suppression d'hôpitaux et de services de soins, la fermeture de classes et d'écoles, un manque criant d'HLM, un service qui se déteriore dans les transports et la poste, la suppression de lieux de justice, des dotations de plus en plus rares aux espaces culturels publics.
La privatisation accélérée de tous les secteurs rentables, des entreprises aux Universités, est source supplémentaire du mal-vivre de la population.

Toute cette politique conduit au développement du mécontentement. Les salariés, les privés d'emploi, sont devenus une composante "jetable" après usage. Ils fournissent les bataillons des "nouveaux pauvres" qui ne peuvent plus se loger et se nourrir, faute de moyens. Les retraités, pour nombre d'entre eux,  doivent se contenter de pensions qui ne leur permettent plus de vivre, même modestement.
Au-delà des salariés, premières victimes du Capital, de nouvelles professions, des catégories de plus en plus nombreuses de la population, ressentent, à leur tour, les effets de la "globalisation" capitaliste. Artisans, avocats, juges, marins-pêcheurs, sont maintenant touchés par la politique du pouvoir. Et ils manifestent aussi leur colère. De même, celle-ci gagne de nombreuses familles privées d'hôpitaux de proximité et d'écoles proches.

Mais la résistance de chacune des professions, de telle ou telle  catégorie sociale, s'exerce isolément, face à un pouvoir patrono-politique concentré et déterminé.
Tel est le danger : celui de perdre bataille après bataille.
Certaines confédérations, la CFDT entre autres, plaide pour des mouvements distincts, pour des manifestations ou des grèves sectorielles, sous prétexte d'efficacité. 
Avec la division promue comme stratégie, c'est le désastre social assuré.
Il faut, au contraire, parvenir à unifier les luttes sociales, à imposer le "tous ensemble" aux organsations syndicales. Et par "tous ensemble", c'est le monde du travail tout entier qu'il faut entrainer, et pas seulement courir après le bon vouloir des directions confédérales.
Mais en outre, et sans attendre, il faut songer à faire converger tous les mécontentements, avec et au-delà des seuls salariés, pour  transformer la colère commune en une déferlante populaire.  
Contre les nouveaux "ci-devants", pour en finir avec la "caste des privilégiés" qui se sont appropriés la France pour la privatiser et la vendre aux plus offrants, il faut unir la Nation  dans une nouvelle Résistance de masse.
Redonner à notre pays son indépendance, et à notre peuple, sa souveraineté, sont les conditions d'un renouveau national et social. Celui-ci devra passer par une réindustrialisation programmée de la France, nécessaire à la satisfaction des besoins matériels et culturels de l'ensemble de la population.
Sans la création des richesses nécessaires, pas de ressources à répartir pour le bien-être de chacun, pas de progrès social durable.
Cela suppose que les secteurs stratégiques de l'économie appartiennent à la Nation.
Cela induit, pour chacun, des droits politiques et sociaux de haut niveau, un contrôle populaire de l'entreprise et du plan local jusqu'au plus haut de l'Etat, sur tous les pouvoirs et sur tous les élus.
Cette perspective n'est pas concevable au sein de l'Union européenne, mise en place par le Capital, pour des objectifs contraires.
Pour en sortir, c'est simple : créons le rapport de forces nécessaire à notre nouvelle libération. Notre exemple fera éclater le carcan européen, car le bonheur sera alors une idée nouvelle, qui se propagera en Europe.

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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