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Le Monde, sur cinq colonnes à l'Une, traduit le désarroi de nos élites dirigeantes face au sondage donnant le NOn gagnant en Irlande. On peut lire ce titre effarant :
"Référendum A quelques jours du vote sur le traité de Lisbonne, l'inquiétude gagne les Vingt-sept".
Les Vingt-Sept ? Il ne peut donc s'agir, pour le quotidien du soir, que de l'attitude des gouvernements, seuls pris en compte. En effet, s'il en était autrement, le "vingt-septième",  l'Irlande, son peuple ne pourrait être "inquiet" du NON supposé, puisque les citoyens auraient voté majoritairement contre le traité.
Un sondage de ce jour donne le OUI à 41% (+ 1%, en deux semaines), et le NON à 39% (+ 6% dans le même laps de temps). L'écart se ressère donc, selon cet institut.
Mais rien n'est encore joué.
Il n'en reste pas moins qu'une large partie de l'électorat irlandais contredit les élus et "l'élite" de ce pays.

On savait le mépris affiché pour les peuples. Il rappelle singulèrement celui des aristocrates, à la veille de la Révolution, vis-à-vis des manants. Aujourd'hui, les peuples sont inscrits à Bruxelles et dans toutes les capitales de l'Union, sur le registre des "objets perdus" (et "non identifiés"). On mesure ainsi le vide sidéral du concept "démocratie", employé en permanence par la classe politique.
Quand, dans le langage des médias, on parle des "pays riches", l'image ne fait référence qu'à la caste étroite des privilégiés. Pas des populations. Seul compte l'indice du CAC 40, le cours des matières premières, les Cent familles françaises les plus fortunées, le montant des "parachutes dorés", les soirées chez Prada, les "Falcon" pour milliardaires, les yachts de Bolloré.
Les travailleurs pauvres, les SDF, les immigrés sans papiers, la misère dissimulée de millions de foyers, la mort au travail, le stress généralisé, pour ceux qui nous gouvernent, ce ne sont là que scories à évacuer.
Pourquoi solliciter leur avis et, pendant que vous y êtes, les appeler, par référendum, à se prononcer ? Sur ce point, Sarkozy disait sagement : 
"Si on interrogeait les peuples des Vingt-Sept pays, sur le traité de Lisbonne, ils répondraient NON !".
D'où le recours au vote des seuls parlementaires. Avec eux, rien à craindre. Déjà, à 95%, ils avaient approuvé le projet de constitution, rejeté en mai 2005, par 55% des Français. De même, en Irlande, où le réréfendum est obligatoire, 160 députés sur 166 ont ratifié le traité de Lisbonne. Tous les "grands" partis, celui de droite qui gouverne, comme les travaillistes dans "l'opposition", les évêques, les médias, les dirigeants des syndicats et, comme de bien entendu, les patrons, tous battent le pavé pour le OUI.
Nous verrons jeudi si le NON sera, par contre coup, "un pavé dans la mare" européenne.
Mais, déjà, le recours au peuple s'inscrit dans un processus "dangereux" qui "inqiète" l'ordre européen.
Raison de plus pour faire campagne en faveur d'un référendum, en France, pour que le peuple, mis à l'écart, puisse s'exprimer.

Tag(s) : #Europe
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