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La faim est à l'ordre du jour dans le monde.
Des émeutes nombreuses ont éclaté dans divers pays d'Afrique, d'Asie et d'Amérique, la population n'ayant plus les moyens de se nourrir. Les médias font écho à cette tragique situation, à quelques jours de la tenue, à Rome, du Sommet de l'Alimentation de la FAO. A cette occasion, les chefs d'Etat et de gouvernements devraient, théoriquement, proposer des solutions à la crise alimentaire mondiale.
Mais une question se pose :
"Quelles sont les raisons de cette crise ?".
Parmi les motifs invoqués, notons ceux qui évoquent la fambée des cours des céréales, qui sur un an dépassent parfois les 100%, de la viande, des produits laitiers. il s'agit, là comme ailleurs, de la spéculation éhontée, exercée, au nom de la "liberté du commerce", par les multinationales et des opérateurs à leur service dans les diverses bourses de la planète.
Il faut observer également la tendance grandissante de substituer aux céréales destinéees à la consommation, celles (colza, blé, maïs), réservées aux "biocarburants", l'éthanol, en premier lieu. Dans ce domaine, les Etats-Unis, le Canada et le Brésil se sont taillé une place de choix, sacrifiant délibérément la production alimentaire aux profits espérés dans les carburants. Pendant tout un temps, des "experts" et des "spécialistes", dûment choisis par les médias, nous ont exposé les avantages économiques et écologiques de cette substitution. L'âge d'or était ainsi annoncé pour les automobilistes, qui allaient ainsi trouver l'heureuse parade au déclin proclamé du pétrole !
Cette "certitude" n'est plus devenue si évidente. Les inconvénients écologiques des "biocarburants" sont maintenant exposés, d'où la disparition du terme  "bio" dans leur dénomination. On les appelle maintenant des "agrocarburants" !
Mais, "business is business", la culture à visée industrielle des céréales se poursuit et s'accentue. La production d'éthanol a triplé de 2000 à 2003. Une directive européenne  - "2003-3V-CE" - prévoit que les biocarburants devront représenter 5,75% des ressources énergétiques sur notre continent en 2010, et 10% en 2020.
Et donc les industriels de l'agroalimentaire continuent à réduire la superficie des zones consacrées à l'alimentation...
Tant pis si 50% des enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition dans le monde, que plus 800 millions d'hommes de femmes et d'enfants ont faim sur les cinq continents, en particulier en Afrique, peu importe si 2 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire dans l'ex-Yougoslavie, et que 2 millions soient mal nourris en France. Le  profit avant tout !
Fidel Castro, le premier, a dénoncé le scandale des biocarburants. Ses paroles n'avaient, à l'époque, attiré que des sarcasmes. On mesure aujourd'hui le réalisme et l'humanisme du leader cubain.
Certes, tous les Etats ne se désintéressent pas des besoins de leurs peuples. La République populaire chinoise qui dispose de l'autosuffisance alimentaire depuis 1995, vient d'importer massivement des céréales pour s'asurer des stocks permettant à ses citoyens de ne pas souffrir de pénurie. Rappelons que la Chine nourrit 22% de la population mondiale avec seulement 7% de terres cultivables.
Enfin, autre source de déficit pour l'alimentation locale, la politique suivie par les multinationales visant à imposer à nombre de pays africains, la monoculture destinée à son importation par les firmes occidentales, telle la récolte du coton au Mali. A l'inverse, des accords de coopération entre la Chine et le Sénégal permettent aux paysans de ce pays d'acquérir les méthodes de repiquage du riz, afin que celui-ci puisse nourrir la population sénégalaise, sans avoir la nécessité de l'importer.
Ces quelques exemples montrent que "la faim dans le monde" n'est pas un phénomène "naturel", mais le produit d'une politique d'exploitation systématique des peuples et de leurs terres, par un capitalisme toujours à l'affût de nouveaux profits.
N'attendons pas de ses représentants au sein des gouvernements qu'ils apportent, au sein de la FAO,  une solution  à ce véritable génocide organisé de la race humaine.
C'est le système lui-même qu'il faut briser.
La faim justifie les moyens.

Tag(s) : #Contre l'impérialisme
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