Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

En France, nous sommes en "démocratie". Tout le monde le dit. L'arc-en-ciel politique, dans son ensemble,  le répète. Qui oserait prétendre le contraire ?
Et pourtant, le "Clan de la Finance" impose, "démocratiquement", à la grande majorité des salariés, des privés d'emplois et des retraités, des conditions de vie chaque jour plus difficiles, des horaires sans fin à la discrétion des patrons, des conditions de travail accablantes, des salaires réduits, la précarité organisée, le chômage réparti sur le plus grand nombre, aec des droits sociaux en régression constante.
"Ce sont les Français qui l'ont voulu en élisant Sarkozy !"
et, pourrait-on ajouter, en votant pour une majorité parlementaire à sa botte. 
Nous sommes là au coeur du débat. 
Comment une infime minorité de privilégiés, d'aristocrates de la finance, peut-elle se servir du suffrage universel, pour écraser de leurs talons de fer, le monde du travail, au nom de la "démocratie" ? On peut rappeler que seuls, 43% du corps électoral (si on tient compte des bulletins blancs et des abstentions) se sont prononcés pour l'actuel président. Et que celui-ci en tire sa légitimité pour légiférer contre les intérêts du peuple.
Mais ce n'est pas l'essentiel.
Voyons plutôt d'abord, comment se déterminent les électeurs.
Rappelons-nous : pendant plus d'une année, les médias, tous les grands médias - qui ne font qu'un avec l'aristocratie de l'argent - ont, jour après jour, martelé sur tous les tons, que seuls deux candidats (qu'ils avaient présélectionnés), avaient une chance d'être élus. Tous les deux, bien entendu, vantaient les mérites de la loi du marché et de la libre concurrence; tous deux, comme un seul homme (si on peut dire...), chantaient les vertus de l'Union européenne. Tel était le seul "choix" laissé aux électeurs.
Nicolas Sarkozy fut le plus habile dans l'art de manier la démagogie.
Il était le mieux placé, aux yeux de ses mentors du CAC 40, pour réaliser leurs objectifs.
Il fut donc élu, et dans la foulée, une majorité de députés UMP représentant une minorité d'électeurs. Car le système électoral, mis en place depuis la Ve République, vise à éliminer les minorités, qui, au total, représentent la majorité des citoyens. Seuls demeurent en lice au second tour l'un des deux partis, qui depuis des décennies se partagent le pouvoir alternativement. C'est ce qu'on appelle le "bipartisme" - une sorte d'animal bipède qui possède deux pattes pour un seul corps - qui garantit la continuité en politique, quel que soit le vainqueur. 
Certes, depuis qu'il existe, le suffrage universel à été détourné de son objectif - représenter honnêtement l'ensemble des citoyens - par divers
 expédients utilisés pour en fausser les résultats :  la loi électorale remaniée en permanence, le sytème proportionnel, seul véritable miroir de l'opinion, rejeté par les gouvernants, le "découpage" des  circonscriptions en faveur du parti au pouvoir, les conditions d'accès aux seconds tours pour évacuer du scrutin les candidats non admis dans la ronde de l'alternance, tout est mis en oeuvre pour fausser le vote et obtenir une Assemblée conforme aux voeux de la classe dirigeante.
Au-delà des péripéties et des "magouilles" électorales, l'objectif recherché est de maintenir les "élites" à la direction des affaires, sans que le peuple y mette son nez. On peut compter  le nombre d'ouvriers, d'employés et de chômeurs, qui figurent parmi les élus. Il serait intéressant d'étudier l'origine sociale des députés (et celle des sénateurs), comparée à la population.  Cette "ségrégation" n'est pas fortuite. Elle est, au contraire, l'objectif recherché. Vous vous rendez compte des effets d'une Assemblée dans laquelle plus de cent députés seraient des salariés au Smic ou à la recherche d'un emploi ?
Au XIXe siècle, pour empêcher les pauvres de voter, la bourgeoisie de l'époque avait inventé le cens électoral. Il fallait posséder une certaine fortune pour participer au scrutin. Aujourd'hui, un résultat pratiquement identique est atteint avec des moyens "démocratiques".
Les "représentants du peuple" n'appartiennent pas à la même classe que leurs électeurs.

Mais le pouvoir n'est même pas dans les mains des élus.
Les députés n'ont pas l'iniative des lois.
Avec la Ve République, les décisions appartiennent au Président. Ainsi, Nicolas Sarkozy a décidé que le peuple ne sera pas consulté au sujet du traité de Lisbonne,  car, a-t-il dit, "la réponse serait NON". Quoi de plus "démocratique", en vérité ?
De même, l'Assemblée n'est pas consultée au sujet de l'envoi de troupes, et de leur engagement dans un conflit, sur un territoire étranger. Cela ne concerne pas, selon la Constitution, les représentants du peuple. C'était vrai hier avec Jospin en Afghanistan. Ca continue sous Sarkozy.
Quant à la liberté de la presse et des médias, dans notre pays, le fait qu'elle soit confisquée par les puissances d'argent, n'altère en rien l'dée qu'elle demeure le symbole de la "démocratie" !

Mais soyons justes. La "démocratie"  fonctionne de la même manière dans les autres "grandes démocraties". Aux USA, le Président décide de faire la guerre sur la base de mensonges avérés. Que pensez-vous qu'il advint ? Les Etats-Unis poursuivent la guerre depuis cinq ans, sans que le Président ait à répondre de ses actes et du sang répandu. Qui oserait dire, au sei de notre "élite médiatico-politique", que le gouvernement de Washington n'est pas "démocratique" ? Le cas "étatsunien" n'est pas isolé. Malgré ses forfaits quotidiens, sa politique de domination coloniale, l'Etat d'Israël n'est-il pas considéré comme le modèle "démocratique" par excellence ?
En Grande-Bretagne, un gouvernement peut diriger la pays avec une majorité d'élus représentant seulement 36% des suffrages exprimés, soit un électeur sur trois, grâce à une loi électorale sur mesure. Est-ce bien "démocratique" ?
Ailleurs, en Allemagne comme en Autriche, par exemple, les partis sociaux-démocrates et chrétiens-démocrates, qui se combattent pendant la campagne électorale, face aux citoyens, s'entendent, après le scrutin, pour gouverner ensemble sans se soucier des promesses faites. Pourtant, ces deux pays font partie des "grandes démocraties"...
En réalité, le vocable "démocratie" n'est qu'un slogan publicitaire, qui n'engage en rien la firme qui l'affiche. C'est un certificat de "bonne conduite" que se donnent  les puissances dominées par le Capital, contre les Etats qui ne se conforment pas à ses vues et ses intérêts. La "démocratie" n'est qu'un déguisement habile et cynique du pouvoir de l'Argent, dont il se pare pour faire illusion. 
Il appartient aux peuples de ne pas tomber dans ces filets.
 

Tag(s) : #Politique
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :