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Le grand quotidien irlandais Irish Examiner, ainsi que l'hebdomadaire Sunday Tribune, ont publié le 20 juillet un courrier signé par un groupe de personnalités françaises dans la perspective de la brève visite de Nicolas Sarkozy à Dublin, lundi 21. En voici le texte :

Chers amis irlandais,

Le président Nicolas Sarkozy se rend à Dublin le 21 juillet. Comme c’est un homme distrait, il se peut qu’il oublie de vous remercier, au nom du peuple français. Il faut pourtant que vous le sachiez : la victoire du Non lors de votre référendum du 12 juin a provoqué une immense joie en France. Des millions de Français ont trinqué à cet événement, sauf bien sûr la classe dirigeante.

 

Naturellement, vous avez d’abord voté en fonction de vos propres intérêts, et vous avez bien fait. Mais vous saviez également que votre pays était le seul où les électeurs étaient consultés. Les dirigeants européens comptaient sur vous pour annuler le Non des Français et celui des Hollandais, au printemps 2005. Vous avez refusé la tentative de Bruxelles d’utiliser un peuple contre d’autres. Et, pour cela, une immense majorité de Français (et c’est très probablement le cas dans les autres pays de l’Union européenne), vous est formidablement reconnaissante !

 

Le président français vient à Dublin (pendant cinq heures !), pour, dit-il, « comprendre les causes du Non ». Il lui suffisait pourtant de rester à Paris. Car, pour l’essentiel, les raisons du refus sont les mêmes que celles qui ont prévalu en France. « Les Irlandais devront revoter » a-t-il osé déclarer avant même sa visite à Dublin. Il tente donc ainsi une nouvelle fois d’imposer un traité dont aucun peuple ne veut, en ordonnant un second référendum en Irlande, tout en ayant privé ses propres compatriotes de leur droit de vote. Peut-être pense-t-il qu’il sera plus facile de faire se déjuger les Irlandais (grâce à des « engagements » qui ne changent rien quant au fond) plutôt que les Français ? Le mépris s’ajouterait ainsi à l’arrogance.

 

Si les enjeux n’étaient pas si graves, la situation en deviendrait presque comique : à chaque fois qu’un pays est consulté, il répond Non à un projet conçu par les élites européennes. Celles-ci décident alors de passer outre, et de ne plus poser la question. Et dans le seul pays où la consultation est obligatoire, on ferait revoter les électeurs jusqu’à ce qu’ils donnent la « bonne » réponse ?

 

Cette manière de traiter les citoyens en enfants indisciplinés est une insulte faite à tous les peuples.

 

En procédant avec une telle désinvolture, si typique de l’Union européenne, le président français et ses amis européens créent en réalité les conditions d’un succès plus fort encore du Non si d’aventure un second vote était organisé dans votre pays. Sachez, en tout cas, que les Français sont scandalisés par une l’attitude de leur président, et confiants dans la sagesse de leurs amis irlandais.

 

Parmi les personalités signataires - qui avaient déjà fait parvenir un texte, publié en Irlande, peu avant le référendum du 12 juin - figurent notamment, à l'initiative du mensuel BRNM. Maurice BOURJOL, doyen honoraire de la faculté de droit de Tours, M. Bruno DRWESKI, professeur à l’INALCO, M. Yvon GRINDA, chef d’entreprise (chimie, Alpes-Maritimes), M. Philippe MARTEAU, syndicaliste (CGT ONIGC)...

http://archives.tcm.ie/irishexaminer/2008/07/19/story67738.asp

Tag(s) : #Europe
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